"Eux sur la photo" de Hélène Gestern chez Arléa (Paris, France)

en partenariat avec 20minutes.fr

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Eux sur la photo
Eux sur la photo — Le choix des libraires

Résumé

Une petite annonce dans un journal comme une bouteille à la mer : Hélène cherche la vérité sur sa mère, morte lorsqu'elle avait trois ans. Son seul indice : deux noms sur une photographie retrouvée dans des papiers de famille. Une réponse arrive : Stéphane a reconnu son père.
Commence alors une longue correspondance, parsemée de détails, d'abord ténus puis plus troublants. Patiemment, Hélène et Stéphane remontent le temps, dépouillant des archives et cherchant dans leur mémoire. Peu à peu, les histoires se recoupent, se répondent, formant un récit différent de ce qu'on leur avait dit.

Avec Eux sur la photo, Hélène Gestern nous livre une magnifique réflexion sur le secret de famille et la mémoire particulière que fixe la photographie.

Hélène Gestern vit et travaille à Nancy. Eux sur la photo est son premier roman.

Le choix des libraires : choisi le 05/04/2013 par Catherine Demontpion de la librairie PAGES D'ECRITURE à SAINT-YRIEIX LA PERCHE, France

Hélène, la narratrice, a perdu sa mère lorsqu'elle était enfant. En grandissant, Hélène pose des questions à son père, mais il refuse de lui parler et s'éloigne de plus en plus d'elle. Ce n'est qu'auprès de sa mère adoptive qu'Hélène trouve de la compréhension, de l'amour, de l'assurance.

Devenue adulte et archiviste au Musée de la carte postale, Hélène fait face au décès de son père et à l'affaiblissement de sa mère adoptive, victime de la maladie d'Alzheimer. Mais c'est aussi le moment où les réponses à ses questions d'enfant apparaîtront, grâce à des documents découverts dans le bureau de son père. Des réponses et d'autres questions aussi suscitées par des photos de personnes inconnues. Passer une annonce dans un journal semble être le meilleur moyen de continuer ses recherches. Et c'est Stéphane qui lui répondra, ayant reconnu son propre père sur la photo. Mais quel est le lien entre la mère de l'une et le père de l'autre ? Étaient-ils de simples connaissances ou plus encore ? Que se cache-t-il sous la disparition dans un accident de la mère d'Hélène ? Pourquoi avoir gardé pendant toutes ces années le secret sur l'histoire de cette femme si belle et si mystérieuse ?

"La photographie est craquelée, et les bords en sont abîmés, comme si elle avait été maintes fois manipulée. Une large rayure, trace d'une pliure ancienne, forme une barre verticale au milieu de l'image. Celle-ci représente un groupe d'enfants et d'adolescents, d'âges divers, encadrés par trois adultes : un homme barbu en habit de pope et deux femmes de taille moyenne. En tout, on dénombre une quinzaine de personnes sur l'image et aucune d'entre elles ne sourit. A l'arrière plan, on distingue, assez mal, un panneau de bois peint qui ressemble à un paravent; la présence, à gauche, d'une croix orthodoxe renseigne sur le fait qu'il s'agit d'une iconostase, et que la photo a été prise dans une église."

Une jeune femme à la recherche de renseignements sur une mère qu'elle a peu connue, voilà un sujet de roman qui peut sembler simple, déjà vu sous la plume d'autres auteurs. Mais le style d'écriture d'Hélène Gestern, lui apporte toute son originalité : l'histoire des familles d'Hélène et de Stéphane apparaît au fil des pages, distillée dans des lettres et des courriels échangés par les deux personnages, d'une écriture très formelle dans un premier temps (le vouvoiement), mais de plus en plus intimes lorsque les morceaux du puzzle commencent à s'assembler. En partant d'une photographie noir et blanc, dont le nom des personnages n'est pas mentionné, l'histoire, les secrets enfouis depuis si longtemps, vont réapparaître, laissant à la fois un goût amer et une envie d'aller jusqu'au bout, jusqu'à la vérité. Un roman plein de finesse (la description des photographies est si bien faite que le lecteur peut "la voir"), de regrets et d'espoirs, de confiance en l'avenir.

