"La voiture d'Intisar : portrait d'une femme moderne au Yémen" de Pedro Riera chez Delcourt (Paris, France)

en partenariat avec 20minutes.fr

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La voiture d'Intisar : portrait d'une femme moderne au Yémen
La voiture d'Intisar : portrait d'une femme moderne au Yémen — Le choix des libraires

Résumé

La lutte tenace d'une femme dans un monde fait par et pour les hommes.

À l'âge de 6 ans, Intisar a soudain réalisé que les garçons pouvaient faire beaucoup plus de choses que les filles, et ça ne lui a pas plu du tout. Elle voulait avoir la même liberté qu'eux. Après avoir longuement retourné le problème, une idée lui est venue : si elle parlait comme un garçon, si elle marchait comme un garçon, bref, si elle faisait tout comme un garçon, elle finirait par devenir un garçon. Un plan qui a parfaitement fonctionné - jusqu'au moment de la puberté.

Intisar a maintenant 27 ans. Elle continue à recourir aux stratagèmes les plus variés pour gagner ces petits espaces de liberté qui lui permettent de se sentir bien.

Alors qu'elle roule sans but dans les rues de Sanaa, en écoutant de la musique au volant de sa Corolla 84, Intisar nous fait partager ses réflexions ou nous raconte des moments de sa vie. Ce sont des histoires surprenantes, drôles, émouvantes, parfois dramatiques, qui nous permettent de découvrir ce monde impénétrable des femmes du Yémen, tout en nous plongeant petit à petit dans la complexe réalité du pays.

Intisar porte le niqab, qui ne laisse voir que ses yeux. Pour autant, elle n'hésite pas à se créer ses espaces de liberté, que ce soit au volant de sa voiture ou le temps d'une pause clope à son travail. Et même quand ses pires craintes se réalisent, Intisar ne se laisse jamais abattre... À travers les anecdotes tirées de sa vie, elle s'improvise guide à travers la réalité complexe du Yémen.

Écrivain et scénariste de BD, Pedro Riera est né à Barcelone en 1965 et est diplômé en sciences de l'information. En 1997, il s'installe en Bosnie, où il travaille deux ans comme producteur, réalisateur et scénariste de campagnes de communication (télévision et radio) pour une organisation internationale. Il écrit deux romans inspirés de son expérience dans les Balkans : Heridas de guerra (2004) et Un alto en el campo de los mirlos (2005), publiés aux éditions Verbigracia. En 2007, il publie chez Alfaguara La Leyenda del Bosque sin nombre, son premier roman jeunesse, qui a reçu en 2008 le Prix CCEI et s'est vendu à plus de 40 000 exemplaires. En 2009 paraît La Criatura del bosque aux éditions Edebé, ainsi que le premier tome de sa trilogie Hombre Lobo.

Dessinateur, scénariste de bande dessinée, et illustrateur, Nacho Casanova est né à Saragosse en 1972. Son fanzine Como Vacas Mirando el Tren a reçu en 1999 le Prix du Meilleur Fanzine du Saló Internacional del Còmic de Barcelone. En 2000, il publie aux Ediciones de Ponent deux albums :... Y te dire quién ères et Cambiovida. En 2008 paraît chez Dolmen le titre Un Dia. L'année suivante, en 2009, Ediciones de Ponent publient son album Mistigri, dont le scénario est de Stygryt. Son projet le plus personnel est Autobiografia no autorizada, une oeuvre en trois volumes, publiée entre 2007 et 2011.

Courier des auteurs le 30/01/2013

1) Qui êtes-vous ? !
Avant toute chose nous sommes des conteurs, nous racontons des histoires. La BD, la littérature ou le cinéma sont simplement les instruments, ou les supports que nous utilisons pour raconter ces histoires.

2) Quel est le thème central de ce livre ?
La lutte et l'espérance. Ce livre raconte comment une femme yéménite réussit à se créer les espaces de liberté qui lui permettent d'être heureuse, même dans les circonstances les plus adverses.

3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
Une phrase que dit Intisar, le personnage principal : «Les hommes disent qu'ils veulent que les femmes les respectent, mais c'est faux. Tout ce qu'ils veulent, c'est qu'on leur obéisse, et qu'on les craigne.»

4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
Ce serait If I were a boy, de Beyoncé, la chanson que le personnage écoute quand elle circule dans Sanaa au volant de sa voiture. Et il faut dire que quand elle était petite, Intisar voulait être un garçon, pour avoir la même liberté et le même pouvoir de décision qu'eux. Cette chanson est un peu la bande sonore de la BD.

5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
Transmettre l'idée qu'en occident on a une image tout à fait fausse des femmes yéménites (et peut-être des femmes arabes en général). Ce ne sont pas du tout des femmes obéissantes et soumises. Leur situation n'est certes pas facile, mais ça ne veut pas dire qu'elles ne luttent pas contre les injustices qu'elles se doivent subir, au contraire.

La revue de presse : Marie Desnos - Paris-Match, décembre 2012

Pedro Riera est un écrivain espagnol qui a attrapé le virus du voyage avec son épouse. Après un an au Yémen, il est revenu avec foule d'anecdotes, parfois graves, souvent drôles, mais jamais pathétiques, sur la vie des femmes dans ce pays arabe qui s'est beaucoup inspiré de son voisin islamique saoudien. Intisar, le personnage principal de cette bande-dessinée à lire absolument, incarne toutes ces femmes. Pedro Riera a eu un tel coup de foudre pour ce pays, et surtout pour les personnes qu'il a rencontrées, que le projet de livre s'est rapidement imposé à lui, tout comme son format. Non seulement car il projetait de faire une BD un jour avec son ami Nacho Casanova, mais aussi car il a senti que c'était le bon moment. Le coup de crayon «naïf», ou du moins «léger» du dessinateur lui a en effet permis de prendre cette distance qu'il souhaitait face au sérieux du thème abordé. Concernant le côté pratique, outre l'aide précieuse de son épouse, l'auteur a rencontré quatre femmes, dont deux en secret, et réalisé 30 interviews pour nourrir son ouvrage. Intisar est donc toutes ces femmes -quoique l'une d'entre elles ait particulièrement inspiré son personnage, reconnaît-il. «C'était surtout son tempérament, sa force de caractère. Elle réfléchissait avant de répondre à chaque question, se souvient-il. Les femmes doivent se battre pour tout, du coup, elles ont des personnalités très fortes, très intéressantes, et très différentes des femmes espagnoles ou françaises.»

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