"Nina Simone, roman" de Gilles Leroy chez Mercure de France (Paris, France)

en partenariat avec 20minutes.fr
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Nina Simone, roman
Nina Simone, roman — Le choix des libraires
  • Auteur : Gilles Leroy 
  • Genre : Romans et nouvelles - français
  • Editeur : Mercure de France, Paris, France
  • Prix : 18.50 €
  • Date de sortie : 07/03/2013
  • GENCOD : 9782715234055

Résumé


«J'étais célèbre, on me reconnaissait dans la rue, on m'offrait des concerts dans tout le pays, mes disques sortaient en Europe... Les télévisions me demandaient, les stars de cinéma aussi me réclamaient à leur table, Lauren Bacall, Frank Sinatra, la minuscule Natalie Wood... Mes amis étaient écrivains, Langston Hughes, James Baldwin, Lorraine Hansberry. Ma vie pourrait-elle jamais être plus belle ? J'étais la coqueluche du moment et une petite voix en moi susurrait : Profite, Eunice, ça n'aura peut-être qu'un temps. Eunice, c'était mon vrai nom. Maintenant je l'ai oublié. Cinquante années passées dans la peau de Nina Simone m'ont fait oublier mon nom. Et c'est une drôle de chose, à la fin, que de devoir porter un nom qui n'a jamais été le sien. Pour vivre un destin qui n'était pas le sien.»



Comment Eunice Kathleen Waymon, la petite fille noire née dans une famille pauvre à Tryon, Caroline du Nord, en 1933, est-elle devenue l'immense Nina Simone, la diva à la voix unique et au toucher de piano inoubliable ?

Le destin de Nina Simone ressemble à un roman : c'est ce roman que Gilles Leroy recompose, livrant avec tendresse l'histoire totalement vraie et totalement romancée d'une artiste adulée dans le monde entier - mais si seule dans la vie.

Avec cet émouvant portrait d'une femme blessée, Gilles Leroy nous offre, après Alabama Song et Zola Jackson, le troisième volet de sa trilogie américaine.



Gilles Leroy est l'auteur notamment de L'amant russe, Alabama Song (prix Goncourt 2007), Zola Jackson et Dormir avec ceux qu'on aime.




Résumé


«J'étais célèbre, on me reconnaissait dans la rue, on m'offrait des concerts dans tout le pays, mes disques sortaient en Europe... Les télévisions me demandaient, les stars de cinéma aussi me réclamaient à leur table, Lauren Bacall, Frank Sinatra, la minuscule Natalie Wood... Mes amis étaient écrivains, Langston Hughes, James Baldwin, Lorraine Hansberry. Ma vie pourrait-elle jamais être plus belle ? J'étais la coqueluche du moment et une petite voix en moi susurrait : Profite, Eunice, ça n'aura peut-être qu'un temps. Eunice, c'était mon vrai nom. Maintenant je l'ai oublié. Cinquante années passées dans la peau de Nina Simone m'ont fait oublier mon nom. Et c'est une drôle de chose, à la fin, que de devoir porter un nom qui n'a jamais été le sien. Pour vivre un destin qui n'était pas le sien.»



Comment Eunice Kathleen Waymon, la petite fille noire née dans une famille pauvre à Tryon, Caroline du Nord, en 1933, est-elle devenue l'immense Nina Simone, la diva à la voix unique et au toucher de piano inoubliable ?

Le destin de Nina Simone ressemble à un roman : c'est ce roman que Gilles Leroy recompose, livrant avec tendresse l'histoire totalement vraie et totalement romancée d'une artiste adulée dans le monde entier - mais si seule dans la vie.

Avec cet émouvant portrait d'une femme blessée, Gilles Leroy nous offre, après Alabama Song et Zola Jackson, le troisième volet de sa trilogie américaine.



Gilles Leroy est l'auteur notamment de L'amant russe, Alabama Song (prix Goncourt 2007), Zola Jackson et Dormir avec ceux qu'on aime.




Résumé


«J'étais célèbre, on me reconnaissait dans la rue, on m'offrait des concerts dans tout le pays, mes disques sortaient en Europe... Les télévisions me demandaient, les stars de cinéma aussi me réclamaient à leur table, Lauren Bacall, Frank Sinatra, la minuscule Natalie Wood... Mes amis étaient écrivains, Langston Hughes, James Baldwin, Lorraine Hansberry. Ma vie pourrait-elle jamais être plus belle ? J'étais la coqueluche du moment et une petite voix en moi susurrait : Profite, Eunice, ça n'aura peut-être qu'un temps. Eunice, c'était mon vrai nom. Maintenant je l'ai oublié. Cinquante années passées dans la peau de Nina Simone m'ont fait oublier mon nom. Et c'est une drôle de chose, à la fin, que de devoir porter un nom qui n'a jamais été le sien. Pour vivre un destin qui n'était pas le sien.»



Comment Eunice Kathleen Waymon, la petite fille noire née dans une famille pauvre à Tryon, Caroline du Nord, en 1933, est-elle devenue l'immense Nina Simone, la diva à la voix unique et au toucher de piano inoubliable ?

Le destin de Nina Simone ressemble à un roman : c'est ce roman que Gilles Leroy recompose, livrant avec tendresse l'histoire totalement vraie et totalement romancée d'une artiste adulée dans le monde entier - mais si seule dans la vie.

Avec cet émouvant portrait d'une femme blessée, Gilles Leroy nous offre, après Alabama Song et Zola Jackson, le troisième volet de sa trilogie américaine.



Gilles Leroy est l'auteur notamment de L'amant russe, Alabama Song (prix Goncourt 2007), Zola Jackson et Dormir avec ceux qu'on aime.




Résumé


«J'étais célèbre, on me reconnaissait dans la rue, on m'offrait des concerts dans tout le pays, mes disques sortaient en Europe... Les télévisions me demandaient, les stars de cinéma aussi me réclamaient à leur table, Lauren Bacall, Frank Sinatra, la minuscule Natalie Wood... Mes amis étaient écrivains, Langston Hughes, James Baldwin, Lorraine Hansberry. Ma vie pourrait-elle jamais être plus belle ? J'étais la coqueluche du moment et une petite voix en moi susurrait : Profite, Eunice, ça n'aura peut-être qu'un temps. Eunice, c'était mon vrai nom. Maintenant je l'ai oublié. Cinquante années passées dans la peau de Nina Simone m'ont fait oublier mon nom. Et c'est une drôle de chose, à la fin, que de devoir porter un nom qui n'a jamais été le sien. Pour vivre un destin qui n'était pas le sien.»



Comment Eunice Kathleen Waymon, la petite fille noire née dans une famille pauvre à Tryon, Caroline du Nord, en 1933, est-elle devenue l'immense Nina Simone, la diva à la voix unique et au toucher de piano inoubliable ?

Le destin de Nina Simone ressemble à un roman : c'est ce roman que Gilles Leroy recompose, livrant avec tendresse l'histoire totalement vraie et totalement romancée d'une artiste adulée dans le monde entier - mais si seule dans la vie.

Avec cet émouvant portrait d'une femme blessée, Gilles Leroy nous offre, après Alabama Song et Zola Jackson, le troisième volet de sa trilogie américaine.



Gilles Leroy est l'auteur notamment de L'amant russe, Alabama Song (prix Goncourt 2007), Zola Jackson et Dormir avec ceux qu'on aime.




Résumé


«J'étais célèbre, on me reconnaissait dans la rue, on m'offrait des concerts dans tout le pays, mes disques sortaient en Europe... Les télévisions me demandaient, les stars de cinéma aussi me réclamaient à leur table, Lauren Bacall, Frank Sinatra, la minuscule Natalie Wood... Mes amis étaient écrivains, Langston Hughes, James Baldwin, Lorraine Hansberry. Ma vie pourrait-elle jamais être plus belle ? J'étais la coqueluche du moment et une petite voix en moi susurrait : Profite, Eunice, ça n'aura peut-être qu'un temps. Eunice, c'était mon vrai nom. Maintenant je l'ai oublié. Cinquante années passées dans la peau de Nina Simone m'ont fait oublier mon nom. Et c'est une drôle de chose, à la fin, que de devoir porter un nom qui n'a jamais été le sien. Pour vivre un destin qui n'était pas le sien.»



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Résumé


«J'étais célèbre, on me reconnaissait dans la rue, on m'offrait des concerts dans tout le pays, mes disques sortaient en Europe... Les télévisions me demandaient, les stars de cinéma aussi me réclamaient à leur table, Lauren Bacall, Frank Sinatra, la minuscule Natalie Wood... Mes amis étaient écrivains, Langston Hughes, James Baldwin, Lorraine Hansberry. Ma vie pourrait-elle jamais être plus belle ? J'étais la coqueluche du moment et une petite voix en moi susurrait : Profite, Eunice, ça n'aura peut-être qu'un temps. Eunice, c'était mon vrai nom. Maintenant je l'ai oublié. Cinquante années passées dans la peau de Nina Simone m'ont fait oublier mon nom. Et c'est une drôle de chose, à la fin, que de devoir porter un nom qui n'a jamais été le sien. Pour vivre un destin qui n'était pas le sien.»



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Avec cet émouvant portrait d'une femme blessée, Gilles Leroy nous offre, après Alabama Song et Zola Jackson, le troisième volet de sa trilogie américaine.



Gilles Leroy est l'auteur notamment de L'amant russe, Alabama Song (prix Goncourt 2007), Zola Jackson et Dormir avec ceux qu'on aime.




Résumé


«J'étais célèbre, on me reconnaissait dans la rue, on m'offrait des concerts dans tout le pays, mes disques sortaient en Europe... Les télévisions me demandaient, les stars de cinéma aussi me réclamaient à leur table, Lauren Bacall, Frank Sinatra, la minuscule Natalie Wood... Mes amis étaient écrivains, Langston Hughes, James Baldwin, Lorraine Hansberry. Ma vie pourrait-elle jamais être plus belle ? J'étais la coqueluche du moment et une petite voix en moi susurrait : Profite, Eunice, ça n'aura peut-être qu'un temps. Eunice, c'était mon vrai nom. Maintenant je l'ai oublié. Cinquante années passées dans la peau de Nina Simone m'ont fait oublier mon nom. Et c'est une drôle de chose, à la fin, que de devoir porter un nom qui n'a jamais été le sien. Pour vivre un destin qui n'était pas le sien.»



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Le destin de Nina Simone ressemble à un roman : c'est ce roman que Gilles Leroy recompose, livrant avec tendresse l'histoire totalement vraie et totalement romancée d'une artiste adulée dans le monde entier - mais si seule dans la vie.

Avec cet émouvant portrait d'une femme blessée, Gilles Leroy nous offre, après Alabama Song et Zola Jackson, le troisième volet de sa trilogie américaine.



Gilles Leroy est l'auteur notamment de L'amant russe, Alabama Song (prix Goncourt 2007), Zola Jackson et Dormir avec ceux qu'on aime.




Résumé


«J'étais célèbre, on me reconnaissait dans la rue, on m'offrait des concerts dans tout le pays, mes disques sortaient en Europe... Les télévisions me demandaient, les stars de cinéma aussi me réclamaient à leur table, Lauren Bacall, Frank Sinatra, la minuscule Natalie Wood... Mes amis étaient écrivains, Langston Hughes, James Baldwin, Lorraine Hansberry. Ma vie pourrait-elle jamais être plus belle ? J'étais la coqueluche du moment et une petite voix en moi susurrait : Profite, Eunice, ça n'aura peut-être qu'un temps. Eunice, c'était mon vrai nom. Maintenant je l'ai oublié. Cinquante années passées dans la peau de Nina Simone m'ont fait oublier mon nom. Et c'est une drôle de chose, à la fin, que de devoir porter un nom qui n'a jamais été le sien. Pour vivre un destin qui n'était pas le sien.»



Comment Eunice Kathleen Waymon, la petite fille noire née dans une famille pauvre à Tryon, Caroline du Nord, en 1933, est-elle devenue l'immense Nina Simone, la diva à la voix unique et au toucher de piano inoubliable ?

Le destin de Nina Simone ressemble à un roman : c'est ce roman que Gilles Leroy recompose, livrant avec tendresse l'histoire totalement vraie et totalement romancée d'une artiste adulée dans le monde entier - mais si seule dans la vie.

Avec cet émouvant portrait d'une femme blessée, Gilles Leroy nous offre, après Alabama Song et Zola Jackson, le troisième volet de sa trilogie américaine.



Gilles Leroy est l'auteur notamment de L'amant russe, Alabama Song (prix Goncourt 2007), Zola Jackson et Dormir avec ceux qu'on aime.




Résumé


«J'étais célèbre, on me reconnaissait dans la rue, on m'offrait des concerts dans tout le pays, mes disques sortaient en Europe... Les télévisions me demandaient, les stars de cinéma aussi me réclamaient à leur table, Lauren Bacall, Frank Sinatra, la minuscule Natalie Wood... Mes amis étaient écrivains, Langston Hughes, James Baldwin, Lorraine Hansberry. Ma vie pourrait-elle jamais être plus belle ? J'étais la coqueluche du moment et une petite voix en moi susurrait : Profite, Eunice, ça n'aura peut-être qu'un temps. Eunice, c'était mon vrai nom. Maintenant je l'ai oublié. Cinquante années passées dans la peau de Nina Simone m'ont fait oublier mon nom. Et c'est une drôle de chose, à la fin, que de devoir porter un nom qui n'a jamais été le sien. Pour vivre un destin qui n'était pas le sien.»



Comment Eunice Kathleen Waymon, la petite fille noire née dans une famille pauvre à Tryon, Caroline du Nord, en 1933, est-elle devenue l'immense Nina Simone, la diva à la voix unique et au toucher de piano inoubliable ?

Le destin de Nina Simone ressemble à un roman : c'est ce roman que Gilles Leroy recompose, livrant avec tendresse l'histoire totalement vraie et totalement romancée d'une artiste adulée dans le monde entier - mais si seule dans la vie.

Avec cet émouvant portrait d'une femme blessée, Gilles Leroy nous offre, après Alabama Song et Zola Jackson, le troisième volet de sa trilogie américaine.



Gilles Leroy est l'auteur notamment de L'amant russe, Alabama Song (prix Goncourt 2007), Zola Jackson et Dormir avec ceux qu'on aime.



Le choix des libraires : choisi le 12/07/2013 par Valérie Simonnot de la librairie DU PARC / ACTES SUD à Paris, France


À travers le regard de Ricardo, personnage fictif, engagé par Nina Simone pour lui servir d'homme à tout faire, Gilles Leroy revient sur les dernières années de la célèbre chanteuse.

Le succès et la gloire sont maintenant bien loin : nous sommes probablement dans les années 90 et Nina finit ses jours dans le sud de la France.

Son portrait n'est pas forcément très flatteur : entre l'alcool et les médicaments (pour calmer ses troubles bipolaires), Nina a un langage des plus châtié et se dispute sempiternellement avec les différents hommes qui gèrent sa carrière...

Le récit effectue des retours en arrière sur l'ensemble de sa carrière quand elle entreprend de raconter quelques souvenirs à Ricardo, jusqu'à l'issue fatale quand elle décède en 2003.

Nina Simone, roman clôt la trilogie américaine, série entreprise par Gilles Leroy, qui compte Zola Jackson et Alabama Song, auquel Leroy fait un clin d'oeil quand Nina évoque le souvenir d'une rencontre avec Zelda Fitzgerald.

Le roman mélange éléments réels et fictionnels, et c'est ce qui rend sa lecture intéressante et assez troublante...


Le choix des libraires : choisi le 18/05/2013 par Sylvia Peirone de la librairie AU COIN DES MOTS PASSANTS à GAP, France


Superbe roman, sur cette artiste si forte et si détruite. Le prisme que nous offre l'auteur nous entraîne au-delà de l'intime. Beaucoup de tendresse face à la brutalité de la gloire, il faut accompagner la lecture de la bande son pour savourer pleinement ce roman !


DU PARC  / ACTES SUD

Le choix des libraires : choisi le 12/07/2013 par Valérie Simonnot de la librairie DU PARC / ACTES SUD à Paris, France


À travers le regard de Ricardo, personnage fictif, engagé par Nina Simone pour lui servir d'homme à tout faire, Gilles Leroy revient sur les dernières années de la célèbre chanteuse.

Le succès et la gloire sont maintenant bien loin : nous sommes probablement dans les années 90 et Nina finit ses jours dans le sud de la France.

Son portrait n'est pas forcément très flatteur : entre l'alcool et les médicaments (pour calmer ses troubles bipolaires), Nina a un langage des plus châtié et se dispute sempiternellement avec les différents hommes qui gèrent sa carrière...

Le récit effectue des retours en arrière sur l'ensemble de sa carrière quand elle entreprend de raconter quelques souvenirs à Ricardo, jusqu'à l'issue fatale quand elle décède en 2003.

Nina Simone, roman clôt la trilogie américaine, série entreprise par Gilles Leroy, qui compte Zola Jackson et Alabama Song, auquel Leroy fait un clin d'oeil quand Nina évoque le souvenir d'une rencontre avec Zelda Fitzgerald.

Le roman mélange éléments réels et fictionnels, et c'est ce qui rend sa lecture intéressante et assez troublante...


Le choix des libraires : choisi le 18/05/2013 par Sylvia Peirone de la librairie AU COIN DES MOTS PASSANTS à GAP, France


Superbe roman, sur cette artiste si forte et si détruite. Le prisme que nous offre l'auteur nous entraîne au-delà de l'intime. Beaucoup de tendresse face à la brutalité de la gloire, il faut accompagner la lecture de la bande son pour savourer pleinement ce roman !




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Le succès et la gloire sont maintenant bien loin : nous sommes probablement dans les années 90 et Nina finit ses jours dans le sud de la France.

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Le choix des libraires : choisi le 12/07/2013 par Valérie Simonnot de la librairie DU PARC / ACTES SUD à Paris, France


À travers le regard de Ricardo, personnage fictif, engagé par Nina Simone pour lui servir d'homme à tout faire, Gilles Leroy revient sur les dernières années de la célèbre chanteuse.

Le succès et la gloire sont maintenant bien loin : nous sommes probablement dans les années 90 et Nina finit ses jours dans le sud de la France.

Son portrait n'est pas forcément très flatteur : entre l'alcool et les médicaments (pour calmer ses troubles bipolaires), Nina a un langage des plus châtié et se dispute sempiternellement avec les différents hommes qui gèrent sa carrière...

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Nina Simone, roman clôt la trilogie américaine, série entreprise par Gilles Leroy, qui compte Zola Jackson et Alabama Song, auquel Leroy fait un clin d'oeil quand Nina évoque le souvenir d'une rencontre avec Zelda Fitzgerald.

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Le succès et la gloire sont maintenant bien loin : nous sommes probablement dans les années 90 et Nina finit ses jours dans le sud de la France.

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Le succès et la gloire sont maintenant bien loin : nous sommes probablement dans les années 90 et Nina finit ses jours dans le sud de la France.

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AU COIN DES MOTS PASSANTS

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Le choix des libraires : choisi le 12/07/2013 par Valérie Simonnot de la librairie DU PARC / ACTES SUD à Paris, France


À travers le regard de Ricardo, personnage fictif, engagé par Nina Simone pour lui servir d'homme à tout faire, Gilles Leroy revient sur les dernières années de la célèbre chanteuse.

Le succès et la gloire sont maintenant bien loin : nous sommes probablement dans les années 90 et Nina finit ses jours dans le sud de la France.

Son portrait n'est pas forcément très flatteur : entre l'alcool et les médicaments (pour calmer ses troubles bipolaires), Nina a un langage des plus châtié et se dispute sempiternellement avec les différents hommes qui gèrent sa carrière...

Le récit effectue des retours en arrière sur l'ensemble de sa carrière quand elle entreprend de raconter quelques souvenirs à Ricardo, jusqu'à l'issue fatale quand elle décède en 2003.

Nina Simone, roman clôt la trilogie américaine, série entreprise par Gilles Leroy, qui compte Zola Jackson et Alabama Song, auquel Leroy fait un clin d'oeil quand Nina évoque le souvenir d'une rencontre avec Zelda Fitzgerald.

Le roman mélange éléments réels et fictionnels, et c'est ce qui rend sa lecture intéressante et assez troublante...


Le choix des libraires : choisi le 18/05/2013 par Sylvia Peirone de la librairie AU COIN DES MOTS PASSANTS à GAP, France


Superbe roman, sur cette artiste si forte et si détruite. Le prisme que nous offre l'auteur nous entraîne au-delà de l'intime. Beaucoup de tendresse face à la brutalité de la gloire, il faut accompagner la lecture de la bande son pour savourer pleinement ce roman !



Courrier des auteurs le 17/04/2013


1) Quel est le thème central de ce livre ?

Moi qui, pour une fois, croyais avoir trouvé un titre transparent ! Un de ceux qu'on n'a pas besoin d'expliquer... Au centre il y a Nina Simone, donc. Vieillissante, épuisée, la chanteuse ne veut plus qu'une chose : arrêter la scène et finir ses jours en paix, à son piano, dans sa maison de plage près de Marseille. Un jeune homme de ménage philippin se présente pour embaucher à la villa. Il n'a aucune idée de la légende vivante qu'est sa nouvelle patronne. Amusée, Nina en fait son confident et lui ouvre les portes de sa mémoire.



2) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?

Ces mots de Nina à un journaliste qui l'interviewe : «Tomber dans la solitude, ça va plus vite qu'on ne croit. S'éloigner des gens, c'est très facile.»



3) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?

Joker ! Croyez-le ou non, moi qui passe rarement une journée sans un disque de Nina Simone, je ne l'ai pas écoutée une seule fois tout le temps que j'écrivais son histoire. J'ai préféré me porter vers ses maîtres : Bach, Chopin, Debussy. Ainsi je restais en dialogue, en lien musical avec elle, mais j'évitais la surexposition, la redondance, voire la paraphrase.



4) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?

Une humanité commune. Il me semble que les romans aident à cela. Par eux, on rencontre dans le monde entier des gens qu'on ne croiserait jamais si l'on n'avait pas le livre comme un pont tendu. Dans les faits, je ris beaucoup avec mes lecteurs. C'est bon de rire, c'est libérateur lorsqu'on parle de textes où rôde la tragédie, l'irréparable. Et puis, c'est merveilleux cette abolition de toutes les distances (culturelles, sociales, générationnelles), ce moment du rire où un total inconnu devient en quelques secondes un complice, un proche.

Nina Simone était une diva blessée par la vie mais aussi une femme très intelligente, à l'esprit mordant. Comme tous les êtres intelligents, elle savait mettre son malheur en veilleuse pour s'amuser, plaisanter, se moquer. Je me suis attaché à restituer son humour dans le roman.



5) Avez-vous des rituels d'écrivain ? (Choix du lieu, de l'horaire, d'une musique de fond) ?

Non, je fuis les rituels. A mes débuts, je me fixais une discipline de travail, un agenda détaillé. Je me levais avec le jour et travaillais à grand renfort de thé jusqu'à épuisement des forces. Ça me laissait après coup un sentiment de labeur un peu déprimant, qui m'éloignait du plaisir d'écrire.

Puis j'ai compris que ça n'apportait rien au texte lui-même. C'est très idéologique, ce cliché de l'écrivain qui doit se visser à son bureau et travailler chaque jour, sans exception. Être son propre esclavagiste. En chier comme tout le monde. Et c'est trop dommage, alors qu'on a choisi cette vie d'écrivain si difficile et inquiétante, de se priver de l'un de ses rares avantages : la liberté de son temps. Toutes ces histoires de rituels chez l'écrivain ne sont que simagrées et mensonges. Ça prétend mettre de l'ordre là où règne par nécessité le chaos. Un romancier c'est chaotique, même si ça ne se lit pas toujours sur sa figure, car c'est seulement du chaos qu'il peut espérer recréer un monde.



6) Comment vous vient l'inspiration ?

Je ne sais pas ce que c'est. Je ne suis pas intime avec les dieux, moi, ils ne me parlent pas, ne me dictent pas mes livres. Pour ça, faut être Victor Hugo, pas moins.



7) Comment l'écriture est-elle entrée dans votre vie ? Vous êtes-vous dit enfant ou adolescent «un jour j'écrirai des livres» ?

J'ai lu très jeune, dès l'âge cinq ans. Un soir, j'ai pris le journal qui traînait sur la table et j'ai lu à voix haute la manchette. Mes parents en sont restés sans voix. C'est drôle, je réalise que c'est un peu ce qui est arrivé à Nina qui, à 3 ans, s'installe à l'harmonium et joue de mémoire un spiritual. Ses parents, tous deux religieux, tombent à genoux et remercient le Seigneur de ce don du ciel. Nina n'a plus jamais lâché les touches du clavier, comme j'ai élu domicile dans le monde de l'écrit. Je passais mon enfance dans les bouquins, jusqu'au jour où j'ai rencontré le livre. J'avais 10 ans ce soir où j'ai plongé dans Le Rouge et le Noir. Il m'a fallu la nuit et toute la journée du lendemain pour en venir à bout. J'en suis sorti sonné, les yeux hors de la tête, dans un état de bonheur inédit. J'ai compris que la vérité était là, et pas dans ce qu'on appelle la réalité. Que je voulais vivre ma vie dans cette vérité-là.



8) Vous souvenez-vous de vos premiers chocs littéraires (en tant que lecteur) ?

Après Stendhal, les autres grands chocs furent Tolstoï puis Faulkner.



9) Savez-vous à quoi servent les écrivains ? !

A raconter des histoires. Notre besoin d'histoires est infini et insatiable. C'était la faiblesse de certains tenants du Nouveau Roman que de ne pas avoir compris cela, cette donnée humaine. Claude Simon, lui, ne s'y est pas trompé, qui n'a cessé de raconter des histoires fascinantes - même si c'était toujours plus ou moins la même, comme chez Duras. Aussi «difficiles» et exigeants soient-ils sur un plan formel, les romans de Claude Simon ne se lâchent pas : c'est un puissant conteur, dont le souffle narratif peut se comparer à ceux de Faulkner et Tolstoï.



10) Quelle place tiennent les librairies dans votre vie ?

J'ai l'habitude de dire qu'ils sont le nerf de la guerre. Une expression bizarre, certes, étrangement martiale, mais qui a le mérite d'être parlante. Et puis, à bien y réfléchir, peut-être y a-t-il quelque chose d'un combat dans ce métier pas comme les autres, quelque chose d'une croisade toujours à recommencer. Vous l'aurez compris : je les trouve sacrément courageux et leur capacité à s'enthousiasmer, surtout en ces temps difficiles, force l'admiration.




Courrier des auteurs le 17/04/2013


1) Quel est le thème central de ce livre ?

Moi qui, pour une fois, croyais avoir trouvé un titre transparent ! Un de ceux qu'on n'a pas besoin d'expliquer... Au centre il y a Nina Simone, donc. Vieillissante, épuisée, la chanteuse ne veut plus qu'une chose : arrêter la scène et finir ses jours en paix, à son piano, dans sa maison de plage près de Marseille. Un jeune homme de ménage philippin se présente pour embaucher à la villa. Il n'a aucune idée de la légende vivante qu'est sa nouvelle patronne. Amusée, Nina en fait son confident et lui ouvre les portes de sa mémoire.



2) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?

Ces mots de Nina à un journaliste qui l'interviewe : «Tomber dans la solitude, ça va plus vite qu'on ne croit. S'éloigner des gens, c'est très facile.»



3) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?

Joker ! Croyez-le ou non, moi qui passe rarement une journée sans un disque de Nina Simone, je ne l'ai pas écoutée une seule fois tout le temps que j'écrivais son histoire. J'ai préféré me porter vers ses maîtres : Bach, Chopin, Debussy. Ainsi je restais en dialogue, en lien musical avec elle, mais j'évitais la surexposition, la redondance, voire la paraphrase.



4) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?

Une humanité commune. Il me semble que les romans aident à cela. Par eux, on rencontre dans le monde entier des gens qu'on ne croiserait jamais si l'on n'avait pas le livre comme un pont tendu. Dans les faits, je ris beaucoup avec mes lecteurs. C'est bon de rire, c'est libérateur lorsqu'on parle de textes où rôde la tragédie, l'irréparable. Et puis, c'est merveilleux cette abolition de toutes les distances (culturelles, sociales, générationnelles), ce moment du rire où un total inconnu devient en quelques secondes un complice, un proche.

Nina Simone était une diva blessée par la vie mais aussi une femme très intelligente, à l'esprit mordant. Comme tous les êtres intelligents, elle savait mettre son malheur en veilleuse pour s'amuser, plaisanter, se moquer. Je me suis attaché à restituer son humour dans le roman.



5) Avez-vous des rituels d'écrivain ? (Choix du lieu, de l'horaire, d'une musique de fond) ?

Non, je fuis les rituels. A mes débuts, je me fixais une discipline de travail, un agenda détaillé. Je me levais avec le jour et travaillais à grand renfort de thé jusqu'à épuisement des forces. Ça me laissait après coup un sentiment de labeur un peu déprimant, qui m'éloignait du plaisir d'écrire.

Puis j'ai compris que ça n'apportait rien au texte lui-même. C'est très idéologique, ce cliché de l'écrivain qui doit se visser à son bureau et travailler chaque jour, sans exception. Être son propre esclavagiste. En chier comme tout le monde. Et c'est trop dommage, alors qu'on a choisi cette vie d'écrivain si difficile et inquiétante, de se priver de l'un de ses rares avantages : la liberté de son temps. Toutes ces histoires de rituels chez l'écrivain ne sont que simagrées et mensonges. Ça prétend mettre de l'ordre là où règne par nécessité le chaos. Un romancier c'est chaotique, même si ça ne se lit pas toujours sur sa figure, car c'est seulement du chaos qu'il peut espérer recréer un monde.



6) Comment vous vient l'inspiration ?

Je ne sais pas ce que c'est. Je ne suis pas intime avec les dieux, moi, ils ne me parlent pas, ne me dictent pas mes livres. Pour ça, faut être Victor Hugo, pas moins.



7) Comment l'écriture est-elle entrée dans votre vie ? Vous êtes-vous dit enfant ou adolescent «un jour j'écrirai des livres» ?

J'ai lu très jeune, dès l'âge cinq ans. Un soir, j'ai pris le journal qui traînait sur la table et j'ai lu à voix haute la manchette. Mes parents en sont restés sans voix. C'est drôle, je réalise que c'est un peu ce qui est arrivé à Nina qui, à 3 ans, s'installe à l'harmonium et joue de mémoire un spiritual. Ses parents, tous deux religieux, tombent à genoux et remercient le Seigneur de ce don du ciel. Nina n'a plus jamais lâché les touches du clavier, comme j'ai élu domicile dans le monde de l'écrit. Je passais mon enfance dans les bouquins, jusqu'au jour où j'ai rencontré le livre. J'avais 10 ans ce soir où j'ai plongé dans Le Rouge et le Noir. Il m'a fallu la nuit et toute la journée du lendemain pour en venir à bout. J'en suis sorti sonné, les yeux hors de la tête, dans un état de bonheur inédit. J'ai compris que la vérité était là, et pas dans ce qu'on appelle la réalité. Que je voulais vivre ma vie dans cette vérité-là.



8) Vous souvenez-vous de vos premiers chocs littéraires (en tant que lecteur) ?

Après Stendhal, les autres grands chocs furent Tolstoï puis Faulkner.



9) Savez-vous à quoi servent les écrivains ? !

A raconter des histoires. Notre besoin d'histoires est infini et insatiable. C'était la faiblesse de certains tenants du Nouveau Roman que de ne pas avoir compris cela, cette donnée humaine. Claude Simon, lui, ne s'y est pas trompé, qui n'a cessé de raconter des histoires fascinantes - même si c'était toujours plus ou moins la même, comme chez Duras. Aussi «difficiles» et exigeants soient-ils sur un plan formel, les romans de Claude Simon ne se lâchent pas : c'est un puissant conteur, dont le souffle narratif peut se comparer à ceux de Faulkner et Tolstoï.



10) Quelle place tiennent les librairies dans votre vie ?

J'ai l'habitude de dire qu'ils sont le nerf de la guerre. Une expression bizarre, certes, étrangement martiale, mais qui a le mérite d'être parlante. Et puis, à bien y réfléchir, peut-être y a-t-il quelque chose d'un combat dans ce métier pas comme les autres, quelque chose d'une croisade toujours à recommencer. Vous l'aurez compris : je les trouve sacrément courageux et leur capacité à s'enthousiasmer, surtout en ces temps difficiles, force l'admiration.




Courrier des auteurs le 17/04/2013


1) Quel est le thème central de ce livre ?

Moi qui, pour une fois, croyais avoir trouvé un titre transparent ! Un de ceux qu'on n'a pas besoin d'expliquer... Au centre il y a Nina Simone, donc. Vieillissante, épuisée, la chanteuse ne veut plus qu'une chose : arrêter la scène et finir ses jours en paix, à son piano, dans sa maison de plage près de Marseille. Un jeune homme de ménage philippin se présente pour embaucher à la villa. Il n'a aucune idée de la légende vivante qu'est sa nouvelle patronne. Amusée, Nina en fait son confident et lui ouvre les portes de sa mémoire.



2) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?

Ces mots de Nina à un journaliste qui l'interviewe : «Tomber dans la solitude, ça va plus vite qu'on ne croit. S'éloigner des gens, c'est très facile.»



3) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?

Joker ! Croyez-le ou non, moi qui passe rarement une journée sans un disque de Nina Simone, je ne l'ai pas écoutée une seule fois tout le temps que j'écrivais son histoire. J'ai préféré me porter vers ses maîtres : Bach, Chopin, Debussy. Ainsi je restais en dialogue, en lien musical avec elle, mais j'évitais la surexposition, la redondance, voire la paraphrase.



4) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?

Une humanité commune. Il me semble que les romans aident à cela. Par eux, on rencontre dans le monde entier des gens qu'on ne croiserait jamais si l'on n'avait pas le livre comme un pont tendu. Dans les faits, je ris beaucoup avec mes lecteurs. C'est bon de rire, c'est libérateur lorsqu'on parle de textes où rôde la tragédie, l'irréparable. Et puis, c'est merveilleux cette abolition de toutes les distances (culturelles, sociales, générationnelles), ce moment du rire où un total inconnu devient en quelques secondes un complice, un proche.

Nina Simone était une diva blessée par la vie mais aussi une femme très intelligente, à l'esprit mordant. Comme tous les êtres intelligents, elle savait mettre son malheur en veilleuse pour s'amuser, plaisanter, se moquer. Je me suis attaché à restituer son humour dans le roman.



5) Avez-vous des rituels d'écrivain ? (Choix du lieu, de l'horaire, d'une musique de fond) ?

Non, je fuis les rituels. A mes débuts, je me fixais une discipline de travail, un agenda détaillé. Je me levais avec le jour et travaillais à grand renfort de thé jusqu'à épuisement des forces. Ça me laissait après coup un sentiment de labeur un peu déprimant, qui m'éloignait du plaisir d'écrire.

Puis j'ai compris que ça n'apportait rien au texte lui-même. C'est très idéologique, ce cliché de l'écrivain qui doit se visser à son bureau et travailler chaque jour, sans exception. Être son propre esclavagiste. En chier comme tout le monde. Et c'est trop dommage, alors qu'on a choisi cette vie d'écrivain si difficile et inquiétante, de se priver de l'un de ses rares avantages : la liberté de son temps. Toutes ces histoires de rituels chez l'écrivain ne sont que simagrées et mensonges. Ça prétend mettre de l'ordre là où règne par nécessité le chaos. Un romancier c'est chaotique, même si ça ne se lit pas toujours sur sa figure, car c'est seulement du chaos qu'il peut espérer recréer un monde.



