"Correspondance : 1927-1938" de Joseph Roth ,Stefan Zweig chez Rivages (Paris, France)

en partenariat avec 20minutes.fr

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Correspondance : 1927-1938
Correspondance : 1927-1938 — Le choix des libraires

Résumé

Jamais ils ne se sont dit «tu» et tout les séparait : les origines, le tempérament, le mode de vie, l'orientation politique. L'un était riche, l'autre pauvre ; l'un était conciliant et indulgent, l'autre emporté et radical ; l'un était libéral, l'autre monarchiste ; l'un avait une splendide maison, l'autre habitait à l'hôtel ; l'un était sobre, l'autre a fini par se noyer dans l'alcool. Mais réunis par la passion de l'écriture et de la liberté, les deux écrivains Stefan Zweig et Joseph Roth ont entretenu entre 1927 et 1938, dans une Europe empoignée par la tourmente, une correspondance d'une rare puissance. Brassant vie privée et vie publique, reproches et réconciliations, leurs lettres ne sont pas seulement le reflet de la matrice de notre temps, elles sont le stupéfiant témoignage d'une amitié que rien n'a entamée.
Ces lettres se lisent comme un roman, avec leurs tensions, leurs imprévus, leur part de vérité, de composition et de tragique.

La revue de presse : Francine de Martinoir - La Croix du 18 décembre 2013

Stefan Zweig (1881-1942), grand bourgeois viennois riche et célèbre, et Joseph Roth (1894-1939) né dans une famille modeste de Galicie orientale, étaient juifs tous les deux et partageaient une même passion pour l'écriture et la langue allemande, mais leur milieu, leurs caractères, leurs convictions, leurs parcours étaient différents. Ils étaient pourtant l'un et l'autre des enfants de la Mitteleuropa que Claudio Magris a définie comme «cette culture et cette humanité si experte des ombres de la vie, des fragments où notre existence souvent se désagrège»...
Tout à fait conscients de la gravité du bouleversement survenu avec la fin de l'Autriche-Hongrie, Roth et Zweig se révèlent à travers leur correspondance les sismographes de la montée des périls...
Zweig est déjà un écrivain fêté, installé à Salzbourg, et Roth est encore peu connu. Menant une existence précaire, tourmenté par les soucis financiers et la santé mentale de sa femme qui sera finalement internée, il s'adresse à Stefan Zweig avec timidité et admiration, mais très vite le ton plus libre traduit entre eux une profonde amitié. Et puis à partir de janvier 1933, date de l'accession au pouvoir de Hitler, la correspondance devient la chronique d'une catastrophe annoncée.

La revue de presse : Nicolas Weill - Le Monde du 12 décembre 2013

Cette relation reste presque exclusivement épistolaire, les deux hommes ne se rencontrant qu'à de rares et brèves occasions. Elle n'en est pas moins secouée de brouilles et de malentendus...
De fait, le ton parfois paternaliste du grand bourgeois Zweig, quand il s'adresse à Roth, damné de la terre et réactionnaire à la fois, a quelque chose d'agaçant. Pourtant, l'authenticité de son affection n'est jamais en cause : " Vous pouvez faire ce que vous voulez contre moi (...), vous n'échapperez pas au fait que j'éprouve pour vous un amour malheureux, un amour qui souffre de votre souffrance, qui se blesse de votre haine. (...). Roth, vous ne pouvez m'éloigner de Joseph Roth ", s'écrie Zweig non loin de la fin. Comme quoi, dans l'amitié, deux écrivains, que l'on peut ne pas considérer comme les plus grands de leur temps, peuvent aussi frôler le sublime.

La revue de presse : Philippe Lançon - Libération du 10 octobre 2013

Joseph Roth et Stefan Zweig se sont écrit pour la première fois en 1927. Roth va et vient pauvrement d'un pays et d'un hôtel à l'autre, comme il le fera jusqu'à la fin de sa vie. Il vient de publier Juifs en errance. Zweig voyage aussi sans cesse, mais dans les palaces, chez les célébrités. Il vient d'achever la Confusion des sentiments. C'est lui qui fait le premier pas, mais la lettre est perdue et on n'a que la réponse de Roth. Tout de suite, celui-ci met un bémol à leur admiration mutuelle, pleine de tendresse : «Je ne suis pas d'accord avec vous quand vous dites que les Juifs ne croient pas à un au-delà.» Petit bémol, mais qui donne le ton de la sonate qui va suivre. La disparition de l'Autriche, le règne du fascisme et du nazisme dont ni l'un ni l'autre ne verra la chute, posent radicalement la question de cet au-delà : que faire si l'on y croit ? Que faire si l'on n'y croit pas ? Comment s'opposer à la destruction de tout ce en quoi on a cru, pourquoi on a écrit, rêvé, respiré ? C'est le coeur de leur échange, intense, sans chichi, un souffle au coeur où chaque lettre paraît un acte de survie.

La revue de presse : Joseph Macé-Scaron - Le Magazine Littéraire, octobre 2013

Jamais ils ne se sont tutoyés. Et tout les séparait. Les deux têtes de l'aigle bicéphale de la Cacanie, ce «laboratoire du crépuscule» européen. Stefan Zweig et Joseph Roth. La publication de leur correspondance nous donne un passionnant roman épistolaire. Et un ouvrage de référence, l'éditeur a cent fois raison de le souligner, en raison de l'appareil de notes de ces deux spécialistes de Joseph Roth que sont Madeleine Rietra et Rainer-Joachim Siegel.

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