"Le manuel du serial killer" de Frédéric Mars chez Black Moon

en partenariat avec 20minutes.fr

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Le manuel du serial killer
Le manuel du serial killer — Le choix des libraires

Résumé

Dans deux ou trois heures tout au plus, ce garçon sera mort. Je vous raconte la suite ?

Les hululements de douleur du môme qui se tient le ventre à deux mains ? Ses convulsions sur le sol de la cuisine familiale ? Les cris de la mère qui découvre son fils déjà quasi exsangue ? Raide comme une batte. Vidé ou presque de son sang, écrasé comme un petit cafard sur le carrelage immaculé.
Les yeux du gamin ont cessé de papillonner. Le coma ne va pas tarder à l'emporter. Même avec la meilleure volonté du monde, le médecin ne sera pas sur place avant plusieurs minutes. Et, sans soins immédiats, il va... Alors, je vous la raconte ou pas, cette suite ? Non.
Je vais plutôt vous parler de moi. C'est ça, de moi seul.
La mort est en moi. Là, dans ma tête. Elle y a toujours été comme chez elle.

Après NON STOP, Frédéric Mars propose avec LE MANUEL DU SERIAL KILLER un thriller psychologique des plus déstabilisants. Narration à la première personne, voix insaisissable, doute permanent : l'auteur joue avec nos nerfs, et on en redemande.

L'AUTEUR : À 40 ans et plusieurs poussières, Frédéric Mars a déjà publié plus d'une quarantaine de livres dans divers genres, dont six romans. Le dernier en date, Non Stop, est un thriller composé à la manière de la série "24 heures chrono". Certains ont été traduits dans plusieurs langues, notamment Le Livre du mal (Le Sang du Christ), un thriller historique dans la veine du Da Vinci Code. La plupart de ses ouvrages ont été repris au format poche aux éditions J'ai lu.

Courier des auteurs le 12/03/2013

1) Qui êtes-vous ? !
Je suis Frédéric Mars, je suis Alphabet Man - l'homme à l'alphabet tatoué sur le corps, travaux en cours ! - je suis encore d'autres auteurs ou d'autres noms... je suis un peu qui j'ai envie d'être, et c'est ça qui rend ma vie plaisante. Et, à mes propres yeux, une vie assez libre, donc stimulante.
Maintenant si on parle d'activité, je suis donc un auteur à temps plein, qui vit de sa plume depuis une bonne dizaine d'années... Et qui espère bien ne jamais arrêter. J'ai écrit au total une cinquantaine d'ouvrages, dont une dizaine de romans sous des identités diverses. Comme vous l'avez compris, j'aime bien ça, changer d'identité !

2) Quel est le thème central de ce livre ?
Le thème central, c'est le pouvoir de la fiction. La porosité entre celle-ci et la réalité, et la manière dont la fiction peut envahir le réel. Le "contaminer" d'une certaine manière. Mais là j'en dis déjà trop...

3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
Exercice difficile. Mais je retiendrais néanmoins celle-ci, au coeur des problématiques qui m'occupent :"Les livres ont ce pouvoir, je le sais désormais : faire éclore ce qui n'existait pas l'instant d'avant".

4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
Quelque chose d'assez sombre, à la limite de la musique dite "industrielle". J'aime par exemple beaucoup la B.O composée par Trent Reznor pour le "Social Network" de David Fincher. Ça tombe bien, le film se déroule justement à Harvard, comme mon roman.

5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
Mon goût du jeu et des intrigues juste tordues comme il faut. Je cherche moins à explorer une certaine de noirceur de l'âme humaine, comme beaucoup de thrillers, que la manière dont chacun joue avec lui-même, et déploie des stratégies, conscientes ou inconscientes, pour composer avec ses propres drames. C'est ça qui m'intéresse : comment, dans une situation dramatique donnée, le cerveau humain crée sa propre petite fiction pour la surmonter.

6) Avez-vous des rituels d'écrivain ? (Choix du lieu, de l'horaire, d'une musique de fond) ?
Il est pour moi plus question de discipline que des rituels. Hormis les jours où je me socialise (rendez-vous à l'extérieur), j'écris tous les jours à partir de 8h30 ou 9h. Je fais une pause assez longue le midi, puis je reprends jusque vers 18h, voire plus certains jours. Je n'écris jamais la nuit, malgré mes insomnies fréquentes. La nuit est plutôt le temps où je note une multitude de petites idées que j'exploiterai à tête "reposée" le jour.
Je suis incapable de travailler en musique. J'ai besoin du calme absolu. Mais, en revanche, une fois que j'ai pris mes marques, je peux travailler à peu près n'importe où, pourvu qu'il y ait cette sacro-sainte tranquillité.