6) Comment vous vient l'inspiration ?

Je ne sais pas ce que c'est. Je ne suis pas intime avec les dieux, moi, ils ne me parlent pas, ne me dictent pas mes livres. Pour ça, faut être Victor Hugo, pas moins.



7) Comment l'écriture est-elle entrée dans votre vie ? Vous êtes-vous dit enfant ou adolescent «un jour j'écrirai des livres» ?

J'ai lu très jeune, dès l'âge cinq ans. Un soir, j'ai pris le journal qui traînait sur la table et j'ai lu à voix haute la manchette. Mes parents en sont restés sans voix. C'est drôle, je réalise que c'est un peu ce qui est arrivé à Nina qui, à 3 ans, s'installe à l'harmonium et joue de mémoire un spiritual. Ses parents, tous deux religieux, tombent à genoux et remercient le Seigneur de ce don du ciel. Nina n'a plus jamais lâché les touches du clavier, comme j'ai élu domicile dans le monde de l'écrit. Je passais mon enfance dans les bouquins, jusqu'au jour où j'ai rencontré le livre. J'avais 10 ans ce soir où j'ai plongé dans Le Rouge et le Noir. Il m'a fallu la nuit et toute la journée du lendemain pour en venir à bout. J'en suis sorti sonné, les yeux hors de la tête, dans un état de bonheur inédit. J'ai compris que la vérité était là, et pas dans ce qu'on appelle la réalité. Que je voulais vivre ma vie dans cette vérité-là.



8) Vous souvenez-vous de vos premiers chocs littéraires (en tant que lecteur) ?

Après Stendhal, les autres grands chocs furent Tolstoï puis Faulkner.



9) Savez-vous à quoi servent les écrivains ? !

A raconter des histoires. Notre besoin d'histoires est infini et insatiable. C'était la faiblesse de certains tenants du Nouveau Roman que de ne pas avoir compris cela, cette donnée humaine. Claude Simon, lui, ne s'y est pas trompé, qui n'a cessé de raconter des histoires fascinantes - même si c'était toujours plus ou moins la même, comme chez Duras. Aussi «difficiles» et exigeants soient-ils sur un plan formel, les romans de Claude Simon ne se lâchent pas : c'est un puissant conteur, dont le souffle narratif peut se comparer à ceux de Faulkner et Tolstoï.



10) Quelle place tiennent les librairies dans votre vie ?

J'ai l'habitude de dire qu'ils sont le nerf de la guerre. Une expression bizarre, certes, étrangement martiale, mais qui a le mérite d'être parlante. Et puis, à bien y réfléchir, peut-être y a-t-il quelque chose d'un combat dans ce métier pas comme les autres, quelque chose d'une croisade toujours à recommencer. Vous l'aurez compris : je les trouve sacrément courageux et leur capacité à s'enthousiasmer, surtout en ces temps difficiles, force l'admiration.




Courrier des auteurs le 17/04/2013


1) Quel est le thème central de ce livre ?

Moi qui, pour une fois, croyais avoir trouvé un titre transparent ! Un de ceux qu'on n'a pas besoin d'expliquer... Au centre il y a Nina Simone, donc. Vieillissante, épuisée, la chanteuse ne veut plus qu'une chose : arrêter la scène et finir ses jours en paix, à son piano, dans sa maison de plage près de Marseille. Un jeune homme de ménage philippin se présente pour embaucher à la villa. Il n'a aucune idée de la légende vivante qu'est sa nouvelle patronne. Amusée, Nina en fait son confident et lui ouvre les portes de sa mémoire.



2) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?

Ces mots de Nina à un journaliste qui l'interviewe : «Tomber dans la solitude, ça va plus vite qu'on ne croit. S'éloigner des gens, c'est très facile.»



3) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?

Joker ! Croyez-le ou non, moi qui passe rarement une journée sans un disque de Nina Simone, je ne l'ai pas écoutée une seule fois tout le temps que j'écrivais son histoire. J'ai préféré me porter vers ses maîtres : Bach, Chopin, Debussy. Ainsi je restais en dialogue, en lien musical avec elle, mais j'évitais la surexposition, la redondance, voire la paraphrase.



4) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?

Une humanité commune. Il me semble que les romans aident à cela. Par eux, on rencontre dans le monde entier des gens qu'on ne croiserait jamais si l'on n'avait pas le livre comme un pont tendu. Dans les faits, je ris beaucoup avec mes lecteurs. C'est bon de rire, c'est libérateur lorsqu'on parle de textes où rôde la tragédie, l'irréparable. Et puis, c'est merveilleux cette abolition de toutes les distances (culturelles, sociales, générationnelles), ce moment du rire où un total inconnu devient en quelques secondes un complice, un proche.

Nina Simone était une diva blessée par la vie mais aussi une femme très intelligente, à l'esprit mordant. Comme tous les êtres intelligents, elle savait mettre son malheur en veilleuse pour s'amuser, plaisanter, se moquer. Je me suis attaché à restituer son humour dans le roman.



5) Avez-vous des rituels d'écrivain ? (Choix du lieu, de l'horaire, d'une musique de fond) ?

Non, je fuis les rituels. A mes débuts, je me fixais une discipline de travail, un agenda détaillé. Je me levais avec le jour et travaillais à grand renfort de thé jusqu'à épuisement des forces. Ça me laissait après coup un sentiment de labeur un peu déprimant, qui m'éloignait du plaisir d'écrire.

Puis j'ai compris que ça n'apportait rien au texte lui-même. C'est très idéologique, ce cliché de l'écrivain qui doit se visser à son bureau et travailler chaque jour, sans exception. Être son propre esclavagiste. En chier comme tout le monde. Et c'est trop dommage, alors qu'on a choisi cette vie d'écrivain si difficile et inquiétante, de se priver de l'un de ses rares avantages : la liberté de son temps. Toutes ces histoires de rituels chez l'écrivain ne sont que simagrées et mensonges. Ça prétend mettre de l'ordre là où règne par nécessité le chaos. Un romancier c'est chaotique, même si ça ne se lit pas toujours sur sa figure, car c'est seulement du chaos qu'il peut espérer recréer un monde.



6) Comment vous vient l'inspiration ?

Je ne sais pas ce que c'est. Je ne suis pas intime avec les dieux, moi, ils ne me parlent pas, ne me dictent pas mes livres. Pour ça, faut être Victor Hugo, pas moins.



7) Comment l'écriture est-elle entrée dans votre vie ? Vous êtes-vous dit enfant ou adolescent «un jour j'écrirai des livres» ?

J'ai lu très jeune, dès l'âge cinq ans. Un soir, j'ai pris le journal qui traînait sur la table et j'ai lu à voix haute la manchette. Mes parents en sont restés sans voix. C'est drôle, je réalise que c'est un peu ce qui est arrivé à Nina qui, à 3 ans, s'installe à l'harmonium et joue de mémoire un spiritual. Ses parents, tous deux religieux, tombent à genoux et remercient le Seigneur de ce don du ciel. Nina n'a plus jamais lâché les touches du clavier, comme j'ai élu domicile dans le monde de l'écrit. Je passais mon enfance dans les bouquins, jusqu'au jour où j'ai rencontré le livre. J'avais 10 ans ce soir où j'ai plongé dans Le Rouge et le Noir. Il m'a fallu la nuit et toute la journée du lendemain pour en venir à bout. J'en suis sorti sonné, les yeux hors de la tête, dans un état de bonheur inédit. J'ai compris que la vérité était là, et pas dans ce qu'on appelle la réalité. Que je voulais vivre ma vie dans cette vérité-là.



8) Vous souvenez-vous de vos premiers chocs littéraires (en tant que lecteur) ?

Après Stendhal, les autres grands chocs furent Tolstoï puis Faulkner.



9) Savez-vous à quoi servent les écrivains ? !

A raconter des histoires. Notre besoin d'histoires est infini et insatiable. C'était la faiblesse de certains tenants du Nouveau Roman que de ne pas avoir compris cela, cette donnée humaine. Claude Simon, lui, ne s'y est pas trompé, qui n'a cessé de raconter des histoires fascinantes - même si c'était toujours plus ou moins la même, comme chez Duras. Aussi «difficiles» et exigeants soient-ils sur un plan formel, les romans de Claude Simon ne se lâchent pas : c'est un puissant conteur, dont le souffle narratif peut se comparer à ceux de Faulkner et Tolstoï.



10) Quelle place tiennent les librairies dans votre vie ?

J'ai l'habitude de dire qu'ils sont le nerf de la guerre. Une expression bizarre, certes, étrangement martiale, mais qui a le mérite d'être parlante. Et puis, à bien y réfléchir, peut-être y a-t-il quelque chose d'un combat dans ce métier pas comme les autres, quelque chose d'une croisade toujours à recommencer. Vous l'aurez compris : je les trouve sacrément courageux et leur capacité à s'enthousiasmer, surtout en ces temps difficiles, force l'admiration.




Courrier des auteurs le 17/04/2013


1) Quel est le thème central de ce livre ?

Moi qui, pour une fois, croyais avoir trouvé un titre transparent ! Un de ceux qu'on n'a pas besoin d'expliquer... Au centre il y a Nina Simone, donc. Vieillissante, épuisée, la chanteuse ne veut plus qu'une chose : arrêter la scène et finir ses jours en paix, à son piano, dans sa maison de plage près de Marseille. Un jeune homme de ménage philippin se présente pour embaucher à la villa. Il n'a aucune idée de la légende vivante qu'est sa nouvelle patronne. Amusée, Nina en fait son confident et lui ouvre les portes de sa mémoire.



2) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?

Ces mots de Nina à un journaliste qui l'interviewe : «Tomber dans la solitude, ça va plus vite qu'on ne croit. S'éloigner des gens, c'est très facile.»



3) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?

Joker ! Croyez-le ou non, moi qui passe rarement une journée sans un disque de Nina Simone, je ne l'ai pas écoutée une seule fois tout le temps que j'écrivais son histoire. J'ai préféré me porter vers ses maîtres : Bach, Chopin, Debussy. Ainsi je restais en dialogue, en lien musical avec elle, mais j'évitais la surexposition, la redondance, voire la paraphrase.



4) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?

Une humanité commune. Il me semble que les romans aident à cela. Par eux, on rencontre dans le monde entier des gens qu'on ne croiserait jamais si l'on n'avait pas le livre comme un pont tendu. Dans les faits, je ris beaucoup avec mes lecteurs. C'est bon de rire, c'est libérateur lorsqu'on parle de textes où rôde la tragédie, l'irréparable. Et puis, c'est merveilleux cette abolition de toutes les distances (culturelles, sociales, générationnelles), ce moment du rire où un total inconnu devient en quelques secondes un complice, un proche.

Nina Simone était une diva blessée par la vie mais aussi une femme très intelligente, à l'esprit mordant. Comme tous les êtres intelligents, elle savait mettre son malheur en veilleuse pour s'amuser, plaisanter, se moquer. Je me suis attaché à restituer son humour dans le roman.



5) Avez-vous des rituels d'écrivain ? (Choix du lieu, de l'horaire, d'une musique de fond) ?

Non, je fuis les rituels. A mes débuts, je me fixais une discipline de travail, un agenda détaillé. Je me levais avec le jour et travaillais à grand renfort de thé jusqu'à épuisement des forces. Ça me laissait après coup un sentiment de labeur un peu déprimant, qui m'éloignait du plaisir d'écrire.

Puis j'ai compris que ça n'apportait rien au texte lui-même. C'est très idéologique, ce cliché de l'écrivain qui doit se visser à son bureau et travailler chaque jour, sans exception. Être son propre esclavagiste. En chier comme tout le monde. Et c'est trop dommage, alors qu'on a choisi cette vie d'écrivain si difficile et inquiétante, de se priver de l'un de ses rares avantages : la liberté de son temps. Toutes ces histoires de rituels chez l'écrivain ne sont que simagrées et mensonges. Ça prétend mettre de l'ordre là où règne par nécessité le chaos. Un romancier c'est chaotique, même si ça ne se lit pas toujours sur sa figure, car c'est seulement du chaos qu'il peut espérer recréer un monde.



6) Comment vous vient l'inspiration ?

Je ne sais pas ce que c'est. Je ne suis pas intime avec les dieux, moi, ils ne me parlent pas, ne me dictent pas mes livres. Pour ça, faut être Victor Hugo, pas moins.



7) Comment l'écriture est-elle entrée dans votre vie ? Vous êtes-vous dit enfant ou adolescent «un jour j'écrirai des livres» ?

J'ai lu très jeune, dès l'âge cinq ans. Un soir, j'ai pris le journal qui traînait sur la table et j'ai lu à voix haute la manchette. Mes parents en sont restés sans voix. C'est drôle, je réalise que c'est un peu ce qui est arrivé à Nina qui, à 3 ans, s'installe à l'harmonium et joue de mémoire un spiritual. Ses parents, tous deux religieux, tombent à genoux et remercient le Seigneur de ce don du ciel. Nina n'a plus jamais lâché les touches du clavier, comme j'ai élu domicile dans le monde de l'écrit. Je passais mon enfance dans les bouquins, jusqu'au jour où j'ai rencontré le livre. J'avais 10 ans ce soir où j'ai plongé dans Le Rouge et le Noir. Il m'a fallu la nuit et toute la journée du lendemain pour en venir à bout. J'en suis sorti sonné, les yeux hors de la tête, dans un état de bonheur inédit. J'ai compris que la vérité était là, et pas dans ce qu'on appelle la réalité. Que je voulais vivre ma vie dans cette vérité-là.



8) Vous souvenez-vous de vos premiers chocs littéraires (en tant que lecteur) ?

Après Stendhal, les autres grands chocs furent Tolstoï puis Faulkner.



9) Savez-vous à quoi servent les écrivains ? !

A raconter des histoires. Notre besoin d'histoires est infini et insatiable. C'était la faiblesse de certains tenants du Nouveau Roman que de ne pas avoir compris cela, cette donnée humaine. Claude Simon, lui, ne s'y est pas trompé, qui n'a cessé de raconter des histoires fascinantes - même si c'était toujours plus ou moins la même, comme chez Duras. Aussi «difficiles» et exigeants soient-ils sur un plan formel, les romans de Claude Simon ne se lâchent pas : c'est un puissant conteur, dont le souffle narratif peut se comparer à ceux de Faulkner et Tolstoï.



10) Quelle place tiennent les librairies dans votre vie ?

J'ai l'habitude de dire qu'ils sont le nerf de la guerre. Une expression bizarre, certes, étrangement martiale, mais qui a le mérite d'être parlante. Et puis, à bien y réfléchir, peut-être y a-t-il quelque chose d'un combat dans ce métier pas comme les autres, quelque chose d'une croisade toujours à recommencer. Vous l'aurez compris : je les trouve sacrément courageux et leur capacité à s'enthousiasmer, surtout en ces temps difficiles, force l'admiration.




Courrier des auteurs le 17/04/2013


1) Quel est le thème central de ce livre ?

Moi qui, pour une fois, croyais avoir trouvé un titre transparent ! Un de ceux qu'on n'a pas besoin d'expliquer... Au centre il y a Nina Simone, donc. Vieillissante, épuisée, la chanteuse ne veut plus qu'une chose : arrêter la scène et finir ses jours en paix, à son piano, dans sa maison de plage près de Marseille. Un jeune homme de ménage philippin se présente pour embaucher à la villa. Il n'a aucune idée de la légende vivante qu'est sa nouvelle patronne. Amusée, Nina en fait son confident et lui ouvre les portes de sa mémoire.



2) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?

Ces mots de Nina à un journaliste qui l'interviewe : «Tomber dans la solitude, ça va plus vite qu'on ne croit. S'éloigner des gens, c'est très facile.»



3) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?

Joker ! Croyez-le ou non, moi qui passe rarement une journée sans un disque de Nina Simone, je ne l'ai pas écoutée une seule fois tout le temps que j'écrivais son histoire. J'ai préféré me porter vers ses maîtres : Bach, Chopin, Debussy. Ainsi je restais en dialogue, en lien musical avec elle, mais j'évitais la surexposition, la redondance, voire la paraphrase.



4) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?

Une humanité commune. Il me semble que les romans aident à cela. Par eux, on rencontre dans le monde entier des gens qu'on ne croiserait jamais si l'on n'avait pas le livre comme un pont tendu. Dans les faits, je ris beaucoup avec mes lecteurs. C'est bon de rire, c'est libérateur lorsqu'on parle de textes où rôde la tragédie, l'irréparable. Et puis, c'est merveilleux cette abolition de toutes les distances (culturelles, sociales, générationnelles), ce moment du rire où un total inconnu devient en quelques secondes un complice, un proche.

Nina Simone était une diva blessée par la vie mais aussi une femme très intelligente, à l'esprit mordant. Comme tous les êtres intelligents, elle savait mettre son malheur en veilleuse pour s'amuser, plaisanter, se moquer. Je me suis attaché à restituer son humour dans le roman.



5) Avez-vous des rituels d'écrivain ? (Choix du lieu, de l'horaire, d'une musique de fond) ?

Non, je fuis les rituels. A mes débuts, je me fixais une discipline de travail, un agenda détaillé. Je me levais avec le jour et travaillais à grand renfort de thé jusqu'à épuisement des forces. Ça me laissait après coup un sentiment de labeur un peu déprimant, qui m'éloignait du plaisir d'écrire.

Puis j'ai compris que ça n'apportait rien au texte lui-même. C'est très idéologique, ce cliché de l'écrivain qui doit se visser à son bureau et travailler chaque jour, sans exception. Être son propre esclavagiste. En chier comme tout le monde. Et c'est trop dommage, alors qu'on a choisi cette vie d'écrivain si difficile et inquiétante, de se priver de l'un de ses rares avantages : la liberté de son temps. Toutes ces histoires de rituels chez l'écrivain ne sont que simagrées et mensonges. Ça prétend mettre de l'ordre là où règne par nécessité le chaos. Un romancier c'est chaotique, même si ça ne se lit pas toujours sur sa figure, car c'est seulement du chaos qu'il peut espérer recréer un monde.



6) Comment vous vient l'inspiration ?

Je ne sais pas ce que c'est. Je ne suis pas intime avec les dieux, moi, ils ne me parlent pas, ne me dictent pas mes livres. Pour ça, faut être Victor Hugo, pas moins.



7) Comment l'écriture est-elle entrée dans votre vie ? Vous êtes-vous dit enfant ou adolescent «un jour j'écrirai des livres» ?

J'ai lu très jeune, dès l'âge cinq ans. Un soir, j'ai pris le journal qui traînait sur la table et j'ai lu à voix haute la manchette. Mes parents en sont restés sans voix. C'est drôle, je réalise que c'est un peu ce qui est arrivé à Nina qui, à 3 ans, s'installe à l'harmonium et joue de mémoire un spiritual. Ses parents, tous deux religieux, tombent à genoux et remercient le Seigneur de ce don du ciel. Nina n'a plus jamais lâché les touches du clavier, comme j'ai élu domicile dans le monde de l'écrit. Je passais mon enfance dans les bouquins, jusqu'au jour où j'ai rencontré le livre. J'avais 10 ans ce soir où j'ai plongé dans Le Rouge et le Noir. Il m'a fallu la nuit et toute la journée du lendemain pour en venir à bout. J'en suis sorti sonné, les yeux hors de la tête, dans un état de bonheur inédit. J'ai compris que la vérité était là, et pas dans ce qu'on appelle la réalité. Que je voulais vivre ma vie dans cette vérité-là.



8) Vous souvenez-vous de vos premiers chocs littéraires (en tant que lecteur) ?

Après Stendhal, les autres grands chocs furent Tolstoï puis Faulkner.



9) Savez-vous à quoi servent les écrivains ? !

A raconter des histoires. Notre besoin d'histoires est infini et insatiable. C'était la faiblesse de certains tenants du Nouveau Roman que de ne pas avoir compris cela, cette donnée humaine. Claude Simon, lui, ne s'y est pas trompé, qui n'a cessé de raconter des histoires fascinantes - même si c'était toujours plus ou moins la même, comme chez Duras. Aussi «difficiles» et exigeants soient-ils sur un plan formel, les romans de Claude Simon ne se lâchent pas : c'est un puissant conteur, dont le souffle narratif peut se comparer à ceux de Faulkner et Tolstoï.



10) Quelle place tiennent les librairies dans votre vie ?

J'ai l'habitude de dire qu'ils sont le nerf de la guerre. Une expression bizarre, certes, étrangement martiale, mais qui a le mérite d'être parlante. Et puis, à bien y réfléchir, peut-être y a-t-il quelque chose d'un combat dans ce métier pas comme les autres, quelque chose d'une croisade toujours à recommencer. Vous l'aurez compris : je les trouve sacrément courageux et leur capacité à s'enthousiasmer, surtout en ces temps difficiles, force l'admiration.




Courrier des auteurs le 17/04/2013


1) Quel est le thème central de ce livre ?

Moi qui, pour une fois, croyais avoir trouvé un titre transparent ! Un de ceux qu'on n'a pas besoin d'expliquer... Au centre il y a Nina Simone, donc. Vieillissante, épuisée, la chanteuse ne veut plus qu'une chose : arrêter la scène et finir ses jours en paix, à son piano, dans sa maison de plage près de Marseille. Un jeune homme de ménage philippin se présente pour embaucher à la villa. Il n'a aucune idée de la légende vivante qu'est sa nouvelle patronne. Amusée, Nina en fait son confident et lui ouvre les portes de sa mémoire.



2) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?

Ces mots de Nina à un journaliste qui l'interviewe : «Tomber dans la solitude, ça va plus vite qu'on ne croit. S'éloigner des gens, c'est très facile.»



3) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?

Joker ! Croyez-le ou non, moi qui passe rarement une journée sans un disque de Nina Simone, je ne l'ai pas écoutée une seule fois tout le temps que j'écrivais son histoire. J'ai préféré me porter vers ses maîtres : Bach, Chopin, Debussy. Ainsi je restais en dialogue, en lien musical avec elle, mais j'évitais la surexposition, la redondance, voire la paraphrase.



4) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?

Une humanité commune. Il me semble que les romans aident à cela. Par eux, on rencontre dans le monde entier des gens qu'on ne croiserait jamais si l'on n'avait pas le livre comme un pont tendu. Dans les faits, je ris beaucoup avec mes lecteurs. C'est bon de rire, c'est libérateur lorsqu'on parle de textes où rôde la tragédie, l'irréparable. Et puis, c'est merveilleux cette abolition de toutes les distances (culturelles, sociales, générationnelles), ce moment du rire où un total inconnu devient en quelques secondes un complice, un proche.

Nina Simone était une diva blessée par la vie mais aussi une femme très intelligente, à l'esprit mordant. Comme tous les êtres intelligents, elle savait mettre son malheur en veilleuse pour s'amuser, plaisanter, se moquer. Je me suis attaché à restituer son humour dans le roman.



5) Avez-vous des rituels d'écrivain ? (Choix du lieu, de l'horaire, d'une musique de fond) ?

Non, je fuis les rituels. A mes débuts, je me fixais une discipline de travail, un agenda détaillé. Je me levais avec le jour et travaillais à grand renfort de thé jusqu'à épuisement des forces. Ça me laissait après coup un sentiment de labeur un peu déprimant, qui m'éloignait du plaisir d'écrire.

Puis j'ai compris que ça n'apportait rien au texte lui-même. C'est très idéologique, ce cliché de l'écrivain qui doit se visser à son bureau et travailler chaque jour, sans exception. Être son propre esclavagiste. En chier comme tout le monde. Et c'est trop dommage, alors qu'on a choisi cette vie d'écrivain si difficile et inquiétante, de se priver de l'un de ses rares avantages : la liberté de son temps. Toutes ces histoires de rituels chez l'écrivain ne sont que simagrées et mensonges. Ça prétend mettre de l'ordre là où règne par nécessité le chaos. Un romancier c'est chaotique, même si ça ne se lit pas toujours sur sa figure, car c'est seulement du chaos qu'il peut espérer recréer un monde.



6) Comment vous vient l'inspiration ?

Je ne sais pas ce que c'est. Je ne suis pas intime avec les dieux, moi, ils ne me parlent pas, ne me dictent pas mes livres. Pour ça, faut être Victor Hugo, pas moins.



7) Comment l'écriture est-elle entrée dans votre vie ? Vous êtes-vous dit enfant ou adolescent «un jour j'écrirai des livres» ?

J'ai lu très jeune, dès l'âge cinq ans. Un soir, j'ai pris le journal qui traînait sur la table et j'ai lu à voix haute la manchette. Mes parents en sont restés sans voix. C'est drôle, je réalise que c'est un peu ce qui est arrivé à Nina qui, à 3 ans, s'installe à l'harmonium et joue de mémoire un spiritual. Ses parents, tous deux religieux, tombent à genoux et remercient le Seigneur de ce don du ciel. Nina n'a plus jamais lâché les touches du clavier, comme j'ai élu domicile dans le monde de l'écrit. Je passais mon enfance dans les bouquins, jusqu'au jour où j'ai rencontré le livre. J'avais 10 ans ce soir où j'ai plongé dans Le Rouge et le Noir. Il m'a fallu la nuit et toute la journée du lendemain pour en venir à bout. J'en suis sorti sonné, les yeux hors de la tête, dans un état de bonheur inédit. J'ai compris que la vérité était là, et pas dans ce qu'on appelle la réalité. Que je voulais vivre ma vie dans cette vérité-là.



8) Vous souvenez-vous de vos premiers chocs littéraires (en tant que lecteur) ?

Après Stendhal, les autres grands chocs furent Tolstoï puis Faulkner.



9) Savez-vous à quoi servent les écrivains ? !

A raconter des histoires. Notre besoin d'histoires est infini et insatiable. C'était la faiblesse de certains tenants du Nouveau Roman que de ne pas avoir compris cela, cette donnée humaine. Claude Simon, lui, ne s'y est pas trompé, qui n'a cessé de raconter des histoires fascinantes - même si c'était toujours plus ou moins la même, comme chez Duras. Aussi «difficiles» et exigeants soient-ils sur un plan formel, les romans de Claude Simon ne se lâchent pas : c'est un puissant conteur, dont le souffle narratif peut se comparer à ceux de Faulkner et Tolstoï.



10) Quelle place tiennent les librairies dans votre vie ?

J'ai l'habitude de dire qu'ils sont le nerf de la guerre. Une expression bizarre, certes, étrangement martiale, mais qui a le mérite d'être parlante. Et puis, à bien y réfléchir, peut-être y a-t-il quelque chose d'un combat dans ce métier pas comme les autres, quelque chose d'une croisade toujours à recommencer. Vous l'aurez compris : je les trouve sacrément courageux et leur capacité à s'enthousiasmer, surtout en ces temps difficiles, force l'admiration.




Courrier des auteurs le 17/04/2013


1) Quel est le thème central de ce livre ?

Moi qui, pour une fois, croyais avoir trouvé un titre transparent ! Un de ceux qu'on n'a pas besoin d'expliquer... Au centre il y a Nina Simone, donc. Vieillissante, épuisée, la chanteuse ne veut plus qu'une chose : arrêter la scène et finir ses jours en paix, à son piano, dans sa maison de plage près de Marseille. Un jeune homme de ménage philippin se présente pour embaucher à la villa. Il n'a aucune idée de la légende vivante qu'est sa nouvelle patronne. Amusée, Nina en fait son confident et lui ouvre les portes de sa mémoire.



2) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?

Ces mots de Nina à un journaliste qui l'interviewe : «Tomber dans la solitude, ça va plus vite qu'on ne croit. S'éloigner des gens, c'est très facile.»



3) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?

Joker ! Croyez-le ou non, moi qui passe rarement une journée sans un disque de Nina Simone, je ne l'ai pas écoutée une seule fois tout le temps que j'écrivais son histoire. J'ai préféré me porter vers ses maîtres : Bach, Chopin, Debussy. Ainsi je restais en dialogue, en lien musical avec elle, mais j'évitais la surexposition, la redondance, voire la paraphrase.



4) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?

Une humanité commune. Il me semble que les romans aident à cela. Par eux, on rencontre dans le monde entier des gens qu'on ne croiserait jamais si l'on n'avait pas le livre comme un pont tendu. Dans les faits, je ris beaucoup avec mes lecteurs. C'est bon de rire, c'est libérateur lorsqu'on parle de textes où rôde la tragédie, l'irréparable. Et puis, c'est merveilleux cette abolition de toutes les distances (culturelles, sociales, générationnelles), ce moment du rire où un total inconnu devient en quelques secondes un complice, un proche.

Nina Simone était une diva blessée par la vie mais aussi une femme très intelligente, à l'esprit mordant. Comme tous les êtres intelligents, elle savait mettre son malheur en veilleuse pour s'amuser, plaisanter, se moquer. Je me suis attaché à restituer son humour dans le roman.



5) Avez-vous des rituels d'écrivain ? (Choix du lieu, de l'horaire, d'une musique de fond) ?

Non, je fuis les rituels. A mes débuts, je me fixais une discipline de travail, un agenda détaillé. Je me levais avec le jour et travaillais à grand renfort de thé jusqu'à épuisement des forces. Ça me laissait après coup un sentiment de labeur un peu déprimant, qui m'éloignait du plaisir d'écrire.

Puis j'ai compris que ça n'apportait rien au texte lui-même. C'est très idéologique, ce cliché de l'écrivain qui doit se visser à son bureau et travailler chaque jour, sans exception. Être son propre esclavagiste. En chier comme tout le monde. Et c'est trop dommage, alors qu'on a choisi cette vie d'écrivain si difficile et inquiétante, de se priver de l'un de ses rares avantages : la liberté de son temps. Toutes ces histoires de rituels chez l'écrivain ne sont que simagrées et mensonges. Ça prétend mettre de l'ordre là où règne par nécessité le chaos. Un romancier c'est chaotique, même si ça ne se lit pas toujours sur sa figure, car c'est seulement du chaos qu'il peut espérer recréer un monde.



6) Comment vous vient l'inspiration ?

Je ne sais pas ce que c'est. Je ne suis pas intime avec les dieux, moi, ils ne me parlent pas, ne me dictent pas mes livres. Pour ça, faut être Victor Hugo, pas moins.



7) Comment l'écriture est-elle entrée dans votre vie ? Vous êtes-vous dit enfant ou adolescent «un jour j'écrirai des livres» ?

J'ai lu très jeune, dès l'âge cinq ans. Un soir, j'ai pris le journal qui traînait sur la table et j'ai lu à voix haute la manchette. Mes parents en sont restés sans voix. C'est drôle, je réalise que c'est un peu ce qui est arrivé à Nina qui, à 3 ans, s'installe à l'harmonium et joue de mémoire un spiritual. Ses parents, tous deux religieux, tombent à genoux et remercient le Seigneur de ce don du ciel. Nina n'a plus jamais lâché les touches du clavier, comme j'ai élu domicile dans le monde de l'écrit. Je passais mon enfance dans les bouquins, jusqu'au jour où j'ai rencontré le livre. J'avais 10 ans ce soir où j'ai plongé dans Le Rouge et le Noir. Il m'a fallu la nuit et toute la journée du lendemain pour en venir à bout. J'en suis sorti sonné, les yeux hors de la tête, dans un état de bonheur inédit. J'ai compris que la vérité était là, et pas dans ce qu'on appelle la réalité. Que je voulais vivre ma vie dans cette vérité-là.



8) Vous souvenez-vous de vos premiers chocs littéraires (en tant que lecteur) ?

Après Stendhal, les autres grands chocs furent Tolstoï puis Faulkner.



9) Savez-vous à quoi servent les écrivains ? !

A raconter des histoires. Notre besoin d'histoires est infini et insatiable. C'était la faiblesse de certains tenants du Nouveau Roman que de ne pas avoir compris cela, cette donnée humaine. Claude Simon, lui, ne s'y est pas trompé, qui n'a cessé de raconter des histoires fascinantes - même si c'était toujours plus ou moins la même, comme chez Duras. Aussi «difficiles» et exigeants soient-ils sur un plan formel, les romans de Claude Simon ne se lâchent pas : c'est un puissant conteur, dont le souffle narratif peut se comparer à ceux de Faulkner et Tolstoï.



10) Quelle place tiennent les librairies dans votre vie ?

J'ai l'habitude de dire qu'ils sont le nerf de la guerre. Une expression bizarre, certes, étrangement martiale, mais qui a le mérite d'être parlante. Et puis, à bien y réfléchir, peut-être y a-t-il quelque chose d'un combat dans ce métier pas comme les autres, quelque chose d'une croisade toujours à recommencer. Vous l'aurez compris : je les trouve sacrément courageux et leur capacité à s'enthousiasmer, surtout en ces temps difficiles, force l'admiration.




Courrier des auteurs le 17/04/2013


1) Quel est le thème central de ce livre ?

Moi qui, pour une fois, croyais avoir trouvé un titre transparent ! Un de ceux qu'on n'a pas besoin d'expliquer... Au centre il y a Nina Simone, donc. Vieillissante, épuisée, la chanteuse ne veut plus qu'une chose : arrêter la scène et finir ses jours en paix, à son piano, dans sa maison de plage près de Marseille. Un jeune homme de ménage philippin se présente pour embaucher à la villa. Il n'a aucune idée de la légende vivante qu'est sa nouvelle patronne. Amusée, Nina en fait son confident et lui ouvre les portes de sa mémoire.



2) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?

Ces mots de Nina à un journaliste qui l'interviewe : «Tomber dans la solitude, ça va plus vite qu'on ne croit. S'éloigner des gens, c'est très facile.»



3) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?

Joker ! Croyez-le ou non, moi qui passe rarement une journée sans un disque de Nina Simone, je ne l'ai pas écoutée une seule fois tout le temps que j'écrivais son histoire. J'ai préféré me porter vers ses maîtres : Bach, Chopin, Debussy. Ainsi je restais en dialogue, en lien musical avec elle, mais j'évitais la surexposition, la redondance, voire la paraphrase.



4) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?

Une humanité commune. Il me semble que les romans aident à cela. Par eux, on rencontre dans le monde entier des gens qu'on ne croiserait jamais si l'on n'avait pas le livre comme un pont tendu. Dans les faits, je ris beaucoup avec mes lecteurs. C'est bon de rire, c'est libérateur lorsqu'on parle de textes où rôde la tragédie, l'irréparable. Et puis, c'est merveilleux cette abolition de toutes les distances (culturelles, sociales, générationnelles), ce moment du rire où un total inconnu devient en quelques secondes un complice, un proche.

Nina Simone était une diva blessée par la vie mais aussi une femme très intelligente, à l'esprit mordant. Comme tous les êtres intelligents, elle savait mettre son malheur en veilleuse pour s'amuser, plaisanter, se moquer. Je me suis attaché à restituer son humour dans le roman.



5) Avez-vous des rituels d'écrivain ? (Choix du lieu, de l'horaire, d'une musique de fond) ?

Non, je fuis les rituels. A mes débuts, je me fixais une discipline de travail, un agenda détaillé. Je me levais avec le jour et travaillais à grand renfort de thé jusqu'à épuisement des forces. Ça me laissait après coup un sentiment de labeur un peu déprimant, qui m'éloignait du plaisir d'écrire.

