"La vie à côté" de Mariapia Veladiano chez Stock (Paris, France)

en partenariat avec 20minutes.fr
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La vie à côté
La vie à côté — Le choix des libraires

Résumé

«Un magnifique premier roman.»
La Repubblica

«Un livre qui surprend par le ton de la narration et la langue extrêmement raffinée.»
Grazia

Rebecca est laide. Extrêmement laide. Elle vit, avec prudence et en silence, dans une magnifique maison au bord d'un fleuve, aux côtés d'un père, médecin trop absent, et d'une mère qui «a pris le deuil à sa naissance». Rebecca se tient elle aussi hors du monde, enfermée pour ne pas être blessée, élevée par la sainte et tragique servante Maddalena qui la protège. C'est sans compter sur l'impétueuse tante Erminia, qui décide de l'initier au piano, et qui cache pourtant des sentiments moins nobles. Mais Rebecca est douée et va concentrer sa vie entière dans ses mains, parfaites. La rencontre avec la Signora De Lellis, musicienne réputée et détentrice d'un secret de famille, le confirme : une autre vie est possible, un autre langage, une vie à côté.

Avec la légèreté et la férocité d'une fable, La vie à côté brosse le portrait d'une famille corrompue par le mensonge et les tabous. Mariapia Veladiano comble le silence et les bruits étouffés en donnant voix à la différence.

Après des études de philosophie et théologie, Mariapia Veladiano est aujourd'hui professeur de lettres à Vicenza. Elle collabore également avec les journaux La Repubblica, Avvenire, Il Regno. Elle a reçu le prix Calvino en 2010 pour La vie à côté.

Le choix des libraires : choisi le 05/09/2013 par Martine Borderie de la librairie MOLLAT à BORDEAUX, France

Qui se souvient de Prue Sarn, la soeur du Gédéon de Mary Webb, douce fille défigurée par un bec-de-lièvre ?

On pense immanquablement à elle en faisant la connaissance de Rebecca, l'héroïne très disgracieuse du premier roman traduit en français de l'Italienne Mariapia Veladiano dans la Cosmopolite de Stock. Car Rebecca est d'une laideur que nul ne fait semblant de contester, une laideur définitive dont l'excès nous épargne toute description. Cela ne l'a pas rendue méchante, ni folle, ni totalement névrosée : comme elle l'avoue elle-même elle «est une insulte à son espèce» mais ne parvient pas à en vouloir au reste de l'humanité qui la méprise, à sa mère qui s'est retranchée depuis sa naissance dans le malheur d'avoir engendré un monstre, à son père qui, quoique médecin prestigieux, manque absolument de courage pour lui apprendre à supporter sa terrible condition, à sa tante qui l'instrumentalise et cultive son don musical avec les desseins les plus troubles, au temps qui n'arrange rien. Stoïque ? Habitée par une force surhumaine qui lui permet de pencher sans jamais rompre ? Intelligente comme le sont souvent ceux que leur différence oblige à une adaptation constante ? Sans doute tout cela à la fois. C'est en tout cas ce qui se diffuse tout au long de cette confession qu'est La vie à côté (traduit par Catherine Pierr-Bon), chemin de croix d'une enfant qui va devenir, sous nos yeux humides d'émotion, une femme. Auto-analyse particulièrement réussie, ce roman joue sur notre voyeurisme, notre goût pour une compassion que déjoue la victime qui bâtit sur la ruine continue qu'est sa vie une identité forte. Sa passion pour la musique n'est pas étrangère à cette survie en milieu hostile au coeur d'une petite ville qui a trouvé à bon compte son démon local sur lequel cristalliser ses angoisses archaïques. Car si Rebecca supporte sa disgrâce en décidant que «c'est la nature» qui est cause de tout, elle doit subir les humiliations de ceux qui devraient l'aimer et la cachent au-delà du raisonnable. Elle nous fait découvrir à quel point l'amour filial peut être l'autre nom de l'horreur et de quelles stratégies sont capables les proches, ceux qui n'ont pas le droit d'avouer l'horreur qu'ils ressentent. On ne s'étonnera guère qu'un secret soit au coeur du récit, un secret qui vient percer le mystère de cette mère qui ne parle jamais à sa fille, ne la croise pas, ne lui dit rien, la vouant à un silence torturant.

C'est un des romans étrangers sur lesquels il faudra compter.

Le choix des libraires : choisi le 30/08/2013 par Elise Patteeuw de la librairie LES BEAUX TITRES à LEVALLOIS-PERRET, France

"La vie à côté" est un joli premier roman, court et plein de poésie : l'histoire d'une petite fille laide, coincée entre un père absent et une mère dépressive depuis le jour de sa naissance, qui l'isolent de la vie en communauté. Sa vie commence à changer lorsque sa tante l'initie à la musique et au piano... Et petit à petit, en s'ouvrant au monde, elle va découvrir les secrets que cache sa famille et la vérité sur les relations qui en unissent les membres. Un livre qui se lit comme une fable : parfois léger et naïf, parfois cruel.

La revue de presse : Delphine Demenois - Libération du 12 septembre 2013

Mariapia Veladiano ose briser, dans ce premier roman, les stéréotypes de l'amour maternel pour porter sur le monde un regard acerbe, voire violent. Catherine Pierre-Bon, la traductrice, a réussi à conserver la mélodie de la langue italienne en maintenant ses longues phrases imagées.

La revue de presse : Fabio Gambaro - Le Monde du 5 septembre 2013

Une femme disgracieuse fait le récit de sa vie. Le premier roman féroce et sensible de Mariapia Veladiano...
Ce point de vue très subjectif, chargé d'émotions mais jamais d'aigreur, confère une tonalité toute particulière au très beau premier roman de Mariapia Veladiano. Une fable féroce, mais non dépourvue d'espoir, qui en Italie a reçu le prix Calvino et a été finaliste du prestigieux prix Strega ; le cinéaste Marco Bellocchio en a acheté les droits cinématographiques. Avec un sens indéniable du récit, une grande maîtrise de la progression dramatique et du coup de théâtre, Rebecca raconte à la première personne une vie de souffrance et d'exclusion, marquée par sa laideur et par le mépris des autres qui, dans ses traits rebutants, semblent surtout apercevoir leurs propres peurs et obsessions...
La Vie à côté est un portrait de femme bouleversant autant qu'un roman d'émancipation très original.

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