"La servante et le catcheur" de Horacio Castellanos Moya chez Métailié (Paris, France)

en partenariat avec 20minutes.fr

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La servante et le catcheur
La servante et le catcheur — Le choix des libraires

Résumé

Fin des années 1970. 48 heures à San Salvador, en pleine guerre civile. Une femme de ménage part à la recherche d'un jeune couple disparu et croise sur son chemin une vieille connaissance, ancien catcheur devenu flic et tortionnaire. Dans la ville à feu et à sang, elle va être confrontée aux détentions brutales, aux émeutes, à l'effroi, et croiser un regard familier et chéri...
Avec une vertigineuse précision, Horacio Castellanos Moya décrit les mécanismes d'une horreur qui gangrène tout et tous. Portrait d'une société dévastée par la haine et la peur, son livre pousse très loin l'exploration du mal et suit le fil d'une tragédie où le pire est toujours sûr.
Envoûtante et remarquablement sobre, l'écriture résonne aussi comme un dernier témoignage d'humanité au coeur du chaos.

«La violence est le grand personnage de ce roman et de toute la saga dont il fait partie. Une violence qu'Horacio Castellanos Moya utilise pour mettre en lumière la tragédie de trois générations.» Letras libres

«Un roman vertigineux, tranchant, et indispensable.» El Pais

«Son roman le plus accompli et un des témoignages les plus durs et les plus exacts de ce que fut la terreur policière et la violence d'État pendant la longue guerre du Salvador» El Mundo

«La narration a la force d'un torrent, d'un flot puissant qui pousse les personnages et le lecteur vers le noeud aveugle de la violence dépourvue de sens» ABC

Horacio Castellanos Moya est né en 1957 à Tegucigalpa, au Honduras. Il a été élevé au Salvador et a vécu à partir de 1979 dans différentes villes d'Amérique et d'Europe. Il a été journaliste à Mexico, a enseigné à Pittsburg et à Tokyo. Il est l'auteur de dix romans en majorité publiés aux Allusifs.

Le choix des libraires : choisi le 14/05/2013 par Sylvia Peirone de la librairie AU COIN DES MOTS PASSANTS à GAP, France

Un ouvrage palpitant qui vous entraîne durant 48h à san Salvador dans les années 70. En pleine guerre, le pays perd ses repères et les gens leur humanité. 48h c'est le temps maximum qu'il faut pour retrouver les gens enlevés, au delà on passe en enfer dans les mains des bourreaux. Les personnages sont extrêmement bien humanisés et le temps de la lecture on est avec eux, dans la chaleur et l'horreur du pays.

Le choix des libraires : choisi le 18/03/2013 par Marc Rauscher de la librairie BIRMANN MAJUSCULE à THONON-LES-BAINS, France

Dans le Salvador des années 70, la violence est omniprésente dans une société dominée par une junte militaire qui lâche ses escadrons de la mort sur les opposants au régime, multipliant rafles et tortures. Le Viking vit de cette violence, d'abord catcheur il est devenu policier et malgré la maladie qui le ronge effectue tous les sales boulots qui lui sont confiés. Lorsque Maria Helena, la servante qu'il a courtisée des années plus tôt lui demande d'enquêter sur la disparition de ses nouveaux employeurs, la tragédie nationale prend des accents de drame familial. La fille de Maria Helena fervente nationaliste attend une promotion alors que son petit-fils s'engage dans la subversion. Tous ces personnages vont se croiser parfois sans se reconnaitre comme dans une macabre pièce de boulevard, où les quiproquos feraient rire s'ils n'étaient pas aussi tragiques. Avec une prose directe et incisive, l'auteur nous montre le grotesque et l'horreur des dictatures dans un roman aussi dérangeant que magistral.

La revue de presse : Virginie Despentes - Le Monde du 31 janvier 2013

Auteur d'une quinzaine de romans, dont sept sont traduits en français aux éditions Les Allusifs, Horacio Castellanos Moya est une figure majeure de la littérature contemporaine...
Son nouveau livre, La Servante et le Catcheur, qui paraît chez Métaillié, a l'efficacité formelle des grands romans noirs à la Jim Thomson. Sauf que Moya ne fait pas le portrait des outsiders, des laissés-pour-compte ; il dépeint le quotidien de gens tout à fait ordinaires, devant se débrouiller d'une réalité absurde et brutale, où toute idée de politique est remplacée par la notion d'ultraviolence.
La ville radiographiée par Castellanos Moya sent le cadavre, partout : dans les hôpitaux où on arrête les suspects sur la table d'opération, dans les bus attaqués par les guérillas, dans les universités, les églises, les beaux quartiers et les tripots sordides. On ne va nulle part sans la trouille au ventre. La haine pure circule et tisse entre les protagonistes des liens aussi abjects qu'indéfectibles. Il y a une dimension mythologique dans ce roman noir qui met à nu l'essence de la guerre civile.

La revue de presse : Philippe Lançon - Libération du 17 janvier 2013

Castellanos Moya met en scène un catcheur, une servante et des tortionnaires au début de la guerre civile...
Quatre chapitres et un épilogue funèbre composent la Servante et le Catcheur. Dans chaque chapitre, un point de vue domine, sans être exclusif. Celui du Viking, puis celui de la servante, puis celui du petit-fils de la servante, Joselito, étudiant révolutionnaire qui va tirer sans le savoir sur la Land Rover blindée où se trouve sa mère, une infirmière de droite ambitieuse, séduite ou dégoûtée par les militaires qui l'accompagnent. Le quatrième point de vue est encore celui de la servante. Il y a aussi ceux d'autres tortionnaires, collègues du Viking, et celui de la grosse Rita, qui tient le restaurant où ils vont déjeuner. Les lieux de la tragédie sont essentiels : le «Palais noir» et «l'Opéra», où l'on viole, torture et tue ; le restaurant de la grosse Rita, où l'on cause comme dans des westerns spaghetti gore ; la chambre du Viking ; l'université et la rue où agit Joselito ; l'hôpital où finit presque tout le monde ; finalement le charnier. Peu à peu, les vies sont nouées entre elles par d'épouvantables coïncidences : toute la magie possible, dans cette thanato-réalité, ne s'exprime que par le macabre. Ce ne sont qu'instants fatals, au sens propre...
Dans un pays où l'on tue tout de suite, et de la manière la plus sale possible, l'écrivain monte ses phrases comme les guérilleros urbains montent leurs attentats : tout doit être net, précis, d'une dramaturgie minutieuse

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