"Sous le manteau du silence" de Claire Bergeron chez Ed. De Borée (Riom, France)

en partenariat avec 20minutes.fr

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Sous le manteau du silence
Sous le manteau du silence — Le choix des libraires

Résumé

La mort suspecte du curé Charles-Eugène Aubert dans l'hôpital où elle est infirmière va contraindre Rosalie Lambert à se confronter à des souvenirs qu'elle avait jusque-là enfouis. C'est plus de vingt-cinq ans plus tôt, dans le dispensaire où elle exerçait, qu'elle avait fait la connaissance de ce curé si charismatique. Le soupçonnant d'avoir commis des actes allant à l'encontre de son devoir, elle avait dû s'enfuir, laissant derrière elle son grand amour.
Alors que ses souvenirs reviennent la tourmenter et se mêler au présent, elle va devoir convaincre les jurés qu'elle n'est pas coupable du terrible crime dont on l'accuse...

Un roman haletant où la lutte d'une femme n'aura de cesse que lorsque justice sera faite.

Claire Bergeron rêvait de devenir médecin mais les études n'étant pas accessibles aux jeunes filles dans ce Québec des années 60, elle choisit de devenir infirmière. Très active, elle devient ensuite chef d'entreprise. Aujourd'hui, Claire Bergeron nous restitue toute l'intensité de sa vie de femme à travers des romans forts en sentiments.

Courrier des auteurs le 05/05/2013

1) Qui êtes-vous ? !
Cette question est la plus difficile à répondre. Sais-je vraiment qui je suis ? Quel souvenir est-ce que je laisserai dans la mémoire de mes petits-enfants ? Et ce souvenir sera-t-il fidèle à la femme que je fus ?

J'ai eu la chance de naître dans une famille où la sécurité émotionnelle et financière était omniprésente, j'ai donc eu un excellent départ dans la vie. Je me sentais attirée par les arts, la peinture et la littérature surtout, mais mon père exigeait de ses enfants qu'ils apprennent un métier leur offrant la possibilité de gagner leur vie et les beaux-arts, pour lui, n'offraient pas cette sécurité. Comme la médecine était difficilement accessible aux filles à l'époque je suis devenue infirmière. Puis je me suis mariée et j'ai mis au monde deux merveilleux enfants, une fille et un garçon, j'ai découvert avec eux ce qu'était l'amour inconditionnel. J'ai toujours eu besoin d'avoir des rêves et partir à leur conquête, je fus tour à tour maîtresse de poste, entrepreneur en transport de bois, marguiller et conseillère municipale. Puis un jour mon horizon a semblé trop petit pour répondre à mes aspirations, j'ai repris ma liberté, j'ai quitté ma région et je suis partie pour la grande ville. Je n'ai jamais craint le changement, heureusement, car alors où mon nouvel univers frôlait la perfection, un accident de la route a failli me coûter la vie. Après trois années en rééducation, j'ai secondé mon fils qui lançait son entreprise : un bureau de conférenciers. Stimulée par ces femmes et ces hommes qui discouraient sur la motivation, la passion et la créativité, j'ai pris ma retraite déterminée à aller au bout de mon rêve le plus cher : publier un premier roman. Aujourd'hui, je vis pour ce que j'aime le plus au monde, après mes enfants et petits-enfants, bien sûr, écrire ! Et comme le lectorat accueille mon oeuvre avec un bel enthousiasme, je suis une femme comblée.

2) Quel est le thème central de ce livre ?
Le thème central de ce livre est l'histoire d'une époque, le milieu du 20ème siècle au Québec, alors que le tout-puissant clergé catholique maintenait les gens dans l'ignorance dans le but d'asseoir sa domination sur les consciences. Bien sûr, afin d'y parvenir, il devait sauvegarder sa réputation en étouffant les erreurs de ses membres, et pour ce faire, ils les camouflaient sous l'épais manteau du silence. Mais c'est également l'époque des bâtisseurs, ces gens plus grands que nature qui ont développé l'Abitibi, une région aride où l'hiver n'en finit plus.

3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
«Elle haïssait cet homme depuis si longtemps ! Bien dissimulé sous le manteau du silence de la puissante religion catholique des années quarante, ce monstre avait changé le cours de tant de destins promis au bonheur ! Et particulièrement le sien».

4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
Si ce livre était une musique, il serait une ode à l'espérance et à l'amour.

