"Brouillard" de Jean-Claude Pirotte chez le Cherche Midi (Paris, France)

en partenariat avec 20minutes.fr

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Brouillard
Brouillard — Le choix des libraires

Résumé

Le narrateur, double de Pirotte, en proie aux métastases et à la chimiothérapie, se penche sur son passé.
Celui-ci le rejoint dans un présent où sa mort approche, où d'anciens sentiments de culpabilité le rattrapent. Le jeune homme qu'il fut, entouré de poésie alors qu'il fréquente des voyous et semble leur prêter la main, ne cesse de se reprocher chacune de ses aventures, qui l'ont mené à un mariage obscur, une naissance, et la perte de ce qu'il se croyait en mesure de sauver d'une existence erratique. L'enchevêtrement des événements, dont ses carnets retrouvés font foi, conduit le lecteur à se poser, comme souvent, la question du rachat par la littérature, telle que se la posent l'auteur et le narrateur. La vie est un brouillard.

La magie Pirotte est intacte dans ces pages vibrantes de vie où sourdent des musiques, de Schubert au blues de Billie Holiday. Un roman exceptionnel. À part. Au-dessus de la mêlée littéraire.

Jean-Claude Pirotte est poète, romancier et peintre. Son écriture nous entraîne dans les plis du quotidien et les courbes des vignobles, «au fond des chais obscurs et du secret lumineux du paysage» (Autres arpents, prix Marguerite Duras 2001. Il a déjà publié, au cherche midi, Mont Afrique (1999), Hollande, poèmes et peintures (2001) et Place des Savanes (2010). Il a reçu, en 2012, le Concourt de la poésie pour l'ensemble de son oeuvre.

La revue de presse : Xavier Houssin - Le Monde du 19 décembre 2013

Le nouveau livre de Jean-Claude Pirotte s'appelle Brouillard. Un roman, si l'on veut, où il vagabonde à tâtons dans ses chemins perdus...
Le texte est magnifique, d'une absolue pudeur. Qui jette comme un voile. Où vas-tu ? Qui es-tu ? Une fois de plus, il se fond au décor. Le poète s'échappe. Sans attendre la nuit.

La revue de presse : Marine Landrot - Télérama du 4 décembre 2013

Pirotte est un être de courage, lucide et piquant, qui a toujours eu le coeur bien accroché, sauf peut-être à sa femme, qu'il s'excuse, dans un ressassement désolé, d'avoir épousée sans amour. Impitoyable avec lui-même, il écrit à petits coups de poignard, ou de sonde, la chanson inextinguible d'un homme troué par «les tumeurs, les vertiges, le délabrement». Détruit, et toujours debout.

La revue de presse : Marine de Tilly - Le Point du 24 octobre 2013

Ses livres racontent des fugues et des bêtises, des illusions, des beuveries et des amis. De la désespérance, Pirotte fait une mélodie d'amour et d'humour, noire, vibrante, magique. Son malheur danse, il chante (sur Billie Holiday), il fait un doigt d'honneur à l'horizon. Plus encore que les précédents, Brouillard étreint. Sans doute parce que c'est la fin qui vient : Pirotte est mal en point, en proie aux métastases et à la chimio. Son cancer se généralise, mais c'est un bon état pour écrire la nostalgie. Pirotte ne renonce pas. Il fume toujours, il boit toujours, il écrit toujours. La même chose, de mieux en mieux, son Brouillard est céleste. Comme tous les autres, ce bref roman n'est rien et fait des merveilles de ce rien.

La revue de presse : François Busnel - L'Express, août 2013

C'est un petit livre merveilleux que vient de publier l'un de nos plus grands poètes. Jean-Claude Pirotte possède la grâce de ceux qui préfèrent le silence au caquetage, l'ombre à la lumière, la méditation à l'exhibition. Chaque phrase est un diamant, poli par un maître orfèvre qui cherche non à éblouir, mais à se tenir au plus près de la vérité...
Il y a dans ce livre une magnifique nostalgie. De celles qui ne font plus souffrir mais offrent au passé un sens qu'il semble n'avoir jamais eu du temps où il s'écrivait au quotidien. Derrière le brouillard, oui, la vie.

La revue de presse : Antoine Perraud - La Croix du 26 septembre 2013

Jean-Claude Pirotte ne va pas fort - le cancer reprend ses maléfices -, mais il offre un récit des plus forts, tout en finesse, sur les souvenirs et la disparition, le réel et le rêve, l'ombre et la lumière, la béance à l'oeuvre que surpasse le mot juste. Il a composé, tel un montreur de lanterne magique, des extraits de prétendus carnets du passé...
Brouillard caresse la vie, frôle la mort, montre la voie dans la clarté de ce qui va s'éteindre : «C'est que j'avais encore envie de vivre, et de voir passer les nuages, et d'écrire ceci, ou autre chose. Il arrive que la douleur soit en voie d'excéder mes forces. Mais je m'obstine, je tiens la fenêtre ouverte,
au moins je respire et un chien aboie.»

La revue de presse : Jérôme Garcin - Le Nouvel Observateur du 19 septembre 2013

Sous sa plume, le noir est blanc, le malheur danse, et la culpabilité virevolte. Ses auteurs de chevet (Joubert, Chardonne, Larbaud, Dhôtel, Thomas) et de nombreux alcools (aligoté, gnôle et bières trappistes) lui permettent de se «ramentevoir» sans se lamenter, de souffrir sans se plaindre et de se consacrer à sa propre disparition en regardant passer les nuages. Du puligny-montrachet, il écrit que c'est «une douce merveille». «Brouillard» aussi.

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