"Le dernier stade de la soif" de Frederick Exley chez 10-18 (Paris, France)

en partenariat avec 20minutes.fr

— 

Le dernier stade de la soif
Le dernier stade de la soif — Le choix des libraires

Résumé

Sous un soleil aveuglant, Frederick Exley s'effondre, le corps rongé par la boisson. Ainsi débute la confession d'un marginal, errant à travers l'Amérique, noyant sa quête de gloire au gré des bars et déboires. De l'ivrogne au poète, du loser au rescapé, il signe une épopée titubante et féroce dont Nick Hornby, dans sa préface, salue l'époustouflant talent.

"On découvre, ému, avec plusieurs décennies de retard, ce roman d'assoiffé héroïque, sorte de testament bohème et férocement désabusé."
Emily Barnett - Les Inrockuptibles

Frederick Exley est néà Watertown en 1929. Après avoir obtenu, en 1953, un diplôme à l'Université de Californie du Sud, il rejoint New York, puis Chicago, ou il enchaîne divers boulots, notamment dans l'hôtellerie, comme greffier ou comme remplaçant de professeur d'anglais. Du côté familial, le parcours d'Exley n'est pas moins chaotique. Deux mariages, deux divorces. Deux enfants (des jumeaux). Beaucoup d'alcool, d'errances, d'échecs. En 1958, il effectue un premier séjour à l'hôpital psychiatrique. C'est au cours du second séjour qu'il commencera à écrire Le Dernier Stade de la soif. Paru en 1964, le livre remporte un vif succès auprès de la critique, et vaut à Exley de recevoir bourses et prix des fondations Rockefeller et Guggenheim. L'écrivain est né, qui entretiendra des correspondances avec les auteurs de son temps, comme John Cheever ou Don Delillo... A l'épreuve de la faim, son deuxième roman inédit, a paru aux éditions Monsieur Toussaint Louverture. Il meurt en 1992 à l'âge de 63 ans, à la suite de deux attaques cardiaques.

Le choix des libraires : choisi le 27/04/2013 par Nadège Badina de la librairie BIRMANN MAJUSCULE à THONON-LES-BAINS, France

Dans l'Amérique petite bourgeoise des années 50, dans un bar au Nord de l'État de New York, un homme encourage son équipe de football, en beuglant vers le poste de télévision. Soudain, il croit succomber à une crise cardiaque. Mais ce n'est que l'acmé de sa vie. L'homme, la trentaine, n'est autre que Frederick Exley, anti héros et auteur d'un roman-autobiographie-fictive-quelque-soit-le-nom-qu'on-lui-donne, déjà culte au moment de sa sortie en 1968. Aujourd'hui, Le dernier stade de la soif est enfin publié en poche.
Alcoolique notoire et fou soupçonné, Exley débuta sa vie de façon pourtant plaisante : fils d'un sportif connu et reconnu du Sud de la Californie, il débarqua à New York, en se rêvant grand écrivain. Finalement, il trouva un job luxueux dans une compagnie ferroviaire à Chicago, La Fusée, mais qui ne le conduisit pas au 7ème ciel. Dès lors à chaque incursion dans un nouveau milieu professionnel, ses postes devinrent de moins en moins bien rémunérés, et ses rêves encore plus absurdes : l'engrenage était enclenché, un marginal était né. Néanmoins, Le dernier stade de la soif n'est de loin pas que le récit d'un freak désillusionné galvanisé par ses remontants alcoolisés. Se plaçant en enfant maudit de l'Amérique, digne héritier de Fitzgerald ou encore d'Hemingway, Exley reste lucide sur son propre statut de pestiféré et ne renie en rien sa déréliction. Car son coeur penchera toujours du côté de l'ivrogne, du poète, du prophète, du criminel, du peintre, du fou, de tous ceux qui aspirent à s'isoler de la banalité du quotidien. Une logorrhée qui pourrait s'avérer toxique, mais de sa plume imprévisible, il arrive sans cesse à réhydrater son écriture. Il se révèle alors un portraitiste fortuit et complètement désopilant. Frederick Exley dans sa solitude n'est jamais seul. Il est entouré d'une mère caricaturale n'étant pas douée pour ces choses-là et d'un unique ami d'enfance J., avocat avec qui il a fondé une société secrète contre les portes qui affichaient Privé ou Entrée Interdite. Il est escorté par Mister Blue, commercial en Cadillac, autant obsédé que se méfiant du cunnilingus et par Paddy the Duck, un putain d'Irlandais poète alcoolo, le type d'homme à découvrir les vérités inaccessibles au commun des mortels. Il est amoureux de Bunny Sue, lolita de 19 ans au corps sculptural, et à l'odeur ensorcelante, qui lui donna envie, dès le premier regard, tel Dracula, d'enfoncer ses dents dans ses flancs, sachant pertinemment qu'en guise de sang ne s'écoulerait d'elle que du caramel, puis plus tard de Patience, une jolie apparition en Mercedes décapotable aux cheveux poivre et sel qui lui donna deux jumeaux. Et si jamais par inadvertance, il se trouve délaissé, il se donne corps et âme aux Giants et à Gifford, son joueur clé, ou s'invente docteur Horatio Penis, chirurgien et chef de service de la clinique Eternal Hope. Une galerie de portraits loufoques comme autant de regards caustiques sur cette Amérique incompréhensible. Pour répondre à sa grande question Est-ce que je suis un Américain ?, Exley offre un cocktail explosif aux beautés ambiguës, noires ou roses, soyeuses ou lascives, échevelées ou ingénieuses. Il livre une vie minable mais portée par un style sublime. Jubilatoire !

Retrouvez la fiche complète sur le choix des libraires