"Il Babbo" de Ivan Macaux chez Stock (Paris, France)

en partenariat avec 20minutes.fr

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Il Babbo
Il Babbo — Le choix des libraires

Résumé

«Le voilà qui arrive. «Il Babbo». Il n'a rien d'italien, c'est ma mère qui l'est à moitié. C'est elle qui l'a surnommé ainsi pour nous. Avec l'accent, en tirant sur le «a». J'aime le sobriquet. Aux heures claires, il sent le babillage et la bulle savonneuse. Aux heures sombres, il claque comme une sentence enfantine : «Pas beau !»»

Une semaine sur les routes de France, entre le Var et Paris, dans le sillage d'une vieille bagnole en bout de course. Il Babbo conduit. Sur le siège passager, son fils scrute le rétroviseur où défilent les souvenirs d'enfance, caprices et coups de poker de ce père au destin sinueux et spectaculaire. Qui est-il ce Babbo, cet homme jovial et interlope : idéaliste patenté ou escroc aux heures de bureau ? Et qui est vraiment ce narrateur ? Plus un adolescent, pas tout à fait un homme. Ce voyage, seul à seul, est un moment rare. Père et fils s'observent, se toisent, se cherchent.

Le long des départementales, c'est le poids des silences et des non-dits que l'auteur convoie, et l'histoire d'une famille française, en creux, qu'il explore. Au fil des kilomètres, se croiseront l'Afrique et Barbara, Musclor et Stefan Zweig, des généraux soviétiques chez Tati, Lee Harvey Oswald et le porno.

Ivan Macaux est né en 1984. Ancien critique de cinéma, il est aujourd'hui reporter à la télévision. Il Babbo est son premier roman.

Le choix des libraires : choisi le 07/09/2013 par Laurent Lebourg de la librairie PRIVAT-CHAPITRE à PERPIGNAN, France

Pères et fils peuvent-ils briser cette malédiction qui les condamne à l'incommunicabilité ? Existe-il une autre issue relationnelle lorsque deux lions fougueux cessent de s'affronter pour un même territoire ? La complicité entre père et fils n'est-elle qu'un mythe ? Doivent-ils nécessairement s'éviter comme deux spectres ou se refléter vainement dans l'abîme comme deux miroirs face à face ? La sempiternelle logique freudienne est-elle une fatalité ? Elle génère en tout cas une perspective infinie de questions essentielles. A défaut d'y répondre, la littérature arrive à point nommé pour renvoyer un écho formidable à ces interrogations de grands solitaires. Par sa singulière vision du père disparu, Ivan Macaux nous offre un roman beau et poignant, sachant trouver les mots qui nous manquent tant. Le temps d'un voyage retour le long de la nationale 7, deux hommes se retrouvent enfin seuls et vivent l'illusion de regarder dans la même direction. L'auteur tente alors de recomposer par petites touches la figure évasive de celui qu'il nomme familièrement le Babbo. Un portrait de contrebande selon sa formule car fruit de sa propre réinterprétation. Un livre qui fera date auprès des âmes qui brûlent silencieusement.

Le choix des libraires : choisi le 07/09/2013 par Emilie Dontenville de la librairie MOLLAT à BORDEAUX, France

Premier roman qui témoigne d'un gout prononcé pour les jeux de langue et manifeste une belle originalité dans le maniement de la mémoire familiale, Il Babbo met aux prises, le temps d'un voyage du sud au nord de la France dans une Fiat sans âge, un père et son fils qui ont tant à se dire et y arrivent si mal. Le premier a derrière lui un beau parcours de looser patenté avec ses ruines successives et ses mensonges princiers, le second une belle soif de revanche mais peu d'énergie pour la déployer. Au gré de leur poussive avancée, entre brusques montées de colère et apaisements compréhensifs, ce qui pourrait ressembler à une apparence de vérité va se faire jour chez le jeune homme qui ne ménage ni son passé et ni ses propres mythes personnels tout en se faisant l'historien amusé de sa famille. Du style, un sens de la formule, un joli caractère...

Courrier des auteurs le 07/09/2013

1) Qui êtes-vous ? !
Presque 30 ans, presque 2 mètres. Journaliste de métier, écrivain depuis peu. Un goût immodéré pour les losers magnifiques, un dégoût prononcé des histoires trop simples.

2) Quel est le thème central de ce livre ?
La filiation. Comment grandir sous les yeux d'un père qu'on a rêvé Arsène Lupin, trafiquant d'or, ennemi du KGB et faux-monnayeur ? Que voit-on résister à la patine du temps ?

3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
Dur d'en choisir une seule. S'il faut se décider, j'essaierai de prendre une phrase qui résume l'esprit du livre. Allez, la page 213, deux petites : «On a ses parents trop tôt. Quand vient le temps, on ne peut que ramasser à la main les fragments de nos pères.»

4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
Une chanson de Barbara, certainement. Celle qui ouvre mon récit, en clin d'oeil. Quelques mots. «J'ai mis mon dos nu à l'écorce/ L'arbre m'a redonné des forces/ Tout comme au temps de mon enfance.»

5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
Des odeurs, des goûts, quelques souvenirs et quelques sentiments. Peut-être la tendresse et la colère que l'on peut ressentir tout à la fois pour ses parents. Le lecteur choisira : chacun y lancera ses propres échos.

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