"Billie" de Anna Gavalda chez Dilettante (Paris, France)

en partenariat avec 20minutes.fr

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Billie
Billie — Le choix des libraires

Résumé

Franck, il s'appelle Franck parce que sa mère et sa grand-mère adoraient Frank Alamo (Biche, oh ma biche, Da doo ron ron, Allô Maillot 38-37 et tout ça) (si, si, ça existe...) et moi, je m'appelle Billie parce que ma mère était jolie de Michael Jackson (Billie Jean is not my lover / She's just a girl etc.). Autant dire qu'on ne partait pas avec les mêmes marraines dans la vie et qu'on n'était pas programmés pour se fréquenter un jour...

Non seulement Franck et Billie n'étaient pas programmés pour fredonner les mêmes refrains, mais en plus, ils avaient tout ce qu'il faut en magasin pour se farcir une bonne grosse vie de merde bien ficelée dans la misère - misère physique, misère morale et misère intellectuelle. Vraiment tout. Et puis voilà qu'un beau jour (leur premier), ils se rencontrent.
Ils se rencontrent grâce à la pièce On ne badine pas avec l'amour d'Alfred de Musset. Billie a été tirée au sort pour jouer Camille et Franck, Perdican.

A un moment, dans cette scène qu'ils doivent apprendre par coeur et déclamer devant les autres élèves de leur classe, Camille lance à Franck : Lève la tête, Perdican ! et à un autre, un peu plus loin, Perdican finit par avouer à Billie : Que tu es belle, Camille, lorsque tes yeux s'animent ! eh bien voilà, tout est là et tout est dit : ce livre ne raconte rien d'autre qu'une immense histoire d'amour entre deux vilains petits canards, lesquels, à force de s'obliger mutuellement à lever la tête et à se rappeler l'un l'autre qu'ils sont beaux, finissent par devenir de grands cygnes majestueux.
En fait, on dirait du Cyrulnik, mais en moins raffiné. Là où Boris aurait employé les mots «gouffre» ou «résilience», Billie, quand elle est heureuse, lâche en ricanant : Et tac. Encore niquêe, la vie.

Bah... À chacun, ses maux et sa façon de les écrire...

A. G.

Billie est le sixième ouvrage d'Anna Gavalda paru aux éditions Le Dilettante. Elle a aussi signe la traduction du roman de John Williams, Stoner.

Le choix des libraires : choisi le 04/10/2013 par Clo Brion de la librairie VANDROMME à LES VANS, France

«Billie», couverture champêtre en trompe l'oeil, le nouveau roman d'Anna Gavalda transpire le cru, le trash, le verbe de ceux qui n'auraient pas d'autres mots pour le dire. C'est l'histoire de Franck et Billie, deux ados réunis au collège par un texte «On ne badine pas avec l'amour» et bientôt inséparables dans leur différence. Lui, l'exilé du dedans, d'une famille bannissant son penchant pour les hommes. Elle, venue du quart monde, celui de la misère en tout, privée d'amour dès les premiers jours, poussée comme une mauvaise herbe entre les coups. Ils grandiront, côte à côte, vivant par la force l'un de l'autre.
Dédié aux clandestins, aux invisibles rebuts de la société, un roman certes caricatural mais comme une sorte de reflet dans le miroir, une vitrine tout près de chez nous, qu'il est difficile de regarder. Dans cet éboulis de vies, il y a aussi des fleurs et un petit âne...

Le choix des libraires : choisi le 03/10/2013 par Frédérique Franco de la librairie LE GOÛT DES MOTS à MORTAGNE-AU-PERCHE, France

Vous ne pourrez pas passer à côté de la couverture du dernier livre d'Anna Gavalda ! Mais ne vous y fiez pas, il ne s'agit pas d'un livre pour enfants... Un petit âne gambade dans la verte prairie... Une couverture mi-enfantine, mi-kitchouille... Pourquoi un petit âne ? Vous le saurez dans les dernières pages de ce livre surprenant, drôle et touchant.
Billie est une jeune femme qui nous raconte dans un grand monologue sa vie (elle dirait "sa laïfe"), combien elle en a bavé et l'histoire de sa rencontre avec Franck. Leur rencontre, la construction de leur attachement l'air de rien, et enfin l'histoire du pétrin dans lequel ils sont tous les deux au moment où elle raconte tout ça...
Attention, personnes sensibles aux écarts de langage, s'abstenir. Car Billie n'a pas un langage très châtié. Billie, elle parle cash, et avec elle ça dépote grave !
Bref, un roman court et percutant, qui ne fera peut-être pas l'unanimité... nous, on a adoré ! Billie nous rappelle combien les livres d'Anna Gavalda sont de petites parenthèses enchantées, bien agréables !
PS : ce livre pourrait bien nous donner envie de (re)lire On ne badine pas avec l'amour de Musset...

La revue de presse : Marianne Payot - L'Express, octobre 2013

Son nouveau roman, Billie, se joue des bienséances et des mièvreries...
L'ancienne prof de français, reine empathique de milliers de gentilles lectrices, aime les défis. Car ça dépote sec sous la plume de Billie, sa narratrice. Loin de la mièvrerie des cousinades de L'Échappée belle, les mots cognent, s'entrechoquent, se jouent des bienséances. Ce style indéfinissable (de la banlieue revisitée par une campagnarde au sang chaud, avec anglicismes, néologismes, argotismes, informatismes) pourrait bien désarçonner ses fidèles. Et c'est vrai que l'on hésite. Entre étonnement, agacement et grincement de dents. Jusqu'à la page 40...
Bref, à la page 40, on accepte. Le parti pris langagier, l'apprentissage de la vie -à la limite du clicheton- de Billie et de Franck, les fondamentaux de l'amitié-amour, le salut par l'autre. Et on tremble jusqu'aux dernières lignes pour ces deux marginaux.

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