"Bobby Milk" de Eva Wissenz chez Seepia

en partenariat avec 20minutes.fr

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Bobby Milk
Bobby Milk — Le choix des libraires

Résumé

Italienne née en Argentine, elle-même descendante d'immigrés, Téa se trouve catapultée dans sa propre histoire de migration lorsqu'il s'agit pour elle d'aller rencontrer à New York le parrain d'un projet de cinéma consacré aux étrangers : devenir autre, rentrer dans la peau d'un personnage, être un autre, ici, ailleurs... Commence alors un voyage dans le cinéma et la mémoire, interrogeant notre fascination contemporaine pour la violence qui s'enracine dans des souvenirs autant que dans des fictions.

Eva Wissenz est née au Maroc, puis grandit en Corse et à Paris. Destinée à une carrière universitaire, elle quitte cette voie et choisit de se consacrer à l'écriture. Aventureuse, artiviste, écrivain, journaliste, elle est active dans l'écologie, l'énergie solaire et les droits humains. Elle vit en Finlande.

Courrier des auteurs le 06/05/2013

1) Qui êtes-vous ? !
Après une préparation de doctorat de Lettres Italiennes à la Sorbonne, j'ai mis de côté ma carrière parisienne pour suivre le fil de ma plume et de mes voyages. Mes livres ont commencé à être publiés en 2005, date à laquelle j'ai quitté Paris pour me tourner vers la connaissance de la nature et l'écologie de terrain, en développant notamment le projet Solar Fire (énergie). J'ai animé des ateliers d'écriture et participe à diverses activités associatives, je défends l'open source et les logiciels libres, et me passionne pour la nature... humaine, animale et végétale. Je suis membre des JNE (Journalistes pour la Nature et l'Environnement).

2) Quel est le thème central de ce livre ?
Je dirai : l'altérité. Avec d'une part celle des étrangers, de l'émigration, et de l'autre celle du travail de l'acteur qui conduit à devenir "autre". Ces deux versants s'entremêlent dans ce roman autour de l'histoire de Téa et d'un projet cinématographique humaniste dont le but est, justement, d'apprivoiser la peur de l'autre, génératrice de tant de violence.

3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
"Personne n'a jamais pu empêcher les gens de bouger, c'est notre force, nous déplacer. Vers ce qui nous semble plus grand, plus respirable, un espace qui pourrait nous permettre de réaliser une vie dont nous sentons tous que nous avons, même modestement, le droit de la vivre. Je ne me sens d'aucune patrie, je n'ai que des origines."

4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
"Que tu amor" de l'album "Payo Michto" de Thierry Titi Robin.

5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
Tout d'abord un plaisir de lecture. Et puis ensuite quelque chose comme une réflexion sur la quantité phénoménale de films violents dont nous sommes abreuvés et qui, forcément, alimentent nos peurs... et ce serait bien d'arriver à créer d'autres genres de fictions.

6) Avez-vous des rituels d'écrivain ? (Choix du lieu, de l'horaire, d'une musique de fond) ?
Aucun. Je veille seulement à me ménager suffisamment d'espace intérieur pour pouvoir accueillir l'inspiration, quand elle vient...

7) Comment vous vient l'inspiration ?
Franchement, je ne sais pas. C'est un peu comme l'amour : à des moments, c'est là, c'est tout. Et quand ce n'est pas là, aucune écriture n'est possible.

8) Comment l'écriture est-elle entrée dans votre vie ? Vous êtes-vous dit enfant ou adolescente «un jour j'écrirai des livres» ?
Pas du tout. J'ai commencé un journal intime au début de mes études et c'était un lieu de mise à plat, d'explications, de compréhension du monde. Par ailleurs, j'ai été très jeune une lectrice passionnée mais jamais je n'aurais osé m'imaginer écrivain. Sauf qu'un jour, j'avais 25 ou 26 ans, j'ai été à la fois saturée par la monotonie des thèmes abordés par mes contemporains et traversée par une intuition créative très forte qui m'a menée à tout quitter pour organiser ma vie autour de l'écriture, notamment celle des "Enfants du siècle".

9) Vous souvenez-vous de vos premiers chocs littéraires (en tant que lectrice) ?
Ah oui, je pourrais en citer plein ! Mais les premiers... Toute jeune, j'ai adoré Maurice Leblanc, Eugène Sue, ces grandes romans fleuves populaires, ces héros marginaux. Et puis tout le côté solaire des livres de Giono. Ensuite Balzac a été un choc immense : son humanité, cette énergie phénoménale, cette sincérité dans le miroir qu'il tend aux humains ! Hermann Hesse m'a donné le goût d'une certaine profondeur dans les fictions. E. T. A. Hoffmann celui des récits courts et fantastiques. Mais c'est avec Etty Hillesum que la porte de l'engagement littéraire s'est ouverte.

10) Savez-vous à quoi servent les écrivains ? !
A nous recentrer sur l'essentiel tout en stimulant nos imaginaires.

11) Quelle place tiennent les librairies dans votre vie ?
Un de mes emplois quand j'étais étudiante était d'être libraire, ce qui était le paradis pour une lectrice. C'est un métier absolument magnifique et j'ai quasiment toujours acheté mes livres en librairie. J'ai aussi adoré y proposer des lectures, ces rencontres intimes autour des textes. Aujourd'hui, je vis en Finlande où l'esprit des librairies n'est pas tout à fait le même et c'est intéressant.

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