"Vies voisines" de Mohammed Berrada chez Actes Sud (Arles, France)

en partenariat avec 20minutes.fr

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Vies voisines
Vies voisines — Le choix des libraires

Résumé

Trois personnages, une femme émancipée, hôtesse de l'air de son métier, un homme du peuple, averti et charmeur, et un vieux politicien déluré, se racontent et se confient, se croisent et se séduisent, s'entraident et se dupent. En filigrane de leurs confessions se dessine une image contrastée de la société marocaine contemporaine, avec ses aspirations au changement et ses blocages structurels. Les "vies voisines" sont autant de quêtes existentielles qui questionnent l'origine du plaisir, le sens et la raison d'être au monde, le drame de la temporalité et de la finitude humaine.
Aux voix des personnages principaux s'ajoute celle d'un narrateur qui a partagé la vie, voisine, des trois héros, enregistré leur récit et qui le relate ici. S'élève enfin la voix d'un conteur, ou râwî, figure centrale de la littérature populaire arabe. Il se charge de mettre à distance et de présenter ces existences entremêlées. Chacune est ainsi contée plusieurs fois, jusqu'à ce que le conteur, revendiquant sa propre subjectivité, choisisse à son tour son mode de narration.
On retrouve dans Vies voisines le souci permanent de Mohamed Berrada d'associer "les modalités traditionnelles de la littérature arabe et les procédés de la narration occidentale, pour livrer les clefs des désarrois identitaires du Maroc contemporain".

Mohamed Berrada est né à Rabat en 1938. Romancier, nouvelliste, critique littéraire, traducteur, il a été professeur de littérature arabe à l'université Mohamed-V à Rabat et, de 1976 à 1983, président de l'Union des écrivains marocains. Sindbad/Actes Sud a publié Le Jeu de l'oubli (1993), Lumière fuyante (1998) et Comme un été qui ne reviendra pas (2001).

Courrier des auteurs le 27/03/2013

1) Qui êtes-vous ? !
Je suis Mohammed Berrada, écrivain marocain d'expression arabe. Quatre de mes romans sont traduits chez Actes/sud-Sindbad. Pour moi, écrire un roman est un plaisir d'habiter le monde de la fiction et se poser en même temps des questions sur mon pays le Maroc toujours à la recherche d'une Modernité qui le sort du passéisme et du pouvoir absolu...

2) Quel est le thème central de ce livre ?
Le thème essentiel de "Vies voisines" se dessine à travers des personnages prototypes qui constituent le tréfonds de la société et qui confrontent les transformations inexorables imposées par le Temps, la société et l'angoisse de l'existence.

3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
Ces expériences profondes, loin des conventions et des habitudes, nous touchent corps et âme, mettent l'humain à nu, et font vaciller les normes de la morale héréditaire." p. 20

4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
En musique le roman correspondrait à la chanson de Léo Ferré : "Avec le temps..."

5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
J'aime partager avec les lecteurs la complicité tissée par la fiction et l'univers imaginaire qui nous incite à réinterpréter le monde.

La revue de presse : Catherine Simon - Le Monde du 28 mars 2013

Mohamed Berrada compose, dans un choeur à trois voix, le portrait poignant du Maroc des années 1970...
A travers ce livre-inventaire aux résonances multiples, c'est un tableau tout en ombres et lumières, que peint Mohamed Berrada. Né à Rabat en 1938, aussi fin connaisseur de la culture française que fidèle artisan de la langue arabe et de la culture maghrébine, l'auteur de Vies voisines (quatrième de ses romans traduits en français) fait le portrait de " son " Maroc et du demi-siècle écoulé. " Ma nostalgie est une aspiration à vivre heureux ", explique son " narrateur/narrataire ", nom donné par l'auteur à l'un des griots de ce roman gigogne. En plongeant dans ces trois " vies voisines ", il n'a cherché, ajoute-t-il, qu'à s'immiscer " dans l'espace de silence créé par l'écriture ", afin de découvrir, en lui-même, à force d'écoute et de patience, les " dédales de relations et de mémoires imbriquées ". Pari gagné, jolie plongée.

La revue de presse : Françoise Germain-Robin - L'Humanité du 14 mars 2013

Roman, récit, conte, entretien, lettres, théâtre... On trouve toutes ces formes d'écriture dans le dernier roman de l'écrivain marocain Mohamed Berrada. S'y mêlent des personnages - Naïma, Wariti et le fils de H'nia - dont on ne sait s'ils sont réels ou inventés, sur un arrière-fond d'histoire du Maroc des années de plomb.

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