"Le temps, le temps" de Martin Suter chez Bourgois (Paris, France)

en partenariat avec 20minutes.fr

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Le temps, le temps
Le temps, le temps — Le choix des libraires

Résumé

Peter Taler peine à continuer à vivre : depuis que son épouse Laura a été tuée au bas de leur immeuble, le chagrin et le désir de vengeance l'assaillent. Il est toutefois décidé à mener sa propre enquête. Les indices sont faibles. Seule demeure une infime impression du jour tragique : quelque chose, dans son panorama quotidien, n'est plus pareil...
Son voisin Knupp ne cesse de l'observer par la fenêtre et semble s'adonner à de mystérieuses activités. Les deux hommes font peu à peu connaissance, jusqu'au jour où Knupp parvient à enrôler Taler dans son projet fou : celui de mettre le temps en échec et, avec lui, la disparition de sa femme.
Au sommet de son art, Martin Suter échafaude un roman presque hitchcockien qui mêle intrigue policière et éléments fantastiques, humour et mélancolie. Dans cet univers où il suffît de revenir au décor antérieur pour abolir les effets du temps, où toute réalité devient trompe-l'oeil, le lecteur est tenu en haleine jusqu'au retournement final insoupçonné.

Né à Zurich en 1948. Publicitaire à Bâle, Martin Suter multiplie les reportages pour Géo, devient scénariste pour le cinéaste Daniel Schmidt, écrit des comédies pour la télévision. Il vit entre la Suisse, l'Espagne et le Guatemala. Small world a obtenu le prix du Premier Roman, catégorie «romans étrangers». Il sera prochainement adapté au cinéma avec Gérard Depardieu et Nathalie Baye. Un ami parfait a été adapté au cinéma en 2006, sous le même titre, par Francis Girod et deux autres de ses romans sont en cours d'adaptation. Martin Suter a également contribué au dernier album de son compatriote le musicien Stefan Eicher, pour qui il a écrit les textes de trois chansons sur Eldorado (2007) et travaillé au projet d'une comédie musicale.

La revue de presse : Didier Jacob - Le Nouvel Observateur du 13 juin 2013

Réjouissante et loufdingue, l'intrigue du roman de Martin Suter marie élégamment l'invention scénaristique de films de science-fiction à la «Retour vers le futur» et la profondeur d'un cours de Bergson sur l'expérience de la durée...
Si Martin Suter s'amuse, c'est moins, on l'a compris, à un jeu de casse-briques métaphysique qu'à une fable hitchcockienne, vertigineuse donc, aussi expérimentale que drolatique. Mais qui a tué Laura ? Tandis que les jardiniers s'affairent à donner aux plantations de Knupp l'apparence qu'elles avaient avec vingt ans de moins, Peter progresse dans son enquête. Et quand enfin la vérité éclate, on ne compte pas, dans le livre, deux mortes en moins, mais un cadavre de plus : le comptable, au physique de justicier, a tué le temps qui passe d'une balle entre les yeux.

La revue de presse : Pierre Deshusses - Le Monde du 30 mai 2013

L'auteur suisse Martin Suter construit une vertigineuse histoire de détective dans laquelle le temps n'existe pas...
Suter ajoute de multiples facettes à l'intrigue principale : des malversations financières (Taler est comptable dans une petite société), de vrais témoins et de faux suspects. S'il arrive que l'on s'égare dans cette histoire insensée qui ressemble parfois à un " meurtre dans un jardin suisse ", on retrouve toujours le fil avec un étonnement où le plaisir se mêle à l'incrédulité, et ce qui peut parfois dérouter est toujours récupéré par le talent de conteur de Martin Suter. Il se teinte ici de mélancolie : ce livre sur le temps est dédié à son petit garçon, Toni, mort par accident à l'âge de 3 ans. Mais Suter est trop écrivain pour faire la moindre allusion au décès de son enfant et transformer son roman en un divan avec le fauteuil du lecteur posé à côté. Aucune trace de mélo jusqu'à la dernière phrase qui renverse tout. Ne commencez surtout pas ce livre par la fin.

La revue de presse : Delphine Peras - L'Express, avril 2013

Assurément, Martin Suter a l'art de tromper son monde : dans ce dixième roman aux accents borgésiens et aux clins d'oeil hitchcockiens, l'écrivain construit, fidèle à son style tout à fait sobre, une intrigue à la fois vertigineuse et très maîtrisée, dont l'issue en bluffera plus d'un. Entouré de seconds rôles savoureux, le personnage irrésistible de Peter Taler intrigue autant qu'il divertit. Et malgré certaines descriptions techniques et photographiques trop détaillées, le lecteur se laisse prendre à son insu par un suspense subtil.

La revue de presse : Marine Landrot - Télérama du 24 avril 2013

Derrière ce titre en forme de bégaiement, d'écho, de pulsation, se cache l'entreprise insensée de deux voisins d'une zone pavillonnaire, veufs inconsolables coupés du monde. Peter Taler, le plus jeune, sosie de Henry Fonda, a récemment trouvé, sur le perron de sa maison, sa femme criblée de balles alors qu'elle sonnait depuis des heures. Knupp, le plus vieux, bougon botoxé aux cheveux teints, a perdu la sienne vingt ans plus tôt, «de quelque chose d'évitable». Pour faire face au chagrin, sans se donner le mot, tous deux ont choisi d'arrêter le temps à la mort de leur épouse...
Comme la femme de Knupp préconisait, en cas de maladie, de consommer du rösti au lard avec des oeufs au plat pour «tromper le corps», Martin Suter attaque la douleur par la douleur, frontalement, pour en faire jaillir la guérison.

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