"JFK : le dernier jour" de François Forestier chez Albin Michel (Paris, France)

en partenariat avec 20minutes.fr

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JFK : le dernier jour
JFK : le dernier jour — Le choix des libraires

Résumé

Dallas, le 22 novembre 1963.
John Fitzgerald Kennedy est abattu à 12h30, devant des millions de téléspectateurs.
Le polar du siècle vient de commencer, avec ses politiciens douteux, ses truands cyniques, ses flics fiévreux, ses millionnaires pleins de haine, ses crapules d'extrême droite, ses gardes du corps inertes, ses voyous des bas-fonds, ses faux coupables, ses fous et ses justes. De l'arrivée à Dallas à l'enterrement de JFK à Washington, on assiste minute après minute à cette mort annoncée.
Ce livre n'est pas une enquête sur un complot. Ni un roman. Ni une fresque littéraire sur un drame resté dans l'Histoire.
C'est tout cela à la fois.

Journaliste au Nouvel Observateur, François Forestier est l'auteur de plusieurs romans (Blue Moon, Rue des Rats), de quelques biographies (Howard Hughes, Onassis, Martin Luther King), réputé pour le traitement littéraire des monstres sacrés dont il fait toujours un portrait très documenté. Son Marilyn & JFK (Albin Michel), traduit en dix langues, a été un des best-sellers de l'été 2008. Il a publié l'année dernière Un si beau monstre, consacré à Marlon Brando.

Courrier des auteurs le 01/11/2013

François Forestier répond aux questions de ses lecteurs

Jessica, QUETIGNY 21
Vous commencez votre livre par une citation issue du procès de Charlotte Corda.
«FOUQUIER-TINVILLE : Qui vous inspira tant de haine ?
CHARLOTTE CORDAY : Je n'avais pas besoin de la haine des autres, j'avais assez de la mienne.»
Ou encore un passage page 241 «La haine, ici, est un combustible explosif».
La haine contre le Président, la violence des rapports et le poids des mots guident votre roman. Comment décririez-vous les sentiments qui vous ont animé au cours de l'écriture du livre ? Qu'est-ce qui vous révolte le plus dans cette histoire ?

Les deux sentiments qui m'ont guidé, c'est le plaisir d'écrire et l'amour des monstres. Avant tout, j'ai essayé de faire un bon livre. Ensuite, j'adore les crapules, les affreux, les inhumains. De Howard Hughes à JFK, j'en ai décrit quelques-uns, qui, je crois, sont très représentatifs de ce que nous sommes : des monstres, en effet. C'est aussi ce qui nous rend humains, bien plus que le rire. C'est aussi ce qui me révolte. J'aime détester.

Pierre-Marie, SEYSSUEL 38
A Dallas, JFK dit à sa femme Jackie «On est chez les cinglés» Pourtant le service de sécurité de JFK ne semble pas avoir réalisé réellement ce qui se tramait ?

Le Secret Service, en 1963, est balbutiant : non seulement il doit assurer la protection des personnalités, mais aussi s'occuper de fausse monnaie. Double casquette gênante. De plus, personne ne croit réellement à un attentat : l'arrogance affichée par les Kennedy est contagieuse. Visiblement, personne n'est préparé. De plus, les différentes administrations se font la guerre : le FBI ne communique pas ses informations à la police, la police travaille à contrecoeur avec les gens de Secret Service, chacun se couvre. C'est la fameuse tactique de la «CYA» (Cover Your Ass). C'est, en gros, la même chose qui se passe en France entre la gendarmerie et la police. D'où la possibilité d'un assassinat.

Meryl, MONTREUIL 93
Quel est le déclic intérieur qui vous fait écrire ce livre, alors que tant de choses ont déjà été dites sur l'assassinat de Kennedy ?

J'ai lu beaucoup de livres sur l'affaire JFK. Il n'y en a pas de bon. Chacun cherche à prouver, à démontrer : lectures fastidieuses. Je me suis dit que ce serait une matière formidable pour un polar tragique. C'est ma façon de mettre un peu de vie dans la littérature et un peu de littérature dans la vie.

Annabella, VAL THORENS 73
Vous dites que «Les Kennedy ne sont pas une famille, mais une meute». Un jour, un nouveau Kennedy prendra-t-il le pouvoir aux USA ? Est-ce possible ?

Non, je ne le crois pas. Ceci dit, on a vu des choses plus étonnantes, non ? La politique, c'est l'art de l'éternel retour. Qui aurait cru que Patrick Balkany serait réélu ? Qu'Alain Juppé serait un jour considéré comme un sage ? Que François Hollande deviendrait président ? En politique, les morts ne sont jamais tout à fait morts. Il y en a même qui votent.

Yannick, ANNECY 74
JFK est-il encore une référence pour certains hommes politiques français ? Fut-il d'ailleurs un grand président ?

