"A l'épreuve de la faim : journal d'une île froide" de Frederick Exley chez Monsieur Toussaint Louverture (Toulouse, France)

en partenariat avec 20minutes.fr

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A l'épreuve de la faim : journal d'une île froide
A l'épreuve de la faim : journal d'une île froide — Le choix des libraires

Résumé

Quatre ans après la publication du dernier stade de la soif, Frederick Exley [1929-1992], qui s'imaginait déjà payer les traites d'une luxueuse Chevrolet, continue pourtant de traîner ses sous-vêtements sales et sa folie ordinaire aux quatre coins du pays. De l'île de Singer, peuplée d'adolescents nonchalants et de losers fêlés, au prestigieux atelier d'écriture de l'Iowa ou il est censé enseigner, il poursuit la grande entreprise de démolition de sa propre vie au coeur d'une Amérique hypocrite et ingrate. Capricieux, grossier et sans une once de remords, il développe une nouvelle obsession : l'écrivain Edmund Wilson, tout juste décédé. Partageant avec ce dernier une foi inébranlable en l'écriture et une capacité hallucinante à boire, Exley trouve en Wilson un homme a révérer et une carrière à laquelle, sur l'échelle du désastre, mesurer la sienne. Dans ce vrai-faux journal, cru et sans fioritures, il consigne sa colère et son insatiable faim de littérature. Ce livre n'est pas la suite du dernier stade de la soif, c'est un instantané des années 1970, traverse de dérives, de deuils et de transgressions. C'est la quête sans compromission d'un écrivain prêt à tout pour achever son manuscrit. C'est surtout la tentative ambitieuse et désespérée d'un homme de se soustraire à ce qu'il nomme le chagrin universel.

La revue de presse : Eric Chevillard - Le Monde du 14 février 2013

Mais on aurait tort de croire que ce livre est constitué des élucubrations drolatiques d'un pornosoûlographe : il n'est pas que cela...
Exley, l'écrivain brutal, sarcastique et aviné, ressemble soudain davantage à ce que sa phrase généreuse révèle presque malgré lui : un homme seul cherchant à rejoindre les autres et à sauver sa vie par l'écriture, constamment en proie à la peur : " Peur de la beauté et de la laideur, peur d'être aimé et de ne pas l'être, peur de vivre et peur de mourir... " Au moins eut-il le courage d'écrire et d'atteler crânement à son oeuvre les démons ricaneurs acharnés à sa perte.

La revue de presse : Marine de Tilly - Le Point du 7 février 2013

Pourquoi le lire ? Parce qu'au fond heureusement qu'Exley ne reçut pas (ou ne crut pas recevoir) de son vivant la gloire qu'il méritait. On n'aurait pas eu droit au côté face de sa déprime abyssale et féconde. Parce que c'est rare, une dépression ambitieuse. Parce que le dégoût d'Exley, pour lui et l'univers, est largement partagé par le lecteur, et qu'on en est fou quand même. Parce que cette lecture défoule. Et parce que bien sûr qu'il faut vivre mal pour écrire bien.

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