"Libération animale et végétarisation du monde : ethnologie de l'antispécisme français" de Catherine-Marie Dubreuil chez CTHS (Paris, France)

en partenariat avec 20minutes.fr

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Libération animale et végétarisation du monde : ethnologie de l'antispécisme français
Libération animale et végétarisation du monde : ethnologie de l'antispécisme français — Le choix des libraires

Résumé

Qui sont les antispécistes ? Que veulent-ils ? Pourquoi ? L'antispécisme est un militantisme original, développé en France depuis 1985, remettant en question radicalement notre rapport aux animaux et à la nature. Fondée sur le principe que tout être vivant doué de sensibilité doit pouvoir vivre sans être soumis arbitrairement à la souffrance et à la mort par d'autres êtres vivants, cette pensée en action s'inscrit dans le cadre plus vaste de la lutte contre toutes formes de domination et de prédation.
À partir d'une étude ethnologique approfondie, cet ouvrage examine et situe ce mouvement au sein de notre société. L'auteur, qui a assisté à la naissance de ce courant, retrace son évolution, présente les individus qui se sont engagés, leur mode de vie, leurs difficultés, leurs satisfactions.

Catherine-Marie Dubreuil est ethnologue, chargée de cours et chercheur rattachée à l'Institut d'épidémiologie neurologique et de neurologie tropicale, UMR 1094 Neuroépidémiologie tropicale INSERM-Université de Limoges.

Courrier des auteurs le 28/06/2013

1) Qui êtes-vous ? !
Une ethnologue, c'est-à dire quelqu'un qui cherche à comprendre la diversité humaine, les choix et les représentations de certaines populations à travers leurs pratiques, leurs croyances ; l'objectif du travail est d'identifier les déterminants culturels qui influencent les groupes. Je revendique un «regard chaud» c'est-à-dire une posture animée par la curiosité et la patience : le rôle de l'ethnologue n'est pas de critiquer, de condamner, de chercher des preuves ou des coupables. Derrière ce souci de compréhension, et non de jugement, il y a une éthique réfléchie, assumée. Il s'agit de restituer des témoignages, de montrer des situations, d'associer des faits, parfois en apparence sans rapport entre eux, mais qui une fois rapprochés, permettent d'entrevoir le monde multiple dans lequel nous vivons, à travers la vie réelle des gens et non à travers des données statistiques.

2) Quel est le thème central de ce livre ?
La présentation d'un mouvement de défense animale radicale, l'antispécisme, dans sa version française : ce militantisme conteste notre rapport aux animaux et à la nature ; il est fondé sur le principe que tout être sensible (humain ou animal) doit pouvoir vivre sa vie, sans être arbitrairement soumis à la souffrance et à la mort. C'est en fonction de cette considération qu'il envisage, entre autres, comme solution partielle, mais fondamentale, l'alimentation végétarienne.

Dans un premier temps, une démarche compréhensive montre «la raison antispéciste», - (pour comprendre un autrui, quel qu'il soit, il faut saisir la ou les raisons qui guident ses pensées et ses actes) -, que veulent les militants ? pourquoi ? Puis une réflexion anthropologique relie ce mouvement à d'autres courants : à qui ressemblent-ils ? de qui se rapprochent-ils ? J'ai voulu permettre au lecteur de les imaginer dans leur propre univers. C'est pourquoi j'ai systématiquement associé leur écriture à la mienne et leur ai souvent donné la parole.

3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
«Je rêve de la fin des guerres, et pas seulement des humains entre eux ; je rêve de la fin des guerres que livrent les humains aux autres animaux, et je rêve aussi de la fin des guerres que se livrent les animaux entre eux». (Déclaration de Théodore Monod citée dans le livre).

4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
Le Carnaval des animaux, de Camille Saint-Saëns, qui, entre ironie et émotion, met en scène la diversité animale, de laquelle l'humain n'est jamais loin.

5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
La curiosité et le plaisir de découvrir, de comprendre une pensée en action, la possibilité de se faire une opinion dédramatisée sur ce qu'elle suggère, une opinion fondée sur des informations issues d'une recherche de terrain et non pas «pré-pensée» par le conformisme socioculturel du moment. Pour le dire autrement, partager «l'envie de monde», comme le dit si joliment l'ethnologue Jean- Didier Urbain à propos de la quête existentielle révélée par les pratiques touristiques...

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