Puis j'ai compris que ça n'apportait rien au texte lui-même. C'est très idéologique, ce cliché de l'écrivain qui doit se visser à son bureau et travailler chaque jour, sans exception. Être son propre esclavagiste. En chier comme tout le monde. Et c'est trop dommage, alors qu'on a choisi cette vie d'écrivain si difficile et inquiétante, de se priver de l'un de ses rares avantages : la liberté de son temps. Toutes ces histoires de rituels chez l'écrivain ne sont que simagrées et mensonges. Ça prétend mettre de l'ordre là où règne par nécessité le chaos. Un romancier c'est chaotique, même si ça ne se lit pas toujours sur sa figure, car c'est seulement du chaos qu'il peut espérer recréer un monde.



6) Comment vous vient l'inspiration ?

Je ne sais pas ce que c'est. Je ne suis pas intime avec les dieux, moi, ils ne me parlent pas, ne me dictent pas mes livres. Pour ça, faut être Victor Hugo, pas moins.



7) Comment l'écriture est-elle entrée dans votre vie ? Vous êtes-vous dit enfant ou adolescent «un jour j'écrirai des livres» ?

J'ai lu très jeune, dès l'âge cinq ans. Un soir, j'ai pris le journal qui traînait sur la table et j'ai lu à voix haute la manchette. Mes parents en sont restés sans voix. C'est drôle, je réalise que c'est un peu ce qui est arrivé à Nina qui, à 3 ans, s'installe à l'harmonium et joue de mémoire un spiritual. Ses parents, tous deux religieux, tombent à genoux et remercient le Seigneur de ce don du ciel. Nina n'a plus jamais lâché les touches du clavier, comme j'ai élu domicile dans le monde de l'écrit. Je passais mon enfance dans les bouquins, jusqu'au jour où j'ai rencontré le livre. J'avais 10 ans ce soir où j'ai plongé dans Le Rouge et le Noir. Il m'a fallu la nuit et toute la journée du lendemain pour en venir à bout. J'en suis sorti sonné, les yeux hors de la tête, dans un état de bonheur inédit. J'ai compris que la vérité était là, et pas dans ce qu'on appelle la réalité. Que je voulais vivre ma vie dans cette vérité-là.



8) Vous souvenez-vous de vos premiers chocs littéraires (en tant que lecteur) ?

Après Stendhal, les autres grands chocs furent Tolstoï puis Faulkner.



9) Savez-vous à quoi servent les écrivains ? !

A raconter des histoires. Notre besoin d'histoires est infini et insatiable. C'était la faiblesse de certains tenants du Nouveau Roman que de ne pas avoir compris cela, cette donnée humaine. Claude Simon, lui, ne s'y est pas trompé, qui n'a cessé de raconter des histoires fascinantes - même si c'était toujours plus ou moins la même, comme chez Duras. Aussi «difficiles» et exigeants soient-ils sur un plan formel, les romans de Claude Simon ne se lâchent pas : c'est un puissant conteur, dont le souffle narratif peut se comparer à ceux de Faulkner et Tolstoï.



10) Quelle place tiennent les librairies dans votre vie ?

J'ai l'habitude de dire qu'ils sont le nerf de la guerre. Une expression bizarre, certes, étrangement martiale, mais qui a le mérite d'être parlante. Et puis, à bien y réfléchir, peut-être y a-t-il quelque chose d'un combat dans ce métier pas comme les autres, quelque chose d'une croisade toujours à recommencer. Vous l'aurez compris : je les trouve sacrément courageux et leur capacité à s'enthousiasmer, surtout en ces temps difficiles, force l'admiration.




Courrier des auteurs le 17/04/2013


1) Quel est le thème central de ce livre ?

Moi qui, pour une fois, croyais avoir trouvé un titre transparent ! Un de ceux qu'on n'a pas besoin d'expliquer... Au centre il y a Nina Simone, donc. Vieillissante, épuisée, la chanteuse ne veut plus qu'une chose : arrêter la scène et finir ses jours en paix, à son piano, dans sa maison de plage près de Marseille. Un jeune homme de ménage philippin se présente pour embaucher à la villa. Il n'a aucune idée de la légende vivante qu'est sa nouvelle patronne. Amusée, Nina en fait son confident et lui ouvre les portes de sa mémoire.



2) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?

Ces mots de Nina à un journaliste qui l'interviewe : «Tomber dans la solitude, ça va plus vite qu'on ne croit. S'éloigner des gens, c'est très facile.»



3) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?

Joker ! Croyez-le ou non, moi qui passe rarement une journée sans un disque de Nina Simone, je ne l'ai pas écoutée une seule fois tout le temps que j'écrivais son histoire. J'ai préféré me porter vers ses maîtres : Bach, Chopin, Debussy. Ainsi je restais en dialogue, en lien musical avec elle, mais j'évitais la surexposition, la redondance, voire la paraphrase.



4) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?

Une humanité commune. Il me semble que les romans aident à cela. Par eux, on rencontre dans le monde entier des gens qu'on ne croiserait jamais si l'on n'avait pas le livre comme un pont tendu. Dans les faits, je ris beaucoup avec mes lecteurs. C'est bon de rire, c'est libérateur lorsqu'on parle de textes où rôde la tragédie, l'irréparable. Et puis, c'est merveilleux cette abolition de toutes les distances (culturelles, sociales, générationnelles), ce moment du rire où un total inconnu devient en quelques secondes un complice, un proche.

Nina Simone était une diva blessée par la vie mais aussi une femme très intelligente, à l'esprit mordant. Comme tous les êtres intelligents, elle savait mettre son malheur en veilleuse pour s'amuser, plaisanter, se moquer. Je me suis attaché à restituer son humour dans le roman.



5) Avez-vous des rituels d'écrivain ? (Choix du lieu, de l'horaire, d'une musique de fond) ?

Non, je fuis les rituels. A mes débuts, je me fixais une discipline de travail, un agenda détaillé. Je me levais avec le jour et travaillais à grand renfort de thé jusqu'à épuisement des forces. Ça me laissait après coup un sentiment de labeur un peu déprimant, qui m'éloignait du plaisir d'écrire.

Puis j'ai compris que ça n'apportait rien au texte lui-même. C'est très idéologique, ce cliché de l'écrivain qui doit se visser à son bureau et travailler chaque jour, sans exception. Être son propre esclavagiste. En chier comme tout le monde. Et c'est trop dommage, alors qu'on a choisi cette vie d'écrivain si difficile et inquiétante, de se priver de l'un de ses rares avantages : la liberté de son temps. Toutes ces histoires de rituels chez l'écrivain ne sont que simagrées et mensonges. Ça prétend mettre de l'ordre là où règne par nécessité le chaos. Un romancier c'est chaotique, même si ça ne se lit pas toujours sur sa figure, car c'est seulement du chaos qu'il peut espérer recréer un monde.



6) Comment vous vient l'inspiration ?

Je ne sais pas ce que c'est. Je ne suis pas intime avec les dieux, moi, ils ne me parlent pas, ne me dictent pas mes livres. Pour ça, faut être Victor Hugo, pas moins.



7) Comment l'écriture est-elle entrée dans votre vie ? Vous êtes-vous dit enfant ou adolescent «un jour j'écrirai des livres» ?

J'ai lu très jeune, dès l'âge cinq ans. Un soir, j'ai pris le journal qui traînait sur la table et j'ai lu à voix haute la manchette. Mes parents en sont restés sans voix. C'est drôle, je réalise que c'est un peu ce qui est arrivé à Nina qui, à 3 ans, s'installe à l'harmonium et joue de mémoire un spiritual. Ses parents, tous deux religieux, tombent à genoux et remercient le Seigneur de ce don du ciel. Nina n'a plus jamais lâché les touches du clavier, comme j'ai élu domicile dans le monde de l'écrit. Je passais mon enfance dans les bouquins, jusqu'au jour où j'ai rencontré le livre. J'avais 10 ans ce soir où j'ai plongé dans Le Rouge et le Noir. Il m'a fallu la nuit et toute la journée du lendemain pour en venir à bout. J'en suis sorti sonné, les yeux hors de la tête, dans un état de bonheur inédit. J'ai compris que la vérité était là, et pas dans ce qu'on appelle la réalité. Que je voulais vivre ma vie dans cette vérité-là.



8) Vous souvenez-vous de vos premiers chocs littéraires (en tant que lecteur) ?

Après Stendhal, les autres grands chocs furent Tolstoï puis Faulkner.



9) Savez-vous à quoi servent les écrivains ? !

A raconter des histoires. Notre besoin d'histoires est infini et insatiable. C'était la faiblesse de certains tenants du Nouveau Roman que de ne pas avoir compris cela, cette donnée humaine. Claude Simon, lui, ne s'y est pas trompé, qui n'a cessé de raconter des histoires fascinantes - même si c'était toujours plus ou moins la même, comme chez Duras. Aussi «difficiles» et exigeants soient-ils sur un plan formel, les romans de Claude Simon ne se lâchent pas : c'est un puissant conteur, dont le souffle narratif peut se comparer à ceux de Faulkner et Tolstoï.



10) Quelle place tiennent les librairies dans votre vie ?

J'ai l'habitude de dire qu'ils sont le nerf de la guerre. Une expression bizarre, certes, étrangement martiale, mais qui a le mérite d'être parlante. Et puis, à bien y réfléchir, peut-être y a-t-il quelque chose d'un combat dans ce métier pas comme les autres, quelque chose d'une croisade toujours à recommencer. Vous l'aurez compris : je les trouve sacrément courageux et leur capacité à s'enthousiasmer, surtout en ces temps difficiles, force l'admiration.




Courrier des auteurs le 17/04/2013


1) Quel est le thème central de ce livre ?

Moi qui, pour une fois, croyais avoir trouvé un titre transparent ! Un de ceux qu'on n'a pas besoin d'expliquer... Au centre il y a Nina Simone, donc. Vieillissante, épuisée, la chanteuse ne veut plus qu'une chose : arrêter la scène et finir ses jours en paix, à son piano, dans sa maison de plage près de Marseille. Un jeune homme de ménage philippin se présente pour embaucher à la villa. Il n'a aucune idée de la légende vivante qu'est sa nouvelle patronne. Amusée, Nina en fait son confident et lui ouvre les portes de sa mémoire.



2) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?

Ces mots de Nina à un journaliste qui l'interviewe : «Tomber dans la solitude, ça va plus vite qu'on ne croit. S'éloigner des gens, c'est très facile.»



3) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?

Joker ! Croyez-le ou non, moi qui passe rarement une journée sans un disque de Nina Simone, je ne l'ai pas écoutée une seule fois tout le temps que j'écrivais son histoire. J'ai préféré me porter vers ses maîtres : Bach, Chopin, Debussy. Ainsi je restais en dialogue, en lien musical avec elle, mais j'évitais la surexposition, la redondance, voire la paraphrase.



4) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?

Une humanité commune. Il me semble que les romans aident à cela. Par eux, on rencontre dans le monde entier des gens qu'on ne croiserait jamais si l'on n'avait pas le livre comme un pont tendu. Dans les faits, je ris beaucoup avec mes lecteurs. C'est bon de rire, c'est libérateur lorsqu'on parle de textes où rôde la tragédie, l'irréparable. Et puis, c'est merveilleux cette abolition de toutes les distances (culturelles, sociales, générationnelles), ce moment du rire où un total inconnu devient en quelques secondes un complice, un proche.

Nina Simone était une diva blessée par la vie mais aussi une femme très intelligente, à l'esprit mordant. Comme tous les êtres intelligents, elle savait mettre son malheur en veilleuse pour s'amuser, plaisanter, se moquer. Je me suis attaché à restituer son humour dans le roman.



5) Avez-vous des rituels d'écrivain ? (Choix du lieu, de l'horaire, d'une musique de fond) ?

Non, je fuis les rituels. A mes débuts, je me fixais une discipline de travail, un agenda détaillé. Je me levais avec le jour et travaillais à grand renfort de thé jusqu'à épuisement des forces. Ça me laissait après coup un sentiment de labeur un peu déprimant, qui m'éloignait du plaisir d'écrire.

Puis j'ai compris que ça n'apportait rien au texte lui-même. C'est très idéologique, ce cliché de l'écrivain qui doit se visser à son bureau et travailler chaque jour, sans exception. Être son propre esclavagiste. En chier comme tout le monde. Et c'est trop dommage, alors qu'on a choisi cette vie d'écrivain si difficile et inquiétante, de se priver de l'un de ses rares avantages : la liberté de son temps. Toutes ces histoires de rituels chez l'écrivain ne sont que simagrées et mensonges. Ça prétend mettre de l'ordre là où règne par nécessité le chaos. Un romancier c'est chaotique, même si ça ne se lit pas toujours sur sa figure, car c'est seulement du chaos qu'il peut espérer recréer un monde.



6) Comment vous vient l'inspiration ?

Je ne sais pas ce que c'est. Je ne suis pas intime avec les dieux, moi, ils ne me parlent pas, ne me dictent pas mes livres. Pour ça, faut être Victor Hugo, pas moins.



7) Comment l'écriture est-elle entrée dans votre vie ? Vous êtes-vous dit enfant ou adolescent «un jour j'écrirai des livres» ?

J'ai lu très jeune, dès l'âge cinq ans. Un soir, j'ai pris le journal qui traînait sur la table et j'ai lu à voix haute la manchette. Mes parents en sont restés sans voix. C'est drôle, je réalise que c'est un peu ce qui est arrivé à Nina qui, à 3 ans, s'installe à l'harmonium et joue de mémoire un spiritual. Ses parents, tous deux religieux, tombent à genoux et remercient le Seigneur de ce don du ciel. Nina n'a plus jamais lâché les touches du clavier, comme j'ai élu domicile dans le monde de l'écrit. Je passais mon enfance dans les bouquins, jusqu'au jour où j'ai rencontré le livre. J'avais 10 ans ce soir où j'ai plongé dans Le Rouge et le Noir. Il m'a fallu la nuit et toute la journée du lendemain pour en venir à bout. J'en suis sorti sonné, les yeux hors de la tête, dans un état de bonheur inédit. J'ai compris que la vérité était là, et pas dans ce qu'on appelle la réalité. Que je voulais vivre ma vie dans cette vérité-là.



8) Vous souvenez-vous de vos premiers chocs littéraires (en tant que lecteur) ?

Après Stendhal, les autres grands chocs furent Tolstoï puis Faulkner.



9) Savez-vous à quoi servent les écrivains ? !

A raconter des histoires. Notre besoin d'histoires est infini et insatiable. C'était la faiblesse de certains tenants du Nouveau Roman que de ne pas avoir compris cela, cette donnée humaine. Claude Simon, lui, ne s'y est pas trompé, qui n'a cessé de raconter des histoires fascinantes - même si c'était toujours plus ou moins la même, comme chez Duras. Aussi «difficiles» et exigeants soient-ils sur un plan formel, les romans de Claude Simon ne se lâchent pas : c'est un puissant conteur, dont le souffle narratif peut se comparer à ceux de Faulkner et Tolstoï.



10) Quelle place tiennent les librairies dans votre vie ?

J'ai l'habitude de dire qu'ils sont le nerf de la guerre. Une expression bizarre, certes, étrangement martiale, mais qui a le mérite d'être parlante. Et puis, à bien y réfléchir, peut-être y a-t-il quelque chose d'un combat dans ce métier pas comme les autres, quelque chose d'une croisade toujours à recommencer. Vous l'aurez compris : je les trouve sacrément courageux et leur capacité à s'enthousiasmer, surtout en ces temps difficiles, force l'admiration.




Courrier des auteurs le 17/04/2013


1) Quel est le thème central de ce livre ?

Moi qui, pour une fois, croyais avoir trouvé un titre transparent ! Un de ceux qu'on n'a pas besoin d'expliquer... Au centre il y a Nina Simone, donc. Vieillissante, épuisée, la chanteuse ne veut plus qu'une chose : arrêter la scène et finir ses jours en paix, à son piano, dans sa maison de plage près de Marseille. Un jeune homme de ménage philippin se présente pour embaucher à la villa. Il n'a aucune idée de la légende vivante qu'est sa nouvelle patronne. Amusée, Nina en fait son confident et lui ouvre les portes de sa mémoire.



2) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?

Ces mots de Nina à un journaliste qui l'interviewe : «Tomber dans la solitude, ça va plus vite qu'on ne croit. S'éloigner des gens, c'est très facile.»



3) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?

Joker ! Croyez-le ou non, moi qui passe rarement une journée sans un disque de Nina Simone, je ne l'ai pas écoutée une seule fois tout le temps que j'écrivais son histoire. J'ai préféré me porter vers ses maîtres : Bach, Chopin, Debussy. Ainsi je restais en dialogue, en lien musical avec elle, mais j'évitais la surexposition, la redondance, voire la paraphrase.



4) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?

Une humanité commune. Il me semble que les romans aident à cela. Par eux, on rencontre dans le monde entier des gens qu'on ne croiserait jamais si l'on n'avait pas le livre comme un pont tendu. Dans les faits, je ris beaucoup avec mes lecteurs. C'est bon de rire, c'est libérateur lorsqu'on parle de textes où rôde la tragédie, l'irréparable. Et puis, c'est merveilleux cette abolition de toutes les distances (culturelles, sociales, générationnelles), ce moment du rire où un total inconnu devient en quelques secondes un complice, un proche.

Nina Simone était une diva blessée par la vie mais aussi une femme très intelligente, à l'esprit mordant. Comme tous les êtres intelligents, elle savait mettre son malheur en veilleuse pour s'amuser, plaisanter, se moquer. Je me suis attaché à restituer son humour dans le roman.



5) Avez-vous des rituels d'écrivain ? (Choix du lieu, de l'horaire, d'une musique de fond) ?

Non, je fuis les rituels. A mes débuts, je me fixais une discipline de travail, un agenda détaillé. Je me levais avec le jour et travaillais à grand renfort de thé jusqu'à épuisement des forces. Ça me laissait après coup un sentiment de labeur un peu déprimant, qui m'éloignait du plaisir d'écrire.

Puis j'ai compris que ça n'apportait rien au texte lui-même. C'est très idéologique, ce cliché de l'écrivain qui doit se visser à son bureau et travailler chaque jour, sans exception. Être son propre esclavagiste. En chier comme tout le monde. Et c'est trop dommage, alors qu'on a choisi cette vie d'écrivain si difficile et inquiétante, de se priver de l'un de ses rares avantages : la liberté de son temps. Toutes ces histoires de rituels chez l'écrivain ne sont que simagrées et mensonges. Ça prétend mettre de l'ordre là où règne par nécessité le chaos. Un romancier c'est chaotique, même si ça ne se lit pas toujours sur sa figure, car c'est seulement du chaos qu'il peut espérer recréer un monde.



6) Comment vous vient l'inspiration ?

Je ne sais pas ce que c'est. Je ne suis pas intime avec les dieux, moi, ils ne me parlent pas, ne me dictent pas mes livres. Pour ça, faut être Victor Hugo, pas moins.



7) Comment l'écriture est-elle entrée dans votre vie ? Vous êtes-vous dit enfant ou adolescent «un jour j'écrirai des livres» ?

J'ai lu très jeune, dès l'âge cinq ans. Un soir, j'ai pris le journal qui traînait sur la table et j'ai lu à voix haute la manchette. Mes parents en sont restés sans voix. C'est drôle, je réalise que c'est un peu ce qui est arrivé à Nina qui, à 3 ans, s'installe à l'harmonium et joue de mémoire un spiritual. Ses parents, tous deux religieux, tombent à genoux et remercient le Seigneur de ce don du ciel. Nina n'a plus jamais lâché les touches du clavier, comme j'ai élu domicile dans le monde de l'écrit. Je passais mon enfance dans les bouquins, jusqu'au jour où j'ai rencontré le livre. J'avais 10 ans ce soir où j'ai plongé dans Le Rouge et le Noir. Il m'a fallu la nuit et toute la journée du lendemain pour en venir à bout. J'en suis sorti sonné, les yeux hors de la tête, dans un état de bonheur inédit. J'ai compris que la vérité était là, et pas dans ce qu'on appelle la réalité. Que je voulais vivre ma vie dans cette vérité-là.



8) Vous souvenez-vous de vos premiers chocs littéraires (en tant que lecteur) ?

Après Stendhal, les autres grands chocs furent Tolstoï puis Faulkner.



9) Savez-vous à quoi servent les écrivains ? !

A raconter des histoires. Notre besoin d'histoires est infini et insatiable. C'était la faiblesse de certains tenants du Nouveau Roman que de ne pas avoir compris cela, cette donnée humaine. Claude Simon, lui, ne s'y est pas trompé, qui n'a cessé de raconter des histoires fascinantes - même si c'était toujours plus ou moins la même, comme chez Duras. Aussi «difficiles» et exigeants soient-ils sur un plan formel, les romans de Claude Simon ne se lâchent pas : c'est un puissant conteur, dont le souffle narratif peut se comparer à ceux de Faulkner et Tolstoï.



10) Quelle place tiennent les librairies dans votre vie ?

J'ai l'habitude de dire qu'ils sont le nerf de la guerre. Une expression bizarre, certes, étrangement martiale, mais qui a le mérite d'être parlante. Et puis, à bien y réfléchir, peut-être y a-t-il quelque chose d'un combat dans ce métier pas comme les autres, quelque chose d'une croisade toujours à recommencer. Vous l'aurez compris : je les trouve sacrément courageux et leur capacité à s'enthousiasmer, surtout en ces temps difficiles, force l'admiration.




Courrier des auteurs le 17/04/2013


1) Quel est le thème central de ce livre ?

Moi qui, pour une fois, croyais avoir trouvé un titre transparent ! Un de ceux qu'on n'a pas besoin d'expliquer... Au centre il y a Nina Simone, donc. Vieillissante, épuisée, la chanteuse ne veut plus qu'une chose : arrêter la scène et finir ses jours en paix, à son piano, dans sa maison de plage près de Marseille. Un jeune homme de ménage philippin se présente pour embaucher à la villa. Il n'a aucune idée de la légende vivante qu'est sa nouvelle patronne. Amusée, Nina en fait son confident et lui ouvre les portes de sa mémoire.



2) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?

Ces mots de Nina à un journaliste qui l'interviewe : «Tomber dans la solitude, ça va plus vite qu'on ne croit. S'éloigner des gens, c'est très facile.»



3) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?

Joker ! Croyez-le ou non, moi qui passe rarement une journée sans un disque de Nina Simone, je ne l'ai pas écoutée une seule fois tout le temps que j'écrivais son histoire. J'ai préféré me porter vers ses maîtres : Bach, Chopin, Debussy. Ainsi je restais en dialogue, en lien musical avec elle, mais j'évitais la surexposition, la redondance, voire la paraphrase.



4) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?

Une humanité commune. Il me semble que les romans aident à cela. Par eux, on rencontre dans le monde entier des gens qu'on ne croiserait jamais si l'on n'avait pas le livre comme un pont tendu. Dans les faits, je ris beaucoup avec mes lecteurs. C'est bon de rire, c'est libérateur lorsqu'on parle de textes où rôde la tragédie, l'irréparable. Et puis, c'est merveilleux cette abolition de toutes les distances (culturelles, sociales, générationnelles), ce moment du rire où un total inconnu devient en quelques secondes un complice, un proche.

Nina Simone était une diva blessée par la vie mais aussi une femme très intelligente, à l'esprit mordant. Comme tous les êtres intelligents, elle savait mettre son malheur en veilleuse pour s'amuser, plaisanter, se moquer. Je me suis attaché à restituer son humour dans le roman.



5) Avez-vous des rituels d'écrivain ? (Choix du lieu, de l'horaire, d'une musique de fond) ?

Non, je fuis les rituels. A mes débuts, je me fixais une discipline de travail, un agenda détaillé. Je me levais avec le jour et travaillais à grand renfort de thé jusqu'à épuisement des forces. Ça me laissait après coup un sentiment de labeur un peu déprimant, qui m'éloignait du plaisir d'écrire.

Puis j'ai compris que ça n'apportait rien au texte lui-même. C'est très idéologique, ce cliché de l'écrivain qui doit se visser à son bureau et travailler chaque jour, sans exception. Être son propre esclavagiste. En chier comme tout le monde. Et c'est trop dommage, alors qu'on a choisi cette vie d'écrivain si difficile et inquiétante, de se priver de l'un de ses rares avantages : la liberté de son temps. Toutes ces histoires de rituels chez l'écrivain ne sont que simagrées et mensonges. Ça prétend mettre de l'ordre là où règne par nécessité le chaos. Un romancier c'est chaotique, même si ça ne se lit pas toujours sur sa figure, car c'est seulement du chaos qu'il peut espérer recréer un monde.



6) Comment vous vient l'inspiration ?

Je ne sais pas ce que c'est. Je ne suis pas intime avec les dieux, moi, ils ne me parlent pas, ne me dictent pas mes livres. Pour ça, faut être Victor Hugo, pas moins.



7) Comment l'écriture est-elle entrée dans votre vie ? Vous êtes-vous dit enfant ou adolescent «un jour j'écrirai des livres» ?

J'ai lu très jeune, dès l'âge cinq ans. Un soir, j'ai pris le journal qui traînait sur la table et j'ai lu à voix haute la manchette. Mes parents en sont restés sans voix. C'est drôle, je réalise que c'est un peu ce qui est arrivé à Nina qui, à 3 ans, s'installe à l'harmonium et joue de mémoire un spiritual. Ses parents, tous deux religieux, tombent à genoux et remercient le Seigneur de ce don du ciel. Nina n'a plus jamais lâché les touches du clavier, comme j'ai élu domicile dans le monde de l'écrit. Je passais mon enfance dans les bouquins, jusqu'au jour où j'ai rencontré le livre. J'avais 10 ans ce soir où j'ai plongé dans Le Rouge et le Noir. Il m'a fallu la nuit et toute la journée du lendemain pour en venir à bout. J'en suis sorti sonné, les yeux hors de la tête, dans un état de bonheur inédit. J'ai compris que la vérité était là, et pas dans ce qu'on appelle la réalité. Que je voulais vivre ma vie dans cette vérité-là.



8) Vous souvenez-vous de vos premiers chocs littéraires (en tant que lecteur) ?

Après Stendhal, les autres grands chocs furent Tolstoï puis Faulkner.



9) Savez-vous à quoi servent les écrivains ? !

A raconter des histoires. Notre besoin d'histoires est infini et insatiable. C'était la faiblesse de certains tenants du Nouveau Roman que de ne pas avoir compris cela, cette donnée humaine. Claude Simon, lui, ne s'y est pas trompé, qui n'a cessé de raconter des histoires fascinantes - même si c'était toujours plus ou moins la même, comme chez Duras. Aussi «difficiles» et exigeants soient-ils sur un plan formel, les romans de Claude Simon ne se lâchent pas : c'est un puissant conteur, dont le souffle narratif peut se comparer à ceux de Faulkner et Tolstoï.



10) Quelle place tiennent les librairies dans votre vie ?

J'ai l'habitude de dire qu'ils sont le nerf de la guerre. Une expression bizarre, certes, étrangement martiale, mais qui a le mérite d'être parlante. Et puis, à bien y réfléchir, peut-être y a-t-il quelque chose d'un combat dans ce métier pas comme les autres, quelque chose d'une croisade toujours à recommencer. Vous l'aurez compris : je les trouve sacrément courageux et leur capacité à s'enthousiasmer, surtout en ces temps difficiles, force l'admiration.




Courrier des auteurs le 17/04/2013


1) Quel est le thème central de ce livre ?

Moi qui, pour une fois, croyais avoir trouvé un titre transparent ! Un de ceux qu'on n'a pas besoin d'expliquer... Au centre il y a Nina Simone, donc. Vieillissante, épuisée, la chanteuse ne veut plus qu'une chose : arrêter la scène et finir ses jours en paix, à son piano, dans sa maison de plage près de Marseille. Un jeune homme de ménage philippin se présente pour embaucher à la villa. Il n'a aucune idée de la légende vivante qu'est sa nouvelle patronne. Amusée, Nina en fait son confident et lui ouvre les portes de sa mémoire.



2) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?

Ces mots de Nina à un journaliste qui l'interviewe : «Tomber dans la solitude, ça va plus vite qu'on ne croit. S'éloigner des gens, c'est très facile.»



3) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?

Joker ! Croyez-le ou non, moi qui passe rarement une journée sans un disque de Nina Simone, je ne l'ai pas écoutée une seule fois tout le temps que j'écrivais son histoire. J'ai préféré me porter vers ses maîtres : Bach, Chopin, Debussy. Ainsi je restais en dialogue, en lien musical avec elle, mais j'évitais la surexposition, la redondance, voire la paraphrase.



4) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?

Une humanité commune. Il me semble que les romans aident à cela. Par eux, on rencontre dans le monde entier des gens qu'on ne croiserait jamais si l'on n'avait pas le livre comme un pont tendu. Dans les faits, je ris beaucoup avec mes lecteurs. C'est bon de rire, c'est libérateur lorsqu'on parle de textes où rôde la tragédie, l'irréparable. Et puis, c'est merveilleux cette abolition de toutes les distances (culturelles, sociales, générationnelles), ce moment du rire où un total inconnu devient en quelques secondes un complice, un proche.

Nina Simone était une diva blessée par la vie mais aussi une femme très intelligente, à l'esprit mordant. Comme tous les êtres intelligents, elle savait mettre son malheur en veilleuse pour s'amuser, plaisanter, se moquer. Je me suis attaché à restituer son humour dans le roman.



5) Avez-vous des rituels d'écrivain ? (Choix du lieu, de l'horaire, d'une musique de fond) ?

Non, je fuis les rituels. A mes débuts, je me fixais une discipline de travail, un agenda détaillé. Je me levais avec le jour et travaillais à grand renfort de thé jusqu'à épuisement des forces. Ça me laissait après coup un sentiment de labeur un peu déprimant, qui m'éloignait du plaisir d'écrire.

Puis j'ai compris que ça n'apportait rien au texte lui-même. C'est très idéologique, ce cliché de l'écrivain qui doit se visser à son bureau et travailler chaque jour, sans exception. Être son propre esclavagiste. En chier comme tout le monde. Et c'est trop dommage, alors qu'on a choisi cette vie d'écrivain si difficile et inquiétante, de se priver de l'un de ses rares avantages : la liberté de son temps. Toutes ces histoires de rituels chez l'écrivain ne sont que simagrées et mensonges. Ça prétend mettre de l'ordre là où règne par nécessité le chaos. Un romancier c'est chaotique, même si ça ne se lit pas toujours sur sa figure, car c'est seulement du chaos qu'il peut espérer recréer un monde.



6) Comment vous vient l'inspiration ?

Je ne sais pas ce que c'est. Je ne suis pas intime avec les dieux, moi, ils ne me parlent pas, ne me dictent pas mes livres. Pour ça, faut être Victor Hugo, pas moins.



7) Comment l'écriture est-elle entrée dans votre vie ? Vous êtes-vous dit enfant ou adolescent «un jour j'écrirai des livres» ?

J'ai lu très jeune, dès l'âge cinq ans. Un soir, j'ai pris le journal qui traînait sur la table et j'ai lu à voix haute la manchette. Mes parents en sont restés sans voix. C'est drôle, je réalise que c'est un peu ce qui est arrivé à Nina qui, à 3 ans, s'installe à l'harmonium et joue de mémoire un spiritual. Ses parents, tous deux religieux, tombent à genoux et remercient le Seigneur de ce don du ciel. Nina n'a plus jamais lâché les touches du clavier, comme j'ai élu domicile dans le monde de l'écrit. Je passais mon enfance dans les bouquins, jusqu'au jour où j'ai rencontré le livre. J'avais 10 ans ce soir où j'ai plongé dans Le Rouge et le Noir. Il m'a fallu la nuit et toute la journée du lendemain pour en venir à bout. J'en suis sorti sonné, les yeux hors de la tête, dans un état de bonheur inédit. J'ai compris que la vérité était là, et pas dans ce qu'on appelle la réalité. Que je voulais vivre ma vie dans cette vérité-là.



8) Vous souvenez-vous de vos premiers chocs littéraires (en tant que lecteur) ?

Après Stendhal, les autres grands chocs furent Tolstoï puis Faulkner.



9) Savez-vous à quoi servent les écrivains ? !

A raconter des histoires. Notre besoin d'histoires est infini et insatiable. C'était la faiblesse de certains tenants du Nouveau Roman que de ne pas avoir compris cela, cette donnée humaine. Claude Simon, lui, ne s'y est pas trompé, qui n'a cessé de raconter des histoires fascinantes - même si c'était toujours plus ou moins la même, comme chez Duras. Aussi «difficiles» et exigeants soient-ils sur un plan formel, les romans de Claude Simon ne se lâchent pas : c'est un puissant conteur, dont le souffle narratif peut se comparer à ceux de Faulkner et Tolstoï.



10) Quelle place tiennent les librairies dans votre vie ?

J'ai l'habitude de dire qu'ils sont le nerf de la guerre. Une expression bizarre, certes, étrangement martiale, mais qui a le mérite d'être parlante. Et puis, à bien y réfléchir, peut-être y a-t-il quelque chose d'un combat dans ce métier pas comme les autres, quelque chose d'une croisade toujours à recommencer. Vous l'aurez compris : je les trouve sacrément courageux et leur capacité à s'enthousiasmer, surtout en ces temps difficiles, force l'admiration.




Courrier des auteurs le 17/04/2013


1) Quel est le thème central de ce livre ?

Moi qui, pour une fois, croyais avoir trouvé un titre transparent ! Un de ceux qu'on n'a pas besoin d'expliquer... Au centre il y a Nina Simone, donc. Vieillissante, épuisée, la chanteuse ne veut plus qu'une chose : arrêter la scène et finir ses jours en paix, à son piano, dans sa maison de plage près de Marseille. Un jeune homme de ménage philippin se présente pour embaucher à la villa. Il n'a aucune idée de la légende vivante qu'est sa nouvelle patronne. Amusée, Nina en fait son confident et lui ouvre les portes de sa mémoire.



2) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?

Ces mots de Nina à un journaliste qui l'interviewe : «Tomber dans la solitude, ça va plus vite qu'on ne croit. S'éloigner des gens, c'est très facile.»



3) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?

Joker ! Croyez-le ou non, moi qui passe rarement une journée sans un disque de Nina Simone, je ne l'ai pas écoutée une seule fois tout le temps que j'écrivais son histoire. J'ai préféré me porter vers ses maîtres : Bach, Chopin, Debussy. Ainsi je restais en dialogue, en lien musical avec elle, mais j'évitais la surexposition, la redondance, voire la paraphrase.



4) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?

Une humanité commune. Il me semble que les romans aident à cela. Par eux, on rencontre dans le monde entier des gens qu'on ne croiserait jamais si l'on n'avait pas le livre comme un pont tendu. Dans les faits, je ris beaucoup avec mes lecteurs. C'est bon de rire, c'est libérateur lorsqu'on parle de textes où rôde la tragédie, l'irréparable. Et puis, c'est merveilleux cette abolition de toutes les distances (culturelles, sociales, générationnelles), ce moment du rire où un total inconnu devient en quelques secondes un complice, un proche.

Nina Simone était une diva blessée par la vie mais aussi une femme très intelligente, à l'esprit mordant. Comme tous les êtres intelligents, elle savait mettre son malheur en veilleuse pour s'amuser, plaisanter, se moquer. Je me suis attaché à restituer son humour dans le roman.



5) Avez-vous des rituels d'écrivain ? (Choix du lieu, de l'horaire, d'une musique de fond) ?

Non, je fuis les rituels. A mes débuts, je me fixais une discipline de travail, un agenda détaillé. Je me levais avec le jour et travaillais à grand renfort de thé jusqu'à épuisement des forces. Ça me laissait après coup un sentiment de labeur un peu déprimant, qui m'éloignait du plaisir d'écrire.

