"Station Rome" de Vincent Pieri chez Mercure de France (Paris, France)

en partenariat avec 20minutes.fr

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Station Rome
Station Rome — Le choix des libraires

Résumé

Dans quatorze minutes, je suis dehors, sans argent, et je n'ai plus qu'une cigarette. Il va falloir renflouer les caisses, aller faire la manche. La corvée. Récupérer une quinzaine d'euros : cinq pour les dopes, sept pour ce soir et trois pour demain, je déteste mendier. Ce n'est pas tant le geste, la position humiliante qui me gêne. Non, ça, on s'y fait, avec le temps. Mais les regards... Mauvaise humeur, haine, pitié écoeurante, terreur, tous les sentiments les plus dégueulasses y passent. Ce qui m'atteint le plus, c'est cette indifférence feinte, ce coup d'oeil rapide, en coin, avant d'accélérer le pas, cette peur de me regarder dans les yeux, comme un des leurs.

À Paris, au coeur de l'hiver, un clochard écrit son journal : il raconte ses journées et ses nuits, les passants indifférents, les humiliations et les petites victoires quotidiennes contre le froid, la faim, contre les autres aussi... Vivre dans la rue est une lutte de tous les instants.
Sur le quai de la station Rome où il a ses habitudes, parmi tous les visages qui défilent devant lui et qui ne le voient pas, il remarque celui d'une jeune femme, qu'il se met à guetter tous les jours. Pour le simple plaisir de la voir passer, mais aussi parce qu'elle lui rappelle une troublante violoncelliste qu'il a connue par le passé. Car, à trente-sept ans, cet homme a eu une vie avant d'être SDF...

Très actuel, porté par une langue tour à tour crue et poétique, Station Rome est un roman âpre et dense.

Vincent Pieri, trente ans, est professeur de lettres. Station Rome est son premier roman.

Le choix des libraires : choisi le 09/11/2013 par Arnaud Buissonin de la librairie DES LIVRES ET DES HOMMES à BEAUNE, France

Renversant !
Le journal intime quotidien d'un SDF parisien, autrefois musicien de grand talent, qui a fait de la station Rome son éphémère résidence. Un premier roman épatant, captivant, à l'écriture tour à tour tranchante, lyrique et musicale. Incontournable.

La revue de presse : Florence Bouchy - Le Monde du 4 avril 2013

Aucun cynisme (...) dans le premier roman de Vincent Pieri. C'est en dotant son personnage de SDF d'une lucidité critique qu'il échappe au misérabilisme compassionnel. Station Rome se présente comme le journal tenu par un ancien concertiste qu'un événement traumatique a fait basculer dans les marges de la société...
Je mendie, admet-il, j'attends un métro que je ne prends jamais, je cours après les endroits chauffés et gratuits, je fais la queue devant des églises ou dans des maisons d'associations pour gagner un cassoulet chaud. Comme eux. Mais je ne partage par leurs schémas de pensée, je ne parle pas avec leurs mots. " De ce postulat de départ, qui permet sans doute le roman mais risquerait d'éloigner artificiellement le personnage de l'expérience réelle de la rue, Vincent Pieri réussit à faire un ressort de la vérité de son évocation. Plus le roman progresse, plus le lecteur prend conscience que, quelles que puissent être la force structurante du langage et les ressources culturelles initiales du SDF, c'est toujours la précarité de l'existence et la marginalisation concomitante qui l'emportent et constituent le piège le plus terrible.

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