"Le pyromane" de Thomas Kryzaniac chez l'Age d'homme (Lausanne, Suisse)

en partenariat avec 20minutes.fr

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Le pyromane
Le pyromane — Le choix des libraires

Résumé

«...le feu m'avait pris en chasse, il avait élu domicile en moi. Je m'étais débarrassé des meubles pour lui échapper. J'étais devenu son instrument, sa cible, je sentais sa présence, elle palpitait dans mes veines, dans mes tissus. Il avait le goût d'un métal refroidi, comme une lance qui aurait percé ma mâchoire. Je le sentais me traverser, j'avais envie de l'extraire, mais je ne le pouvais pas, pas sans aggraver la blessure et détruire tout ce qui m'entourait. Je vivais avec la peur constante de le libérer, de lui laisser la porte ouverte; il était comme une parole et j'avais peur de parler.»

Thomas Kryzaniac a 27 ans. Musicien de formation, il a enregistré une poignée d'albums terroristes sous le nom d'Ernesto Violin. Le Pyromane est son premier roman.

Le choix des libraires : choisi le 11/10/2013 par David Vincent de la librairie MOLLAT à BORDEAUX, France

«Tout jeune, je me suis lancé dans la rédaction d'une encyclopédie dédiée aux chats écrasés». Quand on commence un premier roman par une telle phrase, on s'attend à ce que son auteur nous entraîne dans un univers particulier, peut-être drôle, peut-être tragique, certainement atypique. Et, le moins que l'on puisse dire, c'est qu'il y parvient à la perfection. Son personnage principal, un homme hanté par des visions de grand incendie, vit cloitré chez lui, dans la peur de provoquer une catastrophe. Va-t-il passer à l'acte ? Et si ses pulsions étaient d'un autre ordre ? Un psychopathe que vous ne serez pas prêt d'oublier !

Courrier des auteurs le 11/10/2013

1) Qui êtes-vous ? !
Un jeune indépendantiste franc-comtois, exilé dans les Caraïbes pour raisons politiques. J'ai publié plusieurs disques mystiques sous le nom d'Ernesto Violin, et comme l'indépendance tarde à venir, il m'a semblé plus productif d'opter pour la littérature.

2) Quel est le thème central de ce livre ?
La culpabilité. L'impression d'être un criminel par nature avant même d'avoir commis l'irréparable. Le héros porte une faute en lui, une blessure liée au péché originel. Il se sent coupable d'un crime inconnu, commun à tous les hommes. Les thèmes secondaires - le feu, les chats écrasés, les cigares - s'articulent tous autour de ce sentiment.

3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
J'hésite entre deux phrases : «Il secoue la tête, agacé.» et «Je me suis laissé distraire par l'existence, je me suis endormi à mon poste, et l'envahisseur en a profité, bien évidemment ; il s'est faufilé dans la brèche, il a égorgé mes sentinelles, mes souvenirs, il a manigancé, comploté, déplacé des fils dans mon esprit ; à présent il n'y a plus une seule pensée que je n'associe pas à lui, plus un seul geste : je mange du feu, je bois du feu, je respire du feu, et quand je parle, c'est du feu qui sort et me brûle la langue. Alors je me tiens là au bord de la ville et je ne parle plus.» Après mûre réflexion, j'opterais pour la première.

4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
C'est un livre sur l'angoisse, l'inquiétude slave : la 8ème symphonie de Chostakovitch (3ème mouvement !) semble adaptée. Il y a là une tension, un drame qui se noue mais n'explose jamais tout à fait... Il y aurait aussi «Waves Of Fear», de Lou Reed, une chanson terrifiante qui se trouve sur un album dédié au bonheur conjugal. «Guilt» par Marianne Faithfull, qui illustre bien ce sentiment de culpabilité à vide. Et pour danser, «Fire» d'Arthur Brown.

5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
De multiples inquiétudes. Et quelques blagues en créole, mais c'est plus amusant de vive voix, il faudra patienter !...

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