"Dans la cité engloutie" de José Carlos Llop chez Jacqueline Chambon (Paris, France)

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Dans la cité engloutie
Dans la cité engloutie — Le choix des libraires

Résumé

«Il y a dans le fait d'être insulaire un poids métaphysique, écrit J. C. Llop, car une île est déjà, en soi, un destin.» Et c'est à approfondir ce poids métaphysique que s'attache ce livre.
Dans la cité engloutie, chronique personnelle et familiale, est le portrait d'une ville, Palma, née dans cette Méditerranée où se croisent l'Occident et l'Orient, d'où ce fatalisme sans lequel on ne peut comprendre sa distance souvent ambiguë à l'Histoire. Elle fut en effet une terre d'exil, accueillant tour à tour les persécutés et les persécuteurs de la Seconde Guerre mondiale, sans états d'âme. Avec en toile de fond la mer, son omniprésence, une frontière qui éloigne, qui enferme et qui donne un intolérable sentiment d'étouffement. Mais c'est aussi parce qu'elle isole que l'île attire tant d'étrangers prestigieux, d'Albert Camus à Gertrude Stein ou Juan Miró, d'Ava Gardner à la 61' flotte américaine qui apporte des disques de jazz.
Si tout continental considère les îles comme une promesse de paradis - une maquette du paradis, dit Llop -, le «temps retrouvé» de l'écrivain permet au lecteur de s'immerger dans un territoire secret rongé par la nostalgie, car il n'existe de paradis que perdus. Ce livre exceptionnel, dont le personnage est une île, a été loué par une critique espagnole unanime.

José Carlos Llop, né à Majorque en 1956, est poète et écrivain. Il a publié cinq romans et trois récits ainsi que cinq tomes d'un Journal qu'il continue d'écrire. Il a aussi publié des essais et cinq recueils de poèmes. Il a obtenu plusieurs prix aussi bien en Espagne qu'en France.
Déjà parus aux Editions Jacqueline Chambon : Parle-moi du troisième homme (2005), Le Messager d'Alger (2006), Le Rapport Stein (2008), Paris : suite 1940 (2010) et La Ville d'ambre (2011).

Courrier des auteurs le 24/04/2013

1) Qui êtes-vous ? !
C'est la question la plus difficile de la vie. Mais je peux dire à peu près ceci : je suis un écrivain dans la cinquantaine, méditerranéen, insulaire et européen, qui peut vivre des villes, de musique, de cinéma sans oublier la littérature, c'est-à-dire, la mémoire de l'homme.

2) Quel est le thème central de ce livre ?
Comme tous les livres de la mémoire, c'est le regard sur le lieu où je vis. C'est-à-dire : le lieu de la famille et la ville natale. Et c'est la construction d'une herméneutique vitale.

3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
Je ne sais pas. Excusez-moi. Ce serait comme de devoir choisir un fil dans un tapis. Mais la phrase "Une île est un destin." est bien, je crois.

4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
C'est un mélange de musiques d'Occident et d'Orient, comme la mer Méditerranée est un mélange d'Occident et d'Orient. N'importe quelle musique, toutes - le sirtaki, le luth, la guitare,... - se trouvent entre les pages de Dans la cité engloutie. Comme les rives.

5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
La mer, où va naitre la pensée et la spiritualité de l'Europe. Enfin, la Méditerranée qui est, au fond, la part subtilement centrale de le livre, une manière de civilité.

La revue de presse : Xavier Houssin - Le Monde du 9 mai 2013

Avec lui, on partage l'intime et l'étonnant. Comme dans un récit de voyage à l'intérieur de soi, on découvre, d'un détail à une émotion, des époques et des rêves, des passants dans l'Histoire. Merveilleux livre des rebours. La littérature est bien un " testament du temps ".

La revue de presse : Delphine Peras - L'Express, avril 2013

Avec Dans La cité engloutie, José Carlos LLop rend un hommage aussi personnel qu'érudit à Palma, sa ville natale...
Chronique intimiste et familiale, historique et sociologique aussi, Dans la cité engloutie porte bien son titre, outre l'allusion aux inondations de 1962 qui la firent ressembler "à Venise au temps de l'acqua alta" : l'écrivain, fils de militaire, issu d'un monde "civilisé et universaliste", nous parle d'une ville qui n'est plus. Une ville au carrefour de l'Orient et de l'Occident, "où tout pouvait arriver et être réinventé"...
"J'ai voulu écrire ma ville sans me documenter, comme je l'avais vécue, avec un sentiment universel". Mission accomplie. Grâce à lui, Palma a retrouvé son âme.

La revue de presse : Natalie Levisalles - Libération du 28 février 2013

L'écrivain espagnol a 57 ans. Ses cinq romans ont été traduits en français, pas ses poèmes ni ses journaux. Il publie cette fois Dans la cité engloutie, un livre qui est à la fois récit de voyage et texte autobiographique, essai littéraire et sociologique, et qui compose une chronique mythique et intime de la ville qu'il a connue et qui n'est plus. Intellectuels et aristocrates des années 1930, persécutés puis persécuteurs de la Deuxième Guerre mondiale, hippies et trafiquants, espions et pieds-noirs, marins de la VIe flotte américaine... Palma semble avoir vu passer tous les témoins de l'histoire du XXe siècle...
Llop raconte aussi ses ancêtres arrivés de Barcelone, une enfance entre tantes et grands-parents, des maisons, des jeux et des silences, la neige et l'été, la beauté des femmes, les missions des hommes, les géraniums et les jupes colorées de sa mère...

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