"Modernes catacombes" de Régis Debray chez Gallimard (Paris, France)

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Modernes catacombes
Modernes catacombes — Le choix des libraires

Résumé

Une génération s'en va dans les lettres modernes. Parmi les maîtres qui m'ont interpellé par-dessus les années, comme on se hèle d'une rive à l'autre quand la brume qui monte va rendre le passage difficile, bien peu ont mis formellement le feu au lac. Ce sont les plus classiques d'entre les modernes, et non les plus avant-gardistes. Ils viennent d'un temps d'outre-tombe, d'avant les linguisteries et les sociologismes, où la musique importait, où écrire n'était pas rédiger.
Ils peuvent s'opposer en tout, mais ils ont en commun de savoir que Chateaubriand existe, au point, pour l'un d'entre eux, Sartre, d'aller compisser sa tombe au Grand-Bé. Où le jet, aujourd'hui, ne frôlera plus la dalle que par inadvertance, faute de toilettes à proximité. Là, côté miction, est la vraie ligne de partage des eaux, entre les derniers des Abencerage et nos nouveaux Américains.

R. D.

L'auteur
Essayiste, romancier et mémorialiste, Régis Debray a notamment publié aux Éditions Gallimard une pièce de théâtre : Julien le fidèle (Blanche, 2005), des mémoires : Aveuglantes lumières (Blanche, 2006) et de nombreux essais.
Derniers ouvrages parus : Un candide en Terre Sainte (Blanche, 2008), Le moment fraternité (Blanche, 2009), Dégagements (Blanche, 2010), Éloge des frontières (Blanche, 2010), Du bon usage des catastrophes (Blanche, 2011), Jeunesse du sacré (Hors série Connaissance, 2012).

La revue de presse : Jean-Louis Jeannelle - Le Monde du 7 février 2013

Héritier quelque peu mélancolique, l'auteur de Loués soient nos seigneurs (Gallimard, 1996) se montre capable, grâce à un art consommé de la formule qui claque, de redonner toute sa puissance à la conscience que ces prédécesseurs avaient " d'appartenir à quelque chose d'obligatoire, d'irrécusable et de plus grand que soi ".

La revue de presse : Mona Ozouf - Le Nouvel Observateur du 17 janvier 2013

Régis Debray a ramené des catacombes une étincelante gerbe d'hommages - certains en forme d'éreintements - à ses aînés en littérature...
Rien de plus gai que ces hommages crépitant de calembours, d'allitérations, de raccourcis pour happy few. Les «Mémoires d'outre-tombe» ? «Les grives du petit garçon dans les griefs du vieil homme.» Le cadeau de De Gaulle à la France ? «Une traversée en première classe avec un billet de seconde.» Le discours amoureux de l'époque ? Le passage «du haïku à la main au cul». Derrière le professeur Debray, voici donc le potache Debray. Un petit frère de Sartre, autre farceur. Un copain de rigolade, un chahuteur.

La revue de presse : Emmanuel Hecht - L'Express, janvier 2013

Dans Modernes catacombes, Hommages à la France littéraire, "Régis Debray rend hommage à ses maîtres en littérature. Ces anciens dont le point commun, au-delà de leurs divergences, a pour nom Chateaubriand...
Ces textes, discours, préfaces sont classés en chapitres torboyautants : "Couteaux", "Chapeau !", "Flambeaux", etc. Il faut le savoir, le Debray des bons jours ne dédaigne pas le farfelu, et, lorsqu'il s'y adonne, l'atrabilaire en lui s'esquive. Ces Modernes catacombes débutent par quelques coups de griffe, des "ingratitudes", écrit-il, grand siècle. Dans cet exercice, il use avec talent de la dague (le stylet, c'est l'homme ?). Le premier de la liste à en faire les frais est Philippe Sollers, réduit à l'état de "maître de ballet". Suivent Foucault et Jean Clair. Mais l'académicien Gon- court ne dédaigne pas les "actions de grâce" : hagiographie pour Jean Daniel, ode quasi filiale pour Gary et Malraux...
Sous le dégagement brillant perce l'ancien khâgneux. L'analyse du court, du lapidaire, en littérature, comme quintessence de l'orgueil, voire de l'exhibitionnisme ("Regardez ce dont je suis capable"), est un régal.

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