"Tout s'est bien passé" de Emmanuèle Bernheim chez Gallimard (Paris, France)

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Tout s'est bien passé
Tout s'est bien passé — Le choix des libraires

Résumé

«"Papa m'a demandé de l'aider à en finir."
Je me répète cette phrase, elle sonne bizarrement.
Qu'est-ce qui ne colle pas ? "Papa" et "en finir" ?»

Avec Tout s'est bien passé, Emmanuèle Bernheim nous livre le récit haletant et bouleversant de son impensable aventure.

Emmanuèle Bernheim est l'auteur de cinq romans, parmi lesquels : Sa femme (prix Médicis), Vendredi soir et Stallone.

Le choix des libraires : choisi le 30/03/2013 par Clo Brion de la librairie VANDROMME à LES VANS, France

André est un homme âgé d'une belle et solide résistance mais frappé soudain par un accident vasculaire cérébral. Tout va s'écrouler. Hospitalisation d'urgence, corps malade, diminué, souillé. Puis cette supplique vertigineuse qu'il adresse à sa fille de «l'aider à en finir».
Dans ce récit au jour le jour, Emmanuelle Bernheim, confrontée à l'impensable, nous dit. Le désarroi, l'hôpital, l'espoir et puis non. Les larmes, les démarches douloureuses, les souvenirs d'enfance, sa soeur, la vie qui continue dans la tempête.
«Tout s'est bien passé» seront les derniers mots de ce livre qui nous relate sans pathos mais d'infinies émotions, le cheminement vers une fin lumineuse, dignement choisie lorsqu'il n'y a plus aucun futur possible.
Bouleversant.

Courrier des auteurs le 30/03/2013

1) Qui êtes-vous ? !
Emmanuèle Bernheim, écrivain et scénariste

2) Quel est le thème central de ce livre ?
Le thème central de ce livre est la folle aventure de la mort de mon père.

3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
«Faites ce que votre coeur vous dit»

4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
La sonate pour piano n°3 Opus 5 de Brahms que mon père jouait souvent.

5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
J'aimerais partager avec les lecteurs le goût de la LIBERTÉ, le thème commun à tous mes livres, et dans ce cas précis, la liberté de mourir comme on l'entend.

6) Avez-vous des rituels d'écrivain ? (Choix du lieu, de l'horaire, d'une musique de fond) ?
J'écris de préférence le matin, en silence, moitié au crayon, moitié à l'ordinateur, sur la table où nous prenons nos repas...

7) Comment l'écriture est-elle entrée dans votre vie ? Vous êtes-vous dit enfant ou adolescente «un jour j'écrirai des livres» ?
Enfant ou adolescente, je n'avais jamais pensé que j'écrirais un jour. A vrai dire, je n'arrivais pas à me projeter dans l'avenir et je ne savais pas ce que «plus tard» ou même «un jour» signifiait.
J'ai commencé à écrire tard, à 28 ans ; j'étais tombée amoureuse d'un homme lointain et j'ai éprouvé le besoin irrépressible de le décrire afin de combler le vide de son absence. Ça a été mon premier roman «Le cran d'arrêt»

8) Vous souvenez-vous de vos premiers chocs littéraires (en tant que lectrice) ?
Mon premier choc littéraire a été «Le Mur» de Jean-Paul Sartre, et plus précisément les nouvelles «Érostrate» et «L'enfance d'un chef». C'était comme la transcription exacte mon mal être d'enfant et d'adolescente, et j'ai eu soudain le sentiment de ne plus être seule.

9) Savez-vous à quoi servent les écrivains ? !
Et si c'était à cela que servent les écrivains, nous aider à nous sentir moins seuls ?

10) Quelle place tiennent les librairies dans votre vie ?
J'ai besoin du contact physique des livres. Sans libraires et sans librairies, comment toucher les livres ? comment les soupeser, les feuilleter, les respirer ?

La revue de presse : Marianne Payot - L'Express, février 2013

Emmanuèle Bernheim raconte dans Tout s'est bien passé comment elle a accompagné le suicide assisté de son père. Un témoignage magistral...
Plus les événements sont pénibles, plus la romancière s'attache aux détails - un poireau dans un cabas, une porte qui fait dong, la purée beige, les magazines dans la salle d'attente -, désamorçant, comme par magie, la gravité du moment. L'histoire est effrayante, et l'on sourit le plus souvent. Elle doit tenir cela de son père, Emmanuèle, cette noblesse devant le malheur, cet humour à fleur de peau.

