"Le réveil des coeurs : journal de voyage du frère morave Fries (1761-1762)" de Dieter Gembicki ,Heidi Gembicki-Achtnich chez Croît vif (Saintes, France)

en partenariat avec 20minutes.fr

— 

Le réveil des coeurs : journal de voyage du frère morave Fries (1761-1762)
Le réveil des coeurs : journal de voyage du frère morave Fries (1761-1762) — Le choix des libraires

Résumé

Le journal passionnant et passionné d'un frère morave

Le 13 janvier 1761, un apothicaire de Montbéliard présente son passeport au poste-frontière de Collonges (aujourd'hui dans l'Ain). Sous cette couverture de clandestin, voyage un ancien pasteur luthérien ayant rejoint l'Église des frères moraves, Pierre Conrad Fries. Envoyé pour «réveiller les coeurs» des protestants français sous la Croix, il parcourt le sud du pays, des Cévennes au Poitou, séjournant longuement à Lyon, Marseille, Nîmes, Aies, Montpellier, Montauban, Nérac, Orthez, Bordeaux, Tonneins, Arvert, Gémozac, Jarnac, Melle et Saint-Maixent... Il est reçu par de multiples familles huguenotes et nombre d'anciens qui le protègent, participe à de nombreuses assemblées au Désert et, pendant deux mois, officie en Saintonge à la place d'un collègue malade.
Observateur d'une rare finesse, nourrie à la fois du piétisme morave et de l'esprit des Lumières, il dresse des portraits saisissants de ses rencontres, notamment ceux de pasteurs comme Paul Rabaut ou les frères Gibert... Il termine son journal par ces mots désabusés : «Tout est triste dans le pays d'où je sors : j'ai vu le mal de cette pauvre nation que j'ai visitée, j'en ai parlé au Sauveur, j'en ai pleuré...»
Ses cahiers que Jean-Paul Chabrol, dans sa préface, compare à un «road movie spirituel», se révèlent une source inestimable concernant la vie sociale et religieuse des protestants français au moment des derniers soubresauts de la persécution (le pasteur Rochette, le marchand Calas), quelques mois avant la publication par Voltaire de son Traité sur la tolérance.
Cet inédit est présenté et annoté par deux historiens genevois, Dieter et Heidi Gembicki ; ils en tirent une analyse qui éclaire de façon lumineuse le voyage du frère Fries, tout en le resituant dans l'histoire intellectuelle et religieuse de l'Europe.

Les auteurs restituent ce voyage clandestin au sein des deux grands mouvements qui dominent le XVIIIe siècle, celui des Lumières et celui du piétisme. Une partie du Journal est directement concernée par ces débats qui agitent les conversations. C'est très exactement l'époque de la dramatique affaire Calas qui induit la publication retentissante par Voltaire de son Traité sur la Tolérance. Il s'agit bien d'une analyse du protestantisme de l'époque, dans l'Église réformée de France, avec ses multiples facettes teintées de millénarisme, de rationalisme, de piétisme, entre ferveur courageuse et soumission peureuse, entre régions de semi-tolérance et provinces de persécution virulente : ce témoignage d'un contemporain fait la richesse de cette source inédite, pour une période où le protestantisme commence à se réaffirmer.

Originaire de Hambourg, Dieter Gembicki, après des études d'histoire à Francfort, présente une thèse dans le domaine de l'historiographie française, à Genève. Spécialiste du XVIIIe siècle, il aborde des sujets tels que Voltaire historien, la terminologie des Lumières et lors d'une année sabbatique passée en Pennsylvanie, il s'intéresse aux frères moraves et publie de nombreuses recherches sur ce mouvement piétiste, qui se révèle un aspect extrêmement riche du siècle des Lumières.

Heidi Gembicki-Achtnich, historienne elle aussi, issue d'une famille de tradition morave, a été une des déléguées au synode européen de l'Unité des frères. Les deux chercheurs ont pu profiter de leurs compétences linguistiques et paléographiques et de leurs réseaux pour relever le défi de l'édition de cette source inédite.

Courrier des auteurs le 16/10/2013

1) Qui êtes-vous ? !
Deux historiens passionnés par la découverte d'une source inédite et particulièrement importante pour l'histoire du XVIIIe siècle.

2) Quel est le thème central de ce livre ?
Vivre sa foi, qu'est-ce que cela veut dire au siècle des Lumières ?

3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?

p. 200 Je (P. C. Fries) lui découvris moi-même qui j'étais et lui dis que le but de mes voyages était de lier connaissance avec des âmes qui ne se contentent pas de quelques pratiques pieuses, mais qui ont réellement leur salut à coeur, désirant sincèrement de se convertir.

4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
Un ruisseau aux multiples affluents - tel une fugue de Bach...

5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
Que cette source, ce Journal, permette au lecteur de découvrir les multiples facettes du protestantisme au siècle des Lumières et des questionnements spirituels qui sont toujours d'actualité.

Retrouvez la fiche complète sur le choix des libraires