7) Comment vous vient l'inspiration ?
Impossible à dire de manière définitive. Au fond, je n'en sais rien. Tout ce que je peux faire, c'est "arroser" ma future inspiration avec mes lectures, ma curiosité, mon goût pour l'actualité, etc. Fort heureusement, le moment où LA bonne idée jaillit demeure un petit mystère. Si c'était fabriqué, ça perdrait beaucoup de son charme.
Ce que j'ai observé, néanmoins, c'est que bien souvent, l'idée en question survient une première fois, mais sous une forme inaboutie, inexploitable. Et puis que, dans un deuxième temps, elle vient entrechoquer une autre information, et là le déclic se fait pour de bon. D'abord il n'y a qu'un vague concept un peu froid... Puis survient enfin une histoire !

8) Comment l'écriture est-elle entrée dans votre vie ? Vous êtes-vous dit enfant ou adolescent «un jour j'écrirai des livres» ?
Oui, vers 9-10 ans. Puis plus tard vers 12-13 ans. À ces deux époques, j'ai été encouragé par des profs qui ont décelé que j'avais une petite facilité d'écriture. Mais sans leur soutien, même très ponctuel, je n'aurais sans doute pas eu le coeur de persévérer, et je n'aurais pas imaginé que j'avais là un champ d'expression à explorer toute une vie durant ! Je les en remercie encore.

9) Vous souvenez-vous de vos premiers chocs littéraires (en tant que lecteur) ?
Franz Kafka, Philip K. Dick, Patrick Modiano, Céline... Plus quelques autres, et tout cela dans le désordre. Les livres à m'avoir réellement mis une "claque" sont assez rares. Par nature, je ne suis pas groupie de tel ou tel auteur. Je suis plus fan de certains ouvrages, indépendamment du reste de l'oeuvre de leur auteur. J'ai même une forme de respect supérieur pour ceux qui demeurent l'auteur d'un unique véritable chef d'oeuvre, qui ont tout dit en une fois, puis ont tiré leur révérence ou se sont cantonnés dans des écrits plus mineurs. Salinger en est évidemment l'archétype.

10) Savez-vous à quoi servent les écrivains ? !
Je ne suis pas sûr qu'ils aient à "servir" à quelque chose. Je pense qu'on écrit d'abord pour soi, puis peut-être pour le plaisir d'être lu et apprécié... Les écrivains sont dans l'ensemble de grands égoïstes. S'ils étaient des êtres généreux et désireux de changer le monde, ils prendraient une pioche ou un bâton de pèlerin, pas la plume. S'ils servent donc à une seule chose, c'est à fertiliser l'imaginaire des autres par le leur. À planter des graines de liberté et de rébellion qui donneront à certains lecteurs l'envie de rendre leur vie aussi riche et palpitante que les récits en question. À ne rien se laisser dicter par les circonstances ou le cadre social. Oui, et même si je me contredis sur ce point plus tard, je dirais ça : les auteurs sont là pour fournir à tout un chacun la seule drogue parfaitement légale, et pourtant totalement subversive : l'imaginaire.

11) Quelle place tiennent les librairies dans votre vie ?
Bizarrement, je n'ai pas de fétichisme du lieu en lui-même. J'aime m'y promener y fureter à ma guise, m'y perdre et y "perdre" du temps. De ce point de vue, j'aime les librairies avec beaucoup de choix, et un peu fouillis. Mais je n'ai pas de librairie culte.
Et puis, je fais assez confiance au hasard. À titre personnel, je ne crois pas beaucoup à l'idée de "conseil personnalisé", n'en déplaise aux libraires, dont je respecte évidemment le travail et le rôle, indispensable. Je préfère me planter en prenant un mauvais livre que j'ai choisi à l'instinct, ou disons un livre qui ne me correspond pas, que de me faire recommander un livre parce qu'il ressemble à ce que j'ai déjà lu. Je ne veux surtout pas lire quelque chose qui ressemble à mes lectures précédentes. Je veux au contraire me faire surprendre, me faire bluffer !

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