"Les eaux tumultueuses" de Aharon Appelfeld chez Ed. de l'Olivier (Paris, France)

en partenariat avec 20minutes.fr

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Les eaux tumultueuses
Les eaux tumultueuses — Le choix des libraires

Résumé

À la fin des années 30, la maison Zaltzer était devenue un lieu de villégiature idéal. Les habitués qui s'y retrouvaient chaque été, célibataires et juifs pour la plupart, venaient là avec un but précis : jouer aux cartes, boire et faire l'amour.
Cet été-là, Rita est la première arrivée. Elle a hâte que les autres envahissent de nouveau la pension, pour lui faire oublier l'angoisse diffuse qui l'étreint.
Mais ils se font attendre. Un orage éclate, le fleuve en crue se gonfle et déverse sa boue dans la cour de l'auberge. L'inquiétude monte elle aussi, se glisse dans les âmes, exalte les conversations.
Le monde vacille, et de ce tohu-bohu émergent quelques images - une synagogue abandonnée, un bar, un pont sur une rivière. Et, très loin, comme en rêve, le rivage de la Terre promise.

Proche de Badenheim 1939, avec sa ville d'eaux étrange et ses signes prémonitoires, ce roman d'Aharon Appelfeld est de ceux qui annoncent la fin d'un monde, celui d'une Mitteleuropa encore ignorante du sort qui l'attend.

Aharon Appelfeld est né en 1932 à Czernowitz en Bucovine. Citoyen israélien, il a publié de nombreux romans dont Histoire d'une vie (prix Médicis étranger 2004), ou récemment Le garçon qui voulait dormir (2011).

La revue de presse : Dominique Quinio - La Croix du 26 juin 2013

L'écrivain israélien évoque dans son nouveau livre une Mitteleuropa avant guerre, ignorante du sort qui l'attend. Il fait à nouveau du passé non «une tare ou une honte mais une mine de vie»...
Comme dans le roman Badenheim 1939, on pressent hors de ce cocon une menace, sans pouvoir la nommer. Elle gronde comme l'eau du fleuve dont la crue vient dévaster la cour de l'hôtel. Ciel plombé, atmosphère pesante, esprits chagrins et querelleurs : l'écriture d'Aharon Appelfeld traduit cette ambiance crépusculaire et angoissante. Nous sommes dans les années 1930, la catastrophe s'annonce pour les juifs d'Europe centrale.

La revue de presse : Florence Noiville - Le Monde du 30 mai 2013

Mitteleuropa, 1938 : les habitués d'une ville d'eaux se voilent la face. L'écrivain israélien Aharon Appelfeld revient sur ses terres d'enfance...
Paru en Israël en 1988 et proche de Badenheim 1939 (L'Olivier, 2007), Les Eaux tumultueuses est une peinture saisissante d'un petit coin d'Europe en complète déréliction. D'une Mitteleuropa dansant sur un sol brûlant - " Sol de feu " est le titre original du livre en hébreu. Plus généralement, on peut y voir aussi une méditation sur les fondations. Une réflexion sur ces socles, plus ou moins friables - amours, familles, croyances... -, sur lesquels nous nous construisons tous. Appelfeld, pendant la deuxième guerre mondiale, perdra ses deux parents, assassinés, et arrivera en Israël, orphelin, ne parlant que l'allemand, à l'âge de 13 ans. A Ticho House, il affirme que le petit garçon qu'il était, " celui qui observait les gens et la nature ", est cependant resté vivant. " Oui, l'enfant heureux persiste en moi. "

La revue de presse : Aliette Armel - Le Magazine Littéraire, mai 2013

Arrivé en Israël à l'âge de 14 ans après plusieurs années d'errance dans le ghetto, les camps, mais aussi la forêt, parlant l'allemand et le yiddish, un peu le ruthène et le roumain, mais pas l'hébreu, Appelfeld est désormais célébré dans le monde entier comme l'un des plus grands écrivains de langue hébraïque contemporains, l'un des derniers à avoir survécu à l'Holocauste. Ses textes arrivent en Occident dans le désordre propre aux découvertes tardives d'auteurs ayant déjà beaucoup écrit...
Publiées en Israël en 1988, Les Eaux tumultueuses, qui paraissent aujourd'hui en France, appartiennent à la veine la plus métaphorique de l'oeuvre d'Appelfeld...
Plongé dans une atmosphère d'un réalisme apparent et d'une étrangeté constante, ce roman accumule les signes de la montée de la haine et de la destruction inéluctable, mais il laisse aussi une porte ouverte sur l'espoir, celui qui a permis la survie d'Appenfeld et de tous ceux qui n'ont pas sombré dans le renoncement : «La mort ne signait pas une fin, il était possible encore de s'asseoir pour jouir de la lumière, de l'eau, et des bons repas servis par Maria.»

La revue de presse : Marine Landrot - Télérama du 10 avril 2013

Et toujours cette simplicité, cette humilité, cette humanité...
Aharon Appelfeld dit écrire tous ses livres à la main, pour qu'il n'y ait aucun écran entre son âme et la littérature, tout comme son grand-père prenait soin d'ouvrir ses volets avant de prier, pour qu'il n'y eût aucune barrière entre son âme et Dieu. Cette fusion donne à son oeuvre une intériorité profonde et permanente, souvent festive, même au plus noir de l'affliction.

La revue de presse : Muriel Steinmetz - L'Humanité du 4 avril 2013

Aharon Appelfeld part toujours du particulier pour aller au général, à partir de la singularité d'être juif. Cette fois, nous sommes plongés au sein d'une petite communauté éphémère composée essentiellement de juifs plutôt aisés, venus passer quelques mois de la fin des années trente dans une pension au coeur des Balkans. Ils s'y adonnent à la boisson et au jeu...
Ce roman du désoeuvrement et de l'anxiété va bien évidemment au-delà des péripéties vacancières. Il faut y lire en creux toute l'angoisse des juifs d'Europe centrale au moment historique où se trame l'abominable crime de masse qui, quelques années plus tard, tombera sur leurs têtes. C'est par le détour du roman qu'Aharon Appelfeld, une fois encore, explore les cauchemars de l'Histoire.

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