"Le train des orphelins. Volume 2, Harvey" de Philippe Charlot chez Bamboo (Charnay-lès-Mâcon, France)

en partenariat avec 20minutes.fr

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Le train des orphelins. Volume 2, Harvey
Le train des orphelins. Volume 2, Harvey — Le choix des libraires

Résumé

- Voilà ce que je voulais vous montrer ! Depuis des années, je garde les copies de certains documents que j'ai trouvés aux archives... Je répertorie des cas particuliers, des détails qui pourront peut-être aider quelqu'un, un jour.
- Quelqu'un comme moi ? !

"La vie est une chienne et moi je ne suis bon à rien. Ne cherche pas à me revoir... Ton père"
Middle West, 1920. Le train des orphelins poursuit son périple vers l'Ouest. A son bord, le jeune Jim se lamente d'avoir perdu son frère, adopté à l'étape précédente. Il ne lui reste plus qu'Anna, sa jeune soeur, le mot que lui a laissé son père sur le quai de gare, et son copain Harvey. Ensemble, ils vivront encore bien des aventures qui conduiront Jim, près de 70 ans plus tard, aux archives de l'Orphan Train Society à la recherche de son passé et de celui des siens...

Scénariste, écrivain, chanteur et guitariste, Philippe Chariot est né en 1960. Il a été membre du Tonton Georges Trio, une formation en hommage à Georges Brassens avec laquelle ii a enchaîné concerts et tournées pendant une quinzaine d'années. Il a remporté le Coup de coeur de l'Académie Charles Cros pour le disque 6 impromptus 6. Il a aussi réalisé les arrangements et la direction artistique de deux albums de Joaquin Carbonell, qu'il a accompagné en Espagne et en Amérique du Sud. Il fait actuellement partie de la Fabrique à Swing, un trio qui se consacre au swing européen des années 1930-1940. Quand il ne joue pas de la guitare, Philippe Chariot écrit. Auteur de plusieurs nouvelles, il a participé à plusieurs recueils collectifs de bande dessinée avant de se lancer en solo avec le premier tome de Bourbon Street, publié chez Bamboo en 2011, un diptyque qui conjugue ses deux passions que sont la musique et l'écriture. Il a aussi écrit les scénarios d'Harmonijka (éd. Glénat) et, en collaboration avec Callède, de Karmo Salsa (éd. Dargaud). En 2012, il publie le premier volet du Train des orphelins qui met en scène le programme de placement d'enfants des rues de New York auprès de familles du Middle West, au XIXe siècle. Un récit original traité en quatre volets, qui aborde un pan largement méconnu de l'histoire des États-Unis et que Philippe Chariot prévoit d'adapter sous forme de documentaire pour la télévision.

Courier des auteurs le 17/01/2013

Comment avez-vous eu l'idée du Train des orphelins ?
Phil Lancaster, un musicien américain, m'avait raconté cette histoire il y a une dizaine d'années. Elle était restée dans un coin de ma tête et elle m'est revenue à l'esprit au moment où je cherchais des projets de scénarios. Hervé Richez, l'éditeur de la collection Grand Angle, a été emballé par le pitch. L'histoire n'est pas très connue, même par les Américains. Je suis allé deux fois aux États-Unis avec Phil. Il m'a servi de guide et m'a permis de discuter avec des gens qui s'intéressent au sujet et effectuent un véritable travail de mémoire. J'ai aussi rencontré quelques-uns des derniers survivants qui ont participé à cette aventure. Je prépare d'ailleurs un documentaire sur ce thème, en collaboration avec une réalisatrice.

Dans quelles conditions ces opérations se sont-elles déroulées ?
Les enfants partaient sans la moindre photo ni l'adresse de leurs parents. On leur expliquait qu'ils avaient connu une vie difficile mais qu'ils allaient démarrer une nouvelle existence. Ils ne devaient pas garder d'attaches avec leur milieu d'origine. On leur demandait de tout oublier et les fratries étaient souvent séparées. Leurs mères n'avaient pas forcément conscience d'abandonner définitivement leurs enfants. Quand certaines d'entre elles ont frappé à la porte des orphelinats pour les reprendre, quelques années après, on leur a expliqué qu'il était trop tard et qu'elles ne les reverraient jamais. Ce sont des destins tragiques. On a volé leur identité à tous ces enfants...

Comment avez-vous choisi de traiter ce thème ?
Je ne voulais pas tomber dans le pathos et faire pleurer dans les chaumières ! Le titre, Le Train des orphelins, est déjà assez pesant sans qu'il soit nécessaire d'en rajouter. J'ai juste voulu raconter une histoire forte entre plusieurs personnages.

Avec le recul, quel regard portez-vous sur ces événements ?
Je crois qu'il ne faut pas tirer à boulets rouges sur ces associations. Leurs responsables partaient d'un bon sentiment. Ils ont fait ce qu'ils ont pu pour résoudre le problème des enfants des rues à New York. Aujourd'hui, on ne peut être que critique vis-à-vis de ces déplacements de gamins qui s'apparentaient à du vol d'identité. Mais il faut se remettre dans le contexte de l'époque, où la vision de l'enfance n'avait rien à voir avec la nôtre.

Quel a été l'apport de Xavier Fourquemin à cet album ?
J'admire son style. Il possède un incroyable talent pour dessiner les enfants, il leur donne beaucoup d'humanité et leurs visages sont très expressifs. Je trouve qu'il a apporté une certaine légèreté bienvenue.

Tout comme Bourbon Street, cette histoire se déroule aux États-Unis...
J'adore ce pays, c'est celui que je connais le mieux en dehors de la France. J'aime aussi beaucoup la musique américaine. En répondant à vos questions, je me suis rendu compte que Bourbon Street et Le Train des orphelins mettent en scène deux hommes qui se retrouvent quelques décennies après s'être perdus de vue... Cela doit sûrement vouloir dire quelque chose, docteur, mais je ne saurais pas vous dire quoi !

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