"Memoria" de François-Xavier Cerniac chez City (Grainville, France)

en partenariat avec 20minutes.fr

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Memoria
Memoria — Le choix des libraires

Résumé

Observée. Traquée. Isolée... Depuis son réveil à l'hôpital, Claire a basculé dans un véritable cauchemar. Elle se rappelle juste avoir aperçu une silhouette menaçante dans son appartement avant de s'écrouler. Aujourd'hui, en découvrant les bandages autour de ses poignets tailladés, la jeune femme soupçonne que la mort de son père, neurochirurgien, a été maquillée en suicide.

Claire est-elle poursuivie par le même tueur ? Que cherche-t-il ? Et comment se défendre contre un ennemi parfaitement invisible ?

Au fil des jours, les morts s'accumulent et des enfants sont atteints par un mal étrange. Claire n'a pas d'autre choix que de se plonger dans un douloureux passé. Et au bout du chemin, se trouve la vérité. Terrifiante.

François-Xavier Cerniac a 34 ans. Scientifique et scénariste de courts-métrages, il a déjà publié Le tombeau du phénix (coup de coeur du jury du prix VSD du polar).

Courier des auteurs le 12/03/2013

1) Qui êtes-vous ? !
Je crois que je ne connais pas de question plus difficile que celle-ci ! Il n'est jamais évident de se détailler soi-même... Mais si je devais mettre en avant un trait de caractère plutôt qu'un autre, je dirais que je suis quelqu'un de passionné, qui fonctionne avec le coeur.
Sinon, de façon plus concrète, je suis un auteur de 34 ans qui s'intéresse beaucoup à la science d'une manière générale.

2) Quel est le thème central de ce livre ?
Memoria parle de l'identité, de la place prépondérante que joue l'entourage sur notre façon de nous construire. Et si du jour au lendemain toute cette construction s'effondrait ? Imaginez que vous appreniez que vous n'êtes pas la personne que vous pensiez être, comment réagiriez-vous ?
C'est cette réflexion que j'invite chaque lecteur à mener tout au long du parcours de deux jeunes femmes.

3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
«Il aurait pu tomber de la glace ce soir-là».
Il s'agit de la première phrase du roman. Pourquoi ce choix ? Parce que son objectif est de vous plonger tout de suite dans l'ambiance et il n'y a pas d'ambiguïté, vous savez que vous êtes dans un thriller, un roman à suspense.

Mais encore ?
Parce que les autres phrases que j'aime particulièrement pourraient vous en dévoiler beaucoup trop sur l'intrigue !

4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
Mmmmm... Choix difficile pour un thriller psychologique en milieu médical. Mais j'emprunterais bien la BO de «Shining», tout au moins, pour les couloirs du CHU de Poitiers.

5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
Le plaisir de lire avant tout, car bien avant l'écriture c'est l'amour de la lecture qui nous habite.
Mais j'attache aussi une importance particulière à l'aspect instructif dans chaque livre. Pour chaque roman, le grand défi est que le lecteur referme le livre en étant satisfait d'avoir découvert une histoire, mais aussi en étant satisfait d'avoir pu apprendre certaines choses, que ce soit sur le plan médical, technique, scientifique ou historique.
Et si l'envie d'en apprendre plus sur tel ou tel point du roman apparaissait chez un lecteur alors je serais un auteur comblé.

D'ailleurs, parce que le thriller permet d'explorer de nombreux domaines et par le regard qu'il porte sur la société en général, il est dommage qu'il soit encore considéré par certains comme un sous-genre. (C'était l'instant militant)

6) Avez-vous des rituels d'écrivain ? (Choix du lieu, de l'horaire, d'une musique de fond) ?
Je ne bois que très occasionnellement, je ne suis pas un grand consommateur de thé, ni de café, je ne fume plus, mais par contre, systématiquement avant d'écrire il faut que je consulte Facebook... C'est triste, je sais... Mais ça me donne l'impression d'être moins seul dans l'écriture... C'est peut-être ça... Ou peut-être pas...

7) Comment vous vient l'inspiration ?
Partout, tout le temps. Ce que l'on voit, ce que l'on entend, ce que l'on lit, tout est générateur d'idées. L'inspiration n'est pas vraiment un problème, mais c'est la façon de combiner les idées qui importe le plus.

8) Comment l'écriture est-elle entrée dans votre vie ? Vous êtes-vous dit enfant ou adolescent «un jour j'écrirai des livres» ?
Je suis venu assez tardivement à la lecture et encore plus tardivement au polar et au thriller. Ma venue à l'écriture n'est donc pas le fruit du désir d'un enfant, mais elle provient plutôt du besoin de s'exprimer d'un jeune adulte qui a ouvert les yeux sur le fonctionnement de ce monde. C'est ainsi que j'ai pris la plume à l'âge de 17 ans, avec l'idée de faire ma petite révolution, mais par écrit, ce qui permettait d'éviter toute violence.
Ma mère a dit de moi quand j'étais ado : «François, c'est un garçon tourmenté». Je crois que c'est exactement ce qui m'a conduit naturellement à l'écriture. Je me pose des questions en permanence et je ne suis pas sûr de bien comprendre ce monde, ni de comprendre vraiment qui nous sommes. Et comme écrire c'est s'interroger en permanence sur le monde qui nous entoure, il m'était impossible d'échapper à ce mode d'expression.

9) Vous souvenez-vous de vos premiers chocs littéraires (en tant que lecteur) ?
Barjavel, La nuit des temps. De la science-fiction, une histoire d'amour somptueuse, un livre parfait pour le rêveur que je suis. Je ne l'ai lu qu'une seule fois, il y a bien longtemps, et je crois que je ne le relirai jamais, pour garder toujours intact mon ressenti vis-à-vis de cette histoire.

Et puis il y a 1984. Là encore une histoire d'amour, avec Big Brother qui se glisse entre deux personnages attachants. Un coup de poing.

10) Savez-vous à quoi servent les écrivains ? !
C'est une question qui pourrait être le sujet d'un roman !
Les écrivains ne servent à rien sinon à écrire des livres, et les livres sont une invitation à la découverte, à l'évasion.
Beaucoup de personnes offrent des livres en cadeau, c'est bien que l'objet est générateur de bonheur. Finalement, les auteurs ne cherchent qu'à apporter un peu de bonheur à leurs contemporains. Nous proposons des rêves (voire des cauchemars pour le genre thriller notamment). Libre aux lecteurs d'embarquer ou non dans les micro-mondes que nous proposons pour les retranscrire à leur sauce, selon leur propre vision du texte lu. Finalement, les auteurs ne sont pas les seuls à inventer des histoires. Et puis d'ailleurs, personne n'a jamais répondu à cette question : qui du lecteur ou de l'auteur est arrivé le premier ici-bas ?

11) Quelle place tiennent les librairies dans votre vie ?
Si je vois une librairie, c'est plus fort que moi, il faut que je m'arrête ! Rien qu'en posant le regard sur une vitrine vous avez déjà l'odeur du papier qui vous chatouille les narines. Impossible de résister !

J'ai parlé plusieurs fois d'amour dans mes réponses et les libraires sont pour moi la représentation même de l'amour du livre. Ce sont des guides qui vous invitent à les suivre dans des contrées qu'ils ont appréciées et qu'ils souhaitent vous faire découvrir. Ils sont le lien entre les lecteurs et les auteurs, ils oeuvrent pour l'échange, le partage, et c'est une grande richesse pour tous.

Vous l'aurez compris les maitres mots sont : la découverte, l'évasion, l'amour, la passion, le partage. Je le voudrais vraiment comme ça notre monde...

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