Référence, je ne crois pas. Sinon pour son art consommé d'utiliser la télé. Il n'a pas eu le temps d'être un grand ni un petit président : ses échecs (la Baie des Cochons), ses erreurs (la guerre du Vietnam) sont-ils contrebalancés par ses réussites (la Crise des Fusées, son intervention à Berlin) ? Les grands hommes politiques, Ben Gourion, De Gaulle, Churchill, ont une vision une ambition et la rage. Je ne suis pas sûr que JFK ait eu tout ça.
De plus, la condition de la réussite, c'est de ne pas être tué

Paul, SAINT-HERBLAIN 44
Vous êtes journaliste et romancier : avez-vous laissé la fiction entrer dans ce récit passionnant ? Rêvez-vous d'être le Truman Capote français ?

Ah, mon cher Paul, vous touchez un point sensible. On ne cesse de me poser cette question. Or, non, dans aucun de mes livres («Marylin et JFK», «Un si beau monstre»), il n'y a de fiction. Tout est soigneusement étayé. La technique est celle du roman, le contenu celui d'un document. Même les dialogues ont été enregistrés, ou bien rapportés. Ce serait trop facile d'injecter de la fiction : on pourrait faire intervenir le Saint Esprit, le Père Noël ou les Martiens. Non, la réalité est déjà bien suffisante. Ceci dit, l'éclairage que je donne à toute l'affaire, c'est bien le mien. Je raconte les évènements selon ma vision qui, vous l'avez constaté, est un peu noire. Quant à Truman Capote, je l'admire énormément. Curieusement, lui, on ne lui a jamais demandé si «De Sang-Froid» était une oeuvre de fiction ou un livre documentaire... Aux États-Unis, la frontière entre ces deux formes littéraires n'existe pas. Ça, j'admire.

Josette, Chaumont-sur-Loire 41
Vous dites à propos de Rose Kennedy : «Elle mourra à cent quatre ans. Le venin conserve. La religion aussi, peut-être, qui sait ?» Plus loin vous ajoutez : «Il y a des fautes que personne, même Dieu, ne peut pardonner. Elles ne se lavent que dans le sang».
Quelle est La faute principale commise par le clan Kennedy, vis-à-vis par exemple de la Mafia ?

D'avoir touché l'argent des gangsters pour faire élire JFK. On sait que l'élection a été truquée, que des valises de billets ont transité entre la Maffia et les Kennedy. Le père Kennedy, Joe, était un truand, tout simplement, coupable en plus de sympathies nazies. La Maffia a pensé que le président, une fois élu, renverrait l'ascenseur. Erreur. Erreur payée très cher.

Grégory, TOULOUSE 31
Après l'assassinat de JFK, les services de sécurité du monde entier ont-ils modifié leur façon de travailler ?

Du monde entier, je ne sais pas. Mais le Service Secret US a multiplié par vingt ou trente ses effectifs, et la formation des hommes a été revue. Il est vrai que, depuis 1963, la menace a changé de visage. Et, depuis le 9/11, la sécurité n'est plus le parent pauvre de l'administration américaine. Mais on peut quand même remarquer que l'ajout d'une strate bureaucratique (la Homeland Security) est une réponse typiquement américaine : dix-sept services de renseignement, des polices qui sous-traitent leurs missions, etc. L'empilement n'est pas une réponse toujours efficace. Mais, malgré les milliers de menaces contre Obama, on constate qu'il a été protégé avec vigilance. Dans ce sens, certainement, l'assassinat de JFK a été utile.

La revue de presse : Pauline Delassus - Paris-Match, décembre 2013

Le scénario du drame est connu, le dénouement tristement célèbre, l'intrigue déjà mille fois racontée. Et pourtant. Minute après minute, plan après plan, François Forestier mène Kennedy à sa mort sans que le lecteur puisse décrocher. Au fil des pages, la tension monte, l'enquête avance, et des dizaines d'informations surgissent.

La revue de presse : Nathalie Crom - Télérama du 30 octobre 2013

A priori circonscrit à la seule journée du 22 novembre 1963, le récit savamment construit de François Forestier déborde en fait largement ce cadre temporel, pour replonger aux origines de la saga, mettre en scène la geste familiale des Kennedy - dans sa version la moins sanctifiée -, l'ascension irrésistible de John, les circonstances précises du 22 novembre et de l'attentat. Autour de la figure principale de JFK, Forestier installe ainsi une multitude de personnages secondaires, qui donnent à son livre l'ampleur d'une fresque précise, rapide, fiévreuse, grimaçante...
Le récit de Forestier, bien qu'essoré de tout sentimentalisme, empreint au contraire d'un réalisme féroce, rejoint alors, à sa façon, la sphère des interprétations mythiques de JFK, sa vie, sa mise à mort - héros magnétique et à jamais énigmatique auquel Mailer trouvait «l'air lointain et secret d'un homme qui a traversé un terrain ­solitaire d'expérience, de perte et de profit, de proximité de la mort, qui le laisse isolé de la masse».

La revue de presse : Alain Riou - Le Nouvel Observateur du 3 octobre 2013

Seule la violence extrême peut faire ressentir l'extrême violence, et François Forestier a trouvé un ton halluciné pour décrire l'assassinat le plus marquant du XXe siècle...
«JFK. Le dernier jour» n'est plus l'histoire d'un meurtre, mais une sorte de châtiment de l'Amérique. Une nuit éclairée a giorno par le fracas constant de rugissantes comètes.

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