"Dans l'empire des ténèbres : un écrivain dans les geôles chinoises" de Yiwu Liao chez François Bourin éditeur (Paris, France)

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Dans l'empire des ténèbres : un poète dans les geôles chinoises
Dans l'empire des ténèbres : un poète dans les geôles chinoises — Le choix des libraires

Résumé

«Au moment où j'écris, je vis toujours dans cette porcherie qu'est la Chine, et je me languis de pouvoir nettoyer mon âme en profondeur.» L'auteur de ces lignes, Liao Yiwu, signe le récit de quatre ans d'enfer dans les prisons chinoises. Sa faute : avoir écrit le poème Massacre à l'aube du jour où l'armée ouvrit le feu sur les étudiants de la place Tian'anmen.

«En prison, dit-il, j'ai connu le vrai visage de la Chine.» Le visage des truands et des marginaux, des victimes et des bourreaux, des condamnés à mort que l'on vide de leur sang avant de les exécuter...

Texte poignant, brutal, comique, lyrique, effrayant, plein de compassion, enraciné dans les espérances démocratiques martyrisées du printemps 1989, Dans l'empire des ténèbres bouleverse notre regard sur la Chine. C'est pourquoi Pékin a tout fait pour empêcher sa parution, volant à l'auteur ses manuscrits, jusqu'à ce qu'il choisisse l'exil en 2011.

Bien plus qu'un récit autobiographique, bien plus qu'un témoignage... une oeuvre littéraire inclassable qui vient s'inscrire dans la lignée des Souvenirs de la maison des morts de Dostoïevski ou des Récits de la Kolyma de Chalamov. (Céline Wajsbrot, L'Impossible, juillet 2012)

Liao Yiwu a écrit le livre le plus brutal et bouleversant de l'année, et il confirme que chaque mot est vrai. (Der Spiegel, novembre 2011)

Liao Yiwu est né en 1958 dans le Sichuan. Son père a été condamné lors de la Révolution culturelle en 1966.
Marqué par la lecture de Keats et de Baudelaire, par l'oeuvre de Ginsberg et les chants de Bob Dylan, il est devenu dans les années 1980 l'un des poètes remarqués de l'avant-garde chinoise. La tragédie du 4 juin 1989, place Tian'anmen, l'a fait basculer dans la dissidence. Libéré en 1994, après quatre ans de prison, il a vécu comme un marginal, poète, musicien, chanteur et écrivain. Ses livres publiés à Hong Kong, à Taiwan ou aux États-Unis sont interdits en Chine, mais il est l'un des écrivains chinois les plus lus clandestinement.
Son premier ouvrage publié à l'étranger a été L'Empire des bas-fonds (Bleu de Chine, 2003). Menacé d'un nouvel emprisonnement, Liao Yiwu s'est enfui en 2011. Il vit aujourd'hui en Allemagne et a reçu en 2012 le prix pour la Paix des libraires allemands.

Le choix des libraires : choisi le 06/03/2013 par Laurent Lebourg de la librairie PRIVAT-CHAPITRE à PERPIGNAN, France

La mode médiatique n'est plus aux dissidents chinois aujourd'hui... Heureusement que libraires et éditeurs veillent encore sur la liberté d'expression lorsqu'un homme est emprisonné pour un poème ! Enfant rescapé de la famine du «Grand Bond en avant», victime collatérale de la révolution culturelle, Liao Yiwu était un jeune homme qui craignait de trop s'engager lors des évènements de la place Tian'anmen. Il préférait jouir de ses plus belles années et mener une vie de poète à la Kerouac. Un peu de scrupule et quelques lignes poétiques suffiront pour le priver de sa liberté. La cruauté d'un univers concentrationnaire surréaliste, où les supplices chinois ne sont pas qu'une expression, fut son quotidien durant quatre ans. Ce récit digne d'être comparée à celui d'un Soljenitsyne n'a failli jamais paraître en raison de l'acharnement de la censure chinoise. Sa publication peut se voir comme un camouflet à l'attribution controversée du dernier prix Nobel de littérature chinois.
Un livre magistral d'une grande sincérité, mélange de confession et de témoignage, entrecoupé de passages poétiques allégoriques. Liao Yiwu esquive en permanence la posture du héros, préférant se montrer tel quel, au risque de paraître antipathique. Une oeuvre appelée à devenir un classique de la littérature carcérale et que l'on referme avec respect.