Le choix des libraires : choisi le 15/01/2012 par Céline Favier-Privolt de la librairie GIBERT JOSEPH à DIJON, France

1 photo, 1 petite annonce dans un journal, sont les points de départ de cette enquête sentimentale haletante et émouvante autour d'un secret de famille. Des descriptions de photos, des révélations, des joies, des peines, et des histoires d'amour de jadis et à naître, ponctuent ce roman, vite lu et passionnant ! Belle découverte !

Le choix des libraires : choisi le 22/09/2011 par Max Buvry de la librairie VAUX LIVRES à VAUX-LE-PÉNIL, France

Une photographie retrouvée parmi les papiers familiaux incite Hélène à partir sur les traces de sa mère, morte lorsqu'elle avait trois ans. Le silence familial a toujours laissé ses questions sans réponse. Une petite annonce et Stéphane vivant en Angleterre répond après avoir reconnu son père, un père qu'il a toujours senti distant : "De quels secrets a-t-on voulu nous protéger, et au prix de quels mensonges ?". A distance, ils se lancent dans une enquête contre le silence, vers le passé tu, un passé sur le papier qui reprend vie parfois après quelques hésitations, pas à pas, pièce après pièce, enquête coopérative malgré une appréhension parfois différente des avancées. Que vont-ils découvrir ? Vont-ils l'accepter, le digérer pour finalement mieux se connaître ? L'image (la photo ?) qu'ils ont d'eux et de leurs familles ne va-t-elle pas s'en trouver bouleversée ? Hélène Gestern sur un thème assez commun réussit parfaitement sa partition par la singularité de la forme et du traitement qu'elle en fait.

Courrier des auteurs le 22/09/2011

1) Qui êtes-vous ? !
Quelqu'un qui écrit.

2) Quel est le thème central de ce livre ?
La mémoire familiale et la photographie. Les deux personnages du livre sont à la recherche de l'histoire de leurs parents, et ne disposent pour la comprendre que de quelques images. En cherchant à reconstituer ce qu'ils ignorent, ils vont être amenés à questionner les équilibres de leur propre vie. La photo deviendra une alliée passionnante et dangereuse : car elle ne dit que ce qu'on veut bien y lire.

3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
"Comment oublier ce que l'on n'a jamais su ?"

4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
La question appelle tant de réponses ! Un livre ne saura malheureusement jamais, quelque peine qu'on en conçoive, égaler la musique, il ne peut que la prendre pour horizon, en rechercher les rythmes à travers sa propre écriture. Celui-là aurait aimé, aimerait encore, être la sonate K466 de Scarlatti, interprétée par Racha Arodaky, en faire entendre la mélancolie lumineuse ; il pourrait aussi se rêver en quatuor à cordes, de Brahms par endroits, du térébrant Philip Glass à d'autres.

5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
Au départ, l'écriture était une aventure solitaire et privée. Je n'ai compris que bien tard que l'on rentrait avec un livre dans la vie des autres, faisant lever en eux des images, des émotions... J'aimerais que "Eux sur la photo" rencontre, avec la plus grande douceur possible, l'histoire de ceux qui le liront (car nous sommes tous les héritiers des secrets des autres). Mais aussi qu'il soit capable d'offrir des moments d'intensité et de plénitude, cette pulsation très spéciale de la vie que procure parfois la lecture.

La revue de presse : Anne Crignon - Le Nouvel Observateur du 1er septembre 2011

Hélène Gestern fait dans l'investigation sentimentale, avec un homme et une femme du jour au lendemain unis pour marcher ensemble vers une vérité interdite. Sa maladresse de débutante épouse habilement celle des deux protagonistes, qui dans un premier temps se cherchent, hésitent et doutent. Tout sonne juste dans cette correspondance.

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