"Les mystères de Druon de Brévaux. Volume 4, In anima vili" de Andrea H. Japp chez Flammarion (Paris, France)

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Les mystères de Druon de Brévaux. Volume 4, In anima vili
Les mystères de Druon de Brévaux. Volume 4, In anima vili — Le choix des libraires

Résumé

Royaume de France, début du XIVe siècle. Héluise Fauvel court les chemins, travestie en médecin itinérant sous le nom de Druon de Brévaux. Elle a fini par découvrir le mystère de la pierre rouge, qui a fait couler tant de sang et signé l'arrêt de mort de son père. Grâce au joyau convoité, elle a déterré d'anciens manuscrits dépositaires d'une science humaine interdite, ainsi que les écrits uniques laissés par des druides.

Mais, parce que ces textes ne doivent point tomber entre viles mains, Druon est contraint de les mettre à l'abri. Si bien qu'il devient la proie la plus pourchassée du royaume, par l'Inquisition, par messire de Nogaret et par l'ordre du Temple. Le prieuré de Saint-Martindu-Vieux-Bellême sera-t-il son havre de paix ou son tombeau ? Qui fomente la machination dont il pourrait devenir victime ? Allant d'exécrables surprises en redoutables découvertes, Druon comprendra-t-il que chaque secret en cache un autre, plus terrible encore ? Et que, même dans les voies du Ciel, le diable dissimule ses pièges ?

L'AUTEUR : Née en 1957, toxicologue de formation, Andrea H. Japp se lance dans l'écriture de romans policiers en 1990 avec La Bostonienne, qui remporte le Prix du festival de Cognac en 1991. Aujourd'hui auteur d'une vingtaine de romans, elle est considérée comme l'une des «reines du crime» françaises. Elle est également auteur de nombreux recueils de nouvelles, de scénarios pour la télévision et de bandes dessinées. Elle s'est illustrée avec brio dans des séries historiques, dont La Dame sans terre, publiée chez Calmann-Lévy, et plus récemment Les Enquêtes de M. de Mortagne - Bourreau (Le Brasier de justice - octobre 2011 et En ce sang versé - mai 2012) aux Editions Flammarion. In Anima Vili est le quatrième opus de sa série médiévale à succès, Les Mystères de Druon de Brévaux dont les trois précédents volumes sont parus chez Flammarion depuis 2010 : Aesculapius tome 1, Lacrimae tome 2, Templa Mentis tome 3.

Courrier des auteurs le 05/05/2013

1) Qui êtes-vous ? !
Andrea H Japp. Romancière avec une grosse prédilection pour le polar, contemporain ou médiéval, et une fascination pour l'esprit humain, lumière et ténèbres, renoncement ou dépassement...

2) Quel est le thème central de ce livre ?
Il s'agit du 4° et dernier volume de la série des Mystères de Druon de Brévaux, une jeune femme du début du XIVe siècle, contrainte de fuir l'Inquisition en se travestissant en jeune homme et en exerçant la médecine. A l'origine de cette série, une interrogation sur l'état de la science et de la médecine à cette époque, sur le poids que faisait peser l'Église sur les avancées de la connaissance qui battaient en brèche les dogmes vénérés, pour la plupart hérités de plus de mille ans et parfaitement erronés. D'étrange façon, il y a toujours eu des esprits remarquables de perspicacité, d'imagination, mais ils ont été écartés, parfois de façon brutale et en tout cas très dissuasive. Pourtant, d'autres ont pris le relais, avec une obstination et une abnégation sidérantes, pour que la connaissance soit. Selon moi, la connaissance est le seul véritable pouvoir, dans le sens où elle rend les hommes libres. A ce titre, elle fait peur et les pouvoirs temporels ou religieux en place ont toujours tenté de la museler.

Druon traque donc la vérité sur la mort de son père dans les geôles de l'Inquisition, ainsi qu'au sujet d'une mystérieuse pierre rouge qui a fait couler beaucoup de sang et que tous convoitent, du roi de France - en la personne de Guillaume de Nogaret, son conseiller - à Rome par l'intermédiaire de l'Inquisition, en passant par les templiers à qui elle fut dérobée. Cette quête le mène de ville en ville où ses connaissances scientifiques et son sens de l'observation lui permettront de résoudre des meurtres.

L'histoire commence par le meurtre d'un ivrogne violent, coquin notoire, que nul ne pleure. A priori un meurtre cousu de fil blanc... jusqu'à ce que Druon s'en mêle et découvre que les choses sont bien plus complexes qu'il n'y paraissait !

3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
De Constant de Vernalais, abbé : «Un renard ne chasse jamais avec les chiens, madame, tant il est certain de se faire égorger venue la cuirée.»

Note : Cuirée vient de «cuir» et donnera «curée».

4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
Encore et toujours le requiem de Mozart, une de mes obsessions musicales. Une oeuvre écrite pour accompagner un défunt, mais qui insuffle une stupéfiante énergie aux vivants.

5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
Précisons aussitôt que l'oral n'est pas un exercice qui me convient, ni un bon moyen d'expression dans mon cas. Les mots «dits» vont trop vite. Ils se forment et sortent sans même qu'on y prenne garde et je me sens souvent un peu flouée par la minceur ou au contraire l'exagération, bref, l'approximation d'une phrase que j'ai prononcée. Écrire est ma véritable façon de parler. Je partage donc une sorte de discussion intérieure avec mes lecteurs, mes interrogations naissant des questions que je leur prête, sans doute de façon abusive.

