"Guillaume et Nathalie" de Yanick Lahens chez Sabine Wespieser éditeur (Paris, France)

en partenariat avec 20minutes.fr

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Guillaume et Nathalie
Guillaume et Nathalie — Le choix des libraires

Résumé

Cela faisait longtemps que je voulais écrire cette histoire de rencontre d'un homme et d'une femme. L'une de celles qui ravivent le goût de l'impossible. L'une de celles qui traînent leur cortège de surprises, de paradoxes, d'érotisme et de déraison. Dans cette ville où, comme dans d'autres villes, une certaine idée de l'amour a été façonnée par les livres, les chansons et le cinéma. Mais où les données du malheur universel sont immédiates ou vous rattrapent juste un peu plus vite qu'ailleurs. Y. L., Failles

Guillaume est sociologue, Nathalie architecte. Ils se rencontrent à la veille du séisme qui a ravagé Haïti en janvier 2010, autour du projet d'un centre polyvalent dans les environs de Port-au-Prince. Entre l'homme de cinquante ans revenu de ses utopies, dont toute la vie s'est jouée dans son île, et la jeune femme au sombre passé qui vient de vivre de longues années en France, l'attirance est immédiate.
Si Yanick Lahens excelle dans l'écriture impatiente de leur désir et si l'on est vite happé par la sourde sensualité qui en émane, elle n'est dupe ni de ses personnages, ni de leur situation.
Représentants tous deux de la classe moyenne noire, ils tentent d'endiguer la misère qui les encercle, subissant eux aussi les préjugés racistes de la bonne société haïtienne et la corruption des élites. Nul misérabilisme pourtant dans ce récit, nul catastrophisme non plus, sinon la conscience diffuse de la menace qui plane sur Haïti en ce mois de décembre 2009.
Avec ce roman pétri de tendresse pour son pays, Yanick Lahens acte la victoire de la vie et de l'écriture sur le malheur.

YANICK LAHENS vit en Haïti. Dans ses romans, comme dans ses nouvelles et ses essais, notamment Failles (Sabine Wespieser éditeur, 2010), elle brosse avec lucidité et sans complaisance la réalité de son île. Lauréate du prix RFO 2009 pour La Couleur de l'aube, elle occupe sur la scène littéraire haïtienne une position très singulière par son indépendance d'esprit et sa liberté de ton.

La revue de presse : Muriel Steinmetz - L'Humanité du 20 juin 2013

Yanick Lahens a repris le fil d'un roman interrompu en janvier 2010 par le séisme qui a frappé l'île d'Haïti...
On est touché d'emblée à l'évocation de ce couple qui, soudain, respire plus vite, dans lequel les partenaires s'imprègnent l'un de l'autre et dont on pense qu'ils se disent  : « Aimons-nous vite, avant le désastre  ! »...
D'une grande liberté d'allure, l'écriture de Yanick Lahens rend ainsi compte d'une ville et d'un de ses faubourgs, Léogâne, où les deux protagonistes se rendent pour des visites de terrain. L'énergie délirante de l'île épouse l'âme des personnages et imprègne tout du long ce roman chaleureux et vivant.

La revue de presse : François Busnel - L'Express, mai 2013

A ceux qui se demandent ce que pèse la littérature face aux désastres, il faut recommander la lecture du nouveau roman de Yanick Lahens. Une merveille ! Yanick Lahens fait partie de ces artistes qui décidèrent de ne pas quitter Port-au-Prince au lendemain du terrible séisme qui ébranla Haïti le 12 janvier 2010. Elle fait partie, surtout, de ces très rares écrivains qui refusent de réduire ce pays au malheur...
Contre l'esprit de résignation, contre le pessimisme ambiant, contre l'idée d'une fatalité qui ouvre la porte au désespoir, Yanick Lahens apporte la preuve que l'on peut métamorphoser la douleur en créativité lumineuse. Le poète René Char appelait cela "la santé du malheur".

La revue de presse : Christine Rousseau - Le Monde du 25 avril 2013

L'Haïtienne Yanick Lahens oppose, à la violence du séisme, les frémissements du désir...
Réunis autour du projet de construction d'un centre, dès les premiers instants de leur rencontre, Guillaume et Nathalie, malgré leurs préventions et leur agacement, premiers signes avant-coureurs d'une affinité trop vive, sont attirés l'un par l'autre. Dès lors, se faisant sismographe sensuelle de cette passion à naître, Yanick Lahens traque le moindre geste, le moindre regard qui s'échange dans le manège de ces deux corps frémissants, qui s'attirent et se repoussent pour mieux attiser, dans un silence éloquent, un désir fiévreux et impérieux. Celui-là même qui embrase les lignes de ce roman à la beauté sombre et âpre, dans lequel la romancière dessine sans complaisance - mais non sans tendresse - le portrait de son pays. Et, au-delà, celui d'une société rongée par la violence, la misère, la corruption, marquée aussi par la paupérisation de la classe moyenne dont sont issus ses héros, victimes des préjugés raciaux. Une société parcourue de " failles " auxquelles Yanick Lahens oppose les beautés de cet amour naissant.

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