"American prophet" de Paul Beatty chez Passage du Nord-Ouest (Albi, France)

en partenariat avec 20minutes.fr

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American prophet
American prophet — Le choix des libraires

Résumé

«Dans leur combat pour l'égalité, les Noirs ont tout essayé. Nous avons imploré, nous nous sommes révoltés, nous avons joué les amuseurs publics et épousé des Blancs. Pourtant, on continue à nous traiter comme de la merde. Rien ne marche, alors pourquoi subir une mort lente ? La petite annonce dans le journal du dimanche disait : "Cherchons négro démago capable de guider peuple opprimé jusqu'à la Terre promise. Rémunération selon expérience. Débutants acceptés." Étant poète, et donc expert en techniques de coercition de l'âme noire par les sentiments, j'étais on ne peut plus qualifié pour le poste.
À cette époque, tout le monde m'écoutait - des intellos aux clodos en passant par la coterie des politicards -aussi, vingt-deux millions d'âmes en déshérence m'ont promu manipulateur à plein temps et père adoptif d'une ethnie à l'abandon. Les nègres ont alors déferlé sur Hillside, scrutant le smog californien dans l'attente d'un signe annonciateur, et l'Histoire a ajouté mon nom à la bande des messies déjantés qui répondent présent à l'appel de Satan : Jim Jones, David Koresh, Charles Manson et le général Westmoreland. Toute la bande et puis moi. Les pages qui suivent constituent mes mémoires.»

Le choix des libraires : choisi le 21/09/2013 par Marianne Kmiecik de la librairie LES LISIÈRES à ROUBAIX, France

Gunnar Kaufmann est noir. Et rien dans cette assertion ne le prédisposait à devenir le porte parole, le prophète, de la communauté noire des USA. Élevé dans un riche quartier blanc de Santa Monica, il ne sait pas très bien ce que signifie d'être noir dans ce pays. Sa mère décide alors de déménager dans un ghetto pour redonner des valeurs à ses enfants.
Et si Gunnar a tout d'abord du mal à trouver sa place, il fait vite des rencontres fondatrices. Se révélant basketteur de talent et formidable poète de rue, il devient rapidement un élément crucial du quartier.
Sur un rythme effréné, Paul Beatty nous entraîne sur les traces de ce jeune homme hors du commun, personnage impressionnant et rassembleur. Grâce à une prose tout à la fois poétique, violente et criante de vérité, la lecture de ce livre est une plongée en apnée au coeur des contradictions de cet étrange pays que sont les États-Unis d'Amérique.

La revue de presse : Macha Séry - Le Monde du 19 décembre 2013

Paul Beatty, déjà auteur de Slumberland (Seuil, 2009), fut l'élève d'Allen Ginsberg. Avec American Prophet, tissé de références à des chansons et des dialogues de films, il livre un roman profond et burlesque (on rit aux larmes !) sur la culture et l'histoire des Noirs américains.

La revue de presse : Mathieu Lindon - Libération du 5 septembre 2013

Comment être noir, et «à quel point», non seulement parmi les Blancs mais parmi les Noirs ? American Prophet (le titre américain original est The White Boy Shuffle) se présente comme l'autobiographie d'un garçon black de Los Angeles, élevé avec ses soeurs par sa mère «comme le butin d'un âpre divorce» et passant par divers quartiers et leur environnement social propre avant de devenir malgré lui «leader noir»...
La première phrase du livre est : «Ce boulot de messie est une plaie.» Gunnar Kaufman, le narrateur, a d'indéniables compétences en poésie et en basket mais a du mal à se retrouver à sa bonne place...
Le roman repose sur les clichés prêtés aux Noirs, l'écriture en est on ne peut plus distanciée et le ton à la fois violent et comique. Le slam est une des influences de Paul Beatty.

La revue de presse : Elisabeth Philippe - Les Inrocks, septembre 2013

Epopée gangsta autour d'un leader illuminé de la communauté afro-américaine, le premier roman de Paul Beatty, paru aux Etats-Unis en 1996, piétine avec jubilation les stéréotypes racistes...
Dans American Prophet, Beatty piétine allégrement le politiquement correct. Dans une langue slammée et bouillonnante, scandée de «Nègres» et autres «Négros», l'écrivain, passé par la poésie, déchiquète les clichés racistes et l'hypocrite bonne conscience avec la même jubilation. Il joue aussi avec les grandes figures de la culture afro-américaine - Richard Pryor, Chester Himes - pour mieux s'émanciper d'une identité assignée d'office à sa couleur de peau. Un roman exubérant, drôle et salutairement dérangeant. Tout, sauf noir.

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