Surtout, et cet In Anima Vili ne déroge pas à la règle, ma fascination pour «l'esprit humain» est inextinguible. Qu'entends-je par «esprit humain» ? Cette étincelle ou cette cascade de réactions biochimiques, au choix, qui fait que soudain l'individu le plus inapte, le plus apeuré, le plus faible peut trouver en lui la puissance de dépasser ses déficiences et de renverser des montagnes. Aucune machine ne sait faire cela. Il n'y a que l'Homme.

Vous ne m'avez pas posé la question, mais je vous réponds quand même : l'histoire que j'aurais voulu écrire est celle du film GATTACA. Une éblouissante métaphore de l'esprit humain.

6) Avez-vous des rituels d'écrivain ? (Choix du lieu, de l'horaire, d'une musique de fond) ?
Mon bureau, qui donne sur un jardin avec une mare où les chevreuils vont boire. Certes, ils ravagent les plantes, mais sont trop élégants pour qu'on leur en veuille longtemps. Du café, plein de café. Je me lève très tôt et suis «en écriture» dès 7 heures du matin. Étant par nature une «marathonienne» (assise), j'apprécie les longues séances d'écriture, de dix ou douze heures de rang. J'aime la sensation d'épuisement qui survient, cette impression de n'être plus que des yeux. Pas de musique de fond. J'aime trop la musique et l'écriture, chacune étant un luxe qui se savoure, sans les diluer dans autre chose. Je n'écoute de musique en travaillant que lorsque je m'attèle à un truc qui me barbe prodigieusement, comme la paperasse. De plus, le silence, percé des cris ou de chants d'oiseaux, m'apaise.

7) Comment vous vient l'inspiration ?
C'est très variable en fonction des romans. Il peut s'agir d'une idée ou d'un domaine que je veux explorer, dont je souhaite m'imprégner pour le/la faire, éventuellement partager à mes lecteurs. Il peut s'agir d'un questionnement, pour lequel je n'ai pas véritablement de réponse, juste des arguments contraires. Il peut aussi, plus rarement, s'agir d'un fait divers passé inaperçu mais qui a fait lever en moi incompréhension, voire colère ou fureur.

8) Comment l'écriture est-elle entrée dans votre vie ? Vous êtes-vous dit enfant ou adolescente «un jour j'écrirai des livres» ?
Pas du tout. Je voulais être cantatrice. Dommage, je chante affreusement faux... mais j'ai du coffre. Par un cheminement parfaitement improbable, je suis devenue chercheur, puis écrivain.

9) Vous souvenez-vous de vos premiers chocs littéraires (en tant que lectrice) ?
J'ai commencé à lire très jeune, classique pour une enfant unique, revêche et fort peu sociable. Les livres m'ont enseigné la vie et l'état d'humain, de façon assez brouillonne puisque je puisais sans vergogne dans la bibliothèque de mon père, dont l'entrée m'était interdite, bien sûr. Mon père était, entre autres, un fan de littérature anglo-saxonne, de polars et de SF.

Mon premier choc fut La Plaie de Nathalie et Charles Henneberg, une sorte d'épopée intergalactique qui convenait à merveille au romantisme un brin débridé de mes 9-10 ans. Sans doute une parabole du fascisme, mais à l'époque je suis passée à côté. Il n'en demeure pas moins que je l'ai lu et relu jusqu'à en mémoriser des pages entières.

Deuxième choc : Le bonheur des dames, je suis tombée complètement amoureuse d'Octave Mouret. Mon premier immense amour, j'avais dix ans.

Suivirent Maupassant et son implacable lucidité jamais fielleuse, Maugham, Tennessee Williams et John Fowles. Marguerite Yourcenar ne devait arriver dans ma vie qu'à l'aube de mes 18 ans, autre choc avec Anna, Soror.

10) Savez-vous à quoi servent les écrivains ? !
A tant de choses. Une sorte de regard à la fois hésitant et obstiné qui revient vers le lecteur. Ce sont parfois des témoins. Ce sont aussi des traducteurs de sensations, de sentiments, de souvenirs, voire de passions. Et même s'ils ne permettaient qu'une distraction, au sens noble, ils auraient rempli leur mission.

11) Quelle place tiennent les librairies dans votre vie ?
Je me souviens, ado, de cette libraire assez minable, avec un libraire génial englouti sous les bouquins dont il connaissait tout. A l'époque, on ne cherchait pas sur ordinateur mais ce type savait tout de ce qui avait été, était écrit. J'étais entrée très embarrassée, n'osant pas avouer ma passion coupable : la SF. Il m'avait mis entre les mains La compagnie des glaces. Ha ! Que d'heures de pur bonheur, de rêve, je dois à cet homme.
La librairie est pour moi un endroit suspendu dans le temps, un des rares où je ne me sente plus «pressée» à tort ou à raison. C'est un endroit de désir et, le plus souvent, de réjouissante incertitude. Je veux un livre. Je crois que je veux celui-ci, mais peut-être que celui-là me plairait davantage ? Oui, vraiment : un lieu de grisante hésitation. Lorsque je rentre dans une parfumerie, je sais quel parfum je vais acheter (les 2 mêmes depuis 30 ans). Et non ! Je ne veux pas qu'on me parfume avec autre chose. Dans une librairie, j'ai envie de ne plus trop savoir ce que j'étais venue chercher.

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