"François-Marie" de Jean-Marc Roberts chez Gallimard (Paris, France)

en partenariat avec 20minutes.fr

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François-Marie
François-Marie — Le choix des libraires

Résumé

«Personne ne sait et ne saura jamais ce qui s'est réellement passé entre toi et la vieille dame. Intéressé. Je retiens ce mot qui s'invite en permanence dans ta défense comme dans leurs attaques. Chacun semble ignorer l'évidence : tu es tellement plus intéressant qu'intéressé. On t'arrête dans la rue, on te reconnaît facilement aujourd'hui, tu as droit à tout. Certains t'implorent de restituer l'argent, d'autres t'en réclament. Tu mérites la prison sinon le purgatoire puisque, c'est bien connu, tu vis au paradis.
La toile, quand ce ne sont plus les journaux papier, se déchaîne contre toi. On t'en voudra toujours de faire ton Donald, d'avoir attaqué la première fortune de France sans arme ni violence, tel un gros poussin avec une mitraillette en plastoc. Tu n'as braqué personne mais c'est comme si et même pire.
Cela finira bien par finir. Et tu ne perdras pas, François-Marie, comme on ne s'est pas perdus.»

Jean-Marc Roberts revient sur la longue amitié qui le lie à François-Marie Banier. A contre-courant de tout ce qu'on a pu lire sur lui, l'auteur nous livre le portrait d'un homme qu'il connaît comme personne.

Né en 1954 à Paris, Jean-Marc Roberts est l'auteur de seize romans. Plusieurs de ses livres ont été portés à l'écran, dont Affaires étrangères, sous le titre Une étrange affaire, par Pierre Granier-Deferre. Également disponibles en Points : Monsieur Pinocchio, Un début d'explication, L'Ami Vincent et Toilette de chat.

Courrier des auteurs le 19/05/2011

1) Qui êtes-vous ? !
Un écrivain de 57 ans, père de 5 enfants.

2) Quel est le thème central de ce livre ?
Une amitié amoureuse, rendre désirable l'indésirable F.M. Banier.

3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
Je connais ton adresse.

4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
La chanson de Barbara «Si la photo est bonne».

5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
Secrets et confidences.

La revue de presse : Baptiste Liger - Lire, juin 2011

Manipulateur de génie ou gigolo germanopratin ? Après tout, qu'importe ! Par effet de miroir, l'auteur en profite surtout pour évoquer ses enfants (sans la moindre niaiserie) et brosse un autoportrait dont la complaisance occasionnelle est rattrapée par une fascinante perversité...
Loin d'un magazine "people" placé sous l'alibi de la "Blanche", François-Marie énerve autant qu'il passionne et a le bon goût d'être porté par une langue alerte et de ne jamais flatter dans le sens du poil. Qui a dit à l'image de son héros-titre ?

La revue de presse : Philippe Lançon - Libération du 5 mai 2011

François-Marie Banier n'a pas servi qu'à vider des comptes pleins, remplir des journaux vides, enchanter entre autres vieilles dames Lili Brik, Nathalie Sarraute, Madeleine Castaing, Liliane Bettencourt, mais aussi Aragon. Il permet à Jean-Marc Roberts de lui (et nous) écrire, sous forme de fausse lettre, une déclaration de fidélité. S'y exprime le talent de l'auteur, échantillon consanguin de pattes de mouche et de coups de griffe, petit mélo entre amis fait de bains des enfants et d'indiscrétions au trébuchet, sans que jamais ce talent soit quitte de la méchanceté ni de la familiarité perverse qui l'inspirent : François-Marie est le portrait intime d'un drôle d'oiseau fait par un vilain chat, tous deux ennemis de leurs vieillesses.

La revue de presse : Raphaëlle Rérolle - Le Monde du 5 mai 2011

Sans éluder tout à fait l'affaire qui oppose le photographe à la famille Bettencourt, Jean-Marc Roberts la prend, lui, du côté du prénom. C'est-à-dire sous le jour d'une amitié ancienne, interrompue pendant trente ans, et renouée à la faveur des déboires judiciaires que l'on sait...
Il se peut que Jean-Marc Roberts, lui, ait emprunté à François-Marie Banier quelque chose de sa démesure. Et, de ce point de vue, le crime paie : il en a tiré l'un de ses meilleurs livres, et le plus poignant.

La revue de presse : Nathalie Crom - Télérama du 4 mai 2011

Tout ensemble portrait tendre et grinçant de Banier - son ami de jeunesse, perdu de vue trente ans durant, aujourd'hui retrouvé - et autoportrait sans complaisance, ce court texte hautement incisif brille à chaque ligne par son absence de mièvrerie, son impertinence crâne, sa cruelle intelligence.

La revue de presse : Jérôme Garcin - Le Nouvel Observateur du 28 avril 2011

Un mois après l'annonce que François-Marie Banier ne serait finalement pas jugé pour abus de faiblesse envers Liliane Bettencourt, Jean-Marc Roberts confesse, devant le parquet littéraire, un excès de faiblesse pour l'écrivain-photographe dont la vie dispendieuse a longtemps défrayé la chronique. Et il lui adresse une lettre de soutien, plein de tendresse et de formules cinglantes...
Plus fidèle en amitié qu'en amour, Roberts sait que s'il désavouait Banier, il se renierait lui-même et il veut, le matin, pouvoir se regarder dans la glace.

La revue de presse : Marie-Laure Delorme - Le Journal du Dimanche du 24 avril 2011

Les mots sont servis un à un mais sans aucun gant blanc. Du rarement vu. C'est cru et nu. On est pourtant chez les riches. Les adresses chuchotées aux chauffeurs en uniforme; les noms connus et reconnus; les sommes d'argent à ne plus savoir compter. Tout ça sonne et claque bien. Alors, quoi ? Le problème est qu'on ne reçoit pas durant des années un garçon sous son toit, avec bonnes blagues et bonnes histoires servies à volonté, pour le renvoyer comme un vulgaire valet de chambre du jour au lendemain. Ça ne se fait pas. Un peu de manières, s'il vous plaît. L'éditeur et romancier Jean-Marc Roberts a écrit, avec François-Marie, un récit de vengeance craché à la gueule. Les phrases sont toutes rassemblées comme des fagots de bois sec auxquels on va mettre le feu. L'auteur de Méchant y sauve son ami François-Marie Banier car, lui aussi, est capable de mauvaises manières. On peut lui faire confiance. C'est oeil pour oeil, dent pour dent. Le tout est extraordinairement réussi. Pas une once d'hypocrisie. Indélicat et indécent. Un livre sur la lutte des classes, sur la solidité des liens amicaux, sur la puissance des familles.

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