"Canada" de Richard Ford chez Ed. de l'Olivier (Paris, France)

en partenariat avec 20minutes.fr

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Canada
Canada — Le choix des libraires

Résumé

«D'abord, je vais vous raconter le hold-up que nos parents ont commis. Ensuite les meurtres, qui se sont produits plus tard.»

Great Falls, Montana, 1960. Dell Parsons a 15 ans lorsque ses parents braquent une banque, avec le fol espoir de rembourser un créancier menaçant. Mais le hold-up échoue, les parents sont arrêtés. Dell doit choisir entre la fuite et l'orphelinat. Il traverse la frontière et trouve refuge dans un village du Saskatchewan, au Canada. Arthur Remlinger, le propriétaire d'un petit hôtel, le prend alors à son service. Charismatique, mystérieux, Remlinger est aussi recherché aux États-Unis... C'est la fin de l'innocence pour Dell. Dans l'ombre de Remlinger, au sein d'une nature sauvage et d'hommes pour qui seule compte la force brutale, il cherche son propre chemin. Canada est le récit de ces années qui l'ont marqué à jamais.

Ce roman, d'une puissance et d'une beauté exceptionnelles, signe le retour sur la scène littéraire d'un des plus grands écrivains américains contemporains.

Richard Ford est né à Jackson (Mississippi) en 1944. Auteur notamment d'Une saison ardente (1991), d'Un week-end dans le Michigan (1999) et de L'État des lieux (2008), parus aux Éditions de l'Olivier, il a reçu le PEN/Faulkner Award et le prix Pulitzer en 1996 pour Indépendance.

«Un chef-d'oeuvre, qui capture la solitude logée au coeur même de la vie américaine - et peut-être de toute vie.»
John Banville

Le choix des libraires : choisi le 25/03/2014 par Max Buvry de la librairie VAUX LIVRES à VAUX-LE-PÉNIL, France

Dell Parsons a 15 ans lorsque sa vie bascule. Il vit aux États-Unis, au beau milieu de nulle part, rêve d'échecs et d'abeilles, un enfant «normal». Sa soeur jumelle voudrait quitter ses parents, couple étrange et bancal, un père pilote de bombardier «faisait pleuvoir la destruction sur terre» et une mère institutrice. Ils commettent un hold-up (digne des pieds-nickelés) pour rembourser leurs dettes et sont arrêtés immédiatement. Sa mère les confie à son amie Mildred pour éviter l'orphelinat. Alors que sa soeur préfère la fuite, lui, docile, suit Mildred qui l'emmène au Canada, loin de l'Amérique qui a vu ses rêves se perdre. Elle y retrouve son frère, individu aux pratiques douteuses et au passé trouble. Au milieu de cette nature sauvage, Dell continue d'apprendre et de grandir, d'observer les adultes tout en quittant l'adolescence. Bien longtemps plus tard, devenu professeur, il retrouve sa soeur et autour du carnet de notes écrites en prison par leur mère, ils reviennent sur leur existence, leurs choix, leur envol brisé par leurs parents. Richard Ford dissèque avec brio la vie et les sentiments de Dell, le basculement de son existence, son désir de normalité, son passage à l'âge adulte et son appréhension pleine de sagesse de la vie. Roman poignant d'apprentissage (aussi vaste que le Canada) qui aimante le lecteur dès la première phrase !

Le choix des libraires : choisi le 28/10/2013 par Marianne Kmiecik de la librairie LES LISIÈRES à ROUBAIX, France

«Comme quoi, les événements qui vous changent une vie ne se présentent pas toujours comme tels.»
Un film que l'on va voir au cinéma, une poignée de main avec un homme tout juste rencontré, autant de moments infimes de l'existence qui font déraper une vie entière. Dell a 15 ans lorsque sa vie de jeune adolescent américain des années 1960 prend un cours tout à fait inattendu. Son père, un retraité de l'Air Force reconverti en vendeur de voiture, a contracté des dettes auprès d'individus plutôt inquiétants en se livrant à du trafic de viande bovine. Pour rembourser, la seule idée qui lui vient à l'esprit est de braquer une banque ! Depuis longtemps obnubilé par les «hold-up», il entraîne sa femme, une enseignante introvertie, avec lui. Sorte de Bonny and Clyde revisité, le duo de malfaiteurs est loin d'être au point... Quelques jours seulement après le braquage, ils se font prendre, laissant Dell et sa soeur jumelle livrés à eux-mêmes.
Tandis que sa soeur part seule sur les routes pour rejoindre la Californie et échapper ainsi à l'orphelinat, Dell suit le plan que sa mère a mis au point pour lui au cas où ça tournerait mal. Une de ses amies enseignante lui fait traverser la frontière canadienne et le confie à son frère, directeur d'un petit hôtel dans une région quasi désertique ! Les quelques mois les plus fondateurs de l'existence de Dell sont sur le point de commencer... Alors qu'il travaille pour la première fois de sa vie, en pleine nature, et qu'il est physiquement épuisé, il ne cesse de s'interroger sur les raisons qui ont poussé cet américain plutôt bel homme à venir s'enterrer dans un endroit pareil. Il aurait peut-être préféré tout ignorer de la vie d'Arthur Remlinger, car lorsque le passé trouble de l'homme remonte jusqu'au Canada, Dell s'y trouve mêlé d'une terrible manière...