Puis j'ai compris que ça n'apportait rien au texte lui-même. C'est très idéologique, ce cliché de l'écrivain qui doit se visser à son bureau et travailler chaque jour, sans exception. Être son propre esclavagiste. En chier comme tout le monde. Et c'est trop dommage, alors qu'on a choisi cette vie d'écrivain si difficile et inquiétante, de se priver de l'un de ses rares avantages : la liberté de son temps. Toutes ces histoires de rituels chez l'écrivain ne sont que simagrées et mensonges. Ça prétend mettre de l'ordre là où règne par nécessité le chaos. Un romancier c'est chaotique, même si ça ne se lit pas toujours sur sa figure, car c'est seulement du chaos qu'il peut espérer recréer un monde.



6) Comment vous vient l'inspiration ?

Je ne sais pas ce que c'est. Je ne suis pas intime avec les dieux, moi, ils ne me parlent pas, ne me dictent pas mes livres. Pour ça, faut être Victor Hugo, pas moins.



7) Comment l'écriture est-elle entrée dans votre vie ? Vous êtes-vous dit enfant ou adolescent «un jour j'écrirai des livres» ?

J'ai lu très jeune, dès l'âge cinq ans. Un soir, j'ai pris le journal qui traînait sur la table et j'ai lu à voix haute la manchette. Mes parents en sont restés sans voix. C'est drôle, je réalise que c'est un peu ce qui est arrivé à Nina qui, à 3 ans, s'installe à l'harmonium et joue de mémoire un spiritual. Ses parents, tous deux religieux, tombent à genoux et remercient le Seigneur de ce don du ciel. Nina n'a plus jamais lâché les touches du clavier, comme j'ai élu domicile dans le monde de l'écrit. Je passais mon enfance dans les bouquins, jusqu'au jour où j'ai rencontré le livre. J'avais 10 ans ce soir où j'ai plongé dans Le Rouge et le Noir. Il m'a fallu la nuit et toute la journée du lendemain pour en venir à bout. J'en suis sorti sonné, les yeux hors de la tête, dans un état de bonheur inédit. J'ai compris que la vérité était là, et pas dans ce qu'on appelle la réalité. Que je voulais vivre ma vie dans cette vérité-là.



8) Vous souvenez-vous de vos premiers chocs littéraires (en tant que lecteur) ?

Après Stendhal, les autres grands chocs furent Tolstoï puis Faulkner.



9) Savez-vous à quoi servent les écrivains ? !

A raconter des histoires. Notre besoin d'histoires est infini et insatiable. C'était la faiblesse de certains tenants du Nouveau Roman que de ne pas avoir compris cela, cette donnée humaine. Claude Simon, lui, ne s'y est pas trompé, qui n'a cessé de raconter des histoires fascinantes - même si c'était toujours plus ou moins la même, comme chez Duras. Aussi «difficiles» et exigeants soient-ils sur un plan formel, les romans de Claude Simon ne se lâchent pas : c'est un puissant conteur, dont le souffle narratif peut se comparer à ceux de Faulkner et Tolstoï.



10) Quelle place tiennent les librairies dans votre vie ?

J'ai l'habitude de dire qu'ils sont le nerf de la guerre. Une expression bizarre, certes, étrangement martiale, mais qui a le mérite d'être parlante. Et puis, à bien y réfléchir, peut-être y a-t-il quelque chose d'un combat dans ce métier pas comme les autres, quelque chose d'une croisade toujours à recommencer. Vous l'aurez compris : je les trouve sacrément courageux et leur capacité à s'enthousiasmer, surtout en ces temps difficiles, force l'admiration.




Courrier des auteurs le 17/04/2013


1) Quel est le thème central de ce livre ?

Moi qui, pour une fois, croyais avoir trouvé un titre transparent ! Un de ceux qu'on n'a pas besoin d'expliquer... Au centre il y a Nina Simone, donc. Vieillissante, épuisée, la chanteuse ne veut plus qu'une chose : arrêter la scène et finir ses jours en paix, à son piano, dans sa maison de plage près de Marseille. Un jeune homme de ménage philippin se présente pour embaucher à la villa. Il n'a aucune idée de la légende vivante qu'est sa nouvelle patronne. Amusée, Nina en fait son confident et lui ouvre les portes de sa mémoire.



2) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?

Ces mots de Nina à un journaliste qui l'interviewe : «Tomber dans la solitude, ça va plus vite qu'on ne croit. S'éloigner des gens, c'est très facile.»



3) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?

Joker ! Croyez-le ou non, moi qui passe rarement une journée sans un disque de Nina Simone, je ne l'ai pas écoutée une seule fois tout le temps que j'écrivais son histoire. J'ai préféré me porter vers ses maîtres : Bach, Chopin, Debussy. Ainsi je restais en dialogue, en lien musical avec elle, mais j'évitais la surexposition, la redondance, voire la paraphrase.



4) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?

Une humanité commune. Il me semble que les romans aident à cela. Par eux, on rencontre dans le monde entier des gens qu'on ne croiserait jamais si l'on n'avait pas le livre comme un pont tendu. Dans les faits, je ris beaucoup avec mes lecteurs. C'est bon de rire, c'est libérateur lorsqu'on parle de textes où rôde la tragédie, l'irréparable. Et puis, c'est merveilleux cette abolition de toutes les distances (culturelles, sociales, générationnelles), ce moment du rire où un total inconnu devient en quelques secondes un complice, un proche.

Nina Simone était une diva blessée par la vie mais aussi une femme très intelligente, à l'esprit mordant. Comme tous les êtres intelligents, elle savait mettre son malheur en veilleuse pour s'amuser, plaisanter, se moquer. Je me suis attaché à restituer son humour dans le roman.



5) Avez-vous des rituels d'écrivain ? (Choix du lieu, de l'horaire, d'une musique de fond) ?

Non, je fuis les rituels. A mes débuts, je me fixais une discipline de travail, un agenda détaillé. Je me levais avec le jour et travaillais à grand renfort de thé jusqu'à épuisement des forces. Ça me laissait après coup un sentiment de labeur un peu déprimant, qui m'éloignait du plaisir d'écrire.

Puis j'ai compris que ça n'apportait rien au texte lui-même. C'est très idéologique, ce cliché de l'écrivain qui doit se visser à son bureau et travailler chaque jour, sans exception. Être son propre esclavagiste. En chier comme tout le monde. Et c'est trop dommage, alors qu'on a choisi cette vie d'écrivain si difficile et inquiétante, de se priver de l'un de ses rares avantages : la liberté de son temps. Toutes ces histoires de rituels chez l'écrivain ne sont que simagrées et mensonges. Ça prétend mettre de l'ordre là où règne par nécessité le chaos. Un romancier c'est chaotique, même si ça ne se lit pas toujours sur sa figure, car c'est seulement du chaos qu'il peut espérer recréer un monde.



6) Comment vous vient l'inspiration ?

Je ne sais pas ce que c'est. Je ne suis pas intime avec les dieux, moi, ils ne me parlent pas, ne me dictent pas mes livres. Pour ça, faut être Victor Hugo, pas moins.



7) Comment l'écriture est-elle entrée dans votre vie ? Vous êtes-vous dit enfant ou adolescent «un jour j'écrirai des livres» ?

J'ai lu très jeune, dès l'âge cinq ans. Un soir, j'ai pris le journal qui traînait sur la table et j'ai lu à voix haute la manchette. Mes parents en sont restés sans voix. C'est drôle, je réalise que c'est un peu ce qui est arrivé à Nina qui, à 3 ans, s'installe à l'harmonium et joue de mémoire un spiritual. Ses parents, tous deux religieux, tombent à genoux et remercient le Seigneur de ce don du ciel. Nina n'a plus jamais lâché les touches du clavier, comme j'ai élu domicile dans le monde de l'écrit. Je passais mon enfance dans les bouquins, jusqu'au jour où j'ai rencontré le livre. J'avais 10 ans ce soir où j'ai plongé dans Le Rouge et le Noir. Il m'a fallu la nuit et toute la journée du lendemain pour en venir à bout. J'en suis sorti sonné, les yeux hors de la tête, dans un état de bonheur inédit. J'ai compris que la vérité était là, et pas dans ce qu'on appelle la réalité. Que je voulais vivre ma vie dans cette vérité-là.



8) Vous souvenez-vous de vos premiers chocs littéraires (en tant que lecteur) ?

Après Stendhal, les autres grands chocs furent Tolstoï puis Faulkner.



9) Savez-vous à quoi servent les écrivains ? !

A raconter des histoires. Notre besoin d'histoires est infini et insatiable. C'était la faiblesse de certains tenants du Nouveau Roman que de ne pas avoir compris cela, cette donnée humaine. Claude Simon, lui, ne s'y est pas trompé, qui n'a cessé de raconter des histoires fascinantes - même si c'était toujours plus ou moins la même, comme chez Duras. Aussi «difficiles» et exigeants soient-ils sur un plan formel, les romans de Claude Simon ne se lâchent pas : c'est un puissant conteur, dont le souffle narratif peut se comparer à ceux de Faulkner et Tolstoï.



10) Quelle place tiennent les librairies dans votre vie ?

J'ai l'habitude de dire qu'ils sont le nerf de la guerre. Une expression bizarre, certes, étrangement martiale, mais qui a le mérite d'être parlante. Et puis, à bien y réfléchir, peut-être y a-t-il quelque chose d'un combat dans ce métier pas comme les autres, quelque chose d'une croisade toujours à recommencer. Vous l'aurez compris : je les trouve sacrément courageux et leur capacité à s'enthousiasmer, surtout en ces temps difficiles, force l'admiration.




Courrier des auteurs le 17/04/2013


1) Quel est le thème central de ce livre ?

Moi qui, pour une fois, croyais avoir trouvé un titre transparent ! Un de ceux qu'on n'a pas besoin d'expliquer... Au centre il y a Nina Simone, donc. Vieillissante, épuisée, la chanteuse ne veut plus qu'une chose : arrêter la scène et finir ses jours en paix, à son piano, dans sa maison de plage près de Marseille. Un jeune homme de ménage philippin se présente pour embaucher à la villa. Il n'a aucune idée de la légende vivante qu'est sa nouvelle patronne. Amusée, Nina en fait son confident et lui ouvre les portes de sa mémoire.



2) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?

Ces mots de Nina à un journaliste qui l'interviewe : «Tomber dans la solitude, ça va plus vite qu'on ne croit. S'éloigner des gens, c'est très facile.»



3) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?

Joker ! Croyez-le ou non, moi qui passe rarement une journée sans un disque de Nina Simone, je ne l'ai pas écoutée une seule fois tout le temps que j'écrivais son histoire. J'ai préféré me porter vers ses maîtres : Bach, Chopin, Debussy. Ainsi je restais en dialogue, en lien musical avec elle, mais j'évitais la surexposition, la redondance, voire la paraphrase.



4) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?

Une humanité commune. Il me semble que les romans aident à cela. Par eux, on rencontre dans le monde entier des gens qu'on ne croiserait jamais si l'on n'avait pas le livre comme un pont tendu. Dans les faits, je ris beaucoup avec mes lecteurs. C'est bon de rire, c'est libérateur lorsqu'on parle de textes où rôde la tragédie, l'irréparable. Et puis, c'est merveilleux cette abolition de toutes les distances (culturelles, sociales, générationnelles), ce moment du rire où un total inconnu devient en quelques secondes un complice, un proche.

Nina Simone était une diva blessée par la vie mais aussi une femme très intelligente, à l'esprit mordant. Comme tous les êtres intelligents, elle savait mettre son malheur en veilleuse pour s'amuser, plaisanter, se moquer. Je me suis attaché à restituer son humour dans le roman.



5) Avez-vous des rituels d'écrivain ? (Choix du lieu, de l'horaire, d'une musique de fond) ?

Non, je fuis les rituels. A mes débuts, je me fixais une discipline de travail, un agenda détaillé. Je me levais avec le jour et travaillais à grand renfort de thé jusqu'à épuisement des forces. Ça me laissait après coup un sentiment de labeur un peu déprimant, qui m'éloignait du plaisir d'écrire.

Puis j'ai compris que ça n'apportait rien au texte lui-même. C'est très idéologique, ce cliché de l'écrivain qui doit se visser à son bureau et travailler chaque jour, sans exception. Être son propre esclavagiste. En chier comme tout le monde. Et c'est trop dommage, alors qu'on a choisi cette vie d'écrivain si difficile et inquiétante, de se priver de l'un de ses rares avantages : la liberté de son temps. Toutes ces histoires de rituels chez l'écrivain ne sont que simagrées et mensonges. Ça prétend mettre de l'ordre là où règne par nécessité le chaos. Un romancier c'est chaotique, même si ça ne se lit pas toujours sur sa figure, car c'est seulement du chaos qu'il peut espérer recréer un monde.



6) Comment vous vient l'inspiration ?

Je ne sais pas ce que c'est. Je ne suis pas intime avec les dieux, moi, ils ne me parlent pas, ne me dictent pas mes livres. Pour ça, faut être Victor Hugo, pas moins.



7) Comment l'écriture est-elle entrée dans votre vie ? Vous êtes-vous dit enfant ou adolescent «un jour j'écrirai des livres» ?

J'ai lu très jeune, dès l'âge cinq ans. Un soir, j'ai pris le journal qui traînait sur la table et j'ai lu à voix haute la manchette. Mes parents en sont restés sans voix. C'est drôle, je réalise que c'est un peu ce qui est arrivé à Nina qui, à 3 ans, s'installe à l'harmonium et joue de mémoire un spiritual. Ses parents, tous deux religieux, tombent à genoux et remercient le Seigneur de ce don du ciel. Nina n'a plus jamais lâché les touches du clavier, comme j'ai élu domicile dans le monde de l'écrit. Je passais mon enfance dans les bouquins, jusqu'au jour où j'ai rencontré le livre. J'avais 10 ans ce soir où j'ai plongé dans Le Rouge et le Noir. Il m'a fallu la nuit et toute la journée du lendemain pour en venir à bout. J'en suis sorti sonné, les yeux hors de la tête, dans un état de bonheur inédit. J'ai compris que la vérité était là, et pas dans ce qu'on appelle la réalité. Que je voulais vivre ma vie dans cette vérité-là.



8) Vous souvenez-vous de vos premiers chocs littéraires (en tant que lecteur) ?

Après Stendhal, les autres grands chocs furent Tolstoï puis Faulkner.



9) Savez-vous à quoi servent les écrivains ? !

A raconter des histoires. Notre besoin d'histoires est infini et insatiable. C'était la faiblesse de certains tenants du Nouveau Roman que de ne pas avoir compris cela, cette donnée humaine. Claude Simon, lui, ne s'y est pas trompé, qui n'a cessé de raconter des histoires fascinantes - même si c'était toujours plus ou moins la même, comme chez Duras. Aussi «difficiles» et exigeants soient-ils sur un plan formel, les romans de Claude Simon ne se lâchent pas : c'est un puissant conteur, dont le souffle narratif peut se comparer à ceux de Faulkner et Tolstoï.



10) Quelle place tiennent les librairies dans votre vie ?

J'ai l'habitude de dire qu'ils sont le nerf de la guerre. Une expression bizarre, certes, étrangement martiale, mais qui a le mérite d'être parlante. Et puis, à bien y réfléchir, peut-être y a-t-il quelque chose d'un combat dans ce métier pas comme les autres, quelque chose d'une croisade toujours à recommencer. Vous l'aurez compris : je les trouve sacrément courageux et leur capacité à s'enthousiasmer, surtout en ces temps difficiles, force l'admiration.




Courrier des auteurs le 17/04/2013


1) Quel est le thème central de ce livre ?

Moi qui, pour une fois, croyais avoir trouvé un titre transparent ! Un de ceux qu'on n'a pas besoin d'expliquer... Au centre il y a Nina Simone, donc. Vieillissante, épuisée, la chanteuse ne veut plus qu'une chose : arrêter la scène et finir ses jours en paix, à son piano, dans sa maison de plage près de Marseille. Un jeune homme de ménage philippin se présente pour embaucher à la villa. Il n'a aucune idée de la légende vivante qu'est sa nouvelle patronne. Amusée, Nina en fait son confident et lui ouvre les portes de sa mémoire.



2) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?

Ces mots de Nina à un journaliste qui l'interviewe : «Tomber dans la solitude, ça va plus vite qu'on ne croit. S'éloigner des gens, c'est très facile.»



3) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?

Joker ! Croyez-le ou non, moi qui passe rarement une journée sans un disque de Nina Simone, je ne l'ai pas écoutée une seule fois tout le temps que j'écrivais son histoire. J'ai préféré me porter vers ses maîtres : Bach, Chopin, Debussy. Ainsi je restais en dialogue, en lien musical avec elle, mais j'évitais la surexposition, la redondance, voire la paraphrase.



4) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?

Une humanité commune. Il me semble que les romans aident à cela. Par eux, on rencontre dans le monde entier des gens qu'on ne croiserait jamais si l'on n'avait pas le livre comme un pont tendu. Dans les faits, je ris beaucoup avec mes lecteurs. C'est bon de rire, c'est libérateur lorsqu'on parle de textes où rôde la tragédie, l'irréparable. Et puis, c'est merveilleux cette abolition de toutes les distances (culturelles, sociales, générationnelles), ce moment du rire où un total inconnu devient en quelques secondes un complice, un proche.

Nina Simone était une diva blessée par la vie mais aussi une femme très intelligente, à l'esprit mordant. Comme tous les êtres intelligents, elle savait mettre son malheur en veilleuse pour s'amuser, plaisanter, se moquer. Je me suis attaché à restituer son humour dans le roman.



5) Avez-vous des rituels d'écrivain ? (Choix du lieu, de l'horaire, d'une musique de fond) ?

Non, je fuis les rituels. A mes débuts, je me fixais une discipline de travail, un agenda détaillé. Je me levais avec le jour et travaillais à grand renfort de thé jusqu'à épuisement des forces. Ça me laissait après coup un sentiment de labeur un peu déprimant, qui m'éloignait du plaisir d'écrire.

Puis j'ai compris que ça n'apportait rien au texte lui-même. C'est très idéologique, ce cliché de l'écrivain qui doit se visser à son bureau et travailler chaque jour, sans exception. Être son propre esclavagiste. En chier comme tout le monde. Et c'est trop dommage, alors qu'on a choisi cette vie d'écrivain si difficile et inquiétante, de se priver de l'un de ses rares avantages : la liberté de son temps. Toutes ces histoires de rituels chez l'écrivain ne sont que simagrées et mensonges. Ça prétend mettre de l'ordre là où règne par nécessité le chaos. Un romancier c'est chaotique, même si ça ne se lit pas toujours sur sa figure, car c'est seulement du chaos qu'il peut espérer recréer un monde.



6) Comment vous vient l'inspiration ?

Je ne sais pas ce que c'est. Je ne suis pas intime avec les dieux, moi, ils ne me parlent pas, ne me dictent pas mes livres. Pour ça, faut être Victor Hugo, pas moins.



7) Comment l'écriture est-elle entrée dans votre vie ? Vous êtes-vous dit enfant ou adolescent «un jour j'écrirai des livres» ?

J'ai lu très jeune, dès l'âge cinq ans. Un soir, j'ai pris le journal qui traînait sur la table et j'ai lu à voix haute la manchette. Mes parents en sont restés sans voix. C'est drôle, je réalise que c'est un peu ce qui est arrivé à Nina qui, à 3 ans, s'installe à l'harmonium et joue de mémoire un spiritual. Ses parents, tous deux religieux, tombent à genoux et remercient le Seigneur de ce don du ciel. Nina n'a plus jamais lâché les touches du clavier, comme j'ai élu domicile dans le monde de l'écrit. Je passais mon enfance dans les bouquins, jusqu'au jour où j'ai rencontré le livre. J'avais 10 ans ce soir où j'ai plongé dans Le Rouge et le Noir. Il m'a fallu la nuit et toute la journée du lendemain pour en venir à bout. J'en suis sorti sonné, les yeux hors de la tête, dans un état de bonheur inédit. J'ai compris que la vérité était là, et pas dans ce qu'on appelle la réalité. Que je voulais vivre ma vie dans cette vérité-là.



8) Vous souvenez-vous de vos premiers chocs littéraires (en tant que lecteur) ?

Après Stendhal, les autres grands chocs furent Tolstoï puis Faulkner.



9) Savez-vous à quoi servent les écrivains ? !

A raconter des histoires. Notre besoin d'histoires est infini et insatiable. C'était la faiblesse de certains tenants du Nouveau Roman que de ne pas avoir compris cela, cette donnée humaine. Claude Simon, lui, ne s'y est pas trompé, qui n'a cessé de raconter des histoires fascinantes - même si c'était toujours plus ou moins la même, comme chez Duras. Aussi «difficiles» et exigeants soient-ils sur un plan formel, les romans de Claude Simon ne se lâchent pas : c'est un puissant conteur, dont le souffle narratif peut se comparer à ceux de Faulkner et Tolstoï.



10) Quelle place tiennent les librairies dans votre vie ?

J'ai l'habitude de dire qu'ils sont le nerf de la guerre. Une expression bizarre, certes, étrangement martiale, mais qui a le mérite d'être parlante. Et puis, à bien y réfléchir, peut-être y a-t-il quelque chose d'un combat dans ce métier pas comme les autres, quelque chose d'une croisade toujours à recommencer. Vous l'aurez compris : je les trouve sacrément courageux et leur capacité à s'enthousiasmer, surtout en ces temps difficiles, force l'admiration.




Courrier des auteurs le 17/04/2013


1) Quel est le thème central de ce livre ?

Moi qui, pour une fois, croyais avoir trouvé un titre transparent ! Un de ceux qu'on n'a pas besoin d'expliquer... Au centre il y a Nina Simone, donc. Vieillissante, épuisée, la chanteuse ne veut plus qu'une chose : arrêter la scène et finir ses jours en paix, à son piano, dans sa maison de plage près de Marseille. Un jeune homme de ménage philippin se présente pour embaucher à la villa. Il n'a aucune idée de la légende vivante qu'est sa nouvelle patronne. Amusée, Nina en fait son confident et lui ouvre les portes de sa mémoire.



2) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?

Ces mots de Nina à un journaliste qui l'interviewe : «Tomber dans la solitude, ça va plus vite qu'on ne croit. S'éloigner des gens, c'est très facile.»



3) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?

Joker ! Croyez-le ou non, moi qui passe rarement une journée sans un disque de Nina Simone, je ne l'ai pas écoutée une seule fois tout le temps que j'écrivais son histoire. J'ai préféré me porter vers ses maîtres : Bach, Chopin, Debussy. Ainsi je restais en dialogue, en lien musical avec elle, mais j'évitais la surexposition, la redondance, voire la paraphrase.



4) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?

Une humanité commune. Il me semble que les romans aident à cela. Par eux, on rencontre dans le monde entier des gens qu'on ne croiserait jamais si l'on n'avait pas le livre comme un pont tendu. Dans les faits, je ris beaucoup avec mes lecteurs. C'est bon de rire, c'est libérateur lorsqu'on parle de textes où rôde la tragédie, l'irréparable. Et puis, c'est merveilleux cette abolition de toutes les distances (culturelles, sociales, générationnelles), ce moment du rire où un total inconnu devient en quelques secondes un complice, un proche.

Nina Simone était une diva blessée par la vie mais aussi une femme très intelligente, à l'esprit mordant. Comme tous les êtres intelligents, elle savait mettre son malheur en veilleuse pour s'amuser, plaisanter, se moquer. Je me suis attaché à restituer son humour dans le roman.



5) Avez-vous des rituels d'écrivain ? (Choix du lieu, de l'horaire, d'une musique de fond) ?

Non, je fuis les rituels. A mes débuts, je me fixais une discipline de travail, un agenda détaillé. Je me levais avec le jour et travaillais à grand renfort de thé jusqu'à épuisement des forces. Ça me laissait après coup un sentiment de labeur un peu déprimant, qui m'éloignait du plaisir d'écrire.

Puis j'ai compris que ça n'apportait rien au texte lui-même. C'est très idéologique, ce cliché de l'écrivain qui doit se visser à son bureau et travailler chaque jour, sans exception. Être son propre esclavagiste. En chier comme tout le monde. Et c'est trop dommage, alors qu'on a choisi cette vie d'écrivain si difficile et inquiétante, de se priver de l'un de ses rares avantages : la liberté de son temps. Toutes ces histoires de rituels chez l'écrivain ne sont que simagrées et mensonges. Ça prétend mettre de l'ordre là où règne par nécessité le chaos. Un romancier c'est chaotique, même si ça ne se lit pas toujours sur sa figure, car c'est seulement du chaos qu'il peut espérer recréer un monde.



6) Comment vous vient l'inspiration ?

Je ne sais pas ce que c'est. Je ne suis pas intime avec les dieux, moi, ils ne me parlent pas, ne me dictent pas mes livres. Pour ça, faut être Victor Hugo, pas moins.



7) Comment l'écriture est-elle entrée dans votre vie ? Vous êtes-vous dit enfant ou adolescent «un jour j'écrirai des livres» ?

J'ai lu très jeune, dès l'âge cinq ans. Un soir, j'ai pris le journal qui traînait sur la table et j'ai lu à voix haute la manchette. Mes parents en sont restés sans voix. C'est drôle, je réalise que c'est un peu ce qui est arrivé à Nina qui, à 3 ans, s'installe à l'harmonium et joue de mémoire un spiritual. Ses parents, tous deux religieux, tombent à genoux et remercient le Seigneur de ce don du ciel. Nina n'a plus jamais lâché les touches du clavier, comme j'ai élu domicile dans le monde de l'écrit. Je passais mon enfance dans les bouquins, jusqu'au jour où j'ai rencontré le livre. J'avais 10 ans ce soir où j'ai plongé dans Le Rouge et le Noir. Il m'a fallu la nuit et toute la journée du lendemain pour en venir à bout. J'en suis sorti sonné, les yeux hors de la tête, dans un état de bonheur inédit. J'ai compris que la vérité était là, et pas dans ce qu'on appelle la réalité. Que je voulais vivre ma vie dans cette vérité-là.



8) Vous souvenez-vous de vos premiers chocs littéraires (en tant que lecteur) ?

Après Stendhal, les autres grands chocs furent Tolstoï puis Faulkner.



9) Savez-vous à quoi servent les écrivains ? !

A raconter des histoires. Notre besoin d'histoires est infini et insatiable. C'était la faiblesse de certains tenants du Nouveau Roman que de ne pas avoir compris cela, cette donnée humaine. Claude Simon, lui, ne s'y est pas trompé, qui n'a cessé de raconter des histoires fascinantes - même si c'était toujours plus ou moins la même, comme chez Duras. Aussi «difficiles» et exigeants soient-ils sur un plan formel, les romans de Claude Simon ne se lâchent pas : c'est un puissant conteur, dont le souffle narratif peut se comparer à ceux de Faulkner et Tolstoï.



10) Quelle place tiennent les librairies dans votre vie ?

J'ai l'habitude de dire qu'ils sont le nerf de la guerre. Une expression bizarre, certes, étrangement martiale, mais qui a le mérite d'être parlante. Et puis, à bien y réfléchir, peut-être y a-t-il quelque chose d'un combat dans ce métier pas comme les autres, quelque chose d'une croisade toujours à recommencer. Vous l'aurez compris : je les trouve sacrément courageux et leur capacité à s'enthousiasmer, surtout en ces temps difficiles, force l'admiration.




Courrier des auteurs le 17/04/2013


1) Quel est le thème central de ce livre ?

Moi qui, pour une fois, croyais avoir trouvé un titre transparent ! Un de ceux qu'on n'a pas besoin d'expliquer... Au centre il y a Nina Simone, donc. Vieillissante, épuisée, la chanteuse ne veut plus qu'une chose : arrêter la scène et finir ses jours en paix, à son piano, dans sa maison de plage près de Marseille. Un jeune homme de ménage philippin se présente pour embaucher à la villa. Il n'a aucune idée de la légende vivante qu'est sa nouvelle patronne. Amusée, Nina en fait son confident et lui ouvre les portes de sa mémoire.



2) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?

Ces mots de Nina à un journaliste qui l'interviewe : «Tomber dans la solitude, ça va plus vite qu'on ne croit. S'éloigner des gens, c'est très facile.»



3) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?

Joker ! Croyez-le ou non, moi qui passe rarement une journée sans un disque de Nina Simone, je ne l'ai pas écoutée une seule fois tout le temps que j'écrivais son histoire. J'ai préféré me porter vers ses maîtres : Bach, Chopin, Debussy. Ainsi je restais en dialogue, en lien musical avec elle, mais j'évitais la surexposition, la redondance, voire la paraphrase.



4) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?

Une humanité commune. Il me semble que les romans aident à cela. Par eux, on rencontre dans le monde entier des gens qu'on ne croiserait jamais si l'on n'avait pas le livre comme un pont tendu. Dans les faits, je ris beaucoup avec mes lecteurs. C'est bon de rire, c'est libérateur lorsqu'on parle de textes où rôde la tragédie, l'irréparable. Et puis, c'est merveilleux cette abolition de toutes les distances (culturelles, sociales, générationnelles), ce moment du rire où un total inconnu devient en quelques secondes un complice, un proche.

Nina Simone était une diva blessée par la vie mais aussi une femme très intelligente, à l'esprit mordant. Comme tous les êtres intelligents, elle savait mettre son malheur en veilleuse pour s'amuser, plaisanter, se moquer. Je me suis attaché à restituer son humour dans le roman.



5) Avez-vous des rituels d'écrivain ? (Choix du lieu, de l'horaire, d'une musique de fond) ?

Non, je fuis les rituels. A mes débuts, je me fixais une discipline de travail, un agenda détaillé. Je me levais avec le jour et travaillais à grand renfort de thé jusqu'à épuisement des forces. Ça me laissait après coup un sentiment de labeur un peu déprimant, qui m'éloignait du plaisir d'écrire.

Puis j'ai compris que ça n'apportait rien au texte lui-même. C'est très idéologique, ce cliché de l'écrivain qui doit se visser à son bureau et travailler chaque jour, sans exception. Être son propre esclavagiste. En chier comme tout le monde. Et c'est trop dommage, alors qu'on a choisi cette vie d'écrivain si difficile et inquiétante, de se priver de l'un de ses rares avantages : la liberté de son temps. Toutes ces histoires de rituels chez l'écrivain ne sont que simagrées et mensonges. Ça prétend mettre de l'ordre là où règne par nécessité le chaos. Un romancier c'est chaotique, même si ça ne se lit pas toujours sur sa figure, car c'est seulement du chaos qu'il peut espérer recréer un monde.



6) Comment vous vient l'inspiration ?

Je ne sais pas ce que c'est. Je ne suis pas intime avec les dieux, moi, ils ne me parlent pas, ne me dictent pas mes livres. Pour ça, faut être Victor Hugo, pas moins.



7) Comment l'écriture est-elle entrée dans votre vie ? Vous êtes-vous dit enfant ou adolescent «un jour j'écrirai des livres» ?

J'ai lu très jeune, dès l'âge cinq ans. Un soir, j'ai pris le journal qui traînait sur la table et j'ai lu à voix haute la manchette. Mes parents en sont restés sans voix. C'est drôle, je réalise que c'est un peu ce qui est arrivé à Nina qui, à 3 ans, s'installe à l'harmonium et joue de mémoire un spiritual. Ses parents, tous deux religieux, tombent à genoux et remercient le Seigneur de ce don du ciel. Nina n'a plus jamais lâché les touches du clavier, comme j'ai élu domicile dans le monde de l'écrit. Je passais mon enfance dans les bouquins, jusqu'au jour où j'ai rencontré le livre. J'avais 10 ans ce soir où j'ai plongé dans Le Rouge et le Noir. Il m'a fallu la nuit et toute la journée du lendemain pour en venir à bout. J'en suis sorti sonné, les yeux hors de la tête, dans un état de bonheur inédit. J'ai compris que la vérité était là, et pas dans ce qu'on appelle la réalité. Que je voulais vivre ma vie dans cette vérité-là.



8) Vous souvenez-vous de vos premiers chocs littéraires (en tant que lecteur) ?

Après Stendhal, les autres grands chocs furent Tolstoï puis Faulkner.



9) Savez-vous à quoi servent les écrivains ? !

A raconter des histoires. Notre besoin d'histoires est infini et insatiable. C'était la faiblesse de certains tenants du Nouveau Roman que de ne pas avoir compris cela, cette donnée humaine. Claude Simon, lui, ne s'y est pas trompé, qui n'a cessé de raconter des histoires fascinantes - même si c'était toujours plus ou moins la même, comme chez Duras. Aussi «difficiles» et exigeants soient-ils sur un plan formel, les romans de Claude Simon ne se lâchent pas : c'est un puissant conteur, dont le souffle narratif peut se comparer à ceux de Faulkner et Tolstoï.



10) Quelle place tiennent les librairies dans votre vie ?

J'ai l'habitude de dire qu'ils sont le nerf de la guerre. Une expression bizarre, certes, étrangement martiale, mais qui a le mérite d'être parlante. Et puis, à bien y réfléchir, peut-être y a-t-il quelque chose d'un combat dans ce métier pas comme les autres, quelque chose d'une croisade toujours à recommencer. Vous l'aurez compris : je les trouve sacrément courageux et leur capacité à s'enthousiasmer, surtout en ces temps difficiles, force l'admiration.




Courrier des auteurs le 17/04/2013


1) Quel est le thème central de ce livre ?

Moi qui, pour une fois, croyais avoir trouvé un titre transparent ! Un de ceux qu'on n'a pas besoin d'expliquer... Au centre il y a Nina Simone, donc. Vieillissante, épuisée, la chanteuse ne veut plus qu'une chose : arrêter la scène et finir ses jours en paix, à son piano, dans sa maison de plage près de Marseille. Un jeune homme de ménage philippin se présente pour embaucher à la villa. Il n'a aucune idée de la légende vivante qu'est sa nouvelle patronne. Amusée, Nina en fait son confident et lui ouvre les portes de sa mémoire.



2) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?

Ces mots de Nina à un journaliste qui l'interviewe : «Tomber dans la solitude, ça va plus vite qu'on ne croit. S'éloigner des gens, c'est très facile.»



3) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?

Joker ! Croyez-le ou non, moi qui passe rarement une journée sans un disque de Nina Simone, je ne l'ai pas écoutée une seule fois tout le temps que j'écrivais son histoire. J'ai préféré me porter vers ses maîtres : Bach, Chopin, Debussy. Ainsi je restais en dialogue, en lien musical avec elle, mais j'évitais la surexposition, la redondance, voire la paraphrase.



4) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?

Une humanité commune. Il me semble que les romans aident à cela. Par eux, on rencontre dans le monde entier des gens qu'on ne croiserait jamais si l'on n'avait pas le livre comme un pont tendu. Dans les faits, je ris beaucoup avec mes lecteurs. C'est bon de rire, c'est libérateur lorsqu'on parle de textes où rôde la tragédie, l'irréparable. Et puis, c'est merveilleux cette abolition de toutes les distances (culturelles, sociales, générationnelles), ce moment du rire où un total inconnu devient en quelques secondes un complice, un proche.

Nina Simone était une diva blessée par la vie mais aussi une femme très intelligente, à l'esprit mordant. Comme tous les êtres intelligents, elle savait mettre son malheur en veilleuse pour s'amuser, plaisanter, se moquer. Je me suis attaché à restituer son humour dans le roman.



5) Avez-vous des rituels d'écrivain ? (Choix du lieu, de l'horaire, d'une musique de fond) ?