La revue de presse : Josyane Savigneau - Le Monde du 31 janvier 2013

Emmanuèle Bernheim publie peu, Tout s'est bien passé est son sixième livre depuis 1985. Ses romans sont brefs, maîtrisés, elle porte un regard lucide, souvent impitoyable, sur ses personnages...
Est-ce si simple ? C'est tout le propos de ce livre, qui n'est ni un plaidoyer pour l'euthanasie ni une condamnation. Seulement la preuve qu'on ne peut pas régler la question en répondant à un sondage et que le désir d'en finir engage bien d'autres choses et ne concerne pas seulement la personne qui prend cette décision. Le récit effrayé d'Emmanuèle Bernheim, parfois désordonné comme on l'est dans ces moments-là, quand soudain tout se bouscule dans la vie, dans les pensées, pose les bonnes questions. Comment refuser à son père cette ultime demande ? Mais comment l'accepter ?...
Emmanuèle Bernheim est bouleversée, comme elle l'est dans toute cette terrible aventure, en continuant sa vie quotidienne, dont elle consigne les détails. C'est ce qui la rend si proche pour le lecteur, lui aussi bouleversé. Et, au terme de ce texte, s'il est une phrase impossible à prononcer, c'est : " Tout s'est bien passé. "

La revue de presse : Jérôme Béglé - Le Point du 17 janvier 2013

Emmanuèle Bernheim nous livre un récit à l'os, sans fioriture ni mise au jour de rancune familiale. Elle partage le haut de l'affiche de ce roman avec sa soeur, compagne des bons et des mauvais instants, avec qui elle prend la décision qui bouleverse leur long fleuve tranquille. On ne sort pas indemne de ce genre d'expérience. L'auteure sait la partager avec nous sans jamais la rendre insupportable ou illisible. Chapeau !

La revue de presse : Christine Ferniot - Lire, janvier 2013

Récit autobiographique, journal de bord d'une précision d'entomologiste, ce livre à la première personne est en permanence dans l'action, refusant de prendre ses distances pour laisser au lecteur le choix de remplir les blancs...
On imaginait un dernier voyage façon Soleil vert, le film de Richard Fleischer, avec douceur et musique mélodieuse. Or, la réalité est plus obscène pour ceux qui restent. Scénariste éclairée, romancière captivante et adepte de la miniature, Emmanuèle Bernheim réussit une oeuvre fiévreuse et sans mièvrerie, écrite dans l'urgence tout en pesant chaque mot.

La revue de presse : Nathalie Crom - Telerama du 9 janvier 2013

Elle dit aussi, hors les murs de l'hôpital, hors de ces instants suspendus, la vie ordinaire qui continue comme elle peut, la proximité de sa soeur Pascale, le flux des souvenirs qui l'assaillent, l'enfance et son long ­mal-être comme de retour à la surface du présent. De page en page, c'est aussi un portrait de son père, de leur relation sans épanchements, abrupte plus que tendre, que trace Emmanuèle Bernheim - un dessin au trait, précis, rauque, suffocant de justesse et de chagrin.

La revue de presse : Marie-Laure Delorme - Le Journal du DImanche du 30 décembre 2013

La mort du père : un thème banal et unique. L'auteur de Sa femme (prix Médicis 1993) réussit à raconter l'universel et le singulier de la disparition d'un parent. Elle ne discourt pas sur la mort ; elle dépouille la mort. Voici comment, pour elle, ça s'est déroulé : dans le tragique et le grotesque d'une mêlée d'états sans âme. On peut souligner la vitalité, l'humour, la férocité de Tout s'est bien passé - récit sur la mort se renversant en récit sur la vie - mais sans oublier alors la matérialité du traitement de l'expérience. La guerre n'est pas déclarée car la défaite est assurée. Les choses sont regardées en face. Les vieux magazines dans les salles d'attente des hôpitaux, le Prozac et le Lexomil (et, aujourd'hui, un quart ou un demi Lexomil ?), les larmes, la musique et le vin, l'amour et l'amitié, les séances chez le psychanalyste. Le père ne se transforme pas, la mort venant, en ce qu'il n'est pas. Il reste despote, passionné, atypique, méchant, curieux. Des zones de cruauté inouïe cohabitent avec des zones de bonté inouïe.

La revue de presse : Claire Devarrieux - Libération du 3 janvier 2013

«Tout s'est bien passé» est la phrase que prononce, au téléphone, à la fin, fin du livre et fin de la vie, «la dame suisse» présente au moment du suicide assisté. Le rire, parfois macabre, est une constante dans cette famille qu'il nous est proposé de fréquenter, aussi le titre a-t-il ce genre d'humour radical. C'est plutôt d'une naissance qu'on dit qu'elle s'est bien passée, ici, c'est la mort...
Le plus souvent écrit au présent, le récit d'Emmanuèle Bernheim enregistre les oscillations des bulletins de santé, et notamment les progrès qui redonnent confiance. Mais un cercle vicieux se met en place : quand son père va mieux, elle se met à espérer qu'il va renoncer à mourir. Vivre, pour lui, n'a de sens que pour mener à bien son projet mortel. Dès qu'il voit son dernier jour s'éloigner, André Bernheim décline. Si les choses au contraire avancent, il reprend du poil de la bête. Conformément à ce qu'attendent ses médecins, les antidépresseurs sont efficaces, avec des effets secondaires : plus le patient recouvre son élan vital, plus il met de force à vouloir sa disparition. Pendant ce temps, la narratrice enrichit elle aussi sa pharmacopée, et passe du Lexomil au Prozac, selon un rythme de film burlesque. Emmanuèle Bernheim use du présent comme les écrivains le font, en général, lorsque s'abat une catastrophe : cela permet de restituer l'étrange élasticité du monde extérieur, contre laquelle il faut lutter.

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