"Brèves de rêves" de Frédérick Tristan chez Pierre-Guillaume de Roux (Paris, France)

en partenariat avec 20minutes.fr

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Brèves de rêves
Brèves de rêves — Le choix des libraires

Résumé

«Parfois, les yeux ouverts, le même rêve m'entreprend. Un escalier qu'il me faut gravir. Un escalier en cervelle de veau. Mes pieds enfoncent dans la gélatine et la sauce gribiche. Souvenir d'une brasserie de Mont-de-Marsan. J'entends la voix de ma mère. Quelque chose comme :"Yiddish ! Stockfish ! Finish !"J'ignore le sens de ces paroles incongrues. Pourtant, il me faudrait comprendre. Alors je m'arracherais à la fiente, je parviendrais en haut de l'escalier, à l'étage du magasin où l'on vend des ballons d'enfant, du sucre candi, et où une très ancienne jeune fille chante "Une âme plus grande que ton être".»

Frederick Tristan, le magicien, déploie la frise illuminée d'une myriade de charades hantées par des figures récurrentes : André Breton, Thomas Mann ou son grand-père dit «le Chinois» y prospèrent parmi des rats en livrée, d'invraisemblables machines à parler et quantité de phénomènes aussi imprévisibles que surnaturels. Frissons féeriques garantis...

Un petit bijou par l'auteur des Égarés (prix Goncourt 1983).

La revue de presse : Florent Georgesco - Le Monde du 20 décembre 2012

Que raconte-t-on quand on raconte un rêve ? A quelle vitesse réécrit-on ce qui par nature ne peut être que lambeau, souvenir en train de s'estomper, fiction déjà ? Le romancier et poète Frédérick Tristan (prix Goncourt 1983 pour Les Egarés, Balland), en réunissant les deux cents récits de Brèves de rêves, prend avec une sorte d'orgueil amusé le risque de perdre son lecteur dans le brouillard, faute de savoir ce qu'est au juste ce livre parcouru à tâtons - journal des rêves de la nuit, fantaisie brodant sur leur motif, réinvention assumée ?...
Noires surprises, vain retour sur soi : raconter des rêves, c'est se rendre capable d'avouer la défaite du sens, ou son ouverture indéfinie. Frédérick Tristan raconte-t-il les siens, ou les invente-t-il ? C'est égal : il a su fabriquer sur leur patron une machine à produire du récit, et qui tourne si bien que le livre est un rêve pour le lecteur. Celui d'un autre, bien sûr, et qui pourrait lui rester indifférent. Mais aussi celui de tout homme, dénudé par la nuit, figé dans le désir irrémédiable de se connaître.

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