Non, je fuis les rituels. A mes débuts, je me fixais une discipline de travail, un agenda détaillé. Je me levais avec le jour et travaillais à grand renfort de thé jusqu'à épuisement des forces. Ça me laissait après coup un sentiment de labeur un peu déprimant, qui m'éloignait du plaisir d'écrire.

Puis j'ai compris que ça n'apportait rien au texte lui-même. C'est très idéologique, ce cliché de l'écrivain qui doit se visser à son bureau et travailler chaque jour, sans exception. Être son propre esclavagiste. En chier comme tout le monde. Et c'est trop dommage, alors qu'on a choisi cette vie d'écrivain si difficile et inquiétante, de se priver de l'un de ses rares avantages : la liberté de son temps. Toutes ces histoires de rituels chez l'écrivain ne sont que simagrées et mensonges. Ça prétend mettre de l'ordre là où règne par nécessité le chaos. Un romancier c'est chaotique, même si ça ne se lit pas toujours sur sa figure, car c'est seulement du chaos qu'il peut espérer recréer un monde.



6) Comment vous vient l'inspiration ?

Je ne sais pas ce que c'est. Je ne suis pas intime avec les dieux, moi, ils ne me parlent pas, ne me dictent pas mes livres. Pour ça, faut être Victor Hugo, pas moins.



7) Comment l'écriture est-elle entrée dans votre vie ? Vous êtes-vous dit enfant ou adolescent «un jour j'écrirai des livres» ?

J'ai lu très jeune, dès l'âge cinq ans. Un soir, j'ai pris le journal qui traînait sur la table et j'ai lu à voix haute la manchette. Mes parents en sont restés sans voix. C'est drôle, je réalise que c'est un peu ce qui est arrivé à Nina qui, à 3 ans, s'installe à l'harmonium et joue de mémoire un spiritual. Ses parents, tous deux religieux, tombent à genoux et remercient le Seigneur de ce don du ciel. Nina n'a plus jamais lâché les touches du clavier, comme j'ai élu domicile dans le monde de l'écrit. Je passais mon enfance dans les bouquins, jusqu'au jour où j'ai rencontré le livre. J'avais 10 ans ce soir où j'ai plongé dans Le Rouge et le Noir. Il m'a fallu la nuit et toute la journée du lendemain pour en venir à bout. J'en suis sorti sonné, les yeux hors de la tête, dans un état de bonheur inédit. J'ai compris que la vérité était là, et pas dans ce qu'on appelle la réalité. Que je voulais vivre ma vie dans cette vérité-là.



8) Vous souvenez-vous de vos premiers chocs littéraires (en tant que lecteur) ?

Après Stendhal, les autres grands chocs furent Tolstoï puis Faulkner.



9) Savez-vous à quoi servent les écrivains ? !

A raconter des histoires. Notre besoin d'histoires est infini et insatiable. C'était la faiblesse de certains tenants du Nouveau Roman que de ne pas avoir compris cela, cette donnée humaine. Claude Simon, lui, ne s'y est pas trompé, qui n'a cessé de raconter des histoires fascinantes - même si c'était toujours plus ou moins la même, comme chez Duras. Aussi «difficiles» et exigeants soient-ils sur un plan formel, les romans de Claude Simon ne se lâchent pas : c'est un puissant conteur, dont le souffle narratif peut se comparer à ceux de Faulkner et Tolstoï.



10) Quelle place tiennent les librairies dans votre vie ?

J'ai l'habitude de dire qu'ils sont le nerf de la guerre. Une expression bizarre, certes, étrangement martiale, mais qui a le mérite d'être parlante. Et puis, à bien y réfléchir, peut-être y a-t-il quelque chose d'un combat dans ce métier pas comme les autres, quelque chose d'une croisade toujours à recommencer. Vous l'aurez compris : je les trouve sacrément courageux et leur capacité à s'enthousiasmer, surtout en ces temps difficiles, force l'admiration.




Courrier des auteurs le 17/04/2013


1) Quel est le thème central de ce livre ?

Moi qui, pour une fois, croyais avoir trouvé un titre transparent ! Un de ceux qu'on n'a pas besoin d'expliquer... Au centre il y a Nina Simone, donc. Vieillissante, épuisée, la chanteuse ne veut plus qu'une chose : arrêter la scène et finir ses jours en paix, à son piano, dans sa maison de plage près de Marseille. Un jeune homme de ménage philippin se présente pour embaucher à la villa. Il n'a aucune idée de la légende vivante qu'est sa nouvelle patronne. Amusée, Nina en fait son confident et lui ouvre les portes de sa mémoire.



2) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?

Ces mots de Nina à un journaliste qui l'interviewe : «Tomber dans la solitude, ça va plus vite qu'on ne croit. S'éloigner des gens, c'est très facile.»



3) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?

Joker ! Croyez-le ou non, moi qui passe rarement une journée sans un disque de Nina Simone, je ne l'ai pas écoutée une seule fois tout le temps que j'écrivais son histoire. J'ai préféré me porter vers ses maîtres : Bach, Chopin, Debussy. Ainsi je restais en dialogue, en lien musical avec elle, mais j'évitais la surexposition, la redondance, voire la paraphrase.



4) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?

Une humanité commune. Il me semble que les romans aident à cela. Par eux, on rencontre dans le monde entier des gens qu'on ne croiserait jamais si l'on n'avait pas le livre comme un pont tendu. Dans les faits, je ris beaucoup avec mes lecteurs. C'est bon de rire, c'est libérateur lorsqu'on parle de textes où rôde la tragédie, l'irréparable. Et puis, c'est merveilleux cette abolition de toutes les distances (culturelles, sociales, générationnelles), ce moment du rire où un total inconnu devient en quelques secondes un complice, un proche.

Nina Simone était une diva blessée par la vie mais aussi une femme très intelligente, à l'esprit mordant. Comme tous les êtres intelligents, elle savait mettre son malheur en veilleuse pour s'amuser, plaisanter, se moquer. Je me suis attaché à restituer son humour dans le roman.



5) Avez-vous des rituels d'écrivain ? (Choix du lieu, de l'horaire, d'une musique de fond) ?

Non, je fuis les rituels. A mes débuts, je me fixais une discipline de travail, un agenda détaillé. Je me levais avec le jour et travaillais à grand renfort de thé jusqu'à épuisement des forces. Ça me laissait après coup un sentiment de labeur un peu déprimant, qui m'éloignait du plaisir d'écrire.

Puis j'ai compris que ça n'apportait rien au texte lui-même. C'est très idéologique, ce cliché de l'écrivain qui doit se visser à son bureau et travailler chaque jour, sans exception. Être son propre esclavagiste. En chier comme tout le monde. Et c'est trop dommage, alors qu'on a choisi cette vie d'écrivain si difficile et inquiétante, de se priver de l'un de ses rares avantages : la liberté de son temps. Toutes ces histoires de rituels chez l'écrivain ne sont que simagrées et mensonges. Ça prétend mettre de l'ordre là où règne par nécessité le chaos. Un romancier c'est chaotique, même si ça ne se lit pas toujours sur sa figure, car c'est seulement du chaos qu'il peut espérer recréer un monde.



6) Comment vous vient l'inspiration ?

Je ne sais pas ce que c'est. Je ne suis pas intime avec les dieux, moi, ils ne me parlent pas, ne me dictent pas mes livres. Pour ça, faut être Victor Hugo, pas moins.



7) Comment l'écriture est-elle entrée dans votre vie ? Vous êtes-vous dit enfant ou adolescent «un jour j'écrirai des livres» ?

J'ai lu très jeune, dès l'âge cinq ans. Un soir, j'ai pris le journal qui traînait sur la table et j'ai lu à voix haute la manchette. Mes parents en sont restés sans voix. C'est drôle, je réalise que c'est un peu ce qui est arrivé à Nina qui, à 3 ans, s'installe à l'harmonium et joue de mémoire un spiritual. Ses parents, tous deux religieux, tombent à genoux et remercient le Seigneur de ce don du ciel. Nina n'a plus jamais lâché les touches du clavier, comme j'ai élu domicile dans le monde de l'écrit. Je passais mon enfance dans les bouquins, jusqu'au jour où j'ai rencontré le livre. J'avais 10 ans ce soir où j'ai plongé dans Le Rouge et le Noir. Il m'a fallu la nuit et toute la journée du lendemain pour en venir à bout. J'en suis sorti sonné, les yeux hors de la tête, dans un état de bonheur inédit. J'ai compris que la vérité était là, et pas dans ce qu'on appelle la réalité. Que je voulais vivre ma vie dans cette vérité-là.



8) Vous souvenez-vous de vos premiers chocs littéraires (en tant que lecteur) ?

Après Stendhal, les autres grands chocs furent Tolstoï puis Faulkner.



9) Savez-vous à quoi servent les écrivains ? !

A raconter des histoires. Notre besoin d'histoires est infini et insatiable. C'était la faiblesse de certains tenants du Nouveau Roman que de ne pas avoir compris cela, cette donnée humaine. Claude Simon, lui, ne s'y est pas trompé, qui n'a cessé de raconter des histoires fascinantes - même si c'était toujours plus ou moins la même, comme chez Duras. Aussi «difficiles» et exigeants soient-ils sur un plan formel, les romans de Claude Simon ne se lâchent pas : c'est un puissant conteur, dont le souffle narratif peut se comparer à ceux de Faulkner et Tolstoï.



10) Quelle place tiennent les librairies dans votre vie ?

J'ai l'habitude de dire qu'ils sont le nerf de la guerre. Une expression bizarre, certes, étrangement martiale, mais qui a le mérite d'être parlante. Et puis, à bien y réfléchir, peut-être y a-t-il quelque chose d'un combat dans ce métier pas comme les autres, quelque chose d'une croisade toujours à recommencer. Vous l'aurez compris : je les trouve sacrément courageux et leur capacité à s'enthousiasmer, surtout en ces temps difficiles, force l'admiration.




Courrier des auteurs le 17/04/2013


1) Quel est le thème central de ce livre ?

Moi qui, pour une fois, croyais avoir trouvé un titre transparent ! Un de ceux qu'on n'a pas besoin d'expliquer... Au centre il y a Nina Simone, donc. Vieillissante, épuisée, la chanteuse ne veut plus qu'une chose : arrêter la scène et finir ses jours en paix, à son piano, dans sa maison de plage près de Marseille. Un jeune homme de ménage philippin se présente pour embaucher à la villa. Il n'a aucune idée de la légende vivante qu'est sa nouvelle patronne. Amusée, Nina en fait son confident et lui ouvre les portes de sa mémoire.



2) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?

Ces mots de Nina à un journaliste qui l'interviewe : «Tomber dans la solitude, ça va plus vite qu'on ne croit. S'éloigner des gens, c'est très facile.»



3) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?

Joker ! Croyez-le ou non, moi qui passe rarement une journée sans un disque de Nina Simone, je ne l'ai pas écoutée une seule fois tout le temps que j'écrivais son histoire. J'ai préféré me porter vers ses maîtres : Bach, Chopin, Debussy. Ainsi je restais en dialogue, en lien musical avec elle, mais j'évitais la surexposition, la redondance, voire la paraphrase.



4) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?

Une humanité commune. Il me semble que les romans aident à cela. Par eux, on rencontre dans le monde entier des gens qu'on ne croiserait jamais si l'on n'avait pas le livre comme un pont tendu. Dans les faits, je ris beaucoup avec mes lecteurs. C'est bon de rire, c'est libérateur lorsqu'on parle de textes où rôde la tragédie, l'irréparable. Et puis, c'est merveilleux cette abolition de toutes les distances (culturelles, sociales, générationnelles), ce moment du rire où un total inconnu devient en quelques secondes un complice, un proche.

Nina Simone était une diva blessée par la vie mais aussi une femme très intelligente, à l'esprit mordant. Comme tous les êtres intelligents, elle savait mettre son malheur en veilleuse pour s'amuser, plaisanter, se moquer. Je me suis attaché à restituer son humour dans le roman.



5) Avez-vous des rituels d'écrivain ? (Choix du lieu, de l'horaire, d'une musique de fond) ?

Non, je fuis les rituels. A mes débuts, je me fixais une discipline de travail, un agenda détaillé. Je me levais avec le jour et travaillais à grand renfort de thé jusqu'à épuisement des forces. Ça me laissait après coup un sentiment de labeur un peu déprimant, qui m'éloignait du plaisir d'écrire.

Puis j'ai compris que ça n'apportait rien au texte lui-même. C'est très idéologique, ce cliché de l'écrivain qui doit se visser à son bureau et travailler chaque jour, sans exception. Être son propre esclavagiste. En chier comme tout le monde. Et c'est trop dommage, alors qu'on a choisi cette vie d'écrivain si difficile et inquiétante, de se priver de l'un de ses rares avantages : la liberté de son temps. Toutes ces histoires de rituels chez l'écrivain ne sont que simagrées et mensonges. Ça prétend mettre de l'ordre là où règne par nécessité le chaos. Un romancier c'est chaotique, même si ça ne se lit pas toujours sur sa figure, car c'est seulement du chaos qu'il peut espérer recréer un monde.



6) Comment vous vient l'inspiration ?

Je ne sais pas ce que c'est. Je ne suis pas intime avec les dieux, moi, ils ne me parlent pas, ne me dictent pas mes livres. Pour ça, faut être Victor Hugo, pas moins.



7) Comment l'écriture est-elle entrée dans votre vie ? Vous êtes-vous dit enfant ou adolescent «un jour j'écrirai des livres» ?

J'ai lu très jeune, dès l'âge cinq ans. Un soir, j'ai pris le journal qui traînait sur la table et j'ai lu à voix haute la manchette. Mes parents en sont restés sans voix. C'est drôle, je réalise que c'est un peu ce qui est arrivé à Nina qui, à 3 ans, s'installe à l'harmonium et joue de mémoire un spiritual. Ses parents, tous deux religieux, tombent à genoux et remercient le Seigneur de ce don du ciel. Nina n'a plus jamais lâché les touches du clavier, comme j'ai élu domicile dans le monde de l'écrit. Je passais mon enfance dans les bouquins, jusqu'au jour où j'ai rencontré le livre. J'avais 10 ans ce soir où j'ai plongé dans Le Rouge et le Noir. Il m'a fallu la nuit et toute la journée du lendemain pour en venir à bout. J'en suis sorti sonné, les yeux hors de la tête, dans un état de bonheur inédit. J'ai compris que la vérité était là, et pas dans ce qu'on appelle la réalité. Que je voulais vivre ma vie dans cette vérité-là.



8) Vous souvenez-vous de vos premiers chocs littéraires (en tant que lecteur) ?

Après Stendhal, les autres grands chocs furent Tolstoï puis Faulkner.



9) Savez-vous à quoi servent les écrivains ? !

A raconter des histoires. Notre besoin d'histoires est infini et insatiable. C'était la faiblesse de certains tenants du Nouveau Roman que de ne pas avoir compris cela, cette donnée humaine. Claude Simon, lui, ne s'y est pas trompé, qui n'a cessé de raconter des histoires fascinantes - même si c'était toujours plus ou moins la même, comme chez Duras. Aussi «difficiles» et exigeants soient-ils sur un plan formel, les romans de Claude Simon ne se lâchent pas : c'est un puissant conteur, dont le souffle narratif peut se comparer à ceux de Faulkner et Tolstoï.



10) Quelle place tiennent les librairies dans votre vie ?

J'ai l'habitude de dire qu'ils sont le nerf de la guerre. Une expression bizarre, certes, étrangement martiale, mais qui a le mérite d'être parlante. Et puis, à bien y réfléchir, peut-être y a-t-il quelque chose d'un combat dans ce métier pas comme les autres, quelque chose d'une croisade toujours à recommencer. Vous l'aurez compris : je les trouve sacrément courageux et leur capacité à s'enthousiasmer, surtout en ces temps difficiles, force l'admiration.




Courrier des auteurs le 17/04/2013


1) Quel est le thème central de ce livre ?

Moi qui, pour une fois, croyais avoir trouvé un titre transparent ! Un de ceux qu'on n'a pas besoin d'expliquer... Au centre il y a Nina Simone, donc. Vieillissante, épuisée, la chanteuse ne veut plus qu'une chose : arrêter la scène et finir ses jours en paix, à son piano, dans sa maison de plage près de Marseille. Un jeune homme de ménage philippin se présente pour embaucher à la villa. Il n'a aucune idée de la légende vivante qu'est sa nouvelle patronne. Amusée, Nina en fait son confident et lui ouvre les portes de sa mémoire.



2) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?

Ces mots de Nina à un journaliste qui l'interviewe : «Tomber dans la solitude, ça va plus vite qu'on ne croit. S'éloigner des gens, c'est très facile.»



3) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?

Joker ! Croyez-le ou non, moi qui passe rarement une journée sans un disque de Nina Simone, je ne l'ai pas écoutée une seule fois tout le temps que j'écrivais son histoire. J'ai préféré me porter vers ses maîtres : Bach, Chopin, Debussy. Ainsi je restais en dialogue, en lien musical avec elle, mais j'évitais la surexposition, la redondance, voire la paraphrase.



4) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?

Une humanité commune. Il me semble que les romans aident à cela. Par eux, on rencontre dans le monde entier des gens qu'on ne croiserait jamais si l'on n'avait pas le livre comme un pont tendu. Dans les faits, je ris beaucoup avec mes lecteurs. C'est bon de rire, c'est libérateur lorsqu'on parle de textes où rôde la tragédie, l'irréparable. Et puis, c'est merveilleux cette abolition de toutes les distances (culturelles, sociales, générationnelles), ce moment du rire où un total inconnu devient en quelques secondes un complice, un proche.

Nina Simone était une diva blessée par la vie mais aussi une femme très intelligente, à l'esprit mordant. Comme tous les êtres intelligents, elle savait mettre son malheur en veilleuse pour s'amuser, plaisanter, se moquer. Je me suis attaché à restituer son humour dans le roman.



5) Avez-vous des rituels d'écrivain ? (Choix du lieu, de l'horaire, d'une musique de fond) ?

Non, je fuis les rituels. A mes débuts, je me fixais une discipline de travail, un agenda détaillé. Je me levais avec le jour et travaillais à grand renfort de thé jusqu'à épuisement des forces. Ça me laissait après coup un sentiment de labeur un peu déprimant, qui m'éloignait du plaisir d'écrire.

Puis j'ai compris que ça n'apportait rien au texte lui-même. C'est très idéologique, ce cliché de l'écrivain qui doit se visser à son bureau et travailler chaque jour, sans exception. Être son propre esclavagiste. En chier comme tout le monde. Et c'est trop dommage, alors qu'on a choisi cette vie d'écrivain si difficile et inquiétante, de se priver de l'un de ses rares avantages : la liberté de son temps. Toutes ces histoires de rituels chez l'écrivain ne sont que simagrées et mensonges. Ça prétend mettre de l'ordre là où règne par nécessité le chaos. Un romancier c'est chaotique, même si ça ne se lit pas toujours sur sa figure, car c'est seulement du chaos qu'il peut espérer recréer un monde.



6) Comment vous vient l'inspiration ?

Je ne sais pas ce que c'est. Je ne suis pas intime avec les dieux, moi, ils ne me parlent pas, ne me dictent pas mes livres. Pour ça, faut être Victor Hugo, pas moins.



7) Comment l'écriture est-elle entrée dans votre vie ? Vous êtes-vous dit enfant ou adolescent «un jour j'écrirai des livres» ?

J'ai lu très jeune, dès l'âge cinq ans. Un soir, j'ai pris le journal qui traînait sur la table et j'ai lu à voix haute la manchette. Mes parents en sont restés sans voix. C'est drôle, je réalise que c'est un peu ce qui est arrivé à Nina qui, à 3 ans, s'installe à l'harmonium et joue de mémoire un spiritual. Ses parents, tous deux religieux, tombent à genoux et remercient le Seigneur de ce don du ciel. Nina n'a plus jamais lâché les touches du clavier, comme j'ai élu domicile dans le monde de l'écrit. Je passais mon enfance dans les bouquins, jusqu'au jour où j'ai rencontré le livre. J'avais 10 ans ce soir où j'ai plongé dans Le Rouge et le Noir. Il m'a fallu la nuit et toute la journée du lendemain pour en venir à bout. J'en suis sorti sonné, les yeux hors de la tête, dans un état de bonheur inédit. J'ai compris que la vérité était là, et pas dans ce qu'on appelle la réalité. Que je voulais vivre ma vie dans cette vérité-là.



8) Vous souvenez-vous de vos premiers chocs littéraires (en tant que lecteur) ?

Après Stendhal, les autres grands chocs furent Tolstoï puis Faulkner.



9) Savez-vous à quoi servent les écrivains ? !

A raconter des histoires. Notre besoin d'histoires est infini et insatiable. C'était la faiblesse de certains tenants du Nouveau Roman que de ne pas avoir compris cela, cette donnée humaine. Claude Simon, lui, ne s'y est pas trompé, qui n'a cessé de raconter des histoires fascinantes - même si c'était toujours plus ou moins la même, comme chez Duras. Aussi «difficiles» et exigeants soient-ils sur un plan formel, les romans de Claude Simon ne se lâchent pas : c'est un puissant conteur, dont le souffle narratif peut se comparer à ceux de Faulkner et Tolstoï.



10) Quelle place tiennent les librairies dans votre vie ?

J'ai l'habitude de dire qu'ils sont le nerf de la guerre. Une expression bizarre, certes, étrangement martiale, mais qui a le mérite d'être parlante. Et puis, à bien y réfléchir, peut-être y a-t-il quelque chose d'un combat dans ce métier pas comme les autres, quelque chose d'une croisade toujours à recommencer. Vous l'aurez compris : je les trouve sacrément courageux et leur capacité à s'enthousiasmer, surtout en ces temps difficiles, force l'admiration.




Courrier des auteurs le 17/04/2013


1) Quel est le thème central de ce livre ?

Moi qui, pour une fois, croyais avoir trouvé un titre transparent ! Un de ceux qu'on n'a pas besoin d'expliquer... Au centre il y a Nina Simone, donc. Vieillissante, épuisée, la chanteuse ne veut plus qu'une chose : arrêter la scène et finir ses jours en paix, à son piano, dans sa maison de plage près de Marseille. Un jeune homme de ménage philippin se présente pour embaucher à la villa. Il n'a aucune idée de la légende vivante qu'est sa nouvelle patronne. Amusée, Nina en fait son confident et lui ouvre les portes de sa mémoire.



2) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?

Ces mots de Nina à un journaliste qui l'interviewe : «Tomber dans la solitude, ça va plus vite qu'on ne croit. S'éloigner des gens, c'est très facile.»



3) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?

Joker ! Croyez-le ou non, moi qui passe rarement une journée sans un disque de Nina Simone, je ne l'ai pas écoutée une seule fois tout le temps que j'écrivais son histoire. J'ai préféré me porter vers ses maîtres : Bach, Chopin, Debussy. Ainsi je restais en dialogue, en lien musical avec elle, mais j'évitais la surexposition, la redondance, voire la paraphrase.



4) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?

Une humanité commune. Il me semble que les romans aident à cela. Par eux, on rencontre dans le monde entier des gens qu'on ne croiserait jamais si l'on n'avait pas le livre comme un pont tendu. Dans les faits, je ris beaucoup avec mes lecteurs. C'est bon de rire, c'est libérateur lorsqu'on parle de textes où rôde la tragédie, l'irréparable. Et puis, c'est merveilleux cette abolition de toutes les distances (culturelles, sociales, générationnelles), ce moment du rire où un total inconnu devient en quelques secondes un complice, un proche.

Nina Simone était une diva blessée par la vie mais aussi une femme très intelligente, à l'esprit mordant. Comme tous les êtres intelligents, elle savait mettre son malheur en veilleuse pour s'amuser, plaisanter, se moquer. Je me suis attaché à restituer son humour dans le roman.



5) Avez-vous des rituels d'écrivain ? (Choix du lieu, de l'horaire, d'une musique de fond) ?

Non, je fuis les rituels. A mes débuts, je me fixais une discipline de travail, un agenda détaillé. Je me levais avec le jour et travaillais à grand renfort de thé jusqu'à épuisement des forces. Ça me laissait après coup un sentiment de labeur un peu déprimant, qui m'éloignait du plaisir d'écrire.

Puis j'ai compris que ça n'apportait rien au texte lui-même. C'est très idéologique, ce cliché de l'écrivain qui doit se visser à son bureau et travailler chaque jour, sans exception. Être son propre esclavagiste. En chier comme tout le monde. Et c'est trop dommage, alors qu'on a choisi cette vie d'écrivain si difficile et inquiétante, de se priver de l'un de ses rares avantages : la liberté de son temps. Toutes ces histoires de rituels chez l'écrivain ne sont que simagrées et mensonges. Ça prétend mettre de l'ordre là où règne par nécessité le chaos. Un romancier c'est chaotique, même si ça ne se lit pas toujours sur sa figure, car c'est seulement du chaos qu'il peut espérer recréer un monde.



6) Comment vous vient l'inspiration ?

Je ne sais pas ce que c'est. Je ne suis pas intime avec les dieux, moi, ils ne me parlent pas, ne me dictent pas mes livres. Pour ça, faut être Victor Hugo, pas moins.



7) Comment l'écriture est-elle entrée dans votre vie ? Vous êtes-vous dit enfant ou adolescent «un jour j'écrirai des livres» ?

J'ai lu très jeune, dès l'âge cinq ans. Un soir, j'ai pris le journal qui traînait sur la table et j'ai lu à voix haute la manchette. Mes parents en sont restés sans voix. C'est drôle, je réalise que c'est un peu ce qui est arrivé à Nina qui, à 3 ans, s'installe à l'harmonium et joue de mémoire un spiritual. Ses parents, tous deux religieux, tombent à genoux et remercient le Seigneur de ce don du ciel. Nina n'a plus jamais lâché les touches du clavier, comme j'ai élu domicile dans le monde de l'écrit. Je passais mon enfance dans les bouquins, jusqu'au jour où j'ai rencontré le livre. J'avais 10 ans ce soir où j'ai plongé dans Le Rouge et le Noir. Il m'a fallu la nuit et toute la journée du lendemain pour en venir à bout. J'en suis sorti sonné, les yeux hors de la tête, dans un état de bonheur inédit. J'ai compris que la vérité était là, et pas dans ce qu'on appelle la réalité. Que je voulais vivre ma vie dans cette vérité-là.



8) Vous souvenez-vous de vos premiers chocs littéraires (en tant que lecteur) ?

Après Stendhal, les autres grands chocs furent Tolstoï puis Faulkner.



9) Savez-vous à quoi servent les écrivains ? !

A raconter des histoires. Notre besoin d'histoires est infini et insatiable. C'était la faiblesse de certains tenants du Nouveau Roman que de ne pas avoir compris cela, cette donnée humaine. Claude Simon, lui, ne s'y est pas trompé, qui n'a cessé de raconter des histoires fascinantes - même si c'était toujours plus ou moins la même, comme chez Duras. Aussi «difficiles» et exigeants soient-ils sur un plan formel, les romans de Claude Simon ne se lâchent pas : c'est un puissant conteur, dont le souffle narratif peut se comparer à ceux de Faulkner et Tolstoï.



10) Quelle place tiennent les librairies dans votre vie ?

J'ai l'habitude de dire qu'ils sont le nerf de la guerre. Une expression bizarre, certes, étrangement martiale, mais qui a le mérite d'être parlante. Et puis, à bien y réfléchir, peut-être y a-t-il quelque chose d'un combat dans ce métier pas comme les autres, quelque chose d'une croisade toujours à recommencer. Vous l'aurez compris : je les trouve sacrément courageux et leur capacité à s'enthousiasmer, surtout en ces temps difficiles, force l'admiration.




Courrier des auteurs le 17/04/2013


1) Quel est le thème central de ce livre ?

Moi qui, pour une fois, croyais avoir trouvé un titre transparent ! Un de ceux qu'on n'a pas besoin d'expliquer... Au centre il y a Nina Simone, donc. Vieillissante, épuisée, la chanteuse ne veut plus qu'une chose : arrêter la scène et finir ses jours en paix, à son piano, dans sa maison de plage près de Marseille. Un jeune homme de ménage philippin se présente pour embaucher à la villa. Il n'a aucune idée de la légende vivante qu'est sa nouvelle patronne. Amusée, Nina en fait son confident et lui ouvre les portes de sa mémoire.



2) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?

Ces mots de Nina à un journaliste qui l'interviewe : «Tomber dans la solitude, ça va plus vite qu'on ne croit. S'éloigner des gens, c'est très facile.»



3) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?

Joker ! Croyez-le ou non, moi qui passe rarement une journée sans un disque de Nina Simone, je ne l'ai pas écoutée une seule fois tout le temps que j'écrivais son histoire. J'ai préféré me porter vers ses maîtres : Bach, Chopin, Debussy. Ainsi je restais en dialogue, en lien musical avec elle, mais j'évitais la surexposition, la redondance, voire la paraphrase.



4) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?

Une humanité commune. Il me semble que les romans aident à cela. Par eux, on rencontre dans le monde entier des gens qu'on ne croiserait jamais si l'on n'avait pas le livre comme un pont tendu. Dans les faits, je ris beaucoup avec mes lecteurs. C'est bon de rire, c'est libérateur lorsqu'on parle de textes où rôde la tragédie, l'irréparable. Et puis, c'est merveilleux cette abolition de toutes les distances (culturelles, sociales, générationnelles), ce moment du rire où un total inconnu devient en quelques secondes un complice, un proche.

Nina Simone était une diva blessée par la vie mais aussi une femme très intelligente, à l'esprit mordant. Comme tous les êtres intelligents, elle savait mettre son malheur en veilleuse pour s'amuser, plaisanter, se moquer. Je me suis attaché à restituer son humour dans le roman.



5) Avez-vous des rituels d'écrivain ? (Choix du lieu, de l'horaire, d'une musique de fond) ?

Non, je fuis les rituels. A mes débuts, je me fixais une discipline de travail, un agenda détaillé. Je me levais avec le jour et travaillais à grand renfort de thé jusqu'à épuisement des forces. Ça me laissait après coup un sentiment de labeur un peu déprimant, qui m'éloignait du plaisir d'écrire.

Puis j'ai compris que ça n'apportait rien au texte lui-même. C'est très idéologique, ce cliché de l'écrivain qui doit se visser à son bureau et travailler chaque jour, sans exception. Être son propre esclavagiste. En chier comme tout le monde. Et c'est trop dommage, alors qu'on a choisi cette vie d'écrivain si difficile et inquiétante, de se priver de l'un de ses rares avantages : la liberté de son temps. Toutes ces histoires de rituels chez l'écrivain ne sont que simagrées et mensonges. Ça prétend mettre de l'ordre là où règne par nécessité le chaos. Un romancier c'est chaotique, même si ça ne se lit pas toujours sur sa figure, car c'est seulement du chaos qu'il peut espérer recréer un monde.



6) Comment vous vient l'inspiration ?

Je ne sais pas ce que c'est. Je ne suis pas intime avec les dieux, moi, ils ne me parlent pas, ne me dictent pas mes livres. Pour ça, faut être Victor Hugo, pas moins.



7) Comment l'écriture est-elle entrée dans votre vie ? Vous êtes-vous dit enfant ou adolescent «un jour j'écrirai des livres» ?

J'ai lu très jeune, dès l'âge cinq ans. Un soir, j'ai pris le journal qui traînait sur la table et j'ai lu à voix haute la manchette. Mes parents en sont restés sans voix. C'est drôle, je réalise que c'est un peu ce qui est arrivé à Nina qui, à 3 ans, s'installe à l'harmonium et joue de mémoire un spiritual. Ses parents, tous deux religieux, tombent à genoux et remercient le Seigneur de ce don du ciel. Nina n'a plus jamais lâché les touches du clavier, comme j'ai élu domicile dans le monde de l'écrit. Je passais mon enfance dans les bouquins, jusqu'au jour où j'ai rencontré le livre. J'avais 10 ans ce soir où j'ai plongé dans Le Rouge et le Noir. Il m'a fallu la nuit et toute la journée du lendemain pour en venir à bout. J'en suis sorti sonné, les yeux hors de la tête, dans un état de bonheur inédit. J'ai compris que la vérité était là, et pas dans ce qu'on appelle la réalité. Que je voulais vivre ma vie dans cette vérité-là.



8) Vous souvenez-vous de vos premiers chocs littéraires (en tant que lecteur) ?

Après Stendhal, les autres grands chocs furent Tolstoï puis Faulkner.



9) Savez-vous à quoi servent les écrivains ? !

A raconter des histoires. Notre besoin d'histoires est infini et insatiable. C'était la faiblesse de certains tenants du Nouveau Roman que de ne pas avoir compris cela, cette donnée humaine. Claude Simon, lui, ne s'y est pas trompé, qui n'a cessé de raconter des histoires fascinantes - même si c'était toujours plus ou moins la même, comme chez Duras. Aussi «difficiles» et exigeants soient-ils sur un plan formel, les romans de Claude Simon ne se lâchent pas : c'est un puissant conteur, dont le souffle narratif peut se comparer à ceux de Faulkner et Tolstoï.



10) Quelle place tiennent les librairies dans votre vie ?

J'ai l'habitude de dire qu'ils sont le nerf de la guerre. Une expression bizarre, certes, étrangement martiale, mais qui a le mérite d'être parlante. Et puis, à bien y réfléchir, peut-être y a-t-il quelque chose d'un combat dans ce métier pas comme les autres, quelque chose d'une croisade toujours à recommencer. Vous l'aurez compris : je les trouve sacrément courageux et leur capacité à s'enthousiasmer, surtout en ces temps difficiles, force l'admiration.




Courrier des auteurs le 17/04/2013


1) Quel est le thème central de ce livre ?

Moi qui, pour une fois, croyais avoir trouvé un titre transparent ! Un de ceux qu'on n'a pas besoin d'expliquer... Au centre il y a Nina Simone, donc. Vieillissante, épuisée, la chanteuse ne veut plus qu'une chose : arrêter la scène et finir ses jours en paix, à son piano, dans sa maison de plage près de Marseille. Un jeune homme de ménage philippin se présente pour embaucher à la villa. Il n'a aucune idée de la légende vivante qu'est sa nouvelle patronne. Amusée, Nina en fait son confident et lui ouvre les portes de sa mémoire.



2) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?

Ces mots de Nina à un journaliste qui l'interviewe : «Tomber dans la solitude, ça va plus vite qu'on ne croit. S'éloigner des gens, c'est très facile.»



3) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?

Joker ! Croyez-le ou non, moi qui passe rarement une journée sans un disque de Nina Simone, je ne l'ai pas écoutée une seule fois tout le temps que j'écrivais son histoire. J'ai préféré me porter vers ses maîtres : Bach, Chopin, Debussy. Ainsi je restais en dialogue, en lien musical avec elle, mais j'évitais la surexposition, la redondance, voire la paraphrase.



4) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?

Une humanité commune. Il me semble que les romans aident à cela. Par eux, on rencontre dans le monde entier des gens qu'on ne croiserait jamais si l'on n'avait pas le livre comme un pont tendu. Dans les faits, je ris beaucoup avec mes lecteurs. C'est bon de rire, c'est libérateur lorsqu'on parle de textes où rôde la tragédie, l'irréparable. Et puis, c'est merveilleux cette abolition de toutes les distances (culturelles, sociales, générationnelles), ce moment du rire où un total inconnu devient en quelques secondes un complice, un proche.

Nina Simone était une diva blessée par la vie mais aussi une femme très intelligente, à l'esprit mordant. Comme tous les êtres intelligents, elle savait mettre son malheur en veilleuse pour s'amuser, plaisanter, se moquer. Je me suis attaché à restituer son humour dans le roman.