C'est l'homme que Dell est devenu qui raconte ces quelques mois de son adolescence qui l'ont profondément marqué et qui ont bouleversé son destin. Avec retenue, en toute simplicité, il tente d'éclairer le présent avec le passé. Ce récit d'une grande intensité se dévore pour son intrigue mais se déguste pour sa langue et ses réflexions sur la famille, l'adolescence, les gens ordinaires et les criminels. Un grand roman américain !

Le choix des libraires : choisi le 14/09/2013 par David Vincent de la librairie MOLLAT à BORDEAUX, France

Épais roman qu'on ne lâche pas, Canada marque un sommet dans la carrière de ce grand écrivain américain couvert de prix. Le narrateur est au terme d'une vie passée en exil dans ce Canada qui l'accueillit lorsqu'il avait seize ans (sa soeur jumelle prenant le parti de disparaître), en fuite pour échapper aux conséquences d'un fait divers lamentable dont ses parents s'étaient rendus coupables : le hold-up foireux de deux amateurs qui imaginaient régler en un tour de main leurs soucis financiers. Il tente, à la lumière d'une vie passée à déjouer les pièges des démons de la mémoire, de comprendre comment une famille sans histoire de la middle class américaine a pu ainsi basculer dans ce néant que la culpabilité ouvre sous vos pieds. Le plus étonnant dans la manière de Ford est cette façon de nous happer dans une histoire dont il dévoile par éclats les faits saillants pour mieux y revenir ensuite, déjouant notre appétit de surprises romanesques en s'approchant au plus près des causes et de leurs effets. C'est aussi un portrait sans fard des mystères et des inquiétudes de l'adolescence. Un des grands livres de cette rentrée.

Le choix des libraires : choisi le 14/09/2013 par

Pierre Delaforge recommande ce livre au micro d'Augustin Trapenard, dans Le Carnet du libraire, sur France Culture, en partenariat avec Lechoixdeslibraires.com

La revue de presse : Valérie Trierweiler - Paris-Match, novembre 2013

Dans « Canada », Richard Ford suit le destin de deux adolescents qui vont payer cher les erreurs de leurs parents...
Ford joue de toutes les noirceurs. Comme si le fond n'était jamais atteint. Il nous entraîne dans une réflexion sur l'idée du basculement et de la maîtrise du destin. « On aurait tort de passer à la trappe des événements, même néfastes, car ils sont la seule voie qui nous mène au présent. » Le présent n'est pas le seul sujet de Ford. L'avenir l'est aussi. Mais de qui dépend-il  ? De soi  ? Des autres  ? Du hasard  ? De quoi méditer une fois refermé l'immense roman de Ford.

La revue de presse : Fabienne Lemahieu - La Croix du 18 septembre 2013

C'est à une surprenante traversée que nous convie l'Américain Richard Ford avec ce septième roman, dont la simplicité révèle bien des richesses. Sans effets ni fracas, Canada ouvre une brèche vers l'inextricable enchaînement des destinées, fraie un passage dans lequel le lecteur s'engouffre dès les premières phrases, promesses d'aventures qui exhalent le danger et la mort...
Éloge tout à la fois du mouvement et de la permanence, récit faussement amoral - les déviants sont châtiés, tout au mieux exilés - sans être jamais moralisateur, sombre sans être cynique, Canada est un roman en marche, qui se compose à mesure des questionnements de Dell. Richard Ford y abandonne la vérité aux plus timorés, pour offrir aux esprits curieux la saveur âpre et mystérieuse de la vie. Car «ce qu'on fait, ce qu'on n'a pas fait, ce qu'on a rêvé de faire, un beau jour tout se rejoint.»

