"La belle image" de Arnaud Rykner chez Rouergue (Arles, France)

en partenariat avec 20minutes.fr

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La belle image
La belle image — Le choix des libraires

Résumé

Ce livre est né d'une révolte.
Un homme vient de sortir de prison, un autre tente de l'aider à reprendre pied dans la vie sociale. Ils s'échangent des lettres. Le condamné raconte les chemins qui l'ont mené derrière les barreaux. Il dit surtout qu'on n'en sort pas, que l'acte qu'il a commis l'a fait entrer dans une prison plus vaste, qui l'efface de la société.
Qu'est-ce qui, dans son histoire dramatique, attire l'autre ? En quoi correspondent-ils ?
Ce nouveau roman d'Arnaud Rykner s'inspire de la correspondance que l'auteur a menée avec un homme. La belle image ne se veut pas un roman social sur la prison ou la double peine, qui marque souvent définitivement du fer de l'exclusion un homme condamné. Il ne veut pas donner de leçon.
Avec Arnaud Rykner, on s'interroge sur la condition de chacun, notre part de liberté et d'enfermement ainsi que sur notre rapport aux passions. Comme dans Le Wagon, son précédent roman, Arnaud Rykner joue du réel et de la fiction avec la force de son écriture dépouillée.

La belle image est le septième roman d'Arnaud Rykner publié dans la brune. Son précédent, Le Wagon, remarqué par la critique, est disponible en cette rentrée en collection de poche Babel. Il publie par ailleurs des essais et des éditions critiques chez José Corti, Gallimard et au Seuil. Il est aussi metteur en scène.

Le choix des libraires : choisi le 05/10/2013 par Max Buvry de la librairie VAUX LIVRES à VAUX-LE-PÉNIL, France

Deux hommes se parlent, correspondent, s'écrivent. Après sept années d'emprisonnement, l'un sort de prison, l'autre passe outre les conseils de son entourage et espère l'aider à reprendre part à la vie, retrouver une place dans la société. Le miroir se brouille, l'un doute, s'angoisse, s'interroge sur ses motivations, l'autre demeure «un homme à casier», subit un rejet gratuit et immédiat, «la haine aveugle des satisfaits». Peu à peu, lettre après lettre, mot après mot («... des mots, faute de mieux. Mais des mots, malgré tout.»), les solitudes se révèlent et se rejoignent, les mêmes interrogations sur la vie sont soulevées et restent souvent sans réponse. Les murs de la prison pour l'un sont remplacés par des murs invisibles tout aussi infranchissables. L'autre, insensiblement, s'isole, se retrouve happé par son alter ego («Je ne pourrai plus jamais me défaire de lui. Il a scellé nos vies, nos histoires. Me voilà enfermé avec lui à tout jamais.»). Un roman intimiste et philosophique qui incite à la réflexion sur des thèmes aussi vastes que primordiaux tels la liberté, la prison, le sens de la vie, la justice, le pardon ? Un texte fort qui vous hantera longtemps.

La revue de presse : Florence Bouchy - Le Monde du 26 septembre 2013

Arnaud Rykner ne se sent ni l'âme d'un " justicier " ni celle d'un " chevalier ", assure-t-il. Il n'écrit pas un réquisitoire contre la justice. Il veut comprendre " comment on peut en arriver là ", et de quelle façon la société dysfonctionne en " ne laissant aucun moyen de s'en sortir " à ceux qu'elle considérera toujours comme d'anciens prisonniers. " Au début, je voulais juste réécrire ses lettres, explique l'universitaire, et qu'on n'entende pas celui qui répond ", pour laisser résonner la parole de celui qui subissait l'incarcération et le boulet du casier judiciaire. Le choix de la fiction s'imposait. Par respect, d'abord, pour les acteurs du drame. Mais aussi pour avoir la possibilité de vivre, par le truchement du langage, un peu de ce qu'a vécu celui qui a été incarcéré...
Les deux protagonistes se livrent l'un à l'autre mais, surtout, s'imaginent, se devinent et se découvrent, dans leurs silences respectifs. " Il m'invente, je l'invente. C'est comme ça que nous existons ", constate le narrateur...
La " belle image " du narrateur au parcours exemplaire se fissure, pour que de ce livre " impossible à aimer " surgisse une voix libérée de toute entrave et de tout artifice.

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