5) Avez-vous des rituels d'écrivain ? (Choix du lieu, de l'horaire, d'une musique de fond) ?

Non, je fuis les rituels. A mes débuts, je me fixais une discipline de travail, un agenda détaillé. Je me levais avec le jour et travaillais à grand renfort de thé jusqu'à épuisement des forces. Ça me laissait après coup un sentiment de labeur un peu déprimant, qui m'éloignait du plaisir d'écrire.

Puis j'ai compris que ça n'apportait rien au texte lui-même. C'est très idéologique, ce cliché de l'écrivain qui doit se visser à son bureau et travailler chaque jour, sans exception. Être son propre esclavagiste. En chier comme tout le monde. Et c'est trop dommage, alors qu'on a choisi cette vie d'écrivain si difficile et inquiétante, de se priver de l'un de ses rares avantages : la liberté de son temps. Toutes ces histoires de rituels chez l'écrivain ne sont que simagrées et mensonges. Ça prétend mettre de l'ordre là où règne par nécessité le chaos. Un romancier c'est chaotique, même si ça ne se lit pas toujours sur sa figure, car c'est seulement du chaos qu'il peut espérer recréer un monde.



6) Comment vous vient l'inspiration ?

Je ne sais pas ce que c'est. Je ne suis pas intime avec les dieux, moi, ils ne me parlent pas, ne me dictent pas mes livres. Pour ça, faut être Victor Hugo, pas moins.



7) Comment l'écriture est-elle entrée dans votre vie ? Vous êtes-vous dit enfant ou adolescent «un jour j'écrirai des livres» ?

J'ai lu très jeune, dès l'âge cinq ans. Un soir, j'ai pris le journal qui traînait sur la table et j'ai lu à voix haute la manchette. Mes parents en sont restés sans voix. C'est drôle, je réalise que c'est un peu ce qui est arrivé à Nina qui, à 3 ans, s'installe à l'harmonium et joue de mémoire un spiritual. Ses parents, tous deux religieux, tombent à genoux et remercient le Seigneur de ce don du ciel. Nina n'a plus jamais lâché les touches du clavier, comme j'ai élu domicile dans le monde de l'écrit. Je passais mon enfance dans les bouquins, jusqu'au jour où j'ai rencontré le livre. J'avais 10 ans ce soir où j'ai plongé dans Le Rouge et le Noir. Il m'a fallu la nuit et toute la journée du lendemain pour en venir à bout. J'en suis sorti sonné, les yeux hors de la tête, dans un état de bonheur inédit. J'ai compris que la vérité était là, et pas dans ce qu'on appelle la réalité. Que je voulais vivre ma vie dans cette vérité-là.



8) Vous souvenez-vous de vos premiers chocs littéraires (en tant que lecteur) ?

Après Stendhal, les autres grands chocs furent Tolstoï puis Faulkner.



9) Savez-vous à quoi servent les écrivains ? !

A raconter des histoires. Notre besoin d'histoires est infini et insatiable. C'était la faiblesse de certains tenants du Nouveau Roman que de ne pas avoir compris cela, cette donnée humaine. Claude Simon, lui, ne s'y est pas trompé, qui n'a cessé de raconter des histoires fascinantes - même si c'était toujours plus ou moins la même, comme chez Duras. Aussi «difficiles» et exigeants soient-ils sur un plan formel, les romans de Claude Simon ne se lâchent pas : c'est un puissant conteur, dont le souffle narratif peut se comparer à ceux de Faulkner et Tolstoï.



10) Quelle place tiennent les librairies dans votre vie ?

J'ai l'habitude de dire qu'ils sont le nerf de la guerre. Une expression bizarre, certes, étrangement martiale, mais qui a le mérite d'être parlante. Et puis, à bien y réfléchir, peut-être y a-t-il quelque chose d'un combat dans ce métier pas comme les autres, quelque chose d'une croisade toujours à recommencer. Vous l'aurez compris : je les trouve sacrément courageux et leur capacité à s'enthousiasmer, surtout en ces temps difficiles, force l'admiration.




Courrier des auteurs le 17/04/2013


1) Quel est le thème central de ce livre ?

Moi qui, pour une fois, croyais avoir trouvé un titre transparent ! Un de ceux qu'on n'a pas besoin d'expliquer... Au centre il y a Nina Simone, donc. Vieillissante, épuisée, la chanteuse ne veut plus qu'une chose : arrêter la scène et finir ses jours en paix, à son piano, dans sa maison de plage près de Marseille. Un jeune homme de ménage philippin se présente pour embaucher à la villa. Il n'a aucune idée de la légende vivante qu'est sa nouvelle patronne. Amusée, Nina en fait son confident et lui ouvre les portes de sa mémoire.



2) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?

Ces mots de Nina à un journaliste qui l'interviewe : «Tomber dans la solitude, ça va plus vite qu'on ne croit. S'éloigner des gens, c'est très facile.»



3) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?

Joker ! Croyez-le ou non, moi qui passe rarement une journée sans un disque de Nina Simone, je ne l'ai pas écoutée une seule fois tout le temps que j'écrivais son histoire. J'ai préféré me porter vers ses maîtres : Bach, Chopin, Debussy. Ainsi je restais en dialogue, en lien musical avec elle, mais j'évitais la surexposition, la redondance, voire la paraphrase.



4) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?

Une humanité commune. Il me semble que les romans aident à cela. Par eux, on rencontre dans le monde entier des gens qu'on ne croiserait jamais si l'on n'avait pas le livre comme un pont tendu. Dans les faits, je ris beaucoup avec mes lecteurs. C'est bon de rire, c'est libérateur lorsqu'on parle de textes où rôde la tragédie, l'irréparable. Et puis, c'est merveilleux cette abolition de toutes les distances (culturelles, sociales, générationnelles), ce moment du rire où un total inconnu devient en quelques secondes un complice, un proche.

Nina Simone était une diva blessée par la vie mais aussi une femme très intelligente, à l'esprit mordant. Comme tous les êtres intelligents, elle savait mettre son malheur en veilleuse pour s'amuser, plaisanter, se moquer. Je me suis attaché à restituer son humour dans le roman.



5) Avez-vous des rituels d'écrivain ? (Choix du lieu, de l'horaire, d'une musique de fond) ?

Non, je fuis les rituels. A mes débuts, je me fixais une discipline de travail, un agenda détaillé. Je me levais avec le jour et travaillais à grand renfort de thé jusqu'à épuisement des forces. Ça me laissait après coup un sentiment de labeur un peu déprimant, qui m'éloignait du plaisir d'écrire.

Puis j'ai compris que ça n'apportait rien au texte lui-même. C'est très idéologique, ce cliché de l'écrivain qui doit se visser à son bureau et travailler chaque jour, sans exception. Être son propre esclavagiste. En chier comme tout le monde. Et c'est trop dommage, alors qu'on a choisi cette vie d'écrivain si difficile et inquiétante, de se priver de l'un de ses rares avantages : la liberté de son temps. Toutes ces histoires de rituels chez l'écrivain ne sont que simagrées et mensonges. Ça prétend mettre de l'ordre là où règne par nécessité le chaos. Un romancier c'est chaotique, même si ça ne se lit pas toujours sur sa figure, car c'est seulement du chaos qu'il peut espérer recréer un monde.



6) Comment vous vient l'inspiration ?

Je ne sais pas ce que c'est. Je ne suis pas intime avec les dieux, moi, ils ne me parlent pas, ne me dictent pas mes livres. Pour ça, faut être Victor Hugo, pas moins.



7) Comment l'écriture est-elle entrée dans votre vie ? Vous êtes-vous dit enfant ou adolescent «un jour j'écrirai des livres» ?

J'ai lu très jeune, dès l'âge cinq ans. Un soir, j'ai pris le journal qui traînait sur la table et j'ai lu à voix haute la manchette. Mes parents en sont restés sans voix. C'est drôle, je réalise que c'est un peu ce qui est arrivé à Nina qui, à 3 ans, s'installe à l'harmonium et joue de mémoire un spiritual. Ses parents, tous deux religieux, tombent à genoux et remercient le Seigneur de ce don du ciel. Nina n'a plus jamais lâché les touches du clavier, comme j'ai élu domicile dans le monde de l'écrit. Je passais mon enfance dans les bouquins, jusqu'au jour où j'ai rencontré le livre. J'avais 10 ans ce soir où j'ai plongé dans Le Rouge et le Noir. Il m'a fallu la nuit et toute la journée du lendemain pour en venir à bout. J'en suis sorti sonné, les yeux hors de la tête, dans un état de bonheur inédit. J'ai compris que la vérité était là, et pas dans ce qu'on appelle la réalité. Que je voulais vivre ma vie dans cette vérité-là.



8) Vous souvenez-vous de vos premiers chocs littéraires (en tant que lecteur) ?

Après Stendhal, les autres grands chocs furent Tolstoï puis Faulkner.



9) Savez-vous à quoi servent les écrivains ? !

A raconter des histoires. Notre besoin d'histoires est infini et insatiable. C'était la faiblesse de certains tenants du Nouveau Roman que de ne pas avoir compris cela, cette donnée humaine. Claude Simon, lui, ne s'y est pas trompé, qui n'a cessé de raconter des histoires fascinantes - même si c'était toujours plus ou moins la même, comme chez Duras. Aussi «difficiles» et exigeants soient-ils sur un plan formel, les romans de Claude Simon ne se lâchent pas : c'est un puissant conteur, dont le souffle narratif peut se comparer à ceux de Faulkner et Tolstoï.



10) Quelle place tiennent les librairies dans votre vie ?

J'ai l'habitude de dire qu'ils sont le nerf de la guerre. Une expression bizarre, certes, étrangement martiale, mais qui a le mérite d'être parlante. Et puis, à bien y réfléchir, peut-être y a-t-il quelque chose d'un combat dans ce métier pas comme les autres, quelque chose d'une croisade toujours à recommencer. Vous l'aurez compris : je les trouve sacrément courageux et leur capacité à s'enthousiasmer, surtout en ces temps difficiles, force l'admiration.




Courrier des auteurs le 17/04/2013


1) Quel est le thème central de ce livre ?

Moi qui, pour une fois, croyais avoir trouvé un titre transparent ! Un de ceux qu'on n'a pas besoin d'expliquer... Au centre il y a Nina Simone, donc. Vieillissante, épuisée, la chanteuse ne veut plus qu'une chose : arrêter la scène et finir ses jours en paix, à son piano, dans sa maison de plage près de Marseille. Un jeune homme de ménage philippin se présente pour embaucher à la villa. Il n'a aucune idée de la légende vivante qu'est sa nouvelle patronne. Amusée, Nina en fait son confident et lui ouvre les portes de sa mémoire.



2) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?

Ces mots de Nina à un journaliste qui l'interviewe : «Tomber dans la solitude, ça va plus vite qu'on ne croit. S'éloigner des gens, c'est très facile.»



3) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?

Joker ! Croyez-le ou non, moi qui passe rarement une journée sans un disque de Nina Simone, je ne l'ai pas écoutée une seule fois tout le temps que j'écrivais son histoire. J'ai préféré me porter vers ses maîtres : Bach, Chopin, Debussy. Ainsi je restais en dialogue, en lien musical avec elle, mais j'évitais la surexposition, la redondance, voire la paraphrase.



4) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?

Une humanité commune. Il me semble que les romans aident à cela. Par eux, on rencontre dans le monde entier des gens qu'on ne croiserait jamais si l'on n'avait pas le livre comme un pont tendu. Dans les faits, je ris beaucoup avec mes lecteurs. C'est bon de rire, c'est libérateur lorsqu'on parle de textes où rôde la tragédie, l'irréparable. Et puis, c'est merveilleux cette abolition de toutes les distances (culturelles, sociales, générationnelles), ce moment du rire où un total inconnu devient en quelques secondes un complice, un proche.

Nina Simone était une diva blessée par la vie mais aussi une femme très intelligente, à l'esprit mordant. Comme tous les êtres intelligents, elle savait mettre son malheur en veilleuse pour s'amuser, plaisanter, se moquer. Je me suis attaché à restituer son humour dans le roman.



5) Avez-vous des rituels d'écrivain ? (Choix du lieu, de l'horaire, d'une musique de fond) ?

Non, je fuis les rituels. A mes débuts, je me fixais une discipline de travail, un agenda détaillé. Je me levais avec le jour et travaillais à grand renfort de thé jusqu'à épuisement des forces. Ça me laissait après coup un sentiment de labeur un peu déprimant, qui m'éloignait du plaisir d'écrire.

Puis j'ai compris que ça n'apportait rien au texte lui-même. C'est très idéologique, ce cliché de l'écrivain qui doit se visser à son bureau et travailler chaque jour, sans exception. Être son propre esclavagiste. En chier comme tout le monde. Et c'est trop dommage, alors qu'on a choisi cette vie d'écrivain si difficile et inquiétante, de se priver de l'un de ses rares avantages : la liberté de son temps. Toutes ces histoires de rituels chez l'écrivain ne sont que simagrées et mensonges. Ça prétend mettre de l'ordre là où règne par nécessité le chaos. Un romancier c'est chaotique, même si ça ne se lit pas toujours sur sa figure, car c'est seulement du chaos qu'il peut espérer recréer un monde.



6) Comment vous vient l'inspiration ?

Je ne sais pas ce que c'est. Je ne suis pas intime avec les dieux, moi, ils ne me parlent pas, ne me dictent pas mes livres. Pour ça, faut être Victor Hugo, pas moins.



7) Comment l'écriture est-elle entrée dans votre vie ? Vous êtes-vous dit enfant ou adolescent «un jour j'écrirai des livres» ?

J'ai lu très jeune, dès l'âge cinq ans. Un soir, j'ai pris le journal qui traînait sur la table et j'ai lu à voix haute la manchette. Mes parents en sont restés sans voix. C'est drôle, je réalise que c'est un peu ce qui est arrivé à Nina qui, à 3 ans, s'installe à l'harmonium et joue de mémoire un spiritual. Ses parents, tous deux religieux, tombent à genoux et remercient le Seigneur de ce don du ciel. Nina n'a plus jamais lâché les touches du clavier, comme j'ai élu domicile dans le monde de l'écrit. Je passais mon enfance dans les bouquins, jusqu'au jour où j'ai rencontré le livre. J'avais 10 ans ce soir où j'ai plongé dans Le Rouge et le Noir. Il m'a fallu la nuit et toute la journée du lendemain pour en venir à bout. J'en suis sorti sonné, les yeux hors de la tête, dans un état de bonheur inédit. J'ai compris que la vérité était là, et pas dans ce qu'on appelle la réalité. Que je voulais vivre ma vie dans cette vérité-là.



8) Vous souvenez-vous de vos premiers chocs littéraires (en tant que lecteur) ?

Après Stendhal, les autres grands chocs furent Tolstoï puis Faulkner.



9) Savez-vous à quoi servent les écrivains ? !

A raconter des histoires. Notre besoin d'histoires est infini et insatiable. C'était la faiblesse de certains tenants du Nouveau Roman que de ne pas avoir compris cela, cette donnée humaine. Claude Simon, lui, ne s'y est pas trompé, qui n'a cessé de raconter des histoires fascinantes - même si c'était toujours plus ou moins la même, comme chez Duras. Aussi «difficiles» et exigeants soient-ils sur un plan formel, les romans de Claude Simon ne se lâchent pas : c'est un puissant conteur, dont le souffle narratif peut se comparer à ceux de Faulkner et Tolstoï.



10) Quelle place tiennent les librairies dans votre vie ?

J'ai l'habitude de dire qu'ils sont le nerf de la guerre. Une expression bizarre, certes, étrangement martiale, mais qui a le mérite d'être parlante. Et puis, à bien y réfléchir, peut-être y a-t-il quelque chose d'un combat dans ce métier pas comme les autres, quelque chose d'une croisade toujours à recommencer. Vous l'aurez compris : je les trouve sacrément courageux et leur capacité à s'enthousiasmer, surtout en ces temps difficiles, force l'admiration.




Courrier des auteurs le 17/04/2013


1) Quel est le thème central de ce livre ?

Moi qui, pour une fois, croyais avoir trouvé un titre transparent ! Un de ceux qu'on n'a pas besoin d'expliquer... Au centre il y a Nina Simone, donc. Vieillissante, épuisée, la chanteuse ne veut plus qu'une chose : arrêter la scène et finir ses jours en paix, à son piano, dans sa maison de plage près de Marseille. Un jeune homme de ménage philippin se présente pour embaucher à la villa. Il n'a aucune idée de la légende vivante qu'est sa nouvelle patronne. Amusée, Nina en fait son confident et lui ouvre les portes de sa mémoire.



2) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?

Ces mots de Nina à un journaliste qui l'interviewe : «Tomber dans la solitude, ça va plus vite qu'on ne croit. S'éloigner des gens, c'est très facile.»



3) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?

Joker ! Croyez-le ou non, moi qui passe rarement une journée sans un disque de Nina Simone, je ne l'ai pas écoutée une seule fois tout le temps que j'écrivais son histoire. J'ai préféré me porter vers ses maîtres : Bach, Chopin, Debussy. Ainsi je restais en dialogue, en lien musical avec elle, mais j'évitais la surexposition, la redondance, voire la paraphrase.



4) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?

Une humanité commune. Il me semble que les romans aident à cela. Par eux, on rencontre dans le monde entier des gens qu'on ne croiserait jamais si l'on n'avait pas le livre comme un pont tendu. Dans les faits, je ris beaucoup avec mes lecteurs. C'est bon de rire, c'est libérateur lorsqu'on parle de textes où rôde la tragédie, l'irréparable. Et puis, c'est merveilleux cette abolition de toutes les distances (culturelles, sociales, générationnelles), ce moment du rire où un total inconnu devient en quelques secondes un complice, un proche.

Nina Simone était une diva blessée par la vie mais aussi une femme très intelligente, à l'esprit mordant. Comme tous les êtres intelligents, elle savait mettre son malheur en veilleuse pour s'amuser, plaisanter, se moquer. Je me suis attaché à restituer son humour dans le roman.



5) Avez-vous des rituels d'écrivain ? (Choix du lieu, de l'horaire, d'une musique de fond) ?

Non, je fuis les rituels. A mes débuts, je me fixais une discipline de travail, un agenda détaillé. Je me levais avec le jour et travaillais à grand renfort de thé jusqu'à épuisement des forces. Ça me laissait après coup un sentiment de labeur un peu déprimant, qui m'éloignait du plaisir d'écrire.

Puis j'ai compris que ça n'apportait rien au texte lui-même. C'est très idéologique, ce cliché de l'écrivain qui doit se visser à son bureau et travailler chaque jour, sans exception. Être son propre esclavagiste. En chier comme tout le monde. Et c'est trop dommage, alors qu'on a choisi cette vie d'écrivain si difficile et inquiétante, de se priver de l'un de ses rares avantages : la liberté de son temps. Toutes ces histoires de rituels chez l'écrivain ne sont que simagrées et mensonges. Ça prétend mettre de l'ordre là où règne par nécessité le chaos. Un romancier c'est chaotique, même si ça ne se lit pas toujours sur sa figure, car c'est seulement du chaos qu'il peut espérer recréer un monde.



6) Comment vous vient l'inspiration ?

Je ne sais pas ce que c'est. Je ne suis pas intime avec les dieux, moi, ils ne me parlent pas, ne me dictent pas mes livres. Pour ça, faut être Victor Hugo, pas moins.



7) Comment l'écriture est-elle entrée dans votre vie ? Vous êtes-vous dit enfant ou adolescent «un jour j'écrirai des livres» ?

J'ai lu très jeune, dès l'âge cinq ans. Un soir, j'ai pris le journal qui traînait sur la table et j'ai lu à voix haute la manchette. Mes parents en sont restés sans voix. C'est drôle, je réalise que c'est un peu ce qui est arrivé à Nina qui, à 3 ans, s'installe à l'harmonium et joue de mémoire un spiritual. Ses parents, tous deux religieux, tombent à genoux et remercient le Seigneur de ce don du ciel. Nina n'a plus jamais lâché les touches du clavier, comme j'ai élu domicile dans le monde de l'écrit. Je passais mon enfance dans les bouquins, jusqu'au jour où j'ai rencontré le livre. J'avais 10 ans ce soir où j'ai plongé dans Le Rouge et le Noir. Il m'a fallu la nuit et toute la journée du lendemain pour en venir à bout. J'en suis sorti sonné, les yeux hors de la tête, dans un état de bonheur inédit. J'ai compris que la vérité était là, et pas dans ce qu'on appelle la réalité. Que je voulais vivre ma vie dans cette vérité-là.



8) Vous souvenez-vous de vos premiers chocs littéraires (en tant que lecteur) ?

Après Stendhal, les autres grands chocs furent Tolstoï puis Faulkner.



9) Savez-vous à quoi servent les écrivains ? !

A raconter des histoires. Notre besoin d'histoires est infini et insatiable. C'était la faiblesse de certains tenants du Nouveau Roman que de ne pas avoir compris cela, cette donnée humaine. Claude Simon, lui, ne s'y est pas trompé, qui n'a cessé de raconter des histoires fascinantes - même si c'était toujours plus ou moins la même, comme chez Duras. Aussi «difficiles» et exigeants soient-ils sur un plan formel, les romans de Claude Simon ne se lâchent pas : c'est un puissant conteur, dont le souffle narratif peut se comparer à ceux de Faulkner et Tolstoï.



10) Quelle place tiennent les librairies dans votre vie ?

J'ai l'habitude de dire qu'ils sont le nerf de la guerre. Une expression bizarre, certes, étrangement martiale, mais qui a le mérite d'être parlante. Et puis, à bien y réfléchir, peut-être y a-t-il quelque chose d'un combat dans ce métier pas comme les autres, quelque chose d'une croisade toujours à recommencer. Vous l'aurez compris : je les trouve sacrément courageux et leur capacité à s'enthousiasmer, surtout en ces temps difficiles, force l'admiration.




Courrier des auteurs le 17/04/2013


1) Quel est le thème central de ce livre ?

Moi qui, pour une fois, croyais avoir trouvé un titre transparent ! Un de ceux qu'on n'a pas besoin d'expliquer... Au centre il y a Nina Simone, donc. Vieillissante, épuisée, la chanteuse ne veut plus qu'une chose : arrêter la scène et finir ses jours en paix, à son piano, dans sa maison de plage près de Marseille. Un jeune homme de ménage philippin se présente pour embaucher à la villa. Il n'a aucune idée de la légende vivante qu'est sa nouvelle patronne. Amusée, Nina en fait son confident et lui ouvre les portes de sa mémoire.



2) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?

Ces mots de Nina à un journaliste qui l'interviewe : «Tomber dans la solitude, ça va plus vite qu'on ne croit. S'éloigner des gens, c'est très facile.»



3) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?

Joker ! Croyez-le ou non, moi qui passe rarement une journée sans un disque de Nina Simone, je ne l'ai pas écoutée une seule fois tout le temps que j'écrivais son histoire. J'ai préféré me porter vers ses maîtres : Bach, Chopin, Debussy. Ainsi je restais en dialogue, en lien musical avec elle, mais j'évitais la surexposition, la redondance, voire la paraphrase.



4) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?

Une humanité commune. Il me semble que les romans aident à cela. Par eux, on rencontre dans le monde entier des gens qu'on ne croiserait jamais si l'on n'avait pas le livre comme un pont tendu. Dans les faits, je ris beaucoup avec mes lecteurs. C'est bon de rire, c'est libérateur lorsqu'on parle de textes où rôde la tragédie, l'irréparable. Et puis, c'est merveilleux cette abolition de toutes les distances (culturelles, sociales, générationnelles), ce moment du rire où un total inconnu devient en quelques secondes un complice, un proche.

Nina Simone était une diva blessée par la vie mais aussi une femme très intelligente, à l'esprit mordant. Comme tous les êtres intelligents, elle savait mettre son malheur en veilleuse pour s'amuser, plaisanter, se moquer. Je me suis attaché à restituer son humour dans le roman.



5) Avez-vous des rituels d'écrivain ? (Choix du lieu, de l'horaire, d'une musique de fond) ?

Non, je fuis les rituels. A mes débuts, je me fixais une discipline de travail, un agenda détaillé. Je me levais avec le jour et travaillais à grand renfort de thé jusqu'à épuisement des forces. Ça me laissait après coup un sentiment de labeur un peu déprimant, qui m'éloignait du plaisir d'écrire.

Puis j'ai compris que ça n'apportait rien au texte lui-même. C'est très idéologique, ce cliché de l'écrivain qui doit se visser à son bureau et travailler chaque jour, sans exception. Être son propre esclavagiste. En chier comme tout le monde. Et c'est trop dommage, alors qu'on a choisi cette vie d'écrivain si difficile et inquiétante, de se priver de l'un de ses rares avantages : la liberté de son temps. Toutes ces histoires de rituels chez l'écrivain ne sont que simagrées et mensonges. Ça prétend mettre de l'ordre là où règne par nécessité le chaos. Un romancier c'est chaotique, même si ça ne se lit pas toujours sur sa figure, car c'est seulement du chaos qu'il peut espérer recréer un monde.



6) Comment vous vient l'inspiration ?

Je ne sais pas ce que c'est. Je ne suis pas intime avec les dieux, moi, ils ne me parlent pas, ne me dictent pas mes livres. Pour ça, faut être Victor Hugo, pas moins.



7) Comment l'écriture est-elle entrée dans votre vie ? Vous êtes-vous dit enfant ou adolescent «un jour j'écrirai des livres» ?

J'ai lu très jeune, dès l'âge cinq ans. Un soir, j'ai pris le journal qui traînait sur la table et j'ai lu à voix haute la manchette. Mes parents en sont restés sans voix. C'est drôle, je réalise que c'est un peu ce qui est arrivé à Nina qui, à 3 ans, s'installe à l'harmonium et joue de mémoire un spiritual. Ses parents, tous deux religieux, tombent à genoux et remercient le Seigneur de ce don du ciel. Nina n'a plus jamais lâché les touches du clavier, comme j'ai élu domicile dans le monde de l'écrit. Je passais mon enfance dans les bouquins, jusqu'au jour où j'ai rencontré le livre. J'avais 10 ans ce soir où j'ai plongé dans Le Rouge et le Noir. Il m'a fallu la nuit et toute la journée du lendemain pour en venir à bout. J'en suis sorti sonné, les yeux hors de la tête, dans un état de bonheur inédit. J'ai compris que la vérité était là, et pas dans ce qu'on appelle la réalité. Que je voulais vivre ma vie dans cette vérité-là.



8) Vous souvenez-vous de vos premiers chocs littéraires (en tant que lecteur) ?

Après Stendhal, les autres grands chocs furent Tolstoï puis Faulkner.



9) Savez-vous à quoi servent les écrivains ? !

A raconter des histoires. Notre besoin d'histoires est infini et insatiable. C'était la faiblesse de certains tenants du Nouveau Roman que de ne pas avoir compris cela, cette donnée humaine. Claude Simon, lui, ne s'y est pas trompé, qui n'a cessé de raconter des histoires fascinantes - même si c'était toujours plus ou moins la même, comme chez Duras. Aussi «difficiles» et exigeants soient-ils sur un plan formel, les romans de Claude Simon ne se lâchent pas : c'est un puissant conteur, dont le souffle narratif peut se comparer à ceux de Faulkner et Tolstoï.



10) Quelle place tiennent les librairies dans votre vie ?

J'ai l'habitude de dire qu'ils sont le nerf de la guerre. Une expression bizarre, certes, étrangement martiale, mais qui a le mérite d'être parlante. Et puis, à bien y réfléchir, peut-être y a-t-il quelque chose d'un combat dans ce métier pas comme les autres, quelque chose d'une croisade toujours à recommencer. Vous l'aurez compris : je les trouve sacrément courageux et leur capacité à s'enthousiasmer, surtout en ces temps difficiles, force l'admiration.




Courrier des auteurs le 17/04/2013


1) Quel est le thème central de ce livre ?

Moi qui, pour une fois, croyais avoir trouvé un titre transparent ! Un de ceux qu'on n'a pas besoin d'expliquer... Au centre il y a Nina Simone, donc. Vieillissante, épuisée, la chanteuse ne veut plus qu'une chose : arrêter la scène et finir ses jours en paix, à son piano, dans sa maison de plage près de Marseille. Un jeune homme de ménage philippin se présente pour embaucher à la villa. Il n'a aucune idée de la légende vivante qu'est sa nouvelle patronne. Amusée, Nina en fait son confident et lui ouvre les portes de sa mémoire.



2) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?

Ces mots de Nina à un journaliste qui l'interviewe : «Tomber dans la solitude, ça va plus vite qu'on ne croit. S'éloigner des gens, c'est très facile.»



3) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?

Joker ! Croyez-le ou non, moi qui passe rarement une journée sans un disque de Nina Simone, je ne l'ai pas écoutée une seule fois tout le temps que j'écrivais son histoire. J'ai préféré me porter vers ses maîtres : Bach, Chopin, Debussy. Ainsi je restais en dialogue, en lien musical avec elle, mais j'évitais la surexposition, la redondance, voire la paraphrase.



4) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?

Une humanité commune. Il me semble que les romans aident à cela. Par eux, on rencontre dans le monde entier des gens qu'on ne croiserait jamais si l'on n'avait pas le livre comme un pont tendu. Dans les faits, je ris beaucoup avec mes lecteurs. C'est bon de rire, c'est libérateur lorsqu'on parle de textes où rôde la tragédie, l'irréparable. Et puis, c'est merveilleux cette abolition de toutes les distances (culturelles, sociales, générationnelles), ce moment du rire où un total inconnu devient en quelques secondes un complice, un proche.

Nina Simone était une diva blessée par la vie mais aussi une femme très intelligente, à l'esprit mordant. Comme tous les êtres intelligents, elle savait mettre son malheur en veilleuse pour s'amuser, plaisanter, se moquer. Je me suis attaché à restituer son humour dans le roman.



5) Avez-vous des rituels d'écrivain ? (Choix du lieu, de l'horaire, d'une musique de fond) ?

Non, je fuis les rituels. A mes débuts, je me fixais une discipline de travail, un agenda détaillé. Je me levais avec le jour et travaillais à grand renfort de thé jusqu'à épuisement des forces. Ça me laissait après coup un sentiment de labeur un peu déprimant, qui m'éloignait du plaisir d'écrire.

Puis j'ai compris que ça n'apportait rien au texte lui-même. C'est très idéologique, ce cliché de l'écrivain qui doit se visser à son bureau et travailler chaque jour, sans exception. Être son propre esclavagiste. En chier comme tout le monde. Et c'est trop dommage, alors qu'on a choisi cette vie d'écrivain si difficile et inquiétante, de se priver de l'un de ses rares avantages : la liberté de son temps. Toutes ces histoires de rituels chez l'écrivain ne sont que simagrées et mensonges. Ça prétend mettre de l'ordre là où règne par nécessité le chaos. Un romancier c'est chaotique, même si ça ne se lit pas toujours sur sa figure, car c'est seulement du chaos qu'il peut espérer recréer un monde.



6) Comment vous vient l'inspiration ?

Je ne sais pas ce que c'est. Je ne suis pas intime avec les dieux, moi, ils ne me parlent pas, ne me dictent pas mes livres. Pour ça, faut être Victor Hugo, pas moins.



7) Comment l'écriture est-elle entrée dans votre vie ? Vous êtes-vous dit enfant ou adolescent «un jour j'écrirai des livres» ?

J'ai lu très jeune, dès l'âge cinq ans. Un soir, j'ai pris le journal qui traînait sur la table et j'ai lu à voix haute la manchette. Mes parents en sont restés sans voix. C'est drôle, je réalise que c'est un peu ce qui est arrivé à Nina qui, à 3 ans, s'installe à l'harmonium et joue de mémoire un spiritual. Ses parents, tous deux religieux, tombent à genoux et remercient le Seigneur de ce don du ciel. Nina n'a plus jamais lâché les touches du clavier, comme j'ai élu domicile dans le monde de l'écrit. Je passais mon enfance dans les bouquins, jusqu'au jour où j'ai rencontré le livre. J'avais 10 ans ce soir où j'ai plongé dans Le Rouge et le Noir. Il m'a fallu la nuit et toute la journée du lendemain pour en venir à bout. J'en suis sorti sonné, les yeux hors de la tête, dans un état de bonheur inédit. J'ai compris que la vérité était là, et pas dans ce qu'on appelle la réalité. Que je voulais vivre ma vie dans cette vérité-là.



8) Vous souvenez-vous de vos premiers chocs littéraires (en tant que lecteur) ?

Après Stendhal, les autres grands chocs furent Tolstoï puis Faulkner.



9) Savez-vous à quoi servent les écrivains ? !

A raconter des histoires. Notre besoin d'histoires est infini et insatiable. C'était la faiblesse de certains tenants du Nouveau Roman que de ne pas avoir compris cela, cette donnée humaine. Claude Simon, lui, ne s'y est pas trompé, qui n'a cessé de raconter des histoires fascinantes - même si c'était toujours plus ou moins la même, comme chez Duras. Aussi «difficiles» et exigeants soient-ils sur un plan formel, les romans de Claude Simon ne se lâchent pas : c'est un puissant conteur, dont le souffle narratif peut se comparer à ceux de Faulkner et Tolstoï.



10) Quelle place tiennent les librairies dans votre vie ?

J'ai l'habitude de dire qu'ils sont le nerf de la guerre. Une expression bizarre, certes, étrangement martiale, mais qui a le mérite d'être parlante. Et puis, à bien y réfléchir, peut-être y a-t-il quelque chose d'un combat dans ce métier pas comme les autres, quelque chose d'une croisade toujours à recommencer. Vous l'aurez compris : je les trouve sacrément courageux et leur capacité à s'enthousiasmer, surtout en ces temps difficiles, force l'admiration.




Courrier des auteurs le 17/04/2013


1) Quel est le thème central de ce livre ?

Moi qui, pour une fois, croyais avoir trouvé un titre transparent ! Un de ceux qu'on n'a pas besoin d'expliquer... Au centre il y a Nina Simone, donc. Vieillissante, épuisée, la chanteuse ne veut plus qu'une chose : arrêter la scène et finir ses jours en paix, à son piano, dans sa maison de plage près de Marseille. Un jeune homme de ménage philippin se présente pour embaucher à la villa. Il n'a aucune idée de la légende vivante qu'est sa nouvelle patronne. Amusée, Nina en fait son confident et lui ouvre les portes de sa mémoire.



2) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?

Ces mots de Nina à un journaliste qui l'interviewe : «Tomber dans la solitude, ça va plus vite qu'on ne croit. S'éloigner des gens, c'est très facile.»



3) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?

Joker ! Croyez-le ou non, moi qui passe rarement une journée sans un disque de Nina Simone, je ne l'ai pas écoutée une seule fois tout le temps que j'écrivais son histoire. J'ai préféré me porter vers ses maîtres : Bach, Chopin, Debussy. Ainsi je restais en dialogue, en lien musical avec elle, mais j'évitais la surexposition, la redondance, voire la paraphrase.



4) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?

Une humanité commune. Il me semble que les romans aident à cela. Par eux, on rencontre dans le monde entier des gens qu'on ne croiserait jamais si l'on n'avait pas le livre comme un pont tendu. Dans les faits, je ris beaucoup avec mes lecteurs. C'est bon de rire, c'est libérateur lorsqu'on parle de textes où rôde la tragédie, l'irréparable. Et puis, c'est merveilleux cette abolition de toutes les distances (culturelles, sociales, générationnelles), ce moment du rire où un total inconnu devient en quelques secondes un complice, un proche.

