"Les intellectuels et la stratégie communiste : une crise d'hégémonie (1958-1981)" de Marco Di Maggio chez Ed. sociales (Paris, France)

en partenariat avec 20minutes.fr

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Les intellectuels et la stratégie communiste : une crise d'hégémonie (1958-1981)
Les intellectuels et la stratégie communiste : une crise d'hégémonie (1958-1981) — Le choix des libraires

Résumé

Après la mise à mal du despotisme stalinien par Nikita Khrouchtchev en 1956, les partis communistes durent faire face au vide intellectuel et théorique laissé par l'effacement du dogme. C'est à cette situation que fut confronté, comme d'autres, le Parti communiste français. Vingt-cinq ans plus tard, en 1981, l'effondrement de son influence électorale, politique et culturelle sonne le glas d'une longue je tentative d'aggiomamento, de mise à jour, qui ne fut qu'un long ajournement du déclin.

C'est sur ce sujet que Marco Di Maggio a soutenu sa thèse de doctorat d'histoire préparée conjointement à l'université de Dijon et à la Sapienza de Rome. Le livre qu'il en tire pour le public tente de comprendre cet échec à travers un mouvement double qui s'attache au rôle joué dans l'élaboration de la politique du PCF par les intellectuels, par la fonction de production théorique dans le cadre du débat politique et stratégique au sein du groupe dirigeant. Cette vision originale, inspirée de Gramsci, l'amène à étudier les principales oppositions à la démarche de la direction, qui seules parviennent à susciter le débat sans influer cependant sur la stratégie.

Marco Di Maggio a bénéficié de l'ouverture des archives de la direction du PCF, en particulier des enregistrements sonores des séances de son comité central et des fonds de plusieurs personnalités du parti. Le lecteur entend donc ici les échos de quelques rudes controverses, il assiste aux chausse-trappes et empêchements dressés par les uns et les autres, il accède à la lettre des discussions des organismes dirigeants, des échanges de courriers, en même temps qu'il est éclairé sur les contenus des débats, les arguments échangés.

Ce travail, par sa démarche même, appelle en retour débats et recherches dont Serge Wolikow, dans sa postface, éclaire les larges enjeux pour le travail historien aujourd'hui.

Traduit de l'italien par Élise Melot et l'auteur

La revue de presse : Serge Audier - Le Monde du 6 juin 2013

Sous l'angle des rapports avec les intellectuels, l'historien reconstitue les fluctuations du parti, entre ouverture et raidissement : ainsi sont éclairées les relations difficiles avec l'Union des étudiants communistes, les tentatives d'aggiornamento démocratique menées par Waldeck Rochet, les réactions contrastées à Mai 68 et à la crise tchécoslovaque, ou encore la gestion du cas Soljenitsyne. Il en ressort que, si le PCF a bien tenté une démocratisation, il est resté prisonnier d'une forme de credo léniniste limitant les marges de débat et de critique de l'URSS.

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