"Séismes" de Jérôme Meizoz chez Zoé (Carouge, Suisse)

en partenariat avec 20minutes.fr

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Séismes
Séismes — Le choix des libraires

Résumé

Tableau impressionniste d'une bourgade durant la décennie 1970, Séismes raconte le parcours troublant d'un enfant vers l'âge d'homme. Sidéré par la perte de sa mère et l'étrangeté des adultes, le narrateur égrène ses récits de chocs, instants rares où la vie se livre à son maximum d'incandescence. Accordée à l'oralité des rues, sa voix dit la sensualité des odeurs, du toucher, dans un récit à l'épaisseur singulière.
Dans tout ce livre règne une gaieté cruelle, proche de celle d'un Fellini ou d'un Prévert, pour tenir en respect la «tristesse qui fermente en silence comme un vin abandonné». Grâce à une écriture minimale, d'un rythme envoûtant, Jérôme Meizoz rejoint l'émotion par l'épure.
Quand mère s'est jetée sous le train, il a bien fallu trouver une femme de ménage.

Jérôme Meizoz vit en Suisse. Parmi ses ouvrages, Morts ou vif (Zoé) a été le «Livre de la Fondation Schiller 2000», suivi de Destinations païennes (Zoé, 2001), Les Désemparés (Zoé, 2005), Le Rapport Amar (Zoé, 2006), Père et passe (Le Temps qu'il fait & En bas, 2008) et Fantômes, illustré par le peintre Zivo (En bas, 2010).

La revue de presse : Dominique A. - Le Monde du 28 mars 2013

Séismes fait l'inventaire, ramassé - moins de 100 pages -, d'épisodes-clés de la vie dans un village suisse, durant les années 1970, d'un jeune garçon, jusqu'à l'âge adulte. Les séismes en question ne sont autres que ces moments fondateurs modelant la personnalité encore en germe d'un individu, dans un environnement où les possibles sont contrariés par les règles et l'isolement géographique, et où la vie entre malgré tout, comme par effraction, à la faveur d'une apparition, d'un événement. Le texte suinte l'autobiographie par toutes les lignes, mais s'en défend, la fiction étant invoquée en préambule. C'en est curieux : comme s'il s'agissait que le personnage s'efface, et l'auteur en lui, pour ne laisser place qu'aux sensations qui le traversent et le façonnent. C'est presque un livre où le héros est un parasite : peu importe qui il est, et ce que les événements feront de lui, seuls comptent la façon dont ils surgissent, leur intensité et la sidération qui en résulte. Sidération qui ne sonne pas pour autant le glas du langage ni n'entame l'acuité du regard de Meizoz, en mode caméra subjective, avide de capter tout frémissement du monde alentour.

La revue de presse : Claire Devarrieux - Libération du 28 mars 2013

Tous les étés de l'enfance se ressemblent : «Les grandes vacances n'en finissaient pas. Le temps dans la rue avait simplement cessé de couler.» Le temps passe pourtant, et Séismes, de petits cataclysmes en fortes sensations, par étapes qui omettent les transitions, raconte comment on devient un homme. Le point de vue est celui de l'adulte qui se penche sur son passé, en veillant à faire rentrer son «je» dans le rang de sa classe d'âge. «Jeunes bestiaux» convoyés le matin au collège, ou lâchés dans un camp scout, ils sont bloc d'énergie, goutte de mercure, toujours ensemble, «nos adolescences irritent le Chanoine»...
L'auteur, Jérôme Meizoz (on ne prononce pas le z final, pas plus que pour Ramuz, le grand aîné de la littérature romande), est un universitaire et romancier né en 1967 à Vernayaz, dans le Valais. Comme auspices pour Séismes, il a choisi une citation de Zouc : «Mon village, je peux le dessiner maison par maison. Je le connais comme mon sac à main.» Et une autre de Maurice Chappaz : «L'encre est la partie imaginaire du sang.» Le livre a partie liée avec l'autobiographie et avec l'humour suisse. En tout cas, pour l'humour, c'est évident.

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