Nina Simone était une diva blessée par la vie mais aussi une femme très intelligente, à l'esprit mordant. Comme tous les êtres intelligents, elle savait mettre son malheur en veilleuse pour s'amuser, plaisanter, se moquer. Je me suis attaché à restituer son humour dans le roman.



5) Avez-vous des rituels d'écrivain ? (Choix du lieu, de l'horaire, d'une musique de fond) ?

Non, je fuis les rituels. A mes débuts, je me fixais une discipline de travail, un agenda détaillé. Je me levais avec le jour et travaillais à grand renfort de thé jusqu'à épuisement des forces. Ça me laissait après coup un sentiment de labeur un peu déprimant, qui m'éloignait du plaisir d'écrire.

Puis j'ai compris que ça n'apportait rien au texte lui-même. C'est très idéologique, ce cliché de l'écrivain qui doit se visser à son bureau et travailler chaque jour, sans exception. Être son propre esclavagiste. En chier comme tout le monde. Et c'est trop dommage, alors qu'on a choisi cette vie d'écrivain si difficile et inquiétante, de se priver de l'un de ses rares avantages : la liberté de son temps. Toutes ces histoires de rituels chez l'écrivain ne sont que simagrées et mensonges. Ça prétend mettre de l'ordre là où règne par nécessité le chaos. Un romancier c'est chaotique, même si ça ne se lit pas toujours sur sa figure, car c'est seulement du chaos qu'il peut espérer recréer un monde.



6) Comment vous vient l'inspiration ?

Je ne sais pas ce que c'est. Je ne suis pas intime avec les dieux, moi, ils ne me parlent pas, ne me dictent pas mes livres. Pour ça, faut être Victor Hugo, pas moins.



7) Comment l'écriture est-elle entrée dans votre vie ? Vous êtes-vous dit enfant ou adolescent «un jour j'écrirai des livres» ?

J'ai lu très jeune, dès l'âge cinq ans. Un soir, j'ai pris le journal qui traînait sur la table et j'ai lu à voix haute la manchette. Mes parents en sont restés sans voix. C'est drôle, je réalise que c'est un peu ce qui est arrivé à Nina qui, à 3 ans, s'installe à l'harmonium et joue de mémoire un spiritual. Ses parents, tous deux religieux, tombent à genoux et remercient le Seigneur de ce don du ciel. Nina n'a plus jamais lâché les touches du clavier, comme j'ai élu domicile dans le monde de l'écrit. Je passais mon enfance dans les bouquins, jusqu'au jour où j'ai rencontré le livre. J'avais 10 ans ce soir où j'ai plongé dans Le Rouge et le Noir. Il m'a fallu la nuit et toute la journée du lendemain pour en venir à bout. J'en suis sorti sonné, les yeux hors de la tête, dans un état de bonheur inédit. J'ai compris que la vérité était là, et pas dans ce qu'on appelle la réalité. Que je voulais vivre ma vie dans cette vérité-là.



8) Vous souvenez-vous de vos premiers chocs littéraires (en tant que lecteur) ?

Après Stendhal, les autres grands chocs furent Tolstoï puis Faulkner.



9) Savez-vous à quoi servent les écrivains ? !

A raconter des histoires. Notre besoin d'histoires est infini et insatiable. C'était la faiblesse de certains tenants du Nouveau Roman que de ne pas avoir compris cela, cette donnée humaine. Claude Simon, lui, ne s'y est pas trompé, qui n'a cessé de raconter des histoires fascinantes - même si c'était toujours plus ou moins la même, comme chez Duras. Aussi «difficiles» et exigeants soient-ils sur un plan formel, les romans de Claude Simon ne se lâchent pas : c'est un puissant conteur, dont le souffle narratif peut se comparer à ceux de Faulkner et Tolstoï.



10) Quelle place tiennent les librairies dans votre vie ?

J'ai l'habitude de dire qu'ils sont le nerf de la guerre. Une expression bizarre, certes, étrangement martiale, mais qui a le mérite d'être parlante. Et puis, à bien y réfléchir, peut-être y a-t-il quelque chose d'un combat dans ce métier pas comme les autres, quelque chose d'une croisade toujours à recommencer. Vous l'aurez compris : je les trouve sacrément courageux et leur capacité à s'enthousiasmer, surtout en ces temps difficiles, force l'admiration.



La revue de presse : Valérie Marin La Meslée - Le Point du 6 juin 2013


La revanche par l'argent, l'orgueil pour venger la honte, la solitude insondable, l'odieuse et merveilleuse Nina, malgré tout, vous attache... C'est le sentiment d'admiration devant ce bloc de courage qu'était la Simone (à propos de son pseudo emprunté à Signoret, il faut lire la rencontre entre ces deux monstres !) qui prévaut. Nina Simone finit par croiser Zelda Fitzgerald, l'héroïne d'"Alabama Song", dans un chapitre de ce livre qui rassemble tout ce qui, depuis longtemps, tient au coeur de l'oeuvre de Gilles Leroy. Cet écrivain qui s'approche de ce qui brûle avec une délicatesse de plume autorisant le vrai partage.


La revue de presse : Grégoire Leménager - Le Nouvel Observateur du 16 mai 2013


Gilles Leroy a décidément le chic pour s'introduire chez les stars déchues qui, derrière des volets clos, ruminent leurs plus belles années tandis que la folie rôde, fermente et carbure à la gnôle. Dans son «Alabama Song», Zelda Fitzgerald se flattait d'avoir «inventé la célébrité et surtout son commerce» avant de sombrer dans la schizophrénie. Avec «Nina Simone, roman», le Goncourt 2007 continue à retourner le rêve américain comme un gant.


La revue de presse : Paola Genone - L'Express, mai 2013


Ce flou artistique qui entoure les derniers jours de la grande chanteuse et pianiste afro-américaine fascinait depuis longtemps Gilles Leroy. Prix Goncourt 2007 pour Alabama Song -inspiré par Zelda Fitzgerald-, l'écrivain s'identifie encore une fois à une femme complexe et livre Nina Simone, roman, une fiction fondée sur des vérités glaçantes.


La revue de presse : Agnès Vannouvong - L'Humanité du 25 avril 2013


Dans cette vie romancée, on est saisi par la puissance d'un destin. « Qu'est-ce qu'être artiste, sur quoi se forme une destinée  ? » se demande l'écrivain. « Ce qui m'intéresse est le rejet. La façon de rebondir est pour moi le signe d'un grand artiste. » L'ascension et la chute n'en sont que plus spectaculaires, à l'image du héros tragique...

Dans une écriture dense, ciselée, rythmée comme une voix vibrée, Gilles Leroy raconte une vie, des blessures. L'absente devient présente. Nina est là, vivante, incarnée, comme deux autres héroïnes, Zelda Fitzgerald et Zola Jackson. Le triptyque déploie, avec brio, le destin de trois femmes américaines. Trois femmes blessées. Trois femmes puissantes qui éprouvent la brutalité de la vie.


La revue de presse : Mohammed Aïssaoui - Le Figaro du 28 mars 2013


Le livre commence par la fin. Gilles Leroy décrit, raconte, écoute, sonde et se met dans la peau de Nina Simone. Le roman s'ouvre sur les dernières années de la légende du jazz. Puis déroule le fil d'une vie qui est loin d'être un long fleuve tranquille...

C'est tout cela, et d'autres choses encore que l'auteur d'Alabama Song dépeint avec cet art du portrait romancé où il n'hésite pas à endosser les plaies de son modèle. Bien sûr, on ressent le penchant qu'il a pour cette femme fragile qui tente, comme elle peut, de rester debout, mais l'écrivain ne cache rien des excès de la diva, de ses caprices de star, de son côté pathétique. Sans doute plus que d'autres, la vie de Nina Simone est un roman. Un roman avec ses pages lumineuses et ses «traversées de l'enfer», comme elle dit.


La revue de presse : Xavier Houssin - Le Monde du 21 mars 2013


En prenant le parti de Nina Simone et de ses rêves bafoués, Gilles Leroy dénonce, dans son roman, la violence, le racisme, la bêtise. Et on lit, constante dans ses textes, la révolte d'un jeune homme, que l'âge n'a pas vieillie...

Gilles Leroy s'attache à ses premières années. A ses espoirs piétinés de jouer Chopin et Debussy, à son apprentissage brutal de la vie, à ses amours tout de suite désenchantées. C'est un livre d'une proximité étrange, émouvant, balayé de revanches cyniques et de larmes rentrées. On croit l'entendre chanter : " And more, much more than this, I did it my way. "




La revue de presse : Valérie Marin La Meslée - Le Point du 6 juin 2013


La revanche par l'argent, l'orgueil pour venger la honte, la solitude insondable, l'odieuse et merveilleuse Nina, malgré tout, vous attache... C'est le sentiment d'admiration devant ce bloc de courage qu'était la Simone (à propos de son pseudo emprunté à Signoret, il faut lire la rencontre entre ces deux monstres !) qui prévaut. Nina Simone finit par croiser Zelda Fitzgerald, l'héroïne d'"Alabama Song", dans un chapitre de ce livre qui rassemble tout ce qui, depuis longtemps, tient au coeur de l'oeuvre de Gilles Leroy. Cet écrivain qui s'approche de ce qui brûle avec une délicatesse de plume autorisant le vrai partage.


La revue de presse : Grégoire Leménager - Le Nouvel Observateur du 16 mai 2013


Gilles Leroy a décidément le chic pour s'introduire chez les stars déchues qui, derrière des volets clos, ruminent leurs plus belles années tandis que la folie rôde, fermente et carbure à la gnôle. Dans son «Alabama Song», Zelda Fitzgerald se flattait d'avoir «inventé la célébrité et surtout son commerce» avant de sombrer dans la schizophrénie. Avec «Nina Simone, roman», le Goncourt 2007 continue à retourner le rêve américain comme un gant.


La revue de presse : Paola Genone - L'Express, mai 2013


Ce flou artistique qui entoure les derniers jours de la grande chanteuse et pianiste afro-américaine fascinait depuis longtemps Gilles Leroy. Prix Goncourt 2007 pour Alabama Song -inspiré par Zelda Fitzgerald-, l'écrivain s'identifie encore une fois à une femme complexe et livre Nina Simone, roman, une fiction fondée sur des vérités glaçantes.


La revue de presse : Agnès Vannouvong - L'Humanité du 25 avril 2013


Dans cette vie romancée, on est saisi par la puissance d'un destin. « Qu'est-ce qu'être artiste, sur quoi se forme une destinée  ? » se demande l'écrivain. « Ce qui m'intéresse est le rejet. La façon de rebondir est pour moi le signe d'un grand artiste. » L'ascension et la chute n'en sont que plus spectaculaires, à l'image du héros tragique...

Dans une écriture dense, ciselée, rythmée comme une voix vibrée, Gilles Leroy raconte une vie, des blessures. L'absente devient présente. Nina est là, vivante, incarnée, comme deux autres héroïnes, Zelda Fitzgerald et Zola Jackson. Le triptyque déploie, avec brio, le destin de trois femmes américaines. Trois femmes blessées. Trois femmes puissantes qui éprouvent la brutalité de la vie.


La revue de presse : Mohammed Aïssaoui - Le Figaro du 28 mars 2013


Le livre commence par la fin. Gilles Leroy décrit, raconte, écoute, sonde et se met dans la peau de Nina Simone. Le roman s'ouvre sur les dernières années de la légende du jazz. Puis déroule le fil d'une vie qui est loin d'être un long fleuve tranquille...

C'est tout cela, et d'autres choses encore que l'auteur d'Alabama Song dépeint avec cet art du portrait romancé où il n'hésite pas à endosser les plaies de son modèle. Bien sûr, on ressent le penchant qu'il a pour cette femme fragile qui tente, comme elle peut, de rester debout, mais l'écrivain ne cache rien des excès de la diva, de ses caprices de star, de son côté pathétique. Sans doute plus que d'autres, la vie de Nina Simone est un roman. Un roman avec ses pages lumineuses et ses «traversées de l'enfer», comme elle dit.


La revue de presse : Xavier Houssin - Le Monde du 21 mars 2013


En prenant le parti de Nina Simone et de ses rêves bafoués, Gilles Leroy dénonce, dans son roman, la violence, le racisme, la bêtise. Et on lit, constante dans ses textes, la révolte d'un jeune homme, que l'âge n'a pas vieillie...

Gilles Leroy s'attache à ses premières années. A ses espoirs piétinés de jouer Chopin et Debussy, à son apprentissage brutal de la vie, à ses amours tout de suite désenchantées. C'est un livre d'une proximité étrange, émouvant, balayé de revanches cyniques et de larmes rentrées. On croit l'entendre chanter : " And more, much more than this, I did it my way. "




La revue de presse : Valérie Marin La Meslée - Le Point du 6 juin 2013


La revanche par l'argent, l'orgueil pour venger la honte, la solitude insondable, l'odieuse et merveilleuse Nina, malgré tout, vous attache... C'est le sentiment d'admiration devant ce bloc de courage qu'était la Simone (à propos de son pseudo emprunté à Signoret, il faut lire la rencontre entre ces deux monstres !) qui prévaut. Nina Simone finit par croiser Zelda Fitzgerald, l'héroïne d'"Alabama Song", dans un chapitre de ce livre qui rassemble tout ce qui, depuis longtemps, tient au coeur de l'oeuvre de Gilles Leroy. Cet écrivain qui s'approche de ce qui brûle avec une délicatesse de plume autorisant le vrai partage.


La revue de presse : Grégoire Leménager - Le Nouvel Observateur du 16 mai 2013


Gilles Leroy a décidément le chic pour s'introduire chez les stars déchues qui, derrière des volets clos, ruminent leurs plus belles années tandis que la folie rôde, fermente et carbure à la gnôle. Dans son «Alabama Song», Zelda Fitzgerald se flattait d'avoir «inventé la célébrité et surtout son commerce» avant de sombrer dans la schizophrénie. Avec «Nina Simone, roman», le Goncourt 2007 continue à retourner le rêve américain comme un gant.


La revue de presse : Paola Genone - L'Express, mai 2013


Ce flou artistique qui entoure les derniers jours de la grande chanteuse et pianiste afro-américaine fascinait depuis longtemps Gilles Leroy. Prix Goncourt 2007 pour Alabama Song -inspiré par Zelda Fitzgerald-, l'écrivain s'identifie encore une fois à une femme complexe et livre Nina Simone, roman, une fiction fondée sur des vérités glaçantes.


La revue de presse : Agnès Vannouvong - L'Humanité du 25 avril 2013


Dans cette vie romancée, on est saisi par la puissance d'un destin. « Qu'est-ce qu'être artiste, sur quoi se forme une destinée  ? » se demande l'écrivain. « Ce qui m'intéresse est le rejet. La façon de rebondir est pour moi le signe d'un grand artiste. » L'ascension et la chute n'en sont que plus spectaculaires, à l'image du héros tragique...

Dans une écriture dense, ciselée, rythmée comme une voix vibrée, Gilles Leroy raconte une vie, des blessures. L'absente devient présente. Nina est là, vivante, incarnée, comme deux autres héroïnes, Zelda Fitzgerald et Zola Jackson. Le triptyque déploie, avec brio, le destin de trois femmes américaines. Trois femmes blessées. Trois femmes puissantes qui éprouvent la brutalité de la vie.


La revue de presse : Mohammed Aïssaoui - Le Figaro du 28 mars 2013


Le livre commence par la fin. Gilles Leroy décrit, raconte, écoute, sonde et se met dans la peau de Nina Simone. Le roman s'ouvre sur les dernières années de la légende du jazz. Puis déroule le fil d'une vie qui est loin d'être un long fleuve tranquille...

C'est tout cela, et d'autres choses encore que l'auteur d'Alabama Song dépeint avec cet art du portrait romancé où il n'hésite pas à endosser les plaies de son modèle. Bien sûr, on ressent le penchant qu'il a pour cette femme fragile qui tente, comme elle peut, de rester debout, mais l'écrivain ne cache rien des excès de la diva, de ses caprices de star, de son côté pathétique. Sans doute plus que d'autres, la vie de Nina Simone est un roman. Un roman avec ses pages lumineuses et ses «traversées de l'enfer», comme elle dit.


La revue de presse : Xavier Houssin - Le Monde du 21 mars 2013


En prenant le parti de Nina Simone et de ses rêves bafoués, Gilles Leroy dénonce, dans son roman, la violence, le racisme, la bêtise. Et on lit, constante dans ses textes, la révolte d'un jeune homme, que l'âge n'a pas vieillie...

Gilles Leroy s'attache à ses premières années. A ses espoirs piétinés de jouer Chopin et Debussy, à son apprentissage brutal de la vie, à ses amours tout de suite désenchantées. C'est un livre d'une proximité étrange, émouvant, balayé de revanches cyniques et de larmes rentrées. On croit l'entendre chanter : " And more, much more than this, I did it my way. "




La revue de presse : Valérie Marin La Meslée - Le Point du 6 juin 2013


La revanche par l'argent, l'orgueil pour venger la honte, la solitude insondable, l'odieuse et merveilleuse Nina, malgré tout, vous attache... C'est le sentiment d'admiration devant ce bloc de courage qu'était la Simone (à propos de son pseudo emprunté à Signoret, il faut lire la rencontre entre ces deux monstres !) qui prévaut. Nina Simone finit par croiser Zelda Fitzgerald, l'héroïne d'"Alabama Song", dans un chapitre de ce livre qui rassemble tout ce qui, depuis longtemps, tient au coeur de l'oeuvre de Gilles Leroy. Cet écrivain qui s'approche de ce qui brûle avec une délicatesse de plume autorisant le vrai partage.


La revue de presse : Grégoire Leménager - Le Nouvel Observateur du 16 mai 2013


Gilles Leroy a décidément le chic pour s'introduire chez les stars déchues qui, derrière des volets clos, ruminent leurs plus belles années tandis que la folie rôde, fermente et carbure à la gnôle. Dans son «Alabama Song», Zelda Fitzgerald se flattait d'avoir «inventé la célébrité et surtout son commerce» avant de sombrer dans la schizophrénie. Avec «Nina Simone, roman», le Goncourt 2007 continue à retourner le rêve américain comme un gant.


La revue de presse : Paola Genone - L'Express, mai 2013


Ce flou artistique qui entoure les derniers jours de la grande chanteuse et pianiste afro-américaine fascinait depuis longtemps Gilles Leroy. Prix Goncourt 2007 pour Alabama Song -inspiré par Zelda Fitzgerald-, l'écrivain s'identifie encore une fois à une femme complexe et livre Nina Simone, roman, une fiction fondée sur des vérités glaçantes.


La revue de presse : Agnès Vannouvong - L'Humanité du 25 avril 2013


Dans cette vie romancée, on est saisi par la puissance d'un destin. « Qu'est-ce qu'être artiste, sur quoi se forme une destinée  ? » se demande l'écrivain. « Ce qui m'intéresse est le rejet. La façon de rebondir est pour moi le signe d'un grand artiste. » L'ascension et la chute n'en sont que plus spectaculaires, à l'image du héros tragique...

Dans une écriture dense, ciselée, rythmée comme une voix vibrée, Gilles Leroy raconte une vie, des blessures. L'absente devient présente. Nina est là, vivante, incarnée, comme deux autres héroïnes, Zelda Fitzgerald et Zola Jackson. Le triptyque déploie, avec brio, le destin de trois femmes américaines. Trois femmes blessées. Trois femmes puissantes qui éprouvent la brutalité de la vie.


La revue de presse : Mohammed Aïssaoui - Le Figaro du 28 mars 2013


Le livre commence par la fin. Gilles Leroy décrit, raconte, écoute, sonde et se met dans la peau de Nina Simone. Le roman s'ouvre sur les dernières années de la légende du jazz. Puis déroule le fil d'une vie qui est loin d'être un long fleuve tranquille...

C'est tout cela, et d'autres choses encore que l'auteur d'Alabama Song dépeint avec cet art du portrait romancé où il n'hésite pas à endosser les plaies de son modèle. Bien sûr, on ressent le penchant qu'il a pour cette femme fragile qui tente, comme elle peut, de rester debout, mais l'écrivain ne cache rien des excès de la diva, de ses caprices de star, de son côté pathétique. Sans doute plus que d'autres, la vie de Nina Simone est un roman. Un roman avec ses pages lumineuses et ses «traversées de l'enfer», comme elle dit.


La revue de presse : Xavier Houssin - Le Monde du 21 mars 2013


En prenant le parti de Nina Simone et de ses rêves bafoués, Gilles Leroy dénonce, dans son roman, la violence, le racisme, la bêtise. Et on lit, constante dans ses textes, la révolte d'un jeune homme, que l'âge n'a pas vieillie...

Gilles Leroy s'attache à ses premières années. A ses espoirs piétinés de jouer Chopin et Debussy, à son apprentissage brutal de la vie, à ses amours tout de suite désenchantées. C'est un livre d'une proximité étrange, émouvant, balayé de revanches cyniques et de larmes rentrées. On croit l'entendre chanter : " And more, much more than this, I did it my way. "




La revue de presse : Valérie Marin La Meslée - Le Point du 6 juin 2013


La revanche par l'argent, l'orgueil pour venger la honte, la solitude insondable, l'odieuse et merveilleuse Nina, malgré tout, vous attache... C'est le sentiment d'admiration devant ce bloc de courage qu'était la Simone (à propos de son pseudo emprunté à Signoret, il faut lire la rencontre entre ces deux monstres !) qui prévaut. Nina Simone finit par croiser Zelda Fitzgerald, l'héroïne d'"Alabama Song", dans un chapitre de ce livre qui rassemble tout ce qui, depuis longtemps, tient au coeur de l'oeuvre de Gilles Leroy. Cet écrivain qui s'approche de ce qui brûle avec une délicatesse de plume autorisant le vrai partage.


La revue de presse : Grégoire Leménager - Le Nouvel Observateur du 16 mai 2013


Gilles Leroy a décidément le chic pour s'introduire chez les stars déchues qui, derrière des volets clos, ruminent leurs plus belles années tandis que la folie rôde, fermente et carbure à la gnôle. Dans son «Alabama Song», Zelda Fitzgerald se flattait d'avoir «inventé la célébrité et surtout son commerce» avant de sombrer dans la schizophrénie. Avec «Nina Simone, roman», le Goncourt 2007 continue à retourner le rêve américain comme un gant.


La revue de presse : Paola Genone - L'Express, mai 2013


Ce flou artistique qui entoure les derniers jours de la grande chanteuse et pianiste afro-américaine fascinait depuis longtemps Gilles Leroy. Prix Goncourt 2007 pour Alabama Song -inspiré par Zelda Fitzgerald-, l'écrivain s'identifie encore une fois à une femme complexe et livre Nina Simone, roman, une fiction fondée sur des vérités glaçantes.


La revue de presse : Agnès Vannouvong - L'Humanité du 25 avril 2013


Dans cette vie romancée, on est saisi par la puissance d'un destin. « Qu'est-ce qu'être artiste, sur quoi se forme une destinée  ? » se demande l'écrivain. « Ce qui m'intéresse est le rejet. La façon de rebondir est pour moi le signe d'un grand artiste. » L'ascension et la chute n'en sont que plus spectaculaires, à l'image du héros tragique...

Dans une écriture dense, ciselée, rythmée comme une voix vibrée, Gilles Leroy raconte une vie, des blessures. L'absente devient présente. Nina est là, vivante, incarnée, comme deux autres héroïnes, Zelda Fitzgerald et Zola Jackson. Le triptyque déploie, avec brio, le destin de trois femmes américaines. Trois femmes blessées. Trois femmes puissantes qui éprouvent la brutalité de la vie.


La revue de presse : Mohammed Aïssaoui - Le Figaro du 28 mars 2013


Le livre commence par la fin. Gilles Leroy décrit, raconte, écoute, sonde et se met dans la peau de Nina Simone. Le roman s'ouvre sur les dernières années de la légende du jazz. Puis déroule le fil d'une vie qui est loin d'être un long fleuve tranquille...

C'est tout cela, et d'autres choses encore que l'auteur d'Alabama Song dépeint avec cet art du portrait romancé où il n'hésite pas à endosser les plaies de son modèle. Bien sûr, on ressent le penchant qu'il a pour cette femme fragile qui tente, comme elle peut, de rester debout, mais l'écrivain ne cache rien des excès de la diva, de ses caprices de star, de son côté pathétique. Sans doute plus que d'autres, la vie de Nina Simone est un roman. Un roman avec ses pages lumineuses et ses «traversées de l'enfer», comme elle dit.


La revue de presse : Xavier Houssin - Le Monde du 21 mars 2013


En prenant le parti de Nina Simone et de ses rêves bafoués, Gilles Leroy dénonce, dans son roman, la violence, le racisme, la bêtise. Et on lit, constante dans ses textes, la révolte d'un jeune homme, que l'âge n'a pas vieillie...

Gilles Leroy s'attache à ses premières années. A ses espoirs piétinés de jouer Chopin et Debussy, à son apprentissage brutal de la vie, à ses amours tout de suite désenchantées. C'est un livre d'une proximité étrange, émouvant, balayé de revanches cyniques et de larmes rentrées. On croit l'entendre chanter : " And more, much more than this, I did it my way. "




La revue de presse : Valérie Marin La Meslée - Le Point du 6 juin 2013


La revanche par l'argent, l'orgueil pour venger la honte, la solitude insondable, l'odieuse et merveilleuse Nina, malgré tout, vous attache... C'est le sentiment d'admiration devant ce bloc de courage qu'était la Simone (à propos de son pseudo emprunté à Signoret, il faut lire la rencontre entre ces deux monstres !) qui prévaut. Nina Simone finit par croiser Zelda Fitzgerald, l'héroïne d'"Alabama Song", dans un chapitre de ce livre qui rassemble tout ce qui, depuis longtemps, tient au coeur de l'oeuvre de Gilles Leroy. Cet écrivain qui s'approche de ce qui brûle avec une délicatesse de plume autorisant le vrai partage.


La revue de presse : Grégoire Leménager - Le Nouvel Observateur du 16 mai 2013


Gilles Leroy a décidément le chic pour s'introduire chez les stars déchues qui, derrière des volets clos, ruminent leurs plus belles années tandis que la folie rôde, fermente et carbure à la gnôle. Dans son «Alabama Song», Zelda Fitzgerald se flattait d'avoir «inventé la célébrité et surtout son commerce» avant de sombrer dans la schizophrénie. Avec «Nina Simone, roman», le Goncourt 2007 continue à retourner le rêve américain comme un gant.


La revue de presse : Paola Genone - L'Express, mai 2013


Ce flou artistique qui entoure les derniers jours de la grande chanteuse et pianiste afro-américaine fascinait depuis longtemps Gilles Leroy. Prix Goncourt 2007 pour Alabama Song -inspiré par Zelda Fitzgerald-, l'écrivain s'identifie encore une fois à une femme complexe et livre Nina Simone, roman, une fiction fondée sur des vérités glaçantes.


La revue de presse : Agnès Vannouvong - L'Humanité du 25 avril 2013


Dans cette vie romancée, on est saisi par la puissance d'un destin. « Qu'est-ce qu'être artiste, sur quoi se forme une destinée  ? » se demande l'écrivain. « Ce qui m'intéresse est le rejet. La façon de rebondir est pour moi le signe d'un grand artiste. » L'ascension et la chute n'en sont que plus spectaculaires, à l'image du héros tragique...

Dans une écriture dense, ciselée, rythmée comme une voix vibrée, Gilles Leroy raconte une vie, des blessures. L'absente devient présente. Nina est là, vivante, incarnée, comme deux autres héroïnes, Zelda Fitzgerald et Zola Jackson. Le triptyque déploie, avec brio, le destin de trois femmes américaines. Trois femmes blessées. Trois femmes puissantes qui éprouvent la brutalité de la vie.


La revue de presse : Mohammed Aïssaoui - Le Figaro du 28 mars 2013


Le livre commence par la fin. Gilles Leroy décrit, raconte, écoute, sonde et se met dans la peau de Nina Simone. Le roman s'ouvre sur les dernières années de la légende du jazz. Puis déroule le fil d'une vie qui est loin d'être un long fleuve tranquille...

C'est tout cela, et d'autres choses encore que l'auteur d'Alabama Song dépeint avec cet art du portrait romancé où il n'hésite pas à endosser les plaies de son modèle. Bien sûr, on ressent le penchant qu'il a pour cette femme fragile qui tente, comme elle peut, de rester debout, mais l'écrivain ne cache rien des excès de la diva, de ses caprices de star, de son côté pathétique. Sans doute plus que d'autres, la vie de Nina Simone est un roman. Un roman avec ses pages lumineuses et ses «traversées de l'enfer», comme elle dit.


La revue de presse : Xavier Houssin - Le Monde du 21 mars 2013


En prenant le parti de Nina Simone et de ses rêves bafoués, Gilles Leroy dénonce, dans son roman, la violence, le racisme, la bêtise. Et on lit, constante dans ses textes, la révolte d'un jeune homme, que l'âge n'a pas vieillie...

Gilles Leroy s'attache à ses premières années. A ses espoirs piétinés de jouer Chopin et Debussy, à son apprentissage brutal de la vie, à ses amours tout de suite désenchantées. C'est un livre d'une proximité étrange, émouvant, balayé de revanches cyniques et de larmes rentrées. On croit l'entendre chanter : " And more, much more than this, I did it my way. "




La revue de presse : Valérie Marin La Meslée - Le Point du 6 juin 2013


La revanche par l'argent, l'orgueil pour venger la honte, la solitude insondable, l'odieuse et merveilleuse Nina, malgré tout, vous attache... C'est le sentiment d'admiration devant ce bloc de courage qu'était la Simone (à propos de son pseudo emprunté à Signoret, il faut lire la rencontre entre ces deux monstres !) qui prévaut. Nina Simone finit par croiser Zelda Fitzgerald, l'héroïne d'"Alabama Song", dans un chapitre de ce livre qui rassemble tout ce qui, depuis longtemps, tient au coeur de l'oeuvre de Gilles Leroy. Cet écrivain qui s'approche de ce qui brûle avec une délicatesse de plume autorisant le vrai partage.


La revue de presse : Grégoire Leménager - Le Nouvel Observateur du 16 mai 2013


Gilles Leroy a décidément le chic pour s'introduire chez les stars déchues qui, derrière des volets clos, ruminent leurs plus belles années tandis que la folie rôde, fermente et carbure à la gnôle. Dans son «Alabama Song», Zelda Fitzgerald se flattait d'avoir «inventé la célébrité et surtout son commerce» avant de sombrer dans la schizophrénie. Avec «Nina Simone, roman», le Goncourt 2007 continue à retourner le rêve américain comme un gant.


La revue de presse : Paola Genone - L'Express, mai 2013


Ce flou artistique qui entoure les derniers jours de la grande chanteuse et pianiste afro-américaine fascinait depuis longtemps Gilles Leroy. Prix Goncourt 2007 pour Alabama Song -inspiré par Zelda Fitzgerald-, l'écrivain s'identifie encore une fois à une femme complexe et livre Nina Simone, roman, une fiction fondée sur des vérités glaçantes.


La revue de presse : Agnès Vannouvong - L'Humanité du 25 avril 2013


Dans cette vie romancée, on est saisi par la puissance d'un destin. « Qu'est-ce qu'être artiste, sur quoi se forme une destinée  ? » se demande l'écrivain. « Ce qui m'intéresse est le rejet. La façon de rebondir est pour moi le signe d'un grand artiste. » L'ascension et la chute n'en sont que plus spectaculaires, à l'image du héros tragique...

Dans une écriture dense, ciselée, rythmée comme une voix vibrée, Gilles Leroy raconte une vie, des blessures. L'absente devient présente. Nina est là, vivante, incarnée, comme deux autres héroïnes, Zelda Fitzgerald et Zola Jackson. Le triptyque déploie, avec brio, le destin de trois femmes américaines. Trois femmes blessées. Trois femmes puissantes qui éprouvent la brutalité de la vie.


La revue de presse : Mohammed Aïssaoui - Le Figaro du 28 mars 2013


Le livre commence par la fin. Gilles Leroy décrit, raconte, écoute, sonde et se met dans la peau de Nina Simone. Le roman s'ouvre sur les dernières années de la légende du jazz. Puis déroule le fil d'une vie qui est loin d'être un long fleuve tranquille...

C'est tout cela, et d'autres choses encore que l'auteur d'Alabama Song dépeint avec cet art du portrait romancé où il n'hésite pas à endosser les plaies de son modèle. Bien sûr, on ressent le penchant qu'il a pour cette femme fragile qui tente, comme elle peut, de rester debout, mais l'écrivain ne cache rien des excès de la diva, de ses caprices de star, de son côté pathétique. Sans doute plus que d'autres, la vie de Nina Simone est un roman. Un roman avec ses pages lumineuses et ses «traversées de l'enfer», comme elle dit.


La revue de presse : Xavier Houssin - Le Monde du 21 mars 2013


En prenant le parti de Nina Simone et de ses rêves bafoués, Gilles Leroy dénonce, dans son roman, la violence, le racisme, la bêtise. Et on lit, constante dans ses textes, la révolte d'un jeune homme, que l'âge n'a pas vieillie...

Gilles Leroy s'attache à ses premières années. A ses espoirs piétinés de jouer Chopin et Debussy, à son apprentissage brutal de la vie, à ses amours tout de suite désenchantées. C'est un livre d'une proximité étrange, émouvant, balayé de revanches cyniques et de larmes rentrées. On croit l'entendre chanter : " And more, much more than this, I did it my way. "




La revue de presse : Valérie Marin La Meslée - Le Point du 6 juin 2013


La revanche par l'argent, l'orgueil pour venger la honte, la solitude insondable, l'odieuse et merveilleuse Nina, malgré tout, vous attache... C'est le sentiment d'admiration devant ce bloc de courage qu'était la Simone (à propos de son pseudo emprunté à Signoret, il faut lire la rencontre entre ces deux monstres !) qui prévaut. Nina Simone finit par croiser Zelda Fitzgerald, l'héroïne d'"Alabama Song", dans un chapitre de ce livre qui rassemble tout ce qui, depuis longtemps, tient au coeur de l'oeuvre de Gilles Leroy. Cet écrivain qui s'approche de ce qui brûle avec une délicatesse de plume autorisant le vrai partage.


La revue de presse : Grégoire Leménager - Le Nouvel Observateur du 16 mai 2013


Gilles Leroy a décidément le chic pour s'introduire chez les stars déchues qui, derrière des volets clos, ruminent leurs plus belles années tandis que la folie rôde, fermente et carbure à la gnôle. Dans son «Alabama Song», Zelda Fitzgerald se flattait d'avoir «inventé la célébrité et surtout son commerce» avant de sombrer dans la schizophrénie. Avec «Nina Simone, roman», le Goncourt 2007 continue à retourner le rêve américain comme un gant.


La revue de presse : Paola Genone - L'Express, mai 2013


Ce flou artistique qui entoure les derniers jours de la grande chanteuse et pianiste afro-américaine fascinait depuis longtemps Gilles Leroy. Prix Goncourt 2007 pour Alabama Song -inspiré par Zelda Fitzgerald-, l'écrivain s'identifie encore une fois à une femme complexe et livre Nina Simone, roman, une fiction fondée sur des vérités glaçantes.


La revue de presse : Agnès Vannouvong - L'Humanité du 25 avril 2013


Dans cette vie romancée, on est saisi par la puissance d'un destin. « Qu'est-ce qu'être artiste, sur quoi se forme une destinée  ? » se demande l'écrivain. « Ce qui m'intéresse est le rejet. La façon de rebondir est pour moi le signe d'un grand artiste. » L'ascension et la chute n'en sont que plus spectaculaires, à l'image du héros tragique...

