"Fugue vénitienne" de Marie-Claude Gay chez Ed. De Borée (Riom, France)

en partenariat avec 20minutes.fr

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Fugue vénitienne
Fugue vénitienne — Le choix des libraires

Résumé

Trompée par son mari, tyrannisée par ses enfants en pleine crise d'adolescence, Clarisse craque ! Finies l'épouse idéale et la mère parfaite, Clarisse part à la reconquête de sa vie. Malgré les conseils de son entourage, elle est bien décidée à ne plus fermer les yeux. De rencontres fortuites en voyages impromptus, retrouver sa liberté ne se fait pas sans heurts ni désillusions. C'est alors qu'en solitaire, elle se décide pour une escapade vénitienne...Et si la magie de la ville des amoureux pouvait tout changer ?

Un roman à l'humour féroce qui égratigne les travers de la gent masculine.

L'auteur

Après une carrière enrichissante de directrice d'un organisme de formation auprès d'un public féminin, Marie-Claude Gay est aujourd'hui l'auteur de nombreux romans à succès, notamment aux Presses de la Cité et chez J.C. Lattès. Alliant vivacité de plume et style bien trempé, les femmes sont au coeur de ses intrigues.

Courrier des auteurs le 05/05/2013

1) Qui êtes-vous ? !
Je suis née en Algérie à Tlemcen, mon père ayant été nommé magistrat là-bas mais je suis arrivée en France très jeune. Périgourdine, le berceau familial étant à Excideuil, non loin de Périgueux, j'ai vécu dans cette ville chargée d'histoire. Les hasards de la vie m'ont fait connaître Brive en Corrèze où je vis depuis de nombreuses années après avoir été formatrice à l'AFPA (formation professionnelle des adultes, puis directrice d'un centre de formation). J'ai eu le goût de la lecture très tôt et j'ai beaucoup lu ce qui m'a aidé à écrire. Ne sommes-nous pas la somme des autres ? Comme le dit si bien Henri Laborit dans le film «Mon oncle d'Amérique».

2) Quel est le thème central de ce livre ?
Le thème central de «Fugue Vénitienne» est la femme, une femme parmi tant d'autres. Le mariage la déçoit. Clarisse, quadragénaire, s'attendait à une totale osmose avec son mari, qui, lui est plus inspiré par des femmes plus jeunes qu'elle. Arthur et Léa, jumeaux de 17 ans ne lui facilitent pas le quotidien et elle se demande pourquoi ils sont si durs et mal-élevés alors qu'elle leur a appris le sens des valeurs. De désillusions en désillusions, elle se rend compte que tout ce maelstrom familial lui dévore la vie. Animée d'un sursaut salvateur, au lieu de se laisser aller, elle se prend en main, décide de ne penser qu'à elle et part à Venise. Fascinée par les beautés de la Sérénissime et par un inconnu rencontré dans l'avion, elle se régénère, reprend de l'assurance et voit l'avenir différemment. Mes romans se terminent toujours par une note d'espoir.

3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
... après tant d'années, j'ai envie d'être enfin moi-même, d'aimer comme je l'entends et de mener la vie qui me convient.

4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
Le printemps des Quatre saisons de Vivaldi.

5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
La complicité. D'ailleurs, combien de femmes m'ont dit en lisant mes romans ou tout simplement la quatrième de couverture de ma «Fugue» : «comment connaissez-vous mon histoire ?» Il m'arrive de remonter le moral de certaines, prises dans les affres d'un divorce, leur redonnant la volonté de s'en sortir.

6) Avez-vous des rituels d'écrivain ? (Choix du lieu, de l'horaire, d'une musique de fond) ?
Pour moi, l''écriture est musique, si j'écoutais la radio ou un CD, ils parasiteraient mes idées, j'écris dans ma chambre, ne travaillant plus, je n'ai pas d'horaires et mon univers est totalement axé sur mes personnages et leur façon d'appréhender la vie.

7) Comment vous vient l'inspiration ?
Je l'ignore et pour moi, c'est troublant. Pourquoi ce thème, ce sujet ? Je laisse venir à moi ce qui vient des profondeurs de l'inconscient et lorsque je suis prête à composer une histoire, qu'elle soit contemporaine ou historique, je commence à écrire et mes personnages me mènent, là où ils ont envie d'aller.

8) Comment l'écriture est-elle entrée dans votre vie ? Vous êtes-vous dit enfant ou adolescente «un jour j'écrirai des livres» ?
Oui, c'est le rêve de toute adolescente. J'ai tenu un journal pendant très longtemps, y compris mariée et mère de famille. Il n'y a pas longtemps en ouvrant le tiroir d'une commode, j'ai trouvé mes carnets et j'ai relu mes «confidences». J'ai alors pris le parti de les détruire sans éprouver de tristesse. Ils étaient devenus obsolètes pour moi. Mes enfants les trouvant à ma mort n'auraient sans doute pas aimé découvrir «l'intime» de leur mère. Il valait cent fois mieux écrire l'histoire des autres !

9) Vous souvenez-vous de vos premiers chocs littéraires (en tant que lectrice) ?
Dans le désordre, Colette pour sa vive sensibilité et son admirable écriture, Victor Hugo, Zola, Balzac pour leur capacité à décrire la noirceur de la vie, André Maurois et Maurice Druon, Pearl Buck qui a enchanté mon adolescence, Graham Greene et l'ambivalence particulière de l'esprit anglais, John Steinbeck (j'aime bien la littérature américaine) et tant d'autres que je ne peux citer !

10) Savez-vous à quoi servent les écrivains ? !
A rêver, à oublier, à mener le lecteur vers un autre ailleurs, à voyager, à aimer, à imaginer une autre vie que la sienne... Quel que soit le genre choisi, roman, thriller, noir, la découverte d'un livre est une aventure pour celle ou celui qui pénètre dans un univers qui lui fait oublier même temporairement la marche du monde.

11) Quelle place tiennent les librairies dans votre vie ?
Une place fort importante et chaque fois que l'une d'entre elles ferme, j'ai le coeur qui saigne. Franchir la porte d'une librairie a toujours été pour moi, un grand moment. Lorsqu'elle est ancienne, ce parfum de cuir et de vieux papier qui respire encore, lorsqu'elle est récente, l'encre fraîche et cette multitudes de livres qui me pousse vers un sentiment d'admiration pour les auteurs qui ont pensé, vécu, fait naître des personnages qui les suivent dans leur quotidien, les marquent selon le rôle qu'ils jouent dans leurs histoires. Je répète «Nous sommes la somme des autres» et la librairie joue ce rôle merveilleux de passeur d'idées, de mots et d'amour des mots. Je n'oublie pas le libraire, personnage, ô combien important, qui s'investit pour aider et conseiller néophytes ou avertis, souhaitant découvrir un autre monde pour lui faire oublier l'autre, ou se cultiver, tout simplement !

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