"Les lorettes : Paris capitale mondiale des plaisirs au XIXe siècle" de Emmanuel Pierrat chez le Passage (Paris, France)

en partenariat avec 20minutes.fr

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Les lorettes : Paris capitale mondiale des plaisirs au XIXe siècle
Les lorettes : Paris capitale mondiale des plaisirs au XIXe siècle — Le choix des libraires

Résumé

Au XIXe siècle, Paris gagne ses galons de capitale mondiale des plaisirs. Lorettes, grisettes et courtisanes, conquérantes et victorieuses, règnent alors sur la Ville Lumière. Et derrière elles, une myriade de congrégations, aussi nombreuses que les petits noms secrets et affectueux susurrés par les amants à l'oreille de leurs maîtresses, se réclamant des États de la prostitution.
S'il existe une typologie des femmes publiques aussi riche, la responsabilité en revient au premier chef aux journalistes, chroniqueurs, échotiers, illustrateurs et caricaturistes, écrivains oubliés ou à jamais illustres qui ont dénommé les filles qu'ils croisaient sur les trottoirs de la capitale, le long des boulevards ou dans les faubourgs, au théâtre, au bal ou à l'Opéra, dans les cafés, sur les Champs-Élysées et au sein de quelques salons.
Mais si les catins parisiennes de l'époque ont eut le bonheur d'entrer dans l'histoire, cela tient d'abord à leur fortune littéraire. Les frères Goncourt, Baudelaire, Eugène Sue, Théophile Gautier, les Dumas, père et fils, Tristan Corbière, Huysmans, Zola, Balzac, Flaubert, Maupassant, Barbey d'Aurevilly ont tous témoigné, à des degrés divers, de leur intérêt vis-à-vis de ces dames, les dégageant des vils clichés auxquels elles étaient réduites et contribuant à changer le regard que la société leur portait jusque-là. Ces grands noms, le lecteur les connaît. Leurs ouvrages - Nana, La Dame aux camélias, Splendeurs et misères des courtisanes, etc. -, il les a parfois lus à un âge et dans un cadre - scolaire et donc pudique - qui ne lui ont pas toujours permis de saisir qu'ils avaient tous pour sujet... les lorettes !

Né en 1968, Emmanuel Pierrat est écrivain, essayiste et avocat français. Spécialisé dans le droit de la culture, chroniqueur pour Livres-Hebdo, il est aussi éditeur et collectionneur.

Courrier des auteurs le 16/09/2013

1) Qui êtes-vous ? !
Avocat, écrivain conservateur du musée du barreau de Paris, élu municipal parisien bref captivé par l'histoire de la capitale, les moeurs, l'urbanisme, la littérature...

2) Quel est le thème central de ce livre ?
La seconde moitié du XIXe siècle doit être considérée comme une espèce d'âge d'or, un aboutissement où la science du plaisir atteint un degré de raffinement prompt à asseoir pour l'éternité, ou presque, la réputation de Paris.

3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
Les lorettes, leurs soeurs grisettes désavantagées par le sort et les cocottes, conquérantes et victorieuses courtisanes passées à la postérité pour avoir déployé une maestria inédite dans l'art de plumer quelques-uns des gogos milliardaires de la nuit parisienne et pour s'être vues gratifier de génuflexions par une bonne partie des têtes couronnées disséminées à la surface du globe, appartiennent toutes à une seule et même confrérie.

4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
La Traviata ! C'est une lorette qui a tenté de devenir courtisane

5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
À quelles douteuses circonstances les catins parisiennes de la seconde partie du XIXe siècle doivent-elles d'être entrées dans l'histoire ? D'abord à leur fortune littéraire. Laquelle serait restée sans lendemain si elle n'avait retenu la seule attention des petits maîtres enfantés par le Second empire et enterrés sous les aléas du XXe siècle. Les Goncourt, Baudelaire, Eugène Sue, Théophile Gautier, les Dumas, père et fils, Tristan Corbière, Huysmans, Zola et Balzac avec une prédilection toute particulière, Flaubert, Maupassant, Barbey d'Aurevilly, etc., l'énumération ne prétend pas à l'exhaustivité, elle vise à signaler que certaines des plumes les plus célèbres de l'époque ont témoigné, à des degrés divers, de leur intérêt vis-à-vis de cette catégorie de la population, la dégageant des vils clichés auxquels elle était réduite et contribuant à changer le regard - très modestement, il est vrai - que la société lui portait jusque-là. Ces grands noms, le lecteur les connaître. Leurs ouvrages, il les a parfois lus à un âge et dans un cadre - scolaire et donc pudique - qui n'ont pas permis de saisir qu'ils avaient tous pour sujet les lorettes ! C'est donc, entre autres, à une relecture des classiques qu'il est ici convié.

6) Avez-vous des rituels d'écrivain ? (Choix du lieu, de l'horaire, d'une musique de fond) ?
La nuit, quand tout est en ombres et dans le calme

7) Comment vous vient l'inspiration ?
Grâce à une muse secrète !

8) Comment l'écriture est-elle entrée dans votre vie ? Vous êtes-vous dit enfant ou adolescent «un jour j'écrirai des livres» ?
Je suis l'avocat de nombreux écrivains et me suis longtemps interdit de publier d'autres lignes que du droit. Et puis un jour la digue a cédé.

9) Vous souvenez-vous de vos premiers chocs littéraires (en tant que lecteur) ?
Justine de Sade ! Je suis aujourd'hui président du Prix Sade...

10) Savez-vous à quoi servent les écrivains ? !
A magnifier le monde.

11) Quelle place tiennent les librairies dans votre vie ?
Ils embellissent ma vie et... les rayonnages de mon appartement.

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