Dans une écriture dense, ciselée, rythmée comme une voix vibrée, Gilles Leroy raconte une vie, des blessures. L'absente devient présente. Nina est là, vivante, incarnée, comme deux autres héroïnes, Zelda Fitzgerald et Zola Jackson. Le triptyque déploie, avec brio, le destin de trois femmes américaines. Trois femmes blessées. Trois femmes puissantes qui éprouvent la brutalité de la vie.


La revue de presse : Mohammed Aïssaoui - Le Figaro du 28 mars 2013


Le livre commence par la fin. Gilles Leroy décrit, raconte, écoute, sonde et se met dans la peau de Nina Simone. Le roman s'ouvre sur les dernières années de la légende du jazz. Puis déroule le fil d'une vie qui est loin d'être un long fleuve tranquille...

C'est tout cela, et d'autres choses encore que l'auteur d'Alabama Song dépeint avec cet art du portrait romancé où il n'hésite pas à endosser les plaies de son modèle. Bien sûr, on ressent le penchant qu'il a pour cette femme fragile qui tente, comme elle peut, de rester debout, mais l'écrivain ne cache rien des excès de la diva, de ses caprices de star, de son côté pathétique. Sans doute plus que d'autres, la vie de Nina Simone est un roman. Un roman avec ses pages lumineuses et ses «traversées de l'enfer», comme elle dit.


La revue de presse : Xavier Houssin - Le Monde du 21 mars 2013


En prenant le parti de Nina Simone et de ses rêves bafoués, Gilles Leroy dénonce, dans son roman, la violence, le racisme, la bêtise. Et on lit, constante dans ses textes, la révolte d'un jeune homme, que l'âge n'a pas vieillie...

Gilles Leroy s'attache à ses premières années. A ses espoirs piétinés de jouer Chopin et Debussy, à son apprentissage brutal de la vie, à ses amours tout de suite désenchantées. C'est un livre d'une proximité étrange, émouvant, balayé de revanches cyniques et de larmes rentrées. On croit l'entendre chanter : " And more, much more than this, I did it my way. "




La revue de presse : Valérie Marin La Meslée - Le Point du 6 juin 2013


La revanche par l'argent, l'orgueil pour venger la honte, la solitude insondable, l'odieuse et merveilleuse Nina, malgré tout, vous attache... C'est le sentiment d'admiration devant ce bloc de courage qu'était la Simone (à propos de son pseudo emprunté à Signoret, il faut lire la rencontre entre ces deux monstres !) qui prévaut. Nina Simone finit par croiser Zelda Fitzgerald, l'héroïne d'"Alabama Song", dans un chapitre de ce livre qui rassemble tout ce qui, depuis longtemps, tient au coeur de l'oeuvre de Gilles Leroy. Cet écrivain qui s'approche de ce qui brûle avec une délicatesse de plume autorisant le vrai partage.


La revue de presse : Grégoire Leménager - Le Nouvel Observateur du 16 mai 2013


Gilles Leroy a décidément le chic pour s'introduire chez les stars déchues qui, derrière des volets clos, ruminent leurs plus belles années tandis que la folie rôde, fermente et carbure à la gnôle. Dans son «Alabama Song», Zelda Fitzgerald se flattait d'avoir «inventé la célébrité et surtout son commerce» avant de sombrer dans la schizophrénie. Avec «Nina Simone, roman», le Goncourt 2007 continue à retourner le rêve américain comme un gant.


La revue de presse : Paola Genone - L'Express, mai 2013


Ce flou artistique qui entoure les derniers jours de la grande chanteuse et pianiste afro-américaine fascinait depuis longtemps Gilles Leroy. Prix Goncourt 2007 pour Alabama Song -inspiré par Zelda Fitzgerald-, l'écrivain s'identifie encore une fois à une femme complexe et livre Nina Simone, roman, une fiction fondée sur des vérités glaçantes.


La revue de presse : Agnès Vannouvong - L'Humanité du 25 avril 2013


Dans cette vie romancée, on est saisi par la puissance d'un destin. « Qu'est-ce qu'être artiste, sur quoi se forme une destinée  ? » se demande l'écrivain. « Ce qui m'intéresse est le rejet. La façon de rebondir est pour moi le signe d'un grand artiste. » L'ascension et la chute n'en sont que plus spectaculaires, à l'image du héros tragique...

Dans une écriture dense, ciselée, rythmée comme une voix vibrée, Gilles Leroy raconte une vie, des blessures. L'absente devient présente. Nina est là, vivante, incarnée, comme deux autres héroïnes, Zelda Fitzgerald et Zola Jackson. Le triptyque déploie, avec brio, le destin de trois femmes américaines. Trois femmes blessées. Trois femmes puissantes qui éprouvent la brutalité de la vie.


La revue de presse : Mohammed Aïssaoui - Le Figaro du 28 mars 2013


Le livre commence par la fin. Gilles Leroy décrit, raconte, écoute, sonde et se met dans la peau de Nina Simone. Le roman s'ouvre sur les dernières années de la légende du jazz. Puis déroule le fil d'une vie qui est loin d'être un long fleuve tranquille...

C'est tout cela, et d'autres choses encore que l'auteur d'Alabama Song dépeint avec cet art du portrait romancé où il n'hésite pas à endosser les plaies de son modèle. Bien sûr, on ressent le penchant qu'il a pour cette femme fragile qui tente, comme elle peut, de rester debout, mais l'écrivain ne cache rien des excès de la diva, de ses caprices de star, de son côté pathétique. Sans doute plus que d'autres, la vie de Nina Simone est un roman. Un roman avec ses pages lumineuses et ses «traversées de l'enfer», comme elle dit.


La revue de presse : Xavier Houssin - Le Monde du 21 mars 2013


En prenant le parti de Nina Simone et de ses rêves bafoués, Gilles Leroy dénonce, dans son roman, la violence, le racisme, la bêtise. Et on lit, constante dans ses textes, la révolte d'un jeune homme, que l'âge n'a pas vieillie...

Gilles Leroy s'attache à ses premières années. A ses espoirs piétinés de jouer Chopin et Debussy, à son apprentissage brutal de la vie, à ses amours tout de suite désenchantées. C'est un livre d'une proximité étrange, émouvant, balayé de revanches cyniques et de larmes rentrées. On croit l'entendre chanter : " And more, much more than this, I did it my way. "




La revue de presse : Valérie Marin La Meslée - Le Point du 6 juin 2013


La revanche par l'argent, l'orgueil pour venger la honte, la solitude insondable, l'odieuse et merveilleuse Nina, malgré tout, vous attache... C'est le sentiment d'admiration devant ce bloc de courage qu'était la Simone (à propos de son pseudo emprunté à Signoret, il faut lire la rencontre entre ces deux monstres !) qui prévaut. Nina Simone finit par croiser Zelda Fitzgerald, l'héroïne d'"Alabama Song", dans un chapitre de ce livre qui rassemble tout ce qui, depuis longtemps, tient au coeur de l'oeuvre de Gilles Leroy. Cet écrivain qui s'approche de ce qui brûle avec une délicatesse de plume autorisant le vrai partage.


La revue de presse : Grégoire Leménager - Le Nouvel Observateur du 16 mai 2013


Gilles Leroy a décidément le chic pour s'introduire chez les stars déchues qui, derrière des volets clos, ruminent leurs plus belles années tandis que la folie rôde, fermente et carbure à la gnôle. Dans son «Alabama Song», Zelda Fitzgerald se flattait d'avoir «inventé la célébrité et surtout son commerce» avant de sombrer dans la schizophrénie. Avec «Nina Simone, roman», le Goncourt 2007 continue à retourner le rêve américain comme un gant.


La revue de presse : Paola Genone - L'Express, mai 2013


Ce flou artistique qui entoure les derniers jours de la grande chanteuse et pianiste afro-américaine fascinait depuis longtemps Gilles Leroy. Prix Goncourt 2007 pour Alabama Song -inspiré par Zelda Fitzgerald-, l'écrivain s'identifie encore une fois à une femme complexe et livre Nina Simone, roman, une fiction fondée sur des vérités glaçantes.


La revue de presse : Agnès Vannouvong - L'Humanité du 25 avril 2013


Dans cette vie romancée, on est saisi par la puissance d'un destin. « Qu'est-ce qu'être artiste, sur quoi se forme une destinée  ? » se demande l'écrivain. « Ce qui m'intéresse est le rejet. La façon de rebondir est pour moi le signe d'un grand artiste. » L'ascension et la chute n'en sont que plus spectaculaires, à l'image du héros tragique...

Dans une écriture dense, ciselée, rythmée comme une voix vibrée, Gilles Leroy raconte une vie, des blessures. L'absente devient présente. Nina est là, vivante, incarnée, comme deux autres héroïnes, Zelda Fitzgerald et Zola Jackson. Le triptyque déploie, avec brio, le destin de trois femmes américaines. Trois femmes blessées. Trois femmes puissantes qui éprouvent la brutalité de la vie.


La revue de presse : Mohammed Aïssaoui - Le Figaro du 28 mars 2013


Le livre commence par la fin. Gilles Leroy décrit, raconte, écoute, sonde et se met dans la peau de Nina Simone. Le roman s'ouvre sur les dernières années de la légende du jazz. Puis déroule le fil d'une vie qui est loin d'être un long fleuve tranquille...

C'est tout cela, et d'autres choses encore que l'auteur d'Alabama Song dépeint avec cet art du portrait romancé où il n'hésite pas à endosser les plaies de son modèle. Bien sûr, on ressent le penchant qu'il a pour cette femme fragile qui tente, comme elle peut, de rester debout, mais l'écrivain ne cache rien des excès de la diva, de ses caprices de star, de son côté pathétique. Sans doute plus que d'autres, la vie de Nina Simone est un roman. Un roman avec ses pages lumineuses et ses «traversées de l'enfer», comme elle dit.


La revue de presse : Xavier Houssin - Le Monde du 21 mars 2013


En prenant le parti de Nina Simone et de ses rêves bafoués, Gilles Leroy dénonce, dans son roman, la violence, le racisme, la bêtise. Et on lit, constante dans ses textes, la révolte d'un jeune homme, que l'âge n'a pas vieillie...

Gilles Leroy s'attache à ses premières années. A ses espoirs piétinés de jouer Chopin et Debussy, à son apprentissage brutal de la vie, à ses amours tout de suite désenchantées. C'est un livre d'une proximité étrange, émouvant, balayé de revanches cyniques et de larmes rentrées. On croit l'entendre chanter : " And more, much more than this, I did it my way. "




La revue de presse : Valérie Marin La Meslée - Le Point du 6 juin 2013


La revanche par l'argent, l'orgueil pour venger la honte, la solitude insondable, l'odieuse et merveilleuse Nina, malgré tout, vous attache... C'est le sentiment d'admiration devant ce bloc de courage qu'était la Simone (à propos de son pseudo emprunté à Signoret, il faut lire la rencontre entre ces deux monstres !) qui prévaut. Nina Simone finit par croiser Zelda Fitzgerald, l'héroïne d'"Alabama Song", dans un chapitre de ce livre qui rassemble tout ce qui, depuis longtemps, tient au coeur de l'oeuvre de Gilles Leroy. Cet écrivain qui s'approche de ce qui brûle avec une délicatesse de plume autorisant le vrai partage.


La revue de presse : Grégoire Leménager - Le Nouvel Observateur du 16 mai 2013


Gilles Leroy a décidément le chic pour s'introduire chez les stars déchues qui, derrière des volets clos, ruminent leurs plus belles années tandis que la folie rôde, fermente et carbure à la gnôle. Dans son «Alabama Song», Zelda Fitzgerald se flattait d'avoir «inventé la célébrité et surtout son commerce» avant de sombrer dans la schizophrénie. Avec «Nina Simone, roman», le Goncourt 2007 continue à retourner le rêve américain comme un gant.


La revue de presse : Paola Genone - L'Express, mai 2013


Ce flou artistique qui entoure les derniers jours de la grande chanteuse et pianiste afro-américaine fascinait depuis longtemps Gilles Leroy. Prix Goncourt 2007 pour Alabama Song -inspiré par Zelda Fitzgerald-, l'écrivain s'identifie encore une fois à une femme complexe et livre Nina Simone, roman, une fiction fondée sur des vérités glaçantes.


La revue de presse : Agnès Vannouvong - L'Humanité du 25 avril 2013


Dans cette vie romancée, on est saisi par la puissance d'un destin. « Qu'est-ce qu'être artiste, sur quoi se forme une destinée  ? » se demande l'écrivain. « Ce qui m'intéresse est le rejet. La façon de rebondir est pour moi le signe d'un grand artiste. » L'ascension et la chute n'en sont que plus spectaculaires, à l'image du héros tragique...

Dans une écriture dense, ciselée, rythmée comme une voix vibrée, Gilles Leroy raconte une vie, des blessures. L'absente devient présente. Nina est là, vivante, incarnée, comme deux autres héroïnes, Zelda Fitzgerald et Zola Jackson. Le triptyque déploie, avec brio, le destin de trois femmes américaines. Trois femmes blessées. Trois femmes puissantes qui éprouvent la brutalité de la vie.


La revue de presse : Mohammed Aïssaoui - Le Figaro du 28 mars 2013


Le livre commence par la fin. Gilles Leroy décrit, raconte, écoute, sonde et se met dans la peau de Nina Simone. Le roman s'ouvre sur les dernières années de la légende du jazz. Puis déroule le fil d'une vie qui est loin d'être un long fleuve tranquille...

C'est tout cela, et d'autres choses encore que l'auteur d'Alabama Song dépeint avec cet art du portrait romancé où il n'hésite pas à endosser les plaies de son modèle. Bien sûr, on ressent le penchant qu'il a pour cette femme fragile qui tente, comme elle peut, de rester debout, mais l'écrivain ne cache rien des excès de la diva, de ses caprices de star, de son côté pathétique. Sans doute plus que d'autres, la vie de Nina Simone est un roman. Un roman avec ses pages lumineuses et ses «traversées de l'enfer», comme elle dit.


La revue de presse : Xavier Houssin - Le Monde du 21 mars 2013


En prenant le parti de Nina Simone et de ses rêves bafoués, Gilles Leroy dénonce, dans son roman, la violence, le racisme, la bêtise. Et on lit, constante dans ses textes, la révolte d'un jeune homme, que l'âge n'a pas vieillie...

Gilles Leroy s'attache à ses premières années. A ses espoirs piétinés de jouer Chopin et Debussy, à son apprentissage brutal de la vie, à ses amours tout de suite désenchantées. C'est un livre d'une proximité étrange, émouvant, balayé de revanches cyniques et de larmes rentrées. On croit l'entendre chanter : " And more, much more than this, I did it my way. "




La revue de presse : Valérie Marin La Meslée - Le Point du 6 juin 2013


La revanche par l'argent, l'orgueil pour venger la honte, la solitude insondable, l'odieuse et merveilleuse Nina, malgré tout, vous attache... C'est le sentiment d'admiration devant ce bloc de courage qu'était la Simone (à propos de son pseudo emprunté à Signoret, il faut lire la rencontre entre ces deux monstres !) qui prévaut. Nina Simone finit par croiser Zelda Fitzgerald, l'héroïne d'"Alabama Song", dans un chapitre de ce livre qui rassemble tout ce qui, depuis longtemps, tient au coeur de l'oeuvre de Gilles Leroy. Cet écrivain qui s'approche de ce qui brûle avec une délicatesse de plume autorisant le vrai partage.


La revue de presse : Grégoire Leménager - Le Nouvel Observateur du 16 mai 2013


Gilles Leroy a décidément le chic pour s'introduire chez les stars déchues qui, derrière des volets clos, ruminent leurs plus belles années tandis que la folie rôde, fermente et carbure à la gnôle. Dans son «Alabama Song», Zelda Fitzgerald se flattait d'avoir «inventé la célébrité et surtout son commerce» avant de sombrer dans la schizophrénie. Avec «Nina Simone, roman», le Goncourt 2007 continue à retourner le rêve américain comme un gant.


La revue de presse : Paola Genone - L'Express, mai 2013


Ce flou artistique qui entoure les derniers jours de la grande chanteuse et pianiste afro-américaine fascinait depuis longtemps Gilles Leroy. Prix Goncourt 2007 pour Alabama Song -inspiré par Zelda Fitzgerald-, l'écrivain s'identifie encore une fois à une femme complexe et livre Nina Simone, roman, une fiction fondée sur des vérités glaçantes.


La revue de presse : Agnès Vannouvong - L'Humanité du 25 avril 2013


Dans cette vie romancée, on est saisi par la puissance d'un destin. « Qu'est-ce qu'être artiste, sur quoi se forme une destinée  ? » se demande l'écrivain. « Ce qui m'intéresse est le rejet. La façon de rebondir est pour moi le signe d'un grand artiste. » L'ascension et la chute n'en sont que plus spectaculaires, à l'image du héros tragique...

Dans une écriture dense, ciselée, rythmée comme une voix vibrée, Gilles Leroy raconte une vie, des blessures. L'absente devient présente. Nina est là, vivante, incarnée, comme deux autres héroïnes, Zelda Fitzgerald et Zola Jackson. Le triptyque déploie, avec brio, le destin de trois femmes américaines. Trois femmes blessées. Trois femmes puissantes qui éprouvent la brutalité de la vie.


La revue de presse : Mohammed Aïssaoui - Le Figaro du 28 mars 2013


Le livre commence par la fin. Gilles Leroy décrit, raconte, écoute, sonde et se met dans la peau de Nina Simone. Le roman s'ouvre sur les dernières années de la légende du jazz. Puis déroule le fil d'une vie qui est loin d'être un long fleuve tranquille...

C'est tout cela, et d'autres choses encore que l'auteur d'Alabama Song dépeint avec cet art du portrait romancé où il n'hésite pas à endosser les plaies de son modèle. Bien sûr, on ressent le penchant qu'il a pour cette femme fragile qui tente, comme elle peut, de rester debout, mais l'écrivain ne cache rien des excès de la diva, de ses caprices de star, de son côté pathétique. Sans doute plus que d'autres, la vie de Nina Simone est un roman. Un roman avec ses pages lumineuses et ses «traversées de l'enfer», comme elle dit.


La revue de presse : Xavier Houssin - Le Monde du 21 mars 2013


En prenant le parti de Nina Simone et de ses rêves bafoués, Gilles Leroy dénonce, dans son roman, la violence, le racisme, la bêtise. Et on lit, constante dans ses textes, la révolte d'un jeune homme, que l'âge n'a pas vieillie...

Gilles Leroy s'attache à ses premières années. A ses espoirs piétinés de jouer Chopin et Debussy, à son apprentissage brutal de la vie, à ses amours tout de suite désenchantées. C'est un livre d'une proximité étrange, émouvant, balayé de revanches cyniques et de larmes rentrées. On croit l'entendre chanter : " And more, much more than this, I did it my way. "




La revue de presse : Valérie Marin La Meslée - Le Point du 6 juin 2013


La revanche par l'argent, l'orgueil pour venger la honte, la solitude insondable, l'odieuse et merveilleuse Nina, malgré tout, vous attache... C'est le sentiment d'admiration devant ce bloc de courage qu'était la Simone (à propos de son pseudo emprunté à Signoret, il faut lire la rencontre entre ces deux monstres !) qui prévaut. Nina Simone finit par croiser Zelda Fitzgerald, l'héroïne d'"Alabama Song", dans un chapitre de ce livre qui rassemble tout ce qui, depuis longtemps, tient au coeur de l'oeuvre de Gilles Leroy. Cet écrivain qui s'approche de ce qui brûle avec une délicatesse de plume autorisant le vrai partage.


La revue de presse : Grégoire Leménager - Le Nouvel Observateur du 16 mai 2013


Gilles Leroy a décidément le chic pour s'introduire chez les stars déchues qui, derrière des volets clos, ruminent leurs plus belles années tandis que la folie rôde, fermente et carbure à la gnôle. Dans son «Alabama Song», Zelda Fitzgerald se flattait d'avoir «inventé la célébrité et surtout son commerce» avant de sombrer dans la schizophrénie. Avec «Nina Simone, roman», le Goncourt 2007 continue à retourner le rêve américain comme un gant.


La revue de presse : Paola Genone - L'Express, mai 2013


Ce flou artistique qui entoure les derniers jours de la grande chanteuse et pianiste afro-américaine fascinait depuis longtemps Gilles Leroy. Prix Goncourt 2007 pour Alabama Song -inspiré par Zelda Fitzgerald-, l'écrivain s'identifie encore une fois à une femme complexe et livre Nina Simone, roman, une fiction fondée sur des vérités glaçantes.


La revue de presse : Agnès Vannouvong - L'Humanité du 25 avril 2013


Dans cette vie romancée, on est saisi par la puissance d'un destin. « Qu'est-ce qu'être artiste, sur quoi se forme une destinée  ? » se demande l'écrivain. « Ce qui m'intéresse est le rejet. La façon de rebondir est pour moi le signe d'un grand artiste. » L'ascension et la chute n'en sont que plus spectaculaires, à l'image du héros tragique...

Dans une écriture dense, ciselée, rythmée comme une voix vibrée, Gilles Leroy raconte une vie, des blessures. L'absente devient présente. Nina est là, vivante, incarnée, comme deux autres héroïnes, Zelda Fitzgerald et Zola Jackson. Le triptyque déploie, avec brio, le destin de trois femmes américaines. Trois femmes blessées. Trois femmes puissantes qui éprouvent la brutalité de la vie.


La revue de presse : Mohammed Aïssaoui - Le Figaro du 28 mars 2013


Le livre commence par la fin. Gilles Leroy décrit, raconte, écoute, sonde et se met dans la peau de Nina Simone. Le roman s'ouvre sur les dernières années de la légende du jazz. Puis déroule le fil d'une vie qui est loin d'être un long fleuve tranquille...

C'est tout cela, et d'autres choses encore que l'auteur d'Alabama Song dépeint avec cet art du portrait romancé où il n'hésite pas à endosser les plaies de son modèle. Bien sûr, on ressent le penchant qu'il a pour cette femme fragile qui tente, comme elle peut, de rester debout, mais l'écrivain ne cache rien des excès de la diva, de ses caprices de star, de son côté pathétique. Sans doute plus que d'autres, la vie de Nina Simone est un roman. Un roman avec ses pages lumineuses et ses «traversées de l'enfer», comme elle dit.


La revue de presse : Xavier Houssin - Le Monde du 21 mars 2013


En prenant le parti de Nina Simone et de ses rêves bafoués, Gilles Leroy dénonce, dans son roman, la violence, le racisme, la bêtise. Et on lit, constante dans ses textes, la révolte d'un jeune homme, que l'âge n'a pas vieillie...

Gilles Leroy s'attache à ses premières années. A ses espoirs piétinés de jouer Chopin et Debussy, à son apprentissage brutal de la vie, à ses amours tout de suite désenchantées. C'est un livre d'une proximité étrange, émouvant, balayé de revanches cyniques et de larmes rentrées. On croit l'entendre chanter : " And more, much more than this, I did it my way. "




La revue de presse : Valérie Marin La Meslée - Le Point du 6 juin 2013


La revanche par l'argent, l'orgueil pour venger la honte, la solitude insondable, l'odieuse et merveilleuse Nina, malgré tout, vous attache... C'est le sentiment d'admiration devant ce bloc de courage qu'était la Simone (à propos de son pseudo emprunté à Signoret, il faut lire la rencontre entre ces deux monstres !) qui prévaut. Nina Simone finit par croiser Zelda Fitzgerald, l'héroïne d'"Alabama Song", dans un chapitre de ce livre qui rassemble tout ce qui, depuis longtemps, tient au coeur de l'oeuvre de Gilles Leroy. Cet écrivain qui s'approche de ce qui brûle avec une délicatesse de plume autorisant le vrai partage.


La revue de presse : Grégoire Leménager - Le Nouvel Observateur du 16 mai 2013


Gilles Leroy a décidément le chic pour s'introduire chez les stars déchues qui, derrière des volets clos, ruminent leurs plus belles années tandis que la folie rôde, fermente et carbure à la gnôle. Dans son «Alabama Song», Zelda Fitzgerald se flattait d'avoir «inventé la célébrité et surtout son commerce» avant de sombrer dans la schizophrénie. Avec «Nina Simone, roman», le Goncourt 2007 continue à retourner le rêve américain comme un gant.


La revue de presse : Paola Genone - L'Express, mai 2013


Ce flou artistique qui entoure les derniers jours de la grande chanteuse et pianiste afro-américaine fascinait depuis longtemps Gilles Leroy. Prix Goncourt 2007 pour Alabama Song -inspiré par Zelda Fitzgerald-, l'écrivain s'identifie encore une fois à une femme complexe et livre Nina Simone, roman, une fiction fondée sur des vérités glaçantes.


La revue de presse : Agnès Vannouvong - L'Humanité du 25 avril 2013


Dans cette vie romancée, on est saisi par la puissance d'un destin. « Qu'est-ce qu'être artiste, sur quoi se forme une destinée  ? » se demande l'écrivain. « Ce qui m'intéresse est le rejet. La façon de rebondir est pour moi le signe d'un grand artiste. » L'ascension et la chute n'en sont que plus spectaculaires, à l'image du héros tragique...

Dans une écriture dense, ciselée, rythmée comme une voix vibrée, Gilles Leroy raconte une vie, des blessures. L'absente devient présente. Nina est là, vivante, incarnée, comme deux autres héroïnes, Zelda Fitzgerald et Zola Jackson. Le triptyque déploie, avec brio, le destin de trois femmes américaines. Trois femmes blessées. Trois femmes puissantes qui éprouvent la brutalité de la vie.


La revue de presse : Mohammed Aïssaoui - Le Figaro du 28 mars 2013


Le livre commence par la fin. Gilles Leroy décrit, raconte, écoute, sonde et se met dans la peau de Nina Simone. Le roman s'ouvre sur les dernières années de la légende du jazz. Puis déroule le fil d'une vie qui est loin d'être un long fleuve tranquille...

C'est tout cela, et d'autres choses encore que l'auteur d'Alabama Song dépeint avec cet art du portrait romancé où il n'hésite pas à endosser les plaies de son modèle. Bien sûr, on ressent le penchant qu'il a pour cette femme fragile qui tente, comme elle peut, de rester debout, mais l'écrivain ne cache rien des excès de la diva, de ses caprices de star, de son côté pathétique. Sans doute plus que d'autres, la vie de Nina Simone est un roman. Un roman avec ses pages lumineuses et ses «traversées de l'enfer», comme elle dit.


La revue de presse : Xavier Houssin - Le Monde du 21 mars 2013


En prenant le parti de Nina Simone et de ses rêves bafoués, Gilles Leroy dénonce, dans son roman, la violence, le racisme, la bêtise. Et on lit, constante dans ses textes, la révolte d'un jeune homme, que l'âge n'a pas vieillie...

Gilles Leroy s'attache à ses premières années. A ses espoirs piétinés de jouer Chopin et Debussy, à son apprentissage brutal de la vie, à ses amours tout de suite désenchantées. C'est un livre d'une proximité étrange, émouvant, balayé de revanches cyniques et de larmes rentrées. On croit l'entendre chanter : " And more, much more than this, I did it my way. "




La revue de presse : Valérie Marin La Meslée - Le Point du 6 juin 2013


La revanche par l'argent, l'orgueil pour venger la honte, la solitude insondable, l'odieuse et merveilleuse Nina, malgré tout, vous attache... C'est le sentiment d'admiration devant ce bloc de courage qu'était la Simone (à propos de son pseudo emprunté à Signoret, il faut lire la rencontre entre ces deux monstres !) qui prévaut. Nina Simone finit par croiser Zelda Fitzgerald, l'héroïne d'"Alabama Song", dans un chapitre de ce livre qui rassemble tout ce qui, depuis longtemps, tient au coeur de l'oeuvre de Gilles Leroy. Cet écrivain qui s'approche de ce qui brûle avec une délicatesse de plume autorisant le vrai partage.


La revue de presse : Grégoire Leménager - Le Nouvel Observateur du 16 mai 2013


Gilles Leroy a décidément le chic pour s'introduire chez les stars déchues qui, derrière des volets clos, ruminent leurs plus belles années tandis que la folie rôde, fermente et carbure à la gnôle. Dans son «Alabama Song», Zelda Fitzgerald se flattait d'avoir «inventé la célébrité et surtout son commerce» avant de sombrer dans la schizophrénie. Avec «Nina Simone, roman», le Goncourt 2007 continue à retourner le rêve américain comme un gant.


La revue de presse : Paola Genone - L'Express, mai 2013


Ce flou artistique qui entoure les derniers jours de la grande chanteuse et pianiste afro-américaine fascinait depuis longtemps Gilles Leroy. Prix Goncourt 2007 pour Alabama Song -inspiré par Zelda Fitzgerald-, l'écrivain s'identifie encore une fois à une femme complexe et livre Nina Simone, roman, une fiction fondée sur des vérités glaçantes.


La revue de presse : Agnès Vannouvong - L'Humanité du 25 avril 2013


Dans cette vie romancée, on est saisi par la puissance d'un destin. « Qu'est-ce qu'être artiste, sur quoi se forme une destinée  ? » se demande l'écrivain. « Ce qui m'intéresse est le rejet. La façon de rebondir est pour moi le signe d'un grand artiste. » L'ascension et la chute n'en sont que plus spectaculaires, à l'image du héros tragique...

Dans une écriture dense, ciselée, rythmée comme une voix vibrée, Gilles Leroy raconte une vie, des blessures. L'absente devient présente. Nina est là, vivante, incarnée, comme deux autres héroïnes, Zelda Fitzgerald et Zola Jackson. Le triptyque déploie, avec brio, le destin de trois femmes américaines. Trois femmes blessées. Trois femmes puissantes qui éprouvent la brutalité de la vie.


La revue de presse : Mohammed Aïssaoui - Le Figaro du 28 mars 2013


Le livre commence par la fin. Gilles Leroy décrit, raconte, écoute, sonde et se met dans la peau de Nina Simone. Le roman s'ouvre sur les dernières années de la légende du jazz. Puis déroule le fil d'une vie qui est loin d'être un long fleuve tranquille...

C'est tout cela, et d'autres choses encore que l'auteur d'Alabama Song dépeint avec cet art du portrait romancé où il n'hésite pas à endosser les plaies de son modèle. Bien sûr, on ressent le penchant qu'il a pour cette femme fragile qui tente, comme elle peut, de rester debout, mais l'écrivain ne cache rien des excès de la diva, de ses caprices de star, de son côté pathétique. Sans doute plus que d'autres, la vie de Nina Simone est un roman. Un roman avec ses pages lumineuses et ses «traversées de l'enfer», comme elle dit.


La revue de presse : Xavier Houssin - Le Monde du 21 mars 2013


En prenant le parti de Nina Simone et de ses rêves bafoués, Gilles Leroy dénonce, dans son roman, la violence, le racisme, la bêtise. Et on lit, constante dans ses textes, la révolte d'un jeune homme, que l'âge n'a pas vieillie...

Gilles Leroy s'attache à ses premières années. A ses espoirs piétinés de jouer Chopin et Debussy, à son apprentissage brutal de la vie, à ses amours tout de suite désenchantées. C'est un livre d'une proximité étrange, émouvant, balayé de revanches cyniques et de larmes rentrées. On croit l'entendre chanter : " And more, much more than this, I did it my way. "




La revue de presse : Valérie Marin La Meslée - Le Point du 6 juin 2013


La revanche par l'argent, l'orgueil pour venger la honte, la solitude insondable, l'odieuse et merveilleuse Nina, malgré tout, vous attache... C'est le sentiment d'admiration devant ce bloc de courage qu'était la Simone (à propos de son pseudo emprunté à Signoret, il faut lire la rencontre entre ces deux monstres !) qui prévaut. Nina Simone finit par croiser Zelda Fitzgerald, l'héroïne d'"Alabama Song", dans un chapitre de ce livre qui rassemble tout ce qui, depuis longtemps, tient au coeur de l'oeuvre de Gilles Leroy. Cet écrivain qui s'approche de ce qui brûle avec une délicatesse de plume autorisant le vrai partage.


La revue de presse : Grégoire Leménager - Le Nouvel Observateur du 16 mai 2013


Gilles Leroy a décidément le chic pour s'introduire chez les stars déchues qui, derrière des volets clos, ruminent leurs plus belles années tandis que la folie rôde, fermente et carbure à la gnôle. Dans son «Alabama Song», Zelda Fitzgerald se flattait d'avoir «inventé la célébrité et surtout son commerce» avant de sombrer dans la schizophrénie. Avec «Nina Simone, roman», le Goncourt 2007 continue à retourner le rêve américain comme un gant.


La revue de presse : Paola Genone - L'Express, mai 2013


Ce flou artistique qui entoure les derniers jours de la grande chanteuse et pianiste afro-américaine fascinait depuis longtemps Gilles Leroy. Prix Goncourt 2007 pour Alabama Song -inspiré par Zelda Fitzgerald-, l'écrivain s'identifie encore une fois à une femme complexe et livre Nina Simone, roman, une fiction fondée sur des vérités glaçantes.


La revue de presse : Agnès Vannouvong - L'Humanité du 25 avril 2013


Dans cette vie romancée, on est saisi par la puissance d'un destin. « Qu'est-ce qu'être artiste, sur quoi se forme une destinée  ? » se demande l'écrivain. « Ce qui m'intéresse est le rejet. La façon de rebondir est pour moi le signe d'un grand artiste. » L'ascension et la chute n'en sont que plus spectaculaires, à l'image du héros tragique...

Dans une écriture dense, ciselée, rythmée comme une voix vibrée, Gilles Leroy raconte une vie, des blessures. L'absente devient présente. Nina est là, vivante, incarnée, comme deux autres héroïnes, Zelda Fitzgerald et Zola Jackson. Le triptyque déploie, avec brio, le destin de trois femmes américaines. Trois femmes blessées. Trois femmes puissantes qui éprouvent la brutalité de la vie.


La revue de presse : Mohammed Aïssaoui - Le Figaro du 28 mars 2013


Le livre commence par la fin. Gilles Leroy décrit, raconte, écoute, sonde et se met dans la peau de Nina Simone. Le roman s'ouvre sur les dernières années de la légende du jazz. Puis déroule le fil d'une vie qui est loin d'être un long fleuve tranquille...

C'est tout cela, et d'autres choses encore que l'auteur d'Alabama Song dépeint avec cet art du portrait romancé où il n'hésite pas à endosser les plaies de son modèle. Bien sûr, on ressent le penchant qu'il a pour cette femme fragile qui tente, comme elle peut, de rester debout, mais l'écrivain ne cache rien des excès de la diva, de ses caprices de star, de son côté pathétique. Sans doute plus que d'autres, la vie de Nina Simone est un roman. Un roman avec ses pages lumineuses et ses «traversées de l'enfer», comme elle dit.


La revue de presse : Xavier Houssin - Le Monde du 21 mars 2013


En prenant le parti de Nina Simone et de ses rêves bafoués, Gilles Leroy dénonce, dans son roman, la violence, le racisme, la bêtise. Et on lit, constante dans ses textes, la révolte d'un jeune homme, que l'âge n'a pas vieillie...

Gilles Leroy s'attache à ses premières années. A ses espoirs piétinés de jouer Chopin et Debussy, à son apprentissage brutal de la vie, à ses amours tout de suite désenchantées. C'est un livre d'une proximité étrange, émouvant, balayé de revanches cyniques et de larmes rentrées. On croit l'entendre chanter : " And more, much more than this, I did it my way. "


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