La revue de presse : François Busnel - L'Express, septembre 2013

Tout est là ! Richard Ford traque les moments de bascule. Plus que les défaites d'une vie, ce qui l'intéresse, ce sont les instants qui mènent à la sortie de route. Comment dérapons-nous ? Le destin ? Le fruit des rencontres ?...
Sommes-nous les témoins ou les complices ? La frontière entre ces deux états est aussi peu claire que celle qui sépare les Etats-Unis du Canada : invisible, artificielle, symbolique. Dell perd sa soeur jumelle, Berner, qui a préféré s'enfuir vers la Californie, et se retrouve au Canada, ce faux jumeau de l'Amérique. Richard Ford, lui, frappe un grand coup. Et signe un livre qui n'en finira pas de résonner dans l'âme du lecteur.

La revue de presse : Didier Jacob - Le Nouvel Observateur du 22 août 2013

Roman-monde, «Canada» est un chant puissant, funèbre et magnifique, un magistral requiem à la jeunesse perdue qui confirme la place essentielle qu'occupe Richard Ford dans le roman américain contemporain.

La revue de presse : Nathalie Crom - Télérama du 21 août 2013

Le récit du geste insensé des époux Parsons, de l'effarante sortie de route de ce couple que rien ne prédisposait au crime, a beau occuper les deux cents premières pages de Canada, ce n'est clairement pas dans une narration à suspense, une aventure épique que l'on s'avance, entreprenant la lecture de ce septième, et somptueux, roman de Richard Ford (1). Il y a certes l'enchaînement des faits, que déroule minutieusement Dell Parsons, un demi-siècle plus tard, alors qu'il a 63 ans - ajoutant bientôt, à la chronique de sa prime enfance et à celle du hold-up parental, celle de sa survie postérieure, la disparition volontaire de sa jumelle Berner, son propre exil au Canada, et, là, sa rencontre décisive avec le mys­térieux, charmeur et manipulateur ­Arthur Remlinger, etc. Mais, de fait, nourri par les souvenirs que Dell repêche un à un dans sa mémoire et articule entre eux, ce déploiement romanesque si plein de détails concrets et d'admirables seconds rôles, si maîtrisé et savoureusement précis, s'impose comme le support d'une méditation - conduite par Richard Ford de façon tout à la fois savante et sensible, à travers la voix et les réflexions de son narrateur.

La revue de presse : Philippe Lançon - Libération du 19 août 2013

Canada est l'aventure d'un adolescent de 16 ans, Dell, dont les parents font un hold-up foireux pour rembourser des dettes. Le père travaille dans l'Air Force, comme naguère le père de la femme de Ford. La comparaison s'arrête là...
La banque attaquée est dans un trou du Nord Dakota. Les parents sont arrêtés sous le nez de leurs enfants : longue et formidable scène, du point de vue de Dell. Ils meurent en prison, vite. Pour échapper à l'orphelinat, la soeur de Dell fugue et lui, file au Canada. Le voilà chez un propriétaire d'hôtel de passe, pour qui il travaille. Ce propriétaire pourrait devenir une sorte de nouveau père : c'est un type plein de mystère. Mais c'est aussi un monstre. Canada est un roman d'apprentissage rétrospectif. Il flotte aux confins indéterminés d'un deuil impossible et d'un avenir possible...
Enfant, il aimait beaucoup son père. Quand celui-ci est mort, il n'a pas pleuré : «J'ai pensé "tu es très triste, pourquoi tu ne pleures pas ?" Puis je me suis demandé "c'est quoi, pour toi, la nature du chagrin ? As-tu une réponse ? Non." Finalement, cette mort, c'était ma liberté.»

La revue de presse : Tanguy Viel - Le Monde du 12 septembre 2013

La lecture de Canada, de Richard Ford, est d'une évidence troublante. Troublante à ce point qu'un (court) temps on s'en défierait presque, comme si la fluidité sans écueil des quelque 500 pages du roman risquait de signaler une densité manquante - manque qui serait alors facilité, celle d'une langue trop peu inquiète d'elle-même pour que quelque chose de saillant y advienne. Mais il y a une autre forme d'évidence, une autre forme de fluidité qui se trouve être l'horizon et la fierté d'un romancier : celle par laquelle il est parvenu, au prix d'un travail qu'il a l'élégance d'avoir enfoui, à donner cet heureux sentiment que les phrases, puis les paragraphes, puis les chapitres, glissent infiniment les uns sur les autres, en cette forme ici rhapsodique par laquelle le narrateur, Dell Parsons, professeur désormais à la veille de la retraite, déroule en soixante-neuf séquences le long ruban d'une période décisive, violente et insensée de sa jeunesse...
C'est cela, l'évidence troublante de ce livre, celle par laquelle l'écriture, puissance picturale et musicale, en faisant magiquement circuler le langage dans la matière des choses, les renoue enfin entre elles et les réconcilie avec celui qui les pense - et aussi, bien sûr, avec celui qui les lit.

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