"Une saison" de Sylvie Bocqui chez Arléa (Paris, France)

en partenariat avec 20minutes.fr

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Une saison
Une saison — Le choix des libraires

Résumé

Elle est gouvernante d'étage dans un palace de la Riviera.
Elle passe d'une chambre à l'autre, pénétrant les intimités cachées et offertes. Tout ce qu'elle voit, ce qu'elle touche, entend, s'imprime en elle. On ne sait pas ce qu'elle en pense. Car elle ressent plus qu'elle ne pense.
Comme tous ces parfums qui l'obsèdent, qu'elle emporte avec elle, sur sa peau, odeurs volées d'une vie où elle n'est pas - elle, transparente et si seule -, et qu'elle répertorie avec une précision maniaque et sensuelle dans un cahier.

Sylvie Bocqui vit et travaille à Strasbourg. Une saison est son premier roman.

Le choix des libraires : choisi le 15/03/2013 par Max Buvry de la librairie VAUX LIVRES à VAUX-LE-PÉNIL, France

Gouvernante d'étage dans un grand palace, cette femme est anonyme, en retrait, les sens en éveil, elle ne semble attentive et réceptive qu'aux odeurs, aux sensations, au toucher des tissus... On ne sait pas vraiment ce qu'elle en pense mais on la sent captive à ces perceptions. La matière, les odeurs l'attirent au contraire de ses congénères semble-t-il qui l'ignorent aussi royalement. Un effacement total, feutré, doux et douloureux à la fois et surtout hyper-sensible.

Courier des auteurs le 23/02/2013

1) Qui êtes-vous ? !
Sum qui sum. Comme la rose.

2) Quel est le thème central de ce livre ?
La solitude habitée. Habiter la solitude.

3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
Elle est au bout du couloir.

4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
Une fugue.

5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
Ce que je partage déjà, chacun commençant sa phrase par «j'ai aimé ce passage...» et ce n'est jamais le même. Je me retrouve avec des pièces de puzzle qui recomposent un autre livre, un livre augmenté.

6) Avez-vous des rituels d'écrivain ? (Choix du lieu, de l'horaire, d'une musique de fond) ?
Oui, j'écris le matin sans m'arrêter. Sauf pour aller me re-re-faire du thé («procrastination is...»)
J'arrête quand je me retrouve sur le versant descendant de la journée.
Pas de musique, non non. Une vraie solitude.

7) Comment vous vient l'inspiration ?
Je n'en ai pas. Je trouve en faisant. Ou plutôt c'est le mot qui se (me) trouve. C'est une grâce.

8) Comment l'écriture est-elle entrée dans votre vie ? Vous êtes-vous dit enfant ou adolescente «un jour j'écrirai des livres» ?
Je ne me suis jamais dit «des livres». J'écrivais, c'est tout, comme sum qui sum a rose. C'était vers 12 ans que j'ai dû commencer. La première fois que j'ai écrit autre chose qu'un «journal» ou des poésies à rimes riches, c'était pour décrire un tableau peint par mon grand-père, un bouquet de fleurs, j'en avais 14 ou 15 ans. A force d'observer ce tableau, j'ai fini par déceler des insectes dissimulés dans le feuillage, j'ai pensé que j'étais la seule, avec mon grand-père que je n'ai pas connu, à le savoir. C'est peut-être là qu'est né, de manière consciente, le désir nécessaire de tout voir, de tout nommer, de tout saisir, de tout éterniser. Et presqu'aussitôt la conscience de l'impossibilité de ça.

9) Vous souvenez-vous de vos premiers chocs littéraires (en tant que lectrice) ?
Premier choc d'enfant, vers 10 ans : Daphné du Maurier, Rebecca.
Chocs suivants, plus tard, j'étais adulte, il y en a tant. Je ne peux les dire tous, je n'en dis aucun. Je vais le regretter. C'est vache, votre question.
Parmi les derniers : le journal de Flaubert. Le découragement de Joanne Anton.

10) Savez-vous à quoi servent les écrivains ? !
Non.
Pour ce qui me concerne, je crois que je ne sers à rien en tant qu'écrivain. Par contre je me sers de tout pour l'être.

11) Quelle place tiennent les librairies dans votre vie ?
J'aime le mien. Il a démarré dans une petite boutique sur les quais, à Strasbourg. La première fois que je suis entré chez lui, il était en haut d'une échelle pour ranger des livres je suppose, je lui ai demandé un titre (je ne sais plus lequel), du haut de l'échelle, il m'a dit qu'il ne le vendait pas. Je l'ai trouvé un peu gonflé. Et libre. C'était il y a 25 ans. Je lui suis fidèle. Sa librairie s'est agrandie depuis. Je me rappelle y être allée, expressément, un 31 décembre à 19h pour finir l'année là-dedans, dans cet endroit. J'y vais toujours, ils sont nombreux maintenant à y travailler, elle a grandi.

Sinon, pour m'approprier une ville inconnue, je fais ces deux choses-là : j'y cours et cherche le libraire.

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