"Programme sensible" de Anne-Marie Garat chez Actes Sud (Arles, France)

en partenariat avec 20minutes.fr

— 

Programme sensible
Programme sensible — Le choix des libraires

Résumé

Le point de vue des éditeurs

Dans un deux-pièces de la banlieue parisienne ignoré du GPS et de Google Earth, Jason, devenu traducteur professionnel après avoir vécu plusieurs vies, entretient un secret et obsédant dialogue avec son ordinateur dont l'écran liquide semble receler de vivantes images de son passé refoulé dans une forêt nordique d'Estonie, vingt ans avant la chute du mur de Berlin. Et sur fond de divorce, de paternité difficile, de drame des sans-papiers, de rafle des camps "roms", de réchauffement climatique et de tragédie de Fukushima, il affronte cette rémanence qui revêt les couleurs d'un conte originel, dont les ogres désormais numérisés, percutant inlassablement son inconscient et sa mémoire archaïques, l'obligent à se réinventer dans la vraie vie.
Puisant à diverses sources formelles, nourri de différents "mythes", Programme sensible est sans doute, en France, l'une des premières fictions qui invitent délibérément notre rapport contemporain aux nouvelles technologies à se matérialiser dans la dramaturgie comme dans l'imaginaire du genre romanesque.

Auteur d'une oeuvre littéraire de tout premier plan, Anne-Marie Garat, lauréate du prix Femina pour son roman Aden (Seuil) en 1992, a été très remarquée, ces dernières années, pour sa grande trilogie romanesque séculaire inaugurée avec le célèbre roman Dans la main du diable (Actes Sud, 2006), suivi de L'Enfant des ténèbres (Actes Sud, 2008) et de Pense à demain (Actes Sud, 2010).

Courrier des auteurs le 28/03/2013

1) Qui êtes-vous ? !
Une écrivaine, femme de son temps, citoyenne, militante, mère et mère-grand.

2) Quel est le thème central de ce livre ?
Une question d'aujourd'hui : dans quelle réalité vivons-nous par écrans interposés, où en est notre mémoire de l'Histoire et de nous-mêmes ?

3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
Je me demande à quelle fréquence les photos de Google Earth actualisent mon histoire, quand leurs avions furtifs survolent-ils mes territoires pour espionner ma biographie, à quelle altitude observent-ils ma locomotion d'animal urbain ; et même : à quelle fréquence leurs voitures bardées de caméras en périscope sillonnent-elles mon quartier de l'Est parisien, photographient-elles, sans mon autorisation, ma rue de banlieue qui, d'un strict point de vue documentaire est d'un intérêt confinant à zéro, sauf pour moi, à la rigueur Fatou ma voisine qui tient à son incognito ; à juste titre, n'en ayant aucun.

4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
The Photographer de Philip Glass, compositeur de musique itérative

5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
La passion de la littérature et de la lecture.

6) Avez-vous des rituels d'écrivain ? (Choix du lieu, de l'horaire, d'une musique de fond) ?
Chez moi, à toute heure, au milieu de mes livres et de tout mon foutoir de carnets, de notes, d'images, avec mon ordinateur.

7) Comment vous vient l'inspiration ?
D'un mot, d'une phrase, d'une image, d'une rencontre, du vin, du café, du temps qu'il fait, de la colère, de l'amour, des livres que j'ai lus, des films que j'ai vus, des souvenirs et des expériences, des voyages comme de la vie casanière...

8) Comment l'écriture est-elle entrée dans votre vie ? Vous êtes-vous dit enfant ou adolescente «un jour j'écrirai des livres» ?
En lisant tout ce qui me tombait sous les yeux, et surtout ce qui n'était pas "écrit pour moi", que je ne comprenais pas, qui m'ouvrait des espaces et des êtres inconnus.

9) Vous souvenez-vous de vos premiers chocs littéraires (en tant que lectrice) ?
Les grandes oeuvres du roman feuilleton ; Hugo, Rimbaud, plus tard Woolf, Simon, Giono, Hrabal, Esterhazy

10) Savez-vous à quoi servent les écrivains ? !
Qui veut les faire servir à quoi ?

11) Quelle place tiennent les librairies dans votre vie ?
Ils tiennent les plus beaux commerces de proximité, un espace à échelle humaine propre aux rapports humains, une exception française qu'il faut défendre contre la marchandisation du livre et de la culture.

La revue de presse : Christine Ferniot - Télérama du 27 mars 2013

Distordre le quotidien, raconter l'envers du décor, entrer dans la grotte d'Alice et de son lapin, tout devient possible. Sur une musique de Philip Glass, la romancière nous fait entendre le chahut de la rue et les paysages de Google Earth, la mémoire naturelle et celle qu'on sauvegarde sur un disque dur. Programme sensible est un conte de fées avec quiproquo sensoriel et visite guidée insolite.

La revue de presse : Alain Nicolas - L'Humanité du 14 mars 2013

Un traducteur professionnel voit apparaître sur son ordinateur d'inquiétants fantômes venus d'un passé qu'il préfère oublier. Un nouveau et brillant roman d'Anne-Marie Garat...
«Quoi qu'on veuille, la réalité se travestit en mots », dit Jason. Ici, ceux de l'informatique servent à dire la détresse, et ce qui reste de fol espoir. Comment entendre autrement les mots de mémoire, de sauvegarde  ? Anne-Marie Garat prend le pari de faire fonctionner ce vocabulaire à double entrée, jouant de l'allusion et du double sens, en une architecture virtuose où la précision sert l'émotion.

Retrouvez la fiche complète sur le choix des libraires