"Deuil" de Gudbergur Bergsson chez Métailié (Paris, France)

en partenariat avec 20minutes.fr

— 

Deuil
Deuil — Le choix des libraires

Résumé

Quand on arrive au bout du chemin et qu'on n'a plus pour horizon que la disparition ou l'éternité, vers où se tourner ? Dans la solitude de sa maison, témoin de tant de moments uniques, le héros de ce texte se souvient de sa vie, son veuvage précoce, sa relation très particulière avec les femmes, les enfants, les amis, les voisins, son travail. Le silence n'est troublé que par le sifflement de la bouilloire, musique de fond pour accompagner l'adieu d'un vieil homme solitaire à son existence.
Un homme enchaîné à un destin inéluctable et qui sait que seul l'amour (ou le désamour) est capable de passer la frontière qui sépare la vie de la mort. L'auteur porte un regard provocant sur la vieillesse et sur la vie quotidienne, apparemment anodine, que chacun parcourt à sa façon.

«Gudbergur Bergsson est un grand écrivain européen. Son art s'inspire avant tout d'une authentique obsession existentielle, qui situe ses livres au centre même de ce qu'on pourrait, à mon avis, appeler la modernité de la littérature.»
Milan Kundera

Gudbergur Bergsson est né en 1932 dans un petit village de pêcheurs du sud-ouest de l'Islande. Après avoir exercé différents métiers, il part en 1956 s'installer en Espagne, où il se lie d'amitié avec de grands intellectuels et devient le traducteur en islandais de Don Quichotte, entre autres. Il a reçu à deux occasions le Prix national des Lettres islandaises.

Le choix des libraires : choisi le 29/05/2013 par Max Buvry de la librairie VAUX LIVRES à VAUX-LE-PÉNIL, France

«Cette histoire est dédiée à la génération de l'éternelle jeunesse» : l'homme arrive au bout du chemin, l'issue est proche. L'homme est en effet très âgé, vit seul depuis longtemps, et revient avec un oeil acéré sur sa longue marche vers le deuil et la mort, deuil d'une vie, de la vie, de ses proches. L'analyse est lucide, franche, réaliste, sans concession mais l'oeil reste pétillant et le sourire du clown triste ; une distance voire une certaine autodérision introduisent une légèreté heureuse et salvatrice. Tout au long de cette analyse de la vie, de la vieillesse et la mort, la bouilloire chuinte, occupe l'esprit et marque l'attente. La vie se rétrécit et les souvenirs jaillissent de partout et nulle part. Un témoignage unique d'une certaine philosophie de vie, expérience aussi unique qu'universelle.

La revue de presse : Eric Chevillard - Le Monde du 21 mars 2013

Deuil est en effet l'épopée minimaliste du grand âge. Non seulement le personnage ne s'appelle pas Ragnarr aux Braies Velues, mais son nom importe si peu que nous l'ignorons. C'est un vieillard, veuf, dont les forces et la lucidité déclinent. " Il souffre d'un entêtement à vivre qui tient plus de l'habitude que d'un véritable désir. " La littérature est une centrale d'énergie, elle est portée par un souffle et une vision, elle crée des mondes et des histoires encore, que pourrait-elle bien faire d'un corps qui défaille, d'une mémoire qui déraille ? " Il n'existe rien de plus injuste que cette brutalité, cette violence qu'est le vieillissement. " Voici ce que réussit pourtant à décrire Gudbergur Bergsson, cette brutalité assourdie, cette violence ralentie et leurs ravages moins spectaculaires mais tout aussi féroces que ceux du sabre ou du fusil. Ce sont des pages implacables, où seule la littérature tient bon...
Le deuil, on l'aura compris, s'étend ici à toute chose, il mange le monde comme une ombre. Un homme se voit mourir à petit feu et il anticipe sa disparition prochaine : " La réalité tout entière est grise et automnale. " On aura compris aussi qu'il s'agit d'un livre sans pitié qui préfère aux lamentations et aux larmes l'épreuve revigorante de la lucidité.

Retrouvez la fiche complète sur le choix des libraires