"Il pleuvait des oiseaux" de Jocelyne Saucier chez Denoël (Paris, France)

en partenariat avec 20minutes.fr

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Il pleuvait des oiseaux
Il pleuvait des oiseaux — Le choix des libraires

Résumé

Une photographe du Herald Tribune part réaliser un reportage sur la région québécoise du Témiscamingue, dont les forêts ont été ravagées par de gigantesques incendies au début du XXe siècle. Elle y trouve une communauté de marginaux fantasques et solitaires, dont Tom et Charlie, deux vieillards qui ont survécu à l'incendie et vivent en ermites au fond des bois. Dabord méfiants puis déterminés à aider la photographe dans son enquête, les deux hommes voient leur quotidien chamboulé. Et, soudain, lorsque arrive Marie-Desneige, octogénaire énigmatique tout juste échappée de sa maison de retraite, la vie, puis contre toute attente l'amour, reprend peu à peu ses droits. Superbe récit, lumineux et tendre, Il pleuvait des oiseaux nous entraîne au plus profond des forêts canadiennes, où le mot liberté prend tout son sens, et l'émotion, brute et vive, jaillit à chaque page.

«Quel souffle ! Et quelle humanité ! Une magicienne de l'âme, Jocelyne Saucier.» Le Devoir

«Voici un récit plein de tact et de délicatesse. Émouvant et triste, parfois. Mais, finalement, c'est la beauté et la luminosité qui dominent.» Le Soleil

Jocelyne Saucier est une romancière canadienne née dans la province du Nouveau-Brunswick en 1948. Elle a fait des études de sciences politiques et de journalisme. Il pleuvait des oiseaux est son quatrième roman.

Courrier des auteurs le 11/09/2013

1) Qui êtes-vous ? !
Je suis romancière, essentiellement, je n'écris que du roman. J'aime la fiction, autant en lire qu'en écrire, pour le vertige de l'imaginaire et parce que c'est mon espace de liberté. J'aime la prose, j'aime la phrase, j'aime le travail des mots. Je préfère d'ailleurs écrire plutôt qu'avoir écrit.

2) Comment vous vient l'inspiration ?
Je pars de rien, une image, une phrase, une émotion, ce que l'écrivaine américaine Carson McCullers appelait une «illumination». Un petit rien qui me laisse deviner que derrière il y a un univers à explorer et c'est un vertige extraordinaire de plonger avec si peu à la recherche de ce grand tout qui m'attend. Inutile de dire que je n'ai pas de plan. Il m'est même arrivé de commencer un roman à la première personne sans savoir qui était cette personne qui parlait.

3) Avez-vous des rituels d'écrivain ? (Choix du lieu, de l'horaire, d'une musique de fond) ?
J'écris chez moi, uniquement. Il me faut le silence et la tranquillité de mon bureau pour entrer dans ma bulle. Je n'ai pas de fétichismes d'écrivain sauf ma cigarette du matin -la seule de la journée- dont j'ai besoin pour m'ouvrir les vannes de l'esprit.

4) Comment l'écriture est-elle entrée dans votre vie ? Vous êtes-vous dit enfant ou adolescente «un jour j'écrirai des livres» ?
J'ai toujours su que j'écrirais et que ce serait du roman. Dans ma conception romantique de l'écriture littéraire, je croyais qu'il me fallait être loin des autres pour être au plus près de moi. Alors à trente ans, je suis partie en Afrique pour écrire mon premier roman, qui n'a jamais été publié, heureusement.

5) Vous souvenez-vous de vos premiers chocs littéraires (en tant que lectrice) ?
Comme tous les Québécois de ma génération, j'ai d'abord été nourrie de littérature française puis de littérature québécoise. Il m'aura fallu attendre la fin de la vingtaine pour découvrir Garcia Marquez, Vargas Llosa, Juan Rulfo et les autres. Un choc immense. On pouvait être à la fois dans la poésie, dans l'imaginaire et dans le sel et le sang de la vie !

6) Savez-vous à quoi servent les écrivains ? !
Lire est un acte intime, un moment privilégié où on se retrouve seul avec soi, seul avec l'autre, seul avec le monde, un moment où on accède à la conscience de soi, à la conscience de l'autre, à ce que Le Clézio appelle le concert de l'humanité. L'écrivain ouvre cette fenêtre qui fait entrer la lumière du monde dans la chambre intime du lecteur.

7) Quelle place tiennent les librairies dans votre vie ?
Je vis en Abitibi, une région minière du nord du Québec. Les librairies y sont rares et précieuses. J'y vais pour les livres, bien sûr, mais aussi pour les conversations avec mon libraire, rares et précieuses.

La revue de presse : Catherine Simon - Le Monde du 24 octobre 2013

Thriller naturaliste, le lumineux roman de l'écrivaine québécoise a l'habileté de ne pas révéler, du moins pas en détail, le passé de ces héros aux cheveux plus sel que poivre, hippies avant la lettre qui ont fui la vie citadine - et ne sont pas pressés de mourir. Cette fable philosophique est une ode à la nature, à ses mystères. Savoureuse réussite.

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