"L'apocalypse des travailleurs" de Valter Hugo Mãe chez Métailié (Paris, France)

en partenariat avec 20minutes.fr

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L'apocalypse des travailleurs
L'apocalypse des travailleurs — Le choix des libraires

Résumé

Maria da Graça est femme de ménage, elle a l'ambition de mourir d'amour. Elle rêve toutes les nuits qu'elle essaye d'entrer au paradis pour y retrouver monsieur Ferreira, son patron, qui, bien qu'avare et ayant abusé d'elle, lui parlait de Goya, Bergman ou Mozart, des hommes capables d'impressionner Dieu en personne. Mais les portes du paradis sont encombrées de marchands de souvenirs et saint Pierre la repousse à chaque fois. Elle verse aussi tous les soirs quelques gouttes d'eau de Javel dans la soupe de son mari. Ouitéria, son amie, se prostitue mais tombe amoureuse d'un émigré ukrainien désespéré.
Comme Maria da Graça, tous les personnages de ce roman cherchent leur paradis et, pleins d'espoirs ou sans espoir, ils pensent que le bonheur vaut tous les risques, même s'il faut sauter allègrement dans l'abîme.
V.H. Mãe dessine ici avec humour un portrait caustique et tendre de notre temps, à travers des personnages attachants qui avancent sur les chemins sinueux d'une société perturbée.

«Un livre majeur.»
Diario de Noticias

«Éblouissant... L'originalité de la puissance créative de l'auteur est immense.»
Expresso

«Un livre admirable dont la maîtrise stylistique nous manipule et nous enivre du début à la fin.»
Publico

Valter Hugo Mãe est né en Angola en 1971 et vit actuellement au Portugal. Poète, musicien et performer, il a reçu le prix José Saramago pour son premier roman.

Le choix des libraires : choisi le 27/09/2013 par Max Buvry de la librairie VAUX LIVRES à VAUX-LE-PÉNIL, France

Maria da Graça est femme de ménage, marié à un marin médiocre qu'elle tente d'empoisonner, gentiment... Elle est au service de monsieur Ferreira, un vieux cochon qui la viole allègrement et régulièrement. Mais Maria trouve ça pratiquement normal, voire y prend même quelques plaisirs. En outre, l'homme est cultivé, et il lui parle de Goya, Rilke, Bergman ou Mozart, de grands hommes capables d'impressionner Dieu. Or Maria a maintenant quelques soucis avec Dieu, ou plutôt avec Saint-Pierre qu'elle rencontre chaque nuit dans ses rêves surtout après le suicide de Ferreira. Elle souhaite ardemment le rejoindre et Saint-Pierre n'est pas totalement convaincu («quel provocateur ce saint pierre, quel salaud») et ne lui prête guère attention mais Maria n'est pas femme à se laisser faire, "je ne suis pas femme à fuir mes obligations" ! La meilleure amie de Maria, Quiteria, est également femme de ménage. Même cruauté de la vie («... je ne peux me payer que la mort, la vie est trop chère pour moi.»), même âpreté et difficultés mais aussi même quête de bonheur, même désir de vivre, d'aimer et de sexe. Quiteria se prostitue et tombe amoureuse d'un Ukrainien étrange, déglingué vivant un exil douloureux. Seul le petit chien, Portugal, qu'elle a recueilli, semble serein et regarde tout ça avec calme sans porter aucun jugement. Un portrait cru et direct d'une société portugaise où le peuple se débat vigoureusement dans des difficultés immenses mais que la quête d'amour aide à survivre. Le style est vif, rythmé et singulier, l'humour décapant et les personnages atypiques et attachants.

La revue de presse : Catherine Simon - Le Monde du 19 septembre 2013

Comment faire de l'or avec des clichés ? Comment faire de l'humain avec ces pantins aliénés, qui ont si bien assimilé les poncifs qu'on leur a collés sur le front ? En prenant ces clichés au sérieux, répond l'écrivain portugais Valter Hugo Mãe : en les faisant grossir sous la loupe de la fiction, puis en les retournant comme un gant, avant d'en tirer des histoires d'amour, tragiques et drôles, plus vraies que nature...
Ecrit sans virgule et sans majuscule, le roman de Valter Hugo Mãe peut se lire comme un hommage au grand écrivain António Lobo Antunes qui, parmi les premiers, s'était proposé de " rompre avec la ligne droite du récit classique et l'ordre naturel des choses ". C'est sans effort aucun que le lecteur suit les démêlés de la tendre Maria et du suicidaire " Monsieur Ferreira " ; sans même y penser qu'il observe la longue marche de Quitéria et d'Andriy, tant l'écriture est à la fois fluide, entraînante, finement rythmée. L'Apocalypse des travailleurs, troisième volet d'une tétralogie, entamée en 2004 et achevée en 2010, est le premier roman traduit en français de Valter Hugo Mãe, né en 1971 en Angola. Son Apocalypse est l'une des plus réjouissantes découvertes de l'automne.

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