5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
En priorité, j'aimerais dire à mes lecteurs qu'il n'est jamais trop tard pour réaliser un rêve, il suffit d'y croire et de fournir les efforts nécessaires. Depuis ma retraite où j'ai décidé de laisser libre cours à ma passion, l'écriture, j'ai vu mon rêve de devenir écrivaine atteindre des sommets inespérés. Je vis une histoire merveilleuse que je souhaite inspirante pour tous ceux que je rejoins grâce à la magie des mots !

6) Avez-vous des rituels d'écrivain ? (Choix du lieu, de l'horaire, d'une musique de fond) ?
Oui, j'ai des rituels. Je me lève avant l'aube, vers 5 heures, je prends un café et je m'assoie à mon bureau à côté d'une fenêtre qui donne sur le parc. Dans les premières lueurs du petit matin l'inspiration vient aisément et les mots coulent de source, mes personnages m'habitent et je ne vois pas le temps filer. L'après-midi, je révise mes textes et je les peaufine. Je m'oblige, sans me contraindre vraiment puisque j'adore écrire, à un certain nombre de mots chaque jour, quitte à en effacer par la suite. Je ne connais pas le syndrome de la page blanche...la «folle du logis» est ma fidèle compagne.

7) Comment vous vient l'inspiration ?
Je puise mon inspiration dans des faits vécus. Le noeud central de Sous le manteau du silence est tiré d'un événement qui s'est réellement produit en Abitibi au début des années '40, mais qui fut aussitôt dissimulé sous cet odieux manteau du silence. Quand j'ai commencé à écrire il était impérieux pour moi d'en faire le sujet principal de mon roman. J'avais été bouleversée par cette histoire que m'avait racontée mon père et c'était comme si les victimes oubliées de ce drame exigeaient de moi un devoir de mémoire... Bien sûr, c'est romancé et j'ai complété les faits réels avec une imagination débordante. Mon second roman, La promesse d'Émile, est également né d'une histoire vécue.

8) Comment l'écriture est-elle entrée dans votre vie ? Vous êtes-vous dit enfant ou adolescente «un jour j'écrirai des livres» ?
Aussi loin que remonte ma mémoire, j'ai été amoureuse des mots. Comme d'autres sont passionnés de musique ou de science, moi j'étais fascinée par le monde de possibilités et de merveilles que les mots m'offraient. En les assemblant je faisais jaillir l'émotion, je sentais que j'avais un don, mais la vie est un tourbillon qui ne laisse guère de temps à l'imagination : le travail, la famille, les épreuves à surmonter, les objectifs à atteindre et voilà qu'un jour arrive la retraite et enfin, notre temps n'est plus compté. Je me suis donc investie dans ma passion avec la conviction de réaliser mon rêve le plus cher : publier un premier roman...

9) Vous souvenez-vous de vos premiers chocs littéraires (en tant que lectrice) ?
Mon premier choc littéraire fut quand j'ai fait la lecture de «Bonjour tristesse» de Françoise Sagan. La jeune catholique endoctrinée que j'étais, celle qui avait peur de son corps et de l'enfer, a découvert dans ce livre, alors à l'index au Québec, un monde de liberté qui lui était interdit. J'ai compris ce jour-là qu'il y avait une autre façon de vivre que celle imposée par nos directeurs de conscience...

Et c'est en lisant «Autant en emporte le vent», une grande saga historique vécue du point de vue d'une femme, que j'ai décidé que j'écrirais aussi un jour...

10) Savez-vous à quoi servent les écrivains ? !
Les écrivains servent à nous divertir, ils nous font voyager à travers des mondes différents et ils alimentent nos rêves, mais pour moi, par-dessus tout, les écrivains ont un devoir de mémoire...et c'est ce que je tente de faire avec mes romans qui retracent la vie de nos ancêtres, une vie difficile et différente, à laquelle nos petits-enfants ne croiront pas si nous négligeons d'en laisser la trace dans des livres à saveur historique.

11) Quelle place tiennent les librairies dans votre vie ?
À mes yeux, les librairies sont les plus merveilleux musées du monde, elles contiennent la pensée des peuples et des générations. Elles sont, à travers tous les écrits qu'elles contiennent, l'image du monde. Et ce qu'il y a de merveilleux avec les librairies, c'est qu'après y avoir flâné, nous en ressortons avec des oeuvres d'art sous le bras...

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