"Les rayons du soleil" de Nicolas Bouyssi chez POL (Paris, France)

en partenariat avec 20minutes.fr

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Les rayons du soleil
Les rayons du soleil — Le choix des libraires

Résumé

Avant de se mettre à danser, il faut prendre le temps de bien construire la piste.

Le soleil est quelque chose de compliqué. Comme la Terre, on peut, de manière obsessionnelle, tourner autour. On peut aussi se faire croire le contraire. Les rayons du soleil sont une façon de rappeler ce qu'est le soleil. Il permet de bronzer, mais il faut s'en méfier. Il donne aussi des maladies et il crame. Le jour où le soleil disparaîtra, où il éclatera, tout finira, avec lui. Il n'y aura plus de Terre. C'est donc une série de nouvelles sur la mort, et elle est dédiée à Perec, le Perec sombre, celui de "Un Homme qui dort" et de "Série noire". Celui qui dit : "qu'est-ce qu'on se marre à kèche". Ces nouvelles sont drôles et pudiques, en dépit du bon sens.
Elles explorent divers genres, du policier au fantastique, avec une écriture apparemment plus stable, moins flottante, moins inquiétante que celle des romans de Nicolas Bouyssi, auxquels elles sont antérieures. On pourrait dire que ce sont des nouvelles d'apprentissage et c'est aussi ce qui fait leur intérêt.

La revue de presse : Florence Bouchy - Le Monde du 20 juin 2013

On pense souvent à Georges Perec en lisant ces nouvelles, et notamment aux textes rassemblés dans le recueil Penser/Classer (Hachette, 1985). On y retrouve une même tentative de maîtriser l'espace pour, sans doute, organiser sa mémoire. Une même démarche d'exploration ludique et méthodique des lieux s'y manifeste, en particulier dans " A la découverte du marché Secrétan ", où l'écrivain retrace, de manière à la fois anecdotique et érudite, l'histoire dudit marché, avant de lui préférer l'interprétation que permet le jeu sur son nom, et d'y voir " le lieu d'un temps sacré ". Malgré son titre chaleureux, Les Rayons du soleil est un recueil plus souvent glaçant que rassérénant. La brièveté des nouvelles confère pourtant au propos une légèreté, qui plonge finalement le lecteur dans un agréable sentiment d'inconfort, et l'embarque dans un mouvement de douce déstabilisation, lui permettant de réfléchir sa vie dans le miroir que lui tend l'écrivain.

La revue de presse : Claire Devarrieux - Libération du 6 juin 2013

On admire les romans de cet auteur né en 1972, on découvre ici ses nouvelles, travaux qui couvrent une quinzaine d'années...
Qu'ils soient en pleine déréliction ou pétrifiés d'indifférence, les personnages de Nicolas Bouyssi conservent un sens moral, un honneur, une dignité. Aussi, tandis que Zaza conserve le sens des réalités (rôle féminin par excellence), le narrateur plonge pour ramener sur le rivage l'homme égaré devenu cadavre entre-temps...
Nicolas Bouyssi fait de la régression une action, et de la dépression un état d'intelligence aiguë. L'énergie et l'amplitude de ces nouvelles aboutissent à des mécaniques guerrières surprenantes. Quitte à ce que la guerre soit menée contre soi-même. Tout le monde est concerné.

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