"Les mâchoires du passé" de Bernard Boudeau chez In octavo éditions (La Celle-Saint-Cloud, France)

en partenariat avec 20minutes.fr

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Les mâchoires du passé
Les mâchoires du passé — Le choix des libraires

Résumé

«Le chef fit un geste, deux motards prirent Mike sous les bras et l'allongèrent sur le moteur de sa voiture. Un des hommes sortit un Zippo de sa poche, l'alluma d'un élégant mouvement. Il mit le feu à un papier qu'il avait ramassé dans une poubelle toute proche, jeta le papier enflammé sur le moteur. Ils entendirent un bruit «vlaouuff» lorsque l'essence s'enflamma. Le grand motard tint la tête de Brice, l'obligeant à regarder Mike brûler avec sa caisse.
- Chez les Warriors, personne se pointe sans autorisation, capito !»

Ça commençait en touriste, au pays Basque, en famille, en vacances... le repos du guerrier. Et voilà qu'une enquête s'enlise; une autre dérape ; un signal s'allume : «danger, danger immédiat !» Quelque chose, une ombre, un nuage, une menace surgie de très loin... Le commandant Gontier a quelques raisons d'être inquiet pour son avenir : les mâchoires du passé sont tout près de se refermer...

Tour à tour infirmier, formateur, enseignant, consultant; tour à tour passionné de musique et de photo, d'Amérique aussi... Bernard Boudeau doit avoir neuf vies et nul ne sait s'il les doit à Dieu ou au Diable. En 2009, avec Méfie-toi d'Assia !, un thriller salué par de nombreux jurys, l'animal plante ses griffes en littérature, et avec un fameux coup de patte ! De la même veine, L'Homme qui aimait les tueurs l'installe parmi les grands du roman noir Suit Le Marionnettiste, machiavélique et délicieusement manipulateur Voici son quatrième opus, 420 pages sous très haute tension..

Courier des auteurs le 09/01/2013

1) Qui êtes-vous ? !
Je suis né à Tunis en 1949. Rentré en France à l'âge de six mois, j'ai passé mon enfance en Creuse et vis actuellement en région parisienne. Au niveau professionnel, j'ai un diplôme d'infirmier, ai exercé quelque temps, puis suis retourné sur les bancs de la fac. Après un master en psychologie, je suis devenu consultant en entreprise.

Si je devais me définir, je dirais que je suis quelqu'un qui aime changer, vivre des expériences nouvelles, les comprendre pour s'enrichir.

2) Quel est le thème central de ce livre ?
Une enquête policière sur fond de culture basque. Une recherche dans un univers que le héros ne maîtrise pas, ne connaît pas, une autre langue, un autre monde, un environnement rural que le citadin a du mal à décoder. Quelques dialogues sont en basque, pour certains je propose la version française en annexe, pour d'autres il y a seulement la version basque, pas seulement pour faire couleur locale, pour faire percevoir au lecteur la perplexité de l'enquêteur.

3) Si vous deviez mettre en avant une phrase de ce livre, laquelle choisiriez-vous ?
Le coup de fusil explosa plus brutalement qu'un coup de tonnerre. Je me figeai gardant toutefois le bâton à la main.
Quelqu'un cria :
- Zer gertatzen da hor ? (Qu'est-ce que c'est que ce bordel ?)
- Que dites-vous ? demandai-je.

4) Si ce livre était une musique, quelle serait-elle ?
Une balade Irlandaise, dans le genre de «Fairytale of new York» pour l'ambiance, le climat. Un rythme enlevé et décalé comme les chansons cajuns popularisées par Zachary Richard et son accordéon diatonique, ces ritournelles où on a l'impression de comprendre les paroles sans avoir accès au contexte qui en a guidé l'écriture.

5) Qu'aimeriez-vous partager avec vos lecteurs en priorité ?
L'intrigue bien entendu, mais surtout les hésitations du narrateur, son questionnement, et son étonnement en découvrant le pays basque en Amérique.

6) Avez-vous des rituels d'écrivain ? (Choix du lieu, de l'horaire, d'une musique de fond) ?
Écrire est une activité contraignante comme n'importe qu'elle activité professionnelle. Probablement que les contraintes suscitent, aident la création. Je bloque des plages de temps, des semaines uniquement consacrées à ça. Pendant ces périodes, écriture entre 8h et 13h, ensuite repas, pause, balade et retour devant le clavier vers 18h.

Churchill a dit :»L'écriture est une aventure. Au début c'est un jeu, puis c'est une amante, ensuite c'est un maître et ça devient un tyran.» Pour le moment j'en suis à la phase amante. La maitresse que l'on retrouve sans cesse avec plaisir, à qui l'on pardonne les caprices et les exigences pour le bonheur qu'elle donne.

7) Comment vous vient l'inspiration ?
Elle prend ses racines dans l'histoire, dans l'actualité, dans des riens du tout du quotidien, un rêve, une sensation, une image, une odeur... Les histoires arrivent les unes après les autres, parfois en même temps, elles se font, se défont, se mélangent. Lorsque l'une est prête je me laisse guider, un peu comme si je me mettais à son service, à celui des personnages...

8) Comment l'écriture est-elle entrée dans votre vie ? Vous êtes-vous dit enfant ou adolescent «un jour j'écrirai des livres» ?
J'ai toujours cherché à écrire le fruit de mes rêveries. Des chansons, des haïkus, des scénarios de jeux de rôle, des exercices pédagogiques (pour le boulot), des histoires inventées pour endormir mes enfants. En 1987 j'ai participé à un ouvrage sur le discours politique «Je vous ai compris» publié chez Armand Colin.
Le thriller est probablement arrivé comme un prolongement naturel des scénarios de jeux de rôle. La construction en est très proche.

9) Vous souvenez-vous de vos premiers chocs littéraires (en tant que lecteur) ?
Difficile de les nommer tous, spontanément je dirai Jules Verne, Conan Doyle, Jack London, Fenimore Cooper pour les grands anciens puis Robert Merle, Graham Green, Pierre Boule, Dennis Lehane, Lawrence Block, James Lee Burke, pour les plus récents. J'ajouterai une place pour Hergé et une autre pour François Bourgeon.

10) Savez-vous à quoi servent les écrivains ? !
Mon premier roman, «Méfie-toi d'Assia» est arrivé en final du prix intramuros de Cognac. Le jury de ce prix, créé en 2005 dans le cadre du Salon "POLAR & CO" de Cognac est composé de détenus d'établissements pénitenciers du Poitou-Charentes (Bédenac, Niort, Rochefort, Saintes, Angoulême et St-Martin-de-Ré).
J'ai donc, dans le cadre de ce prix, rencontré plusieurs groupes de détenus dans les bibliothèques des prisons. Je ne sais pas si leur vision de l'écrivain est la bonne, je ne sais pas si elle est universelle. Nos textes en tout cas représentent la seule évasion permise, la moins chère, la plus simple... lire s'est s'évader, aller ailleurs, dans un autre univers, se permettre d'aspirer à un autre quotidien.
Si être écrivain sert à ça, si c'est être le moins cher des rêves autorisés, c'est déjà pas mal...

11) Quelle place tiennent les librairies dans votre vie ?
Les librairies sont des lieux à la bonne odeur de papier, de joyeuse organisation anarchique, des lieux de convivialité, d'échange, des endroits dans lesquels on s'échappe du quotidien. Elles sont le prolongement du texte... un lieu de rencontre.

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