"L'oubli et ses vertus" de Simon-Daniel Kipman chez Albin Michel (Paris, France)

en partenariat avec 20minutes.fr

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L'oubli et ses vertus
L'oubli et ses vertus — Le choix des libraires

Résumé

À l'heure où l'on ne parle que de mémoire, collective ou individuelle, de commémoration et de célébration, quelles sont les forces positives de vie, de lien, de contact, propres à l'oubli ?
Le psychiatre et psychanalyste Simon-Daniel Kipman interroge la signification de nos oublis : que nous montrent-ils et que nous cachent-ils ? Que trouvons-nous à force de chercher des mots insaisissables, des instants dont le souvenir s'est évanoui ?
Ce livre passionnant, qui aborde également le culte de la mémoire et de la remémoration systématique, est un éloge de l'oubli dans sa fonction vitale, de la petite enfance au deuil. Mécanisme psychique constant et massif, il nous empêche d'encombrer notre mémoire forcément limitée, libère la pensée, favorise l'innovation et stimule la curiosité.

L'auteur

Simon-Daniel Kipman est psychiatre, psychanalyste, président-fondateur de la Fédération française de psychiatrie et président de l'Observatoire francophone de la médecine de la personne fondé en 2013 (l'observatoire tiendra son premier congrès à Poitiers en mars 2013 www.simon-daniel-kipman.com).
Ancien rédacteur en chef de la Revue française de psychiatrie, Simon-Daniel Kipman a récemment publié Manifeste pour une psychiatrie de la personne-Doin (2009) et De l'usage des passions, aspects psychiques des passions individuelles et collectives-Doin (2011).

La revue de presse : Roger-Pol Droit - Le Monde du 3 octobre 2013

Le livre de Simon-Daniel Kipman s'organise autour de cette fonction positive de l'oubli, qui se révèle lié à la vie et au mouvement, alors qu'on l'imagine du côté de la mort et de l'immobilité. Au lieu de voir dans l'oubli le simple sédatif de la douleur, ce psychiatre et psychanalyste chevronné (plus d'informations sur son site, www.simon-daniel-kipman.com) propose de le considérer comme ce qui nous ouvre l'avenir, en permettant qu'il ne soit pas pure et simple répétition du passé. Oublier, ce serait donc commencer à se reconstruire un monde. Cela vaut pour les individus, mais aussi pour les collectivités. Au devoir de mémoire, il conviendrait d'opposer le droit à l'oubli. On suit avec plaisir le président fondateur de la Fédération française de psychiatrie dans ce périple le long du Léthé, où se côtoient psychanalyse, histoire, philosophie, littérature et sciences cognitives, sans oublier quelques traits d'humour. On y croise les oeuvres de Bion, de Freud et de quelques autres, des distinctions entre oubli complet, partiel ou sélectif, oubli immédiat, à moyen ou à long terme, mais aussi des remarques douces-amères sur les souvenirs " convenables " que façonnent les politiques mémorielles, volontiers oublieuses des peuples et de ce que vivent réellement les gens obscurs.

La revue de presse : Robert Maggiori - Libération du 29 août 2013

Simon-David Kipman est psychiatre et psychanalyste. Il eût pu aisément se contenter, pour éclairer l'oubli, de suivre Freud, qui l'associe à d'autres phénomènes psychiques «révélateurs» de conflits intérieurs, tels que l'acte manqué, le symptôme névrotique ou le lapsus, et le fait dépendre, comme le rêve, des mécanismes du refoulement, du déplacement et de la condensation - quitte à souligner les limites de ses théorisations (Freud s'intéresse moins au fait même d'oublier qu'aux méthodes qui «font revenir» ce que l'oubli a refoulé) et à les prolonger par celles de Wilfred Ruprecht Bion. Ou bien favoriser l'examen psychiatrique («je plaide pour une clinique psychiatrique respectueuse de la personne»), quand bien même cela l'aurait conduit à analyser non l'oubli proprement dit, mais plutôt les pathologies de la mémoire, celles des personnes âgées entre autres, ou des malades d'Alzheimer. Il fait l'un et l'autre, bien sûr. Mais, dans l'Oubli et ses vertus, Kipman propose une «recherche méditative» qui multiplie les approches (tantôt appuyées, sans lourdeur, sur la philosophie, la littérature, la mythologie, tantôt sur l'histoire, la psychologie ou les neurosciences) de telle sorte que, de l'oubli, rien ne soit oublié...
Toujours conçu comme défaillance, carence, coupure de la pensée, apprécié seulement lorsqu'il sert de sédatif aux tourments du deuil et des offenses subies, l'oubli, s'il est ce par quoi la vie se construit en liberté, apparaît alors moins monstrueux qu'on ne le dit. Ou que ne le dit la mythologie, qui, de Léthé, faisait la fille de la Nuit, la soeur de la Faim, du Serment, de la Douleur et de la Peine.

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