"L'évasion" de Dominique Manotti chez Gallimard (Paris, France)

en partenariat avec 20minutes.fr

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L'évasion
L'évasion — Le choix des libraires

Résumé

«Qu'est-ce que tu fais ? C'est quoi, ce machin ?
- J'écris.
- Je vois bien, mais t'écris quoi ?
- J'écris mon histoire.
- Alors, tu es un écrivain ?»

1987, Paris. Filippo Zuliani, jeune délinquant italien évadé de prison, se réfugie en France. S'il se met à écrire, c'est pour séduire une femme, pour retrouver les souvenirs d'un ami, pour exister tout simplement, et sortir de l'extrême solitude dans laquelle il se trouve. Il se raconte sa vie en prison, son évasion, la suite. Finalement, à travers ce travail de création, il devient écrivain. L'écriture est sa vie, lui construit une personnalité, lui bâtit sa propre vérité.
Et il se trouve pris à son corps défendant dans un jeu très complexe entre réfugiés politiques, police et services secrets italiens. Vrai ou faux, son roman ? En tout cas, un genre d'histoire dont on peut mourir...

Historienne de formation, Dominique Manotti a un long passé militant dans divers mouvements et syndicats. Elle publie son premier roman, Sombre Sentier, en 1995. Nos fantastiques années fric a été adapté au cinéma en 2009 sous le titre Une affaire d'État, [évasion est son troisième ouvrage à paraître à la Série Noire, après Bien connu des services de police (2010) et L'honorable société, qu'elle a co-écrit avec DOA et qui a remporté le Grand Prix de littérature policière 2011.

Le choix des libraires : choisi le 29/05/2013 par Didier Coviaux de la librairie LE COMPTOIR DES MOTS à PARIS, France

L'évasion, c'est celle de la prison bien sûr, lieu commun du polar - qui ouvre et conditionne le récit du nouveau roman de Dominique Manotti. Mais c'est aussi et surtout celle que procurent l'imagination, la création et l'écriture - pour le meilleur et pour le pire...
Un étonnant roman à double lecture, où la voix de Manotti, d'ordinaire sèche et précise, se fait plus personnelle, même si son style efficace et rugueux est au rendez-vous, aussi percutant que d'habitude.
Inattendu mais réussi !

Courrier des auteurs le 29/05/2013

1) Qui êtes-vous ? !
Je suis une ancienne militante syndicaliste, une historienne spécialisée en histoire économique pendant plus de trente ans, une romancière depuis une quinzaine d'années, et une grand-mère attentive depuis dix ans.

2) Quel est le thème central de ce livre ?
La mythomanie des écrivains, dans un milieu propice au développement de ce genre de rêve, celui des émigrés politiques, coupés de leur pays. En l'occurrence, il s'agit des émigrés italiens, à Paris, en 1987-1988.

3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
Il a appris à écrire en prison, pas dans les livres. Appris à écouter d'abord, dit-il, écouter les détenus politiques qui racontaient leurs espoirs, leurs exploits, leurs défaites. Appris à aimer aussi la langue que ces hommes parlaient, magnifique parce qu'elle vibrait de passion et de désespoir, ce qui la rendait proprement fascinante.

4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
Une chanson, le chant des partisans italiens : Avanti popolo, la bandiera rossa triumfera. Avec beaucoup de douleur et d'amertume.

5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
Je ne comprends pas la question. Ce que l'on partage avec les lecteurs, avec ou sans priorité, c'est le livre, non ?

La revue de presse : Sébastien Lapaque - Le Figaro du 6 juin 2013

Dans L'Évasion, la romancière nous entraîne avec Filippo, un «droit co» mythomane, dans l'univers complexe des relations franco-italiennes des années 1980...
La maîtrise narrative de Dominique Manotti n'étonnera pas ceux qui connaissent son travail et le placent très haut dans la hiérarchie du roman noir français d'aujourd'hui. L'art de la romancière, où la virtuosité cinématographique et le sens des caractères augmentent la férocité de la critique sociale, devrait cependant éblouir ceux qui le découvriront avec L'Évasion...
Littérairement passionnant et redoutablement efficace, ce mélange de bons et de brutes a je ne sais quoi d'éminemment balzacien.

La revue de presse : Sabrina Champenois - Libération du 9 mai 2013

Gardien de nuit à la Défense, solitaire et désoeuvré, Filippo s'est mis un jour à écrire. On ne peut s'empêcher de penser à Cesare Battisti, qui a été concierge à Paris, et qui lui aussi a divisé la communauté des exilés italiens, et dont les ouvrages ont également fait polémique dans la Botte. Mais Dominique Manotti, marxiste de longue date, dont les ouvrages font toujours écho à l'actualité, propose là autre chose qu'une simple évocation de l'Histoire. Elle suggère que l'histoire qu'on se raconte, et celle qu'on raconte aux autres, aussi inventée, fictionnelle, soit-elle, peut acquérir autant voire plus de réalité que la «vraie». Et pourquoi pas télescoper la grande, l'officielle. Quitte à dépasser et dévorer son auteur. L'évasion du titre est au moins double : de la prison mais aussi de la condition de soi.

La revue de presse : Macha Séry - Le Monde du 11 avril 2013

Dominique Manotti dévoile les manipulations orchestrées par les services secrets italiens alliés à une partie de l'Etat lors des " années de plomb ". D'innombrables zones d'ombres subsistent depuis l'attentat de la piazza Fontana à Milan qui, le 12 décembre 1969, fit 17 morts et 88 blessés. Rappelons que l'enquête, marquée par la " défenestration " en garde à vue du principal suspect, un cheminot anarchiste, a conduit les magistrats, des années plus tard, sur la piste des néofascistes. De ce récit naviguant entre réécriture de l'Histoire et affabulation de soi, la littérature sort intacte. L'Evasion rend hommage à la puissance évocatoire des mots...
Qu'elle expose les circuits empruntés par les trafics de drogue, qu'elle détaille les mécanismes du blanchiment d'argent, qu'elle lève le voile sur la corruption des élus ou les magouilles de la politique, Dominique Manotti a toujours fait confiance aux armes propres à la littérature pour emporter l'adhésion du lecteur : alacrité du style, rigueur de la documentation, véracité de l'intrigue, peinture sociale - ici la communauté des réfugiés politiques italiens à Paris, à l'époque protégés par la " doctrine Mitterrand ", et le microcosme littéraire parisien. C'est ainsi que L'Evasion devient aussi la nôtre.

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