"Wakolda" de Lucia Puenzo chez Stock (Paris, France)

en partenariat avec 20minutes.fr

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Wakolda
Wakolda — Le choix des libraires

Résumé

1959. Une route désolée en Patagonie. Un médecin allemand pas comme les autres croise une famille argentine ordinaire. Ce médecin n'est autre que Josef Mengele. Très vite, il est fasciné par une des enfants, Lilith, bien trop petite pour son âge. La fascination semble réciproque. Alors, quand il s'installe dans la pension de sa famille d'accueil, tout s'accélère.

Wakolda, quatrième roman de Lucia Puenzo, nous entraîne au coeur d'une société argentine infiltrée par l'émigration nazie. En immergeant la figure énigmatique de Mengele dans la vie quotidienne, elle s'appuie sur les détails les moins visibles de sa personnalité pour révéler avec une grande subtilité l'horreur de sa pensée profonde. Un roman captivant qui entraîne le lecteur sur les routes de la mémoire.

Lucia Puenzo est née à Buenos Aires en 1976. Elle est écrivain et réalisatrice. Elle a écrit L'enfant poisson, son premier roman, lorsqu'elle avait 23 ans. Son premier long métrage, XXY, a remporté le grand prix de la Semaine Internationale de la Critique à Cannes en 2007, ainsi qu'un Goya du meilleur film étranger, parmi d'autres récompenses. En 2009, elle adapte L'enfant poisson au cinéma, puis Wakolda en 2013.

La revue de presse : Xavier Houssin - Le Monde du 31 octobre 2013

A Auschwitz, on l'appelait "l'ange de la mort". Médecin SS, il pratiquait la sélection à l'arrivée des convois. Mais Josef Mengele est resté dans les mémoires comme celui qui s'est livré dans le camp à d'atroces expérimentations...
Pour ce quatrième roman, Lucia Puenzo embarque le lecteur dans une narration tissée de trouble, d'inquiétude et d'étrangeté. C'est Herlitzka et Wakolda, deux poupées qu'on échange, une nuit de grêle, d'orage ; des chiens presque sauvages ; l'histoire du joueur de flûte de Hamelin ; de vieilles légendes mapuches et une maison aux portes fermées, aux tiroirs à secrets. On avance à tâtons, à pas comptés, dans un drame qui sans cesse s'éloigne, se dérobe. Wakolda est comme un cauchemar doucereux où, franchissant de déformants miroirs, on se retrouve égaré. Sentiments et sensations brouillés...
Remarquablement servie, une fois encore, par la traduction d'Anne Plantagenet, elle touche avec justesse à une grâce ambiguë. Là où les monstres et les anges se rejoignent.

La revue de presse : Xavier Houssin - Le Monde du 11 juillet 2013

L'Argentine Lucía Puenzo crée, dans le sillage de Josef Mengele en fuite, un climat de trouble et d'étrangeté...
Ce personnage morbide et fascinant se trouve au coeur de Wakolda, le nouveau livre de Lucía Puenzo. La romancière et réalisatrice argentine a imaginé sa rencontre, sur une de ses nombreuses routes d'exil, avec une jeune fille de 12 ans. Lilith fait bien moins que son âge. On lui donnerait quatre ans de moins. Qu'a-t-il remarqué chez elle ? Son retard de croissance, la blondeur de ses cheveux, la clarté d'eau de son regard ou la presque parfaite poupée au teint de porcelaine avec laquelle elle joue ?...
On avance à tâtons, à pas comptés, dans un drame qui sans cesse s'éloigne, se dérobe. Wakolda est comme un cauchemar doucereux où, franchissant de déformants miroirs, on se retrouve égaré. Sentiments et sensations brouillés...
Lucía Puenzo, 36 ans, n'a de cesse de raconter les enfances trop tôt vieillies, les désillusions, les incertitudes, le bouleversement des corps, la perte de l'innocence. Remarquablement servie, une fois encore, par la traduction d'Anne Plantagenet, elle touche avec justesse à une grâce ambiguë. Là où les monstres et les anges se rejoignent.

La revue de presse : Philippe Lançon - Libération du 27 juin 2013

Visiter la Patagonie en compagnie de Josef Mengele, le docteur Folamour d'Auschwitz, ou plus exactement dans sa peau, aucun guide touristique ne l'a proposé. Le quatrième roman de Lucía Puenzo remplit l'office avec le triple talent à quoi ses précédents nous ont habitués : regard pictural précis sur les personnages saisis dans les paysages, talent d'exposition des situations conduisant au malaise, sensibilité au point de vue de l'enfant sur la violence, la faiblesse, la puissance et la perversité des adultes...
Le vrai Mengele a bien disparu quelque temps, à cette époque, du côté de San Carlos de Bariloche, avant de filer ailleurs puis de mourir noyé au Brésil, en 1979. Lucía Puenzo installe son imagination dans un trou biographique du criminel nazi. La Patagonie est un bel endroit pour disparaître et inventer.

La revue de presse : Emily Barnett - Les Inrocks, juin 2013

Wakolda raconte une histoire de fascination réciproque entre un froid scientifique et son cobaye, un monstre captivé par des imperfections qu'il n'a eu de cesse de vouloir gommer au profit de la «race aryenne». De façon étrange et inattendue, la question de la monstruosité morale dérive vers une analogie entre discours scientifique et envoûtement amoureux. Les chiffres et équations médicales se muent en interdépendance affective, force d'attraction partagée, irrationnelle, entre ce bourreau vaincu et sa victime, genre de lolita lilliputienne...
Le réalisme magique, qui irrigue un grand pan de la littérature sud-américaine, permet ici de traiter finement la question des monstruosités nazies, échappant à l'esprit de sérieux d'un côté, au racolage de l'autre. Il inscrit également la romancière de 36 ans dans une mouvance de la littérature latino-américaine, qui englobe des auteurs comme Alan Pauls ou César Aira, tenu pour le plus grand écrivain argentin vivant...
Avec ce quatrième roman, et après le somptueux L'Enfant poisson, auquel il faut ajouter La Malédiction de Jacinta et La Fureur de la langouste, Lucía Puenzo s'impose comme la vigoureuse pointe avancée de ce roman argentin en pleine ébullition.

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