"Loin du monde" de Sébastien Ayreault chez Au diable Vauvert (Vauvert, France)

en partenariat avec 20minutes.fr

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Loin du monde
Loin du monde — Le choix des libraires

Résumé

«On habitait loin du monde. Tellement loin, me semble-t-il, que le monde lui-même ne savait pas qu'on existait. Sûr qu'on n'allait pas devenir grand-chose en restant là, mais sûr aussi qu'on s'en foutait.»

«Je suis né en 76, dans un petit bled paumé de l'Ouest de la France appelé Maulévrier. Ma mère, Marie, faisait ses huit heures chez Var. Var était imprimeur, éditeur, mais aussi écrivain. Je me souviens bien de sa gueule burinée, de sa clope au coin des lèvres et des demis qu'il descendait tout le long des jours assis au bar en face de l'église. Je ne sais pas trop jusqu'où il était connu, en tout cas, il portait toujours une écharpe rouge. Quant à mon père, Serge, il travaillait chez Plastil, il était mécano. Il ne réparait pas des bagnoles comme les autres, mais des machines à fabriquer des lames de plastique. C'était bigarre. Il partait tôt le matin, à vélo, et revenait sur les coups des 7 heures le soir, et toujours à vélo.»

A dix ans, David vit dans l'Ouest de la France, «à Maulévrier, 4 saisons, une zone industrielle et deux terrains de foot». Autour de lui, une mère mélancolique et distante, un père ouvrier, qu'il idolâtre et attend chaque soir, une banlieue de pavillons tristes, une grand-tante despotique, une voisine légèrement dépravée. Et puis il y a Dieu, certes muet, mais seul rempart face à la solitude et aux questions enfouies dans le silence des sentiments.

A travers les yeux d'un enfant ordinaire prêt à basculer dans l'adolescence, seul et précoce, gauche et attachant, Loin du monde nous dit en peu de mots beaucoup de la vie, ses injustices fondamentales, mais aussi sa joie, ses premiers émois, ses premières déceptions : «On appelle ça l'existence.»

Un premier roman grave et profond dans lequel la légèreté - sens de l'humour aiguisé, phrases qui font mouche, ironie parfois grinçante -, ne s'oppose jamais à la sensibilité bouleversante de ce magnifique tableau.

Né à Cholet en l976, Sébastien Ayreault vit à Atlanta. Il a publié en revues ou en numérique de nombreux textes, nouvelles ou feuilleton, et compose des chansons. Voici son premier roman, qui «oscille sans cesse entre l'humour et le drame, petit ou grand. Portrait senti d'une époque et d'un milieu, Loin du monde frappe et par son ton et par son regard.» Alexandre Fillon, Livres Hebdo

La revue de presse : Muriel Steinmetz - L'Humanité du 14 février 2013

Le style de Sébastien Ayreault emprunte à l'enfance son parler direct et cru, ses raccourcis de sens, son argot, ses gros mots. Cela semble écrit par un gamin de dix ans avec le petit côté suranné d'une époque disparue. Ici pas de consoles de jeux ni de téléphone portable. On peut encore s'ennuyer ferme loin de l'occupation des cerveaux disponibles des temps présents. Les jeux qu'on invente ne sont pas livrés par Internet, ils proviennent de notre imaginaire. Ce roman du temps passé retrouvé est criant de vérité. La fin, qu'on laissera sous silence, va sonner l'heure de l'entrée prématurée dans l'adolescence.

La revue de presse : Françoise Dargent - Le Figaro du 10 janvier 2013

Le monde est grand. Faut y aller voir.» David doit gérer ses angoisses sans mot dire. Il oscille entre la posture du petit caïd et celle de l'enfant parfait. Sale période que ce passage chaotique à l'adolescence. En suivant sa mue douloureuse, Sébastien Ayreault dresse également le portrait d'une époque qu'il a dû vivre entre exaltation et frustration. Son premier roman sonne juste et se distingue par son ton vif, débarrassé de toute nostalgie superflue.

La revue de presse : Delphine Peras - L'Express, janvier 2013

Dans Loin du monde, Sébastien Ayreault raconte le quotidien d'un fils d'ouvrier dans l'ouest de la France. Avec talent. On sait combien l'exercice autobiographique, souvent passage obligé du premier roman, peut se révéler risqué, ennuyeux... Sébastien Ayreault, né à Cholet en 1976, s'en sort, lui, haut la main : difficile de résister à la gouaille de son narrateur, David, 10 ans, qui habite "loin du monde", dans un petit bled paumé de l'ouest de la France, à Maulévrier, "quatre saisons, une zone industrielle et deux terrains de foot".

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