La revue de presse : Grégoire Leménager - Le Nouvel Observateur du 31 janvier 2013

De «Paris Match» à «Libération», les journaux ont salué «Dans l'empire des ténèbres» comme un nouvel «Archipel du goulag». Avec un formidable talent de conteur à base d'empathie, d'horreur, de poésie et même d'humour, ce rescapé y raconte l'enfer : les coups de matraque électrique; la cellule de 12 mètres carrés où l'on est dix-huit puis trente-quatre; les condamnés à mort enchaînés; les forcenés comme ce bûcheron qui avait fendu sa femme d'un coup de hache pour l'indiscutable raison qu'elle «ressemblait à une bûche»; et le «menu» détaillé des tortures qu'infligent, avec la bénédiction des gardiens, les chefs de cellule à leurs codétenus.

La revue de presse : Julie Clarini - Le Monde du 17 janvier 2013

Ecrivain, poète, esprit libre - trop libre pour Pékin -, Liao Yiwu a passé quatre ans en détention, de 1990 à 1994. " Dans l'empire des ténèbres " témoigne de ce qu'il y a vécu...
Collée au réel, certes, l'écriture de Liao Yiwu n'est pourtant pas sans distance. Une ironie amère, mais non dénuée d'accents affectueux, teinte les portraits de ses compagnons de misère à l'humanité grossière, aux volontés cocasses...
Malgré les menaces qui pèsent sur ses amis et sa famille, restés en Chine, Liao Yiwu a mené son témoignage jusqu'aux presses. Juge sévère du pouvoir politique, il l'est également de ses proches qui ont choisi la course à l'argent. Dans sa ville natale, Chengdu, une nouvelle rue commerçante a surgi de terre, explique-t-il : " Quand les gens sont fatigués de vivre, ils vont y faire du lèche-vitrines, dépenser leur argent, et mourir dans des tissus, des boutons et des boîtes de maquillage. " Le miracle économique chinois prend alors des allures de cauchemar. C'est d'un autre avenir qu'avaient rêvé ceux de la " génération 89 ".

La revue de presse : Pascale Nivelle - Libération du 17 janvier 2013

Pendant des années, un écrivain condamné par le Parti pour «activités contre-révolutionnaires» consigne sur des lambeaux de papier sa descente dans l'enfer des geôles communistes. Son manuscrit, confisqué, détruit et réécrit deux fois, est publié et primé vingt ans après en Occident. L'auteur finit par s'exiler à l'Ouest. Ce n'est pas l'histoire de Soljenitsyne durant la guerre froide. Mais celle, en 2013, de Liao Yiwu, rescapé des prisons chinoises et réfugié à Berlin, avec Dans l'empire des ténèbres...
Dans des conditions proches de celles du goulag, le poète, connu dans les cercles littéraires, se retrouve parmi les violeurs et les assassins, soumis à l'hystérie sadique des gardiens et des dirigeants de la prison, rouages zélés et eux-mêmes terrifiés de la dictature...
Il décortique l'absurde bureaucratie reconstituée par les chefs de gang, fait le portrait de tous, des caïds aux «morts-vivants» en attente de leur exécution, pour avoir volé une poule ou tué père et mère. Il cite «Chang le Mort», condamné à la peine capitale : «Même les rats éprouvent des sentiments l'un pour l'autre quand ils grandissent dans le même trou, alors les humains...» En chacun, Liao Yiwu saisit la cruauté et ce qui reste d'humanité, écrivant «pour les gens qui n'ont pas le droit de s'exprimer», tous victimes à leur manière de